« Toute la gloire de la fille du roi est à l’intérieur »
Psaume 45:14

Yisska, le premier prénom de Sarah – Paracha Noa’h (Genèse 6 :9-11 :32)

par | Nov 21, 2021 | 8 commentaires

Dans l’histoire biblique, Sarah est connue pour être la première des quatre Matriarches, la femme d’Avraham et la mère d’Yits’aak (Isaac). Celle qui voua sa vie à convertir des milliers de femmes au monothéisme, celle qui donna naissance à son premier enfant à 90 ans, celle qui fut enterrée dans la caverne de Makhpéla…détient un parcours qui regorge de trésors inestimables.

Parmi eux, nous trouvons les trois prénoms qu’elle porta au cours de sa vie : Yisska, Saraï et Sarah. Ces trois prénoms n’ont pas été choisis au hasard, mais ils nous révèlent les valeurs les plus profondes de notre première Matriarche.

La Paracha Noa’h nous permettra de découvrir son prénom de jeune fille : Yisska. Laissons-nous surprendre par ses caractéristiques hors normes !

 

Yisska, la belle 

« Abram et Nachor prirent des femmes ; le nom de la femme d’Abram fut Saraï, et le nom de la femme de Nachor, Milea, fille de Haran, père de Milca et de Yisska ; » (Béréchit/Genèse 11 :29)

Selon Rachi (célèbre commentateur juif du Moyen Âge), Yisska était en réalité Sarah. Elle s’appelait ainsi avant d’épouser Avraham. « Yisska » vient du verbe « voir », « contempler » [1], parce qu’il lui était permis de voir le futur par inspiration divine et parce qu’elle était belle à contempler. 

Notre Matriarche avait donc reçu du Créateur une beauté à couper le souffle [2]. « Un cadeau du Ciel » dirions-nous, que l’on peut envier, mais ce qui la rendait vraiment remarquable, c’était sa Tsniout (pudeur) singulière.

En effet, les Sages font remarquer qu’elle a su canaliser son potentiel pour ne pas l’exhiber à outrance et ne pas faire chuter les hommes à cause de cela. Pour preuve, Avraham qui était son mari, ne se rendit réellement compte de sa beauté que lorsqu’ils descendirent en Égypte. Il lui dit : « Je sais maintenant que tu es une belle femme » (Béréchit/Genèse 12 :11).

Plusieurs interprétations existent pour expliquer ce verset. L’une d’entre elles, donnée par Rachi, dit qu’Avraham ne s’était jamais rendu compte à quel point Sarah était belle tant ils étaient tous les deux Tsnouyim (pudiques). Sarah avait ce souci de ne faire fauter personne à cause de sa beauté. 

Dans la B’rit ‘Hadasha* (Alliance Renouvelée ou « Nouveau Testament »), Shaoul de Tarse (l’apôtre Paul) rappelle ce fondamental, recommandant ainsi aux femmes d’être modestes dans leur apparence, de porter des vêtements décents et de ne pas chercher à attirer l’attention sur elles :

« Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux » (1 Timothée 2 :9-10). Mais le verset ne s’arrête pas là ! Paul continue ainsi : « qu’elles [les femmes] se parent de bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir D.ieu ». 

La première leçon que nous pouvons en tirer est qu’il nous incombe en tant que femmes et filles du Très-Haut de nous perfectionner dans notre pudeur. Cela passe bien entendu par l’extérieur (habits, maquillage, coiffure…), mais également par l’intérieur (façon de parler, de se comporter…). Les hommes d’ailleurs, y sont concernés ! Nous n’allons pas ici développer le sujet de la Tsniout (pudeur) qui sera, avec l’aide de D.ieu, le sujet d’un prochain article. 

 

Yisska, la prophétesse 

Pour continuer sur la signification du prénom de jeune fille de Sarah, Yisska fait également allusion à son don de prophétie. Elle « voyait » D.ieu Lui parler. Sarah percevait l’Éternel depuis sa plus tendre enfance et savait écouter Sa voix.

La prophétie de Sarah était antérieure à celle d’Avraham, c’est-à-dire qu’elle la reçut avant lui, dès son plus jeune âge. Elle lui était aussi supérieure [3]. Le célèbre passage où Sarah demande à Avraham de faire partir sa servante Agar et son fils Ichmaël est révélateur de cette supériorité prophétique : 

« Sara vit rire le fils qu’Agar, l’Égyptienne, avait enfanté à Abraham; 10et elle dit à Abraham: Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n’héritera pas avec mon fils, avec Isaac. 11Cette parole déplut fort aux yeux d’Abraham, à cause de son fils. 

12Mais Dieu dit à Abraham: Que cela ne déplaise pas à tes yeux, à cause de l’enfant et de ta servante. Accorde à Sara tout ce qu’elle te demandera; car c’est d’Isaac que sortira une postérité qui te sera propre. » (Béréchit/Genèse 21 :9-12)

D.ieu demande à Avraham « d’écouter la voix de Sarah » qui avait compris qu’Ichmaël représentait une menace pour le bien-être spirituel d’Yits’aak (Isaac). Le début de ce passage biblique dit que Sarah vit rire Ichmaël. Qu’y-a-t-il de mal à cela ? Est-ce une raison pour expulser quelqu’un ?

En réalité, il nous faut approfondir ce verset à l’aide de la langue sainte qui est l’hébreu. Le terme « rire » (métsa’heq) désigne également « jouer », « s’exercer ». Oui, mais à quoi exactement ? Pour le découvrir, il nous faut prendre d’autres versets qui utilisent le même terme, dans un autre contexte. 

« Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces. Le peuple s’assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se divertir (létsa’heq). » (Shémot/Exode 32 :6)

« Alors elle lui parla ainsi: L’esclave hébreu que tu nous as amené est venu vers moi pour se jