Résumé
Comment se peut-il que la Tête de l’Année, le Roch Hachana d’Israël, soit célébrée au septième mois du calendrier divin ? Voici une énigme qui a troublé plus d’un cœur sincère, une contradiction apparente et flagrante qui semble dresser la lettre de la Torah contre la sagesse immémoriale de Ses Sages.
Cette étude se propose de déchirer le voile de cette confusion. Nous démontrerons, non par des raisonnements d’hommes, mais par la Parole de Dieu elle-même, puisant aux sources vives de l’Exode et du Lévitique, que le calendrier de l’Éternel, tel un fleuve majestueux, possède non pas une, mais plusieurs sources distinctes, plusieurs « Nouvels Ans ».
Préparez-vous à explorer ce mystère et à découvrir comment cette vérité, d’abord contre-intuitive, fait s’évanouir le paradoxe comme la paille que le vent dissipe. La tradition d’Israël apparaîtra pour ce qu’elle est vraiment : loin d’être une invention humaine, elle se révélera être l’écho fidèle de la voix divine, capable d’ouvrir à notre intelligence spirituelle les trésors insoupçonnés du calendrier de notre Dieu.
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Introduction : Au Cœur du Paradoxe Biblique
Le calendrier de Dieu, tel que révélé dans les Saintes Écritures, recèle des profondeurs souvent inexplorées, et parfois même, des paradoxes apparents qui interpellent notre compréhension. L’une des questions les plus déroutantes pour le lecteur non averti concerne la célébration du Nouvel An. Cette question que nous allons explorer est loin d’être secondaire. En apparence, elle confronte l’enseignement clair de la Bible à une pratique rabbinique millénaire. Mais la réponse pourrait vous surprendre…
Quand la Torah semble se contredire
La Torah, dans ses premières pages, est d’une clarté de cristal : le mois de Nissan, ce temps sacré de la Rédemption, de la Pâque et du sang de l’Agneau, est scellé sans équivoque comme le commencement des mois de l’année. Et pourtant, ô mystère, depuis des temps immémoriaux, le peuple d’Israël, d’une seule voix, célèbre son Nouvel An, Roch Hachana [Tête de l’Année], non pas aux premiers jours du printemps de ce mois de Nissan, mais à la saison des récoltes, au septième mois, Tishri, lorsque retentit le son du Chofar pour Yom Terouah [la Fête des Trompettes].
Alors, le cœur s’interroge, l’esprit s’étonne : puisque la Bible affirme, avec une autorité qui ne saurait être contestée, que le mois de la Pâque est le premier des mois et celui des Trompettes le septième, sur quelle autorité le peuple juif ose-t-il proclamer avec une si paisible assurance que ce septième mois est en vérité celui de la Nouvelle Année ?
Et pourtant, les Sages d’Israël, loin de trembler devant cette apparente dissonance, nous invitent à contempler humblement le mystère :
« Ne considère pas la Torah comme une chose simple, car elle a soixante-dix facettes. » – Bamidbar Rabbah 13:15-16
Le mystère reste entier, suspendu entre le commandement gravé dans la pierre et la joyeuse acclamation d’un peuple qui célèbre et couronne son Roi.
Un Mur entre Frères
Cette apparente contradiction, ce désaccord flagrant entre la lettre biblique et la pratique vivante d’Israël, est loin d’être une simple querelle d’érudits. Les implications sont colossales et Hélas, elle est même parfois devenue une pierre d’achoppement, un mur de méfiance dressé entre frères. Elle a semé la confusion dans le cœur de plusieurs croyants, poussant des âmes sincères mais insuffisamment éclairées à rejeter la tradition juive, la condamnant avec précipitation comme une invention humaine qui annule la Parole de Dieu.
Pour ces voix, la question est binaire et le chemin se divise en une bifurcation tragique : faut-il choisir la Bible contre les rabbins ? Cette tension, tel un levain amer, fait lever le pain de la discorde. Elle creuse un fossé, nourrit les incompréhensions et paralyse ce dialogue si vital, si ardemment désiré, entre les fils de Jacob et les croyants greffés sur l’olivier franc.
Révéler les Mystères du Calendrier de Dieu
Pourtant, une voie plus excellente s’offre à nous, un sentier de sagesse qui nous appelle au-delà des jugements hâtifs. Cette étude poursuit un but fort simple, mais dont la conclusion surprendra la plupart des âmes du monde chrétien. Notre unique ambition est de démontrer, sur le fondement inébranlable de l’Écriture seule, quel est le véritable « jour de l’an » biblique. Nous allons prouver, par la Torah écrite elle-même, que les Sages d’Israël ont fidèlement gardé la vérité et qu’il n’y a ici aucune contradiction.
Au contraire, nous découvrirons un mystère profond, une sagesse divine qui déroute l’entendement charnel : il existe en vérité plusieurs « Nouvels Ans » distincts, plusieurs commencements que le texte biblique lui-même nous révèle.
Le lecteur accédera alors à une intelligence renouvelée de ces passages des Écritures, souvent laissés en jachère par le monde croyant non juif. Cette démarche, nous le prions, permettra à chaque cœur de grandir dans la connaissance de la Parole et de la pensée hébraïque de ses auteurs.
Elle doit, par la même occasion, abattre les murs de l’inimitié et paver le chemin de l’unité. Mais pour cela, une vertu nous est indispensable : la circonspection dans le jugement, cette sainte prudence du cœur qui écoute avant de parler.
« Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages. » – Éphésiens 5:15
Ne nous laissons pas séduire par les apparences, car la vérité, tel un diamant brut, se cache souvent là où notre raison s’y attend le moins.
Le Paradoxe des Deux Calendriers : La Question Fondamentale
La Torah Écrite : Deux Piliers, une Apparente Contradiction
Pour dénouer le fil de cette énigme, retournons ensemble à la source vive de toute légitimité, au rocher sur lequel toute vérité doit être bâtie : la Torah écrite. C’est là, dans la majesté de Sa souveraineté, que Dieu établit le cadre de Son calendrier sacré.
Le premier pilier est taillé dans le roc de l’Exode, au cœur même du récit de la libération. La Pâque n’est pas un simple mémorial ; c’est un commencement, c’est une naissance. La voix de l’Éternel retentit, puissante et claire :
« Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l’année. » – Exode 12:2
L’ordre est scellé dans le temps, formel, sans l’ombre d’une ambiguïté : le mois de Nissan, celui du sang de l’Agneau, est institué comme la tête des mois de l’année religieuse.
Cette même Torah dresse un second pilier, dans le livre du Lévitique, en établissant cette autre fête solennelle, Yom Terouah, la Fête au son des trompettes. Son emplacement dans le temps est tout aussi divinement précis :
« Le septième mois, le premier jour du mois, vous aurez un jour de repos, publié au son des trompettes, et une sainte convocation. » – Lévitique 23:24
Ces deux décrets, considérés l’un après l’autre, brillent par leur clarté. La Torah écrite semble donc graver dans le marbre de l’Écriture un cadre sans équivoque : le Nouvel An, le point de départ du décompte des mois, est en Nissan, au premier mois. Le septième mois, Tishri, marque une autre convocation sainte au son du Chofar, mais il demeure… le septième.
« Les secrets de la Torah ne sont révélés qu’à ceux qui la craignent et l’étudient avec un cœur pur, car la Torah possède un corps (le récit littéral) et une âme (le sens caché). » – Sagesse d’Israël
La Tradition Vivante : L’Énigme de « Shana Tova » en Tishri
Pourtant, face à L’Écriture qui semble gravée dans le granit, il y a un fleuve puissant, une tradition vivante qui, depuis des millénaires, vient déstabiliser et troubler celui qui s’arrêterait à une lecture superficielle de la Torah.
Tout Israël, depuis les Anciens, les Sages jusqu’aux enfants dans les rues, enseigne et célèbre une réalité vécue avec une ferveur qui ne saurait mentir : la fête des Trompettes, sonnée au premier jour du septième mois, est le Nouvel An. C’est de ce mystère qu’elle tire son nom le plus glorieux : Roch Hachana [Tête de l’Année].
Voilà pourquoi, à cette date précise et en nulle autre, chaque Juif se tourne vers son frère pour lui offrir cette bénédiction du cœur : « Shana Tova » – « Bonne Année ! »
Pour l’âme non accoutumée à la pensée hébraïque, l’énigme est immense. C’est comme si les Français décidaient de se souhaiter une bonne année le 1er juillet ! La tension est palpable :
- D’un côté, le rocher de la Torah écrite, qui place le commencement en Nissan, au premier mois.
- De l’autre, le fleuve impétueux de la tradition vivante d’Israël, qui célèbre le renouveau en Tishri, au septième mois.
Vu sous cet angle, l’on comprend mieux l’hésitation, voire le rejet, de ceux qui, devant ce qu’on nomme la « Torah orale », sentent le sol de leurs certitudes se dérober. Le conflit semble insoluble, un mur d’incompréhension qui ne semble pas pouvoir être franchi.
Au-delà des Apparences : Accepter les Vérités Spirituelles Contre-Intuitives
L’Avertissement à l’Humilité Spirituelle face à Israël
Face à cette tension spirituelle, le chercheur de vérité se trouve à une croisée des chemins. La première voie, hélas, est une route large et trop souvent empruntée : celle du jugement hâtif. Sur ce chemin, des voix s’élèvent pour affirmer que les Sages d’Israël se sont égarés, que l’appellation même de « Roch Hachana » est une invention humaine qui trahit le commandement divin. Ceux qui se hâtent vers une telle conclusion, même animés d’une sincérité louable, révèlent surtout une chose : ils n’ont pas sondé la question avec la gravité et le sérieux qu’elle exige.
Pire encore, certains franchissent une ligne rouge, laissant les dispositions véritables de leur cœur se manifester au grand jour. Ils s’empressent de dénigrer les rabbins, tordant les versets pour les accuser d’annuler la Parole de Dieu par leur tradition d’hommes. Mais est-ce là une conclusion raisonnable ? Est-il seulement sage de croire que le peuple juif tout entier, du plus petit au plus grand, puisse commettre une si flagrante erreur sur un texte aussi clair, et ce, depuis des millénaires ?
À moins d’être enflés d’une bien haute opinion de nous-mêmes, pouvons-nous balayer d’un revers de main une question d’une telle portée ? Pouvons-nous, et plus encore si nous venons à peine d’ouvrir les yeux sur les racines hébraïques de notre foi, nous estimer plus sages que tous les maîtres d’Israël de toutes les époques ?
La sagesse biblique nous appelle à prendre un autre sentier : celui de la modestie et de l’écoute. Avant de condamner, ne devrions-nous pas humblement consulter les gardiens de cette connaissance et prêter l’oreille à leur réponse ? Le roi Salomon lui-même nous met en garde contre la précipitation de l’insensé :
« Qui répond avant d’avoir écouté manifeste sa sottise et se couvre de confusion. » – Proverbes 18:13
Conclure trop vite sur un tel dossier serait semblable à se moquer de celui qui parlait de la rotondité de la Terre à une époque où le monde la croyait plate. C’est le piège classique de l’orgueil intellectuel : fermer son esprit à une explication parce qu’elle heurte notre première impression. Nous sommes ici en présence d’une vérité qui exige la patience et un cœur ouvert.
Le Principe de la Vérité Contre-Intuitive
Pour comprendre comment la même Bible peut déclarer que le Nouvel An commence au premier mois et révéler qu’il se célèbre au septième, nous devons nous armer d’un principe essentiel : celui de la vérité contre-intuitive, mais vraie. Il s’agit d’une information qui, au premier abord, heurte notre sens commun, contredit notre lecture immédiate, mais qui, après un examen approfondi, se révèle exacte.
La sagesse de Dieu nous a préparés à ce genre de raisonnement, car la création elle-même est remplie de telles vérités. Une fois que notre esprit aura saisi ce principe, nous gagnerons en humilité et nous pourrons affirmer en toute bonne conscience devant Dieu : oui, la fête des Trompettes est bibliquement le Nouvel An, et il est juste de la nommer « Roch Hachana ».
Considérez ces quelques exemples tirés de la science des hommes :
- En physique : Nos sens nous assurent que la matière est solide, que ce rocher sur lequel nous nous tenons est plein. Pourtant, la science nous révèle qu’un atome est composé à 99,99% de vide.
- En astronomie : Nos yeux nous crient que la Terre est plate et que le soleil tourne autour d’elle. La vérité, cependant, est que la Terre est une sphère qui voyage autour du soleil.
- En physique encore : Qui oserait croire que, sous certaines conditions, l’eau chaude gèle plus vite que l’eau froide ? C’est pourtant une réalité scientifique (l’effet Mpemba).
- Dans le cœur de l’homme : Des études ont montré que les médaillés de bronze sont souvent plus heureux que les médaillés d’argent, car les premiers se réjouissent d’être sur le podium, tandis que les seconds pleurent d’avoir manqué l’or de si peu.
L’homme est ainsi fait : il est plus aisé de se reposer sur les réponses immédiates de nos sens que d’embrasser une vérité qui défie notre première intuition. Si les experts du monde profane ont prouvé que la réalité est souvent le contraire de nos observations, n’est-il pas logique que les experts spirituels de la « science des sciences » – la Torah de Dieu – nous révèlent des vérités spirituelles tout aussi paradoxales ? En affirmant que le septième mois est une nouvelle année, les Sages d’Israël nous présentent précisément l’une de ces vérités bibliques : contre-intuitive, mais parfaitement vraie.
La Rupture Césarienne : Quand l’Église a Abandonné le Calendrier Biblique
Cet aveuglement d’une partie du cœur de la chrétienté, pétri par près de deux millénaires de tradition, n’est pas le fruit du hasard. C’est un héritage amer, celui d’une rupture historique profonde. Car depuis fort longtemps, le cœur du monde chrétien a cessé de battre au rythme du calendrier de Dieu.
Le « Nouvel An » que le monde célèbre le 1er janvier est une institution des hommes, un décret profane né du calendrier de César et de ses dieux païens, bien loin des temps saints fixés par la Torah.
Cette séparation n’est pas une simple divergence culturelle, mais une décision aux conséquences spirituelles incalculables. Avec une honnêteté courageuse, le théologien et historien Peter Hocken, un prêtre influent, a confessé ce péché au nom de la chrétienté, dans un discours de repentance envers le peuple juif. Ceux qui ont l’amour de la vérité s’en réjouiront. Que ses paroles saisissantes nous interpellent :
« La décision de Constantin, acceptée par les évêques, d’imposer un calendrier non juif [païen et non biblique] à l’ensemble de l’Église, a empêché les croyants juifs de célébrer les fêtes d’Israël dans la communion de l’Église [privant du même coup les non-juifs d’accéder à la richesse des fêtes de l’Éternel]. » – P. Peter Hocken, Confronting Past Injustice, 2015
Cette seule décision fut un mur érigé, non seulement entre Juifs et chrétiens, mais, plus tragiquement encore, entre l’Église et le rythme prophétique des fêtes de l’Éternel.
Pour la majorité des chrétiens, les particularités et la richesse du calendrier divin « sont regardées comme quelque chose d’étranger » (Osée 8:12). Voilà pourquoi des concepts aussi fondamentaux que Roch Hachana sont souvent incompris et délaissés.
Redécouvrir cette vérité exige donc de déconstruire des siècles d’une tradition étrangère aux Écritures, pour revenir humblement au calendrier du Créateur dans une écoute attentive du peuple hébreu. Car l’Écriture elle-même témoigne qu’ils ont reçu de Dieu de précieuses clés de compréhension, étant les dépositaires de Ses oracles.
« Les Sages ont fait une barrière autour de la Torah. » – Pirkei Avot 1:1
La Révélation des Écritures : Les Preuves d’un Second Nouvel An en Tishri
Le Nouvel An de Nissan : Pour les Rois et les Fêtes
Avant de percer enfin le mystère du second Nouvel An, il est crucial de poser solidement une autre pierre à l’édifice que nous construisons ensemble. Car les Sages d’Israël n’ont jamais nié la réalité d’un commencement d’année en Nissan ; au contraire, ils l’enseignent avec précision. Comme notre Maître Yéshoua, qui utilisait des réalités terrestres pour éclairer des vérités spirituelles, nous devons d’abord saisir le rôle de ce premier Nouvel An.
La Torah, ainsi que toute la tradition vivante d’Israël, est formelle : le 1er Nissan est bien une « tête de l’année », mais une tête couronnée pour une mission spécifique. Il est le point de départ de domaines précis et sacrés :
- Le cycle des Fêtes de l’Éternel : C’est en Nissan que s’ouvre le cortège divin des convocations saintes. Voilà pourquoi Pessa’h [la Pâque] marche en tête des grandes fêtes annuelles, et non Yom Terouah [la fête des trompettes]. Le décompte des mois – premier, deuxième, troisième – s’élance de ce point de départ. Selon cette horloge divine, la Fête des Trompettes retentit bien au septième mois.
- Le règne des rois d’Israël : Le 1er Nissan servait aussi de sceau pour marquer les années de règne des oints de l’Éternel. Ainsi, lorsque l’Écriture déclare « la sixième année d’Ezéchias » (2 Rois 18:10), ce compte est fait à partir du mois de Nissan.
Ce fondement est gravé dans la Torah elle-même :
« Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois; il sera pour vous le premier des mois de l’année. » – Exode 12:2
« Au premier mois, qui est le mois de Nisan… » – Esther 3:7
Tous les Sages d’Israël, d’une seule voix, enseignent et respectent scrupuleusement ce fondement. Il n’y a donc aucun débat sur ce point.
Mais alors, la question se fait plus pressante, plus profonde ! Si le 1er Nissan est une nouvelle année si clairement établie, pourquoi le peuple d’Israël ne s’échange-t-il pas ses vœux à ce moment-là ? Pourquoi cette emphase solennelle, cette clameur de « Bonne Année », est-elle réservée au septième mois de Tishri ? La réponse, mes frères, est d’une clarté éblouissante, destinée à celui qui a des oreilles pour entendre.
Les Trois Sceaux de la Torah : Les Piliers Inébranlables d’une Vérité Cachée
C’est ici que les Sages d’Israël, ces sentinelles de la Parole au regard perçant, nous invitent à une plus profonde contemplation. Car la Bible elle-même, tel un trésor scellé, nous révèle l’existence d’un autre « jour de l’an ». L’équation divine sera résolue dès lors que nous aurons prouvé, par l’Écriture seule, qu’il existe bien au moins DEUX « nouvels ans » distincts. Voici la preuve, gravée en trois sceaux.
Le premier sceau : L’Année Jubilaire, Clé du Calendrier Sacré (Lévitique 25)
La première lumière jaillit de la sanctification de l’année la plus sainte du calendrier biblique : le Jubilé. Quand cette année de libération commence-t-elle ? La Torah ne laisse aucune place au doute :
« … au septième mois… vous sanctifierez la cinquantième année […] » – Lévitique 25:9-11 (extraits)
Saisissons bien ce détail capital : le commencement du cycle des années sabbatiques (Shmita) et la proclamation de la nouvelle année jubilaire ne sont pas fixés au premier mois, Nissan, mais au septième mois, Tishri.
Si Nissan était l’unique et seul Nouvel An, il aurait été logique que ces cycles annuels débutent avec lui. Le fait qu’ils démarrent en Tishri est un premier indice divin, un rayon de lumière qui nous montre que ce mois marque, lui aussi, un commencement. Mais cette indication n’est pas encore tout à fait une preuve ; elle prépare seulement le cœur à recevoir ce qui suit.
Le deuxième sceau : La Fin de l’Année, une Révélation Stupéfiante (Exode 23)
Mais c’est en Exode 23 que l’Esprit Saint appose un sceau qui doit faire trembler toute certitude charnelle. En parlant de la Fête des Tabernacles (Souccot), qui se déroule au quinzième jour du septième mois, le texte déclare avec une autorité souveraine :
« La fête de la récolte [Souccot], [a lieu] après la fin de l’année » – Exode 23:16 (Version Darby)
Que le lecteur attentif s’arrête ici ! Souccot après la fin de l’année !? Mais cette fête glorieuse a lieu au septième mois ! Quelle étrangeté ! C’est comme si l’on déclarait que le 14 juillet a lieu « après la fin de l’année » civile. D’aucuns, dans leur précipitation, crieraient à l’erreur de traduction ou à la faute de copiste.
Nullement ! C’est bien là, sans l’ombre d’un doute, ce que la Bible déclare : la fête qui se déroule au milieu du septième mois a lieu « à la sortie de l’année ».
La question devient alors inévitable : si Nissan inaugure une année de douze mois, comment la Torah écrite peut-elle affirmer, sans sourciller, que le septième mois vient juste après la fin de cette même année ?
Il est absolument impossible de soutenir une telle affirmation s’il n’existe qu’un seul Nouvel An en Nissan. La conclusion logique s’impose déjà. Mais pour ceux qui douteraient encore, la Torah appose un troisième et dernier sceau, plus explicite encore.
Le troisième sceau, final et irréfutable : Le Renouvellement de l’Année (Exode 34)
S’il fallait encore réduire au silence le doute qui murmure dans le cœur, la Torah elle-même vient apposer son sceau final et irréfutable. En parlant une nouvelle fois de la fête de Souccot, elle emploie une parole d’une clarté de diamant :
« Tu célébreras la fête de la récolte (Souccot), au renouvellement (tékoufa) de l’année ». – Exode 34:22
Le mot hébreu employé ici, tekoufa, est une clé d’or d’une importance capitale. Ce n’est pas une simple « fin », comme on ferme un livre ; c’est le cycle achevé, la révolution complète de la roue du temps. C’est l’instant où l’année, ayant achevé sa course, se retourne pour en commencer une nouvelle. Les théologiens le définissent comme « un circuit », « un tour », une « année révolue » (Cf. Strong).
Le grand commentateur Rachi, résumant le sens limpide de ce verset, ne dit pas autre chose :
« [la fête a lieu] au retour de l’année, au début de l’année suivante. » – Rachi sur Exode 34:22
Pour couronner cette démonstration, l’histoire elle-même a laissé une trace indélébile. C’est durant l’exil babylonien que les Sages ont donné au septième mois de l’année biblique le nom de Tishri, qui, en akkadien (la langue de Babylone), signifie… « Commencement ».
La boucle est bouclée, la Parole est scellée. La réalité d’un Nouvel An en Tishri est si profondément ancrée dans la Torah que c’est à ce moment précis que sont sanctifiés les cycles annuels majeurs, la Shmita et le Jubilé.
Mais pourquoi, direz-vous, le Chofar du Jubilé retentit-il le dixième jour du septième mois et non le premier ? Parce que la période qui va du 1er Tishri (Roch Hachana) au 10 Tishri (Yom Kippour) ne forme qu’un seul bloc liturgique, un seul temps sacré : les Jours Redoutables (Yamim Noraïm).
La nouvelle année est inaugurée le premier jour, jour du jugement, puis ce jugement est scellé le dixième jour. La proclamation se fait donc à la fin de cette période sainte, mais le commencement de l’année a bien eu lieu le 1er Tishri.
« Puis tu feras sonner la trompette [Chofar] d’un son éclatant, le dixième jour du septième mois; au jour des expiations [Yom Kippour], vous ferez sonner la trompette par tout votre pays. » – Lévitique 25:9
Ainsi, la démonstration biblique est complète et irréfutable. Elle atteste, avec la triple force de la Loi, de la tradition et de l’histoire, la vérité d’un enseignement qui déroute l’esprit charnel, mais qui est parfaitement ancré dans les Saintes Écritures et fidèlement gardé par la tradition d’Israël jusqu’à ce jour.
L’Harmonie Divine : Comment les Deux Systèmes s’Articulent
Ainsi, la réponse à notre paradoxe est d’une simplicité désarmante, mais elle se heurte de front au sens commun d’une pensée qui n’est plus hébraïque, façonnée par plus de 1500 ans de tradition romaine. La tradition chrétienne nous a habitués à ce que le changement d’année ait lieu le premier jour du premier mois.
Dans la Torah, le système est différent : c’est souverainement que l’Éternel, pour des raisons qui Lui sont propres, a décidé que le changement de millésime de l’année s’effectuerait pour Son peuple au septième mois ! Et comme nous venons de le voir, ceci est parfaitement biblique.
Pour le cœur encore dérouté, reformulons cela avec une analogie tirée de notre monde profane, où nul n’éprouve de difficulté à accepter l’existence de plusieurs « Nouvels Ans » légaux :
- L’année scolaire, qui sonne la cloche en septembre (le 9ème mois civil), fait force de loi pour tout ce qui touche à l’éducation.
- L’année fiscale/comptable, qui ouvre ses registres en janvier (le 1er mois civil), fait loi pour tout ce qui touche à l’économie et aux impôts.
- Le nouveau millésime d’un véhicule commence souvent au cœur de l’été, bien loin du 1er janvier.
Peut-on observer ce même phénomène dans la Torah, avec des réalités scripturaires qui ont force de loi ? La réponse, nous l’avons démontré, est un OUI retentissant.
Formulons la chose d’une autre manière encore, afin que la lumière dissipe toute ombre. Si l’on nous disait dans un journal que le « 15 juillet est situé après la fin de l’année », tout esprit crierait à l’incohérence. Mais si nous lisons que « le 15 janvier 2026 est une date située après la fin de l’année 2025 », tout le monde comprend sans la moindre ambiguïté : cela signifie que le 1er janvier de ce même mois est le jour du Nouvel An.
De la même manière, la Bible elle-même proclame sans l’ombre d’un doute que le 15 Tishri (la fête de Souccot) est une date située « après la fin de l’année ». Nul n’a besoin d’une grande sagesse pour comprendre et faire le même raisonnement que précédemment : si le quinzième jour d’un mois marque un temps après la fin de l’année précédente, alors le premier jour de ce même mois est bien le Jour du Nouvel An. Voilà pourquoi, bibliquement, le 1er du mois de Tishri est aussi un Roch Hachana.
La Bible nous enseigne donc une vérité simple, mais qui demeure une pierre d’achoppement pour une pensée occidentale modelée par des traditions profanes. Dieu a souverainement décidé de faire commencer le compte des mois et le compte des années à des moments différents.
Résumons cette architecture divine :
- Le compte des mois (ainsi que celui des fêtes et des règnes des rois) démarre au 1er Nissan. C’est le premier, le deuxième, le troisième mois…
- Le compte des années (le changement de millésime : 5784, 5785, 5786…) démarre au 1er Tishri.
Il n’y a donc aucune contradiction : le mois de Tishri est bien le septième mois de l’année liturgique, ET c’est aussi le mois où l’on entre dans une nouvelle année calendaire. Les deux sont vrais. Nous sommes si accoutumés à notre système profane, où le 1er janvier est à la fois premier jour et nouvelle année, que nous peinons à concevoir que Dieu ait choisi un modèle différent, plus complexe et plus riche de sens.
Pourquoi, dira l’esprit charnel, une telle complexité ? « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Mais le Créateur nous a prévenus :
« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. » – Ésaïe 55:8
Si l’Éternel a procédé ainsi, c’est pour des raisons sages et profondes. De même qu’il a créé l’étrange effet d’une eau chaude qui gèle plus vite qu’une eau froide, peut-être ces choix souverains sont-ils là pour éprouver notre humilité et notre amour de la vérité.
Car le summum de la connaissance, selon les maîtres d’Israël, est de savoir que l’on ne sait rien, afin de s’en remettre humblement et totalement à la Parole de Dieu et non à nos propres pensées, si limitées et si souvent fausses…
Nous devrions maintenant saisir, par l’Esprit, pourquoi dans la pensée hébraïque biblique il n’y a aucune dissonance à lire ces deux versets comme un tout harmonieux :
« Ce mois-ci [Nissan] sera pour vous le premier des mois… », année qui, quant à elle, commence au 7e mois, comme il est dit : « la fête de la récolte (Souccot) à la sortie de l’année ». – Exode 12:2 et 23:16
L’équation est résolue. Pour une pensée biblique, il est parfaitement acceptable de changer d’année au septième mois, car c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. La difficulté n’est pas dans le texte, mais dans notre propre formatage culturel, qu’il nous faut soumettre et renouveler par l’Esprit.
L’Écho de la Tradition : Pourquoi « Shana Tova » en Tishri ?
L’Autorité de la Tradition selon les Apôtres
Maintenant que la légitimité biblique de Roch Hachana en Tishri est solidement établie sur le roc des Écritures, une dernière question frappe à la porte de notre intelligence : pourquoi la tradition d’Israël insiste-t-elle avec tant de force sur ce « Nouvel An » au point d’associer Yom Teroua (la fête des trompettes) au souhait de « Shana Tova » (bonne année) ?
C’est ici qu’il nous faut tendre l’oreille et écouter à nouveau ce que nous enseigne la tradition d’Israël. Pour beaucoup, ce mot même sonne comme un avertissement, évoquant des doctrines d’hommes opposées à la pureté de l’Écriture. Pourtant l’Écriture elle-même nous commande le respect de la tradition d’Israël, à cette seule et évidente condition qu’elle n’annule pas LE commandement de Dieu – chose qui, fort heureusement, est rare.
Si les Évangiles rapportent des conflits liés à la tradition, c’est souvent pour en dénoncer les abus par des cœurs légalistes, et non pour mépriser la tradition elle-même.
Qui de mieux pour nous instruire que l’apôtre Paul, le rabbin de Tarse ? Loin de rejeter son héritage, il déclare avec une fermeté qui ne laisse place à aucun doute :
« Je n’ai rien fait contre les coutumes de nos pères » – Actes 28:17
Plus encore, il exhorte les croyants avec une autorité apostolique qui ne laissent aucune place à l’ambiguïté :
« Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les traditions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre. » – 2 Thessaloniciens 2:15
Dans la bouche d’un rabbin tel que Paul, ces « traditions » sont aussi et avant tout les traditions juives fidèles à l’Esprit de la Torah. La preuve la plus éclatante jaillit de ses propres écrits. En évoquant ces magiciens d’Égypte qui s’opposèrent à Moïse, il nomme « Jambrès » (2 Timothée 3:8). Or, tous les théologiens sont formels : ce nom n’est gravé nulle part dans la Bible hébraïque. Il provient exclusivement de la tradition juive, celle-là même qui est consignée dans le Talmud. Lisez ce qu’en dit le théologien chrétien James Strong :
L’auteur de l’épître prend leurs noms dans la tradition du Talmud et chez les Rabbins.
D’où vient donc cette réticence, cette méfiance qui confine parfois à la diabolisation du Talmud, alors que Paul lui-même, notre modèle, puise à ces mêmes sources ? On pourrait presque entendre les contestataires de son époque lui lancer : « Paul, en parlant de Jambrès, tu nous apportes une tradition d’homme ! Ce n’est pas biblique ! ». Ce à quoi l’apôtre, en digne fils d’Israël, aurait certainement répondu :
« Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, non plus que les assemblées de Dieu. » – 1 Corinthiens 11:16
Car en effet, il est une chose connue en Israël : on ne conteste pas la tradition orale avec légèreté. Puisque l’apôtre lui-même la valide, écoutons avec respect ce qu’elle nous révèle sur les trésors de Roch Hachana.
Les Profondeurs Spirituelles de Roch Hachana
La tradition d’Israël, loin d’être un sentier arbitraire, met l’emphase sur ce moment précis car il représente une convergence céleste unique, une triple solennité que le firmament n’offre qu’une seule fois dans l’année. En effet, le 1er Tishri est un jour qui cumule trois dimensions sacrées :
- 1) C’est une Fête de l’Éternel (Yom Terouah, la Fête des Trompettes).
- 2) C’est une Nouvelle Lune (Rosh Hodesh).
- 3) C’est une Nouvelle Année (Roch Hachana).
C’est cette accumulation exceptionnelle qui lui confère un poids spirituel écrasant par rapport au 1er Nissan. Ainsi, les deux réalités sont vraies et se complètent : la Fête des Trompettes est aussi le Jour du Nouvel An.
Mais la tradition, tel un scribe fidèle, nous offre encore d’autres clés pour ouvrir les trésors de ce jour. Au-delà de cette architecture céleste, la tradition nous révèle une dimension spirituelle d’une profondeur redoutable : Roch Hachana est aussi Yom HaDin, le Jour du Jugement. C’est le jour où le Créateur, du haut de Son trône, passe en revue le monde entier et chaque âme individuellement. N’est-ce pas ce que le psalmiste nous dépeint avec une force prophétique ?
« Sonnez de la trompette [Chofar] à la nouvelle lune, au temps du voilement, jour de notre fête ; Car c’est une Loi pour Israël, un jugement pour le Dieu de Jacob » – Psaume 81:4-5
Sur ce verset, les Sages, dont l’oreille est exercée aux mystères divins, demandent :
« Quelle est donc la fête où la lune se voile ? C’est Roch Hachana. » – Roch Hachana 8a
Le son du Chofar, au cœur de Yom Terouah, n’est pas seulement un cri de fête ; c’est aussi un appel qui fait trembler l’âme, une sonnerie solennelle qui monte devant le Tribunal céleste en notre faveur.
Ce jour de jugement divin tisse la trame de l’année à venir, jusqu’au Tishri suivant et la sonnerie du Shofar pèse lourd dans la balance de la justice du Très-Haut. Voilà pourquoi la salutation traditionnelle est empreinte d’une si sainte gravité : « Shana Tova, que ton nom soit inscrit dans le livre de la vie ».
Enfin, le Ciel et la terre s’harmonisent. Le mois de Tishri marque en Israël le début de la saison des pluies, symbole par excellence de la bénédiction divine qui descend d’en-haut. Les pluies sont la promesse de la récolte, de la vie, de l’abondance. Souhaiter une « bonne année » à ce moment précis, c’est donc prier pour une année de bénédictions concrètes : la santé pour le corps, les ressources pour la maison, la prospérité pour l’âme.
Pour toutes ces raisons — scripturaires, spirituelles et factuelles — la tradition d’Israël, dans sa sagesse, a choisi ce jour unique pour sceller ses vœux et se bénir mutuellement. Voilà pourquoi l’on se souhaite la bonne année (Shana Tova) non pas au début du mois de Nissan, mais au Roch Hachana du jugement, unissant dans un même souffle la Fête des Trompettes et le renouveau du mois et de l’année.
Conclusion : Marcher Unis dans la Vérité
Synthèse Lumineuse : Ce que nous avons découvert
Au terme de ce cheminement spirituel, les pièces éparses du puzzle divin s’assemblent enfin en une image claire et lumineuse. L’Éternel, dans Sa miséricorde, a permis à nos yeux de s’affiner et à notre foi de s’enraciner dans une vérité plus profonde. Voici les points cardinaux de notre découverte, tels des piliers dans le temple de la connaissance :
- Le Mystère des Deux Nouvels Ans : La contradiction qui troublait notre esprit s’est évanouie comme une ombre. Nous avons vu que la Bible elle-même, dans sa sagesse infinie, nous présente non pas un, mais deux « Nouvels Ans » distincts : celui de Nissan pour le cycle sacré des fêtes et le règne des rois, et celui de Tishri pour le décompte solennel des années (la tradition évoque encore d’autres « Nouvels Ans », moins connus, mais ceci sortirait du cadre de notre étude).
- Une Vérité Contre-Intuitive mais Biblique : Nous avons saisi que cette révélation, si déroutante pour l’esprit façonné par les traditions des hommes, est pourtant une vérité solidement ancrée dans la Torah écrite elle-même, dont les fondations reposent sur l’Exode et le Lévitique.
- Le Rôle des Sages d’Israël : Nous avons redécouvert l’importance de la tradition et des explications des Sages, non comme des inventeurs de dogmes, mais comme des gardiens fidèles, des sentinelles qui illuminent les profondeurs de l’Écriture pour nous aider à renouveler notre intelligence.
Ainsi, la Fête des Trompettes est bien, bibliquement, le Nouvel An, bien qu’elle soit célébrée au septième mois. Le paradoxe est résolu, et l’harmonie divine retentit là où la confusion semait le doute.
L’Appel à l’Unité et à l’Humilité
Cette démonstration, nous le savons, peut venir heurter des certitudes ancrées par des siècles de traditions étrangères à la Bible, rendant l’âme parfois imperméable à des messages pourtant parfaitement scripturaires. C’est pourquoi la parole du Maître résonne ici avec une force particulière, comme un appel à la conscience de chacun :
« Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez » – Luc 8:18
Si, malgré les preuves tirées du cœur même de la Torah, votre esprit n’est pas encore convaincu, alors nous nous tenons certainement devant un de ces enseignements au sujet duquel il est dit : « tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné » (Matthieu 19:11).
Toutefois, pour l’ensemble du peuple de Dieu, pour ceux qui comprennent cette parole, tout comme pour ceux qui luttent encore avec elle, l’apôtre Paul adresse un appel pressant, un commandement pour la marche :
« Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d’un même pas. » – Philippiens 3:16
L’ignorance peut être une excuse, mais la lumière, une fois reçue, devient une responsabilité. C’est le but de cette étude : rectifier pour restaurer. Sur des questions aussi fondamentales que le calendrier de Dieu, il est impératif de marcher d’un même pas, afin de préserver l’unité du Corps, en respectant le consensus millénaire des dirigeants spirituels en Israël à qui le calendrier a été confié.
S’opposer à cet enseignement, maintenant qu’il est clairement démontré et accessible, ce n’est plus une question d’ignorance. C’est choisir de ne plus marcher d’un même pas. C’est suivre ses propres voies. C’est remettre en cause un fondement d’Israël, renforcer le mur de séparation avec le peuple hébreu et, d’une certaine manière, entretenir la division au sein du peuple de Dieu, surtout parmi ces âmes précieuses qui reviennent aux racines de leur foi et qui ont un besoin criant d’unité et de fondations claires.
Pour les croyants issus des nations, s’obstiner à repousser ces évidences, c’est oublier la sainte doctrine de l’apôtre : nous sommes greffés sur l’olivier franc, et non l’inverse. S’opposer à une tradition si manifestement conforme à l’Écriture, acceptée par Israël tout entier, c’est commettre une grande erreur, profondément anti-biblique.
Voilà pourquoi Paul, connaissant la gravité de toute désunion qui méprise la vérité, nous laisse cet avertissement solennel, avec l’amour d’un père mais la fermeté d’un prophète :
« Nous vous recommandons, frères, au nom de notre Seigneur Yéshoua le Messie, de vous éloigner de tout frère qui vit dans le désordre, et non selon les traditions que vous avez reçues de nous. » – 2 Thessaloniciens 3:6
Bénédiction Finale
Alors que le son du Chofar se fait plus proche, annonçant la Fête des Trompettes, Yom Terouah, nous pouvons désormais nous souhaiter les uns les autres, en toute bonne conscience devant Dieu et devant les hommes :
Shana Tova oumetouka !
Une bonne et douce année !
Amen vé amen.
« Car nous n’avons pas de puissance contre la vérité; nous n’en avons que pour la vérité. » – 2 Corinthiens 13:8
Thomas.
Foire Aux Questions (FAQ)
1. En résumé, pourquoi y a-t-il deux « Nouvels Ans » dans la Bible ?
Pourquoi, demanderez-vous, le calendrier de Dieu semble-t-il posséder deux commencements ? Parce que le Créateur a établi deux horloges divines, deux courants sacrés qui se complètent en une parfaite harmonie.
- Le premier, en Nissan (le 1er mois), est le Nouvel An religieux. Il sert à compter les mois, c’est le point de départ du cycle des Fêtes de l’Éternel et du règne des rois.
- Le second, en Tishri (le 7ème mois), est le Nouvel An « civil ». C’est là que le millésime de l’année change (ex: passer de 5785 à 5786). Il sert à compter les années sabbatiques (Shmita) et les jubilés.
C’est comme si votre âme vivait au rythme d’une année scolaire qui commence en septembre, tout en obéissant à l’année civile qui commence en janvier. Les deux sont vraies, les deux sont légitimes, chacune ayant sa fonction dans le plan souverain de Dieu.
2. Est-ce que célébrer Roch Hachana en Tishri contredit Exode 12:2 ?
Absolument pas ! Loin de contredire la Parole, cette sainte pratique l’accomplit dans sa plénitude. Exode 12:2 est le pilier d’airain qui établit Nissan comme « le premier des mois », et la tradition d’Israël s’incline avec le plus grand respect devant ce commandement pour organiser le calendrier des fêtes.
Mais l’Éternel, dans sa sagesse, ne nous a pas laissés avec une seule clé. D’autres passages, comme Exode 23:16 (qui place Souccot « à la fin de l’année ») et Lévitique 25 (qui inaugure le Jubilé en Tishri), prouvent avec une force irréfutable que le changement d’année calendaire a bien lieu au septième mois.
Il n’y a donc aucune contradiction, mais une harmonie céleste, une complémentarité divine qui échappe à l’esprit pressé mais se révèle au cœur humble qui médite la Torah jour et nuit.
3. Quel est le rôle de la tradition orale (Talmud, rabbins) pour comprendre la Bible ?
Son rôle n’est pas de bâtir un autre temple à côté de l’Écriture, mais d’en être le chandelier d’or qui illumine chaque salle. La tradition orale est le souffle vivant transmis de génération en génération, renfermant les explications et les applications pratiques de la Torah écrite, données à Moïse sur le Sinaï. C’est un guide précieux et indispensable pour comprendre les passages profonds, résoudre les paradoxes apparents – comme celui de Roch Hachana – et appliquer les commandements de Dieu dans notre marche quotidienne. Les apôtres eux-mêmes, comme Paul, s’y référaient.
4. Pourquoi l’apôtre Paul, modèle pour les chrétiens, suivait-il les traditions juives ?
Parce que Shaoul de Tarse, devenu Paul, n’a jamais cessé d’être un Juif fidèle à la Torah. Pour lui, les traditions fidèles des pères n’étaient pas de vaines « traditions d’hommes » qui s’opposent à Dieu, mais l’héritage saint et légitime d’Israël. La preuve la plus éclatante est gravée dans ses propres épîtres : en nommant le magicien d’Égypte « Jambrès » (2 Timothée 3:8), il puise directement dans la tradition orale, car ce nom ne figure nulle part dans la Bible hébraïque. Lui-même n’exhortait-il pas les croyants à « retenir les traditions » qu’il leur avait transmises (2 Thessaloniciens 2:15) ?
5. Quelle est la signification spirituelle profonde de célébrer le Nouvel An au septième mois ?
Elle est triple, comme les trois fils d’une même corde céleste. Premièrement, c’est un temps de Jugement solennel (Yom HaDin), où chaque âme est appelée à faire le bilan de l’année écoulée et à se présenter devant le Tribunal divin dans la repentance. C’est aussi pourquoi on ne récite pas le Vidouï (confession des fautes) à Roch hachana, car nous sommes censés nous présenter repentis devant le Roi Suprême. Deuxièmement, c’est une saison d’Espérance et de Bénédiction, marquant en Israël le début des pluies, symbole de la grâce divine qui arrose une terre assoiffée et promet la récolte à venir. Enfin, c’est une Convocation Divine unique (Fête, Nouvelle Lune et Nouvelle Année en un seul jour) qui nous invite à nous présenter devant le Trône au son du Chofar, dans une attitude d’humilité, de joie et d’attente fervente.
C’est un appel à la repentance, une promesse de bénédiction et une invitation à se présenter devant le Roi pour le couronner et lui dire avec amour : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées. » – Selon Apocalypse 4:11
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Merci beaucoup pour cette étude aussi excellente qu’éclairante. Que l’Eternel vous bénisse dans le nom de Yeshoua HaMashia’H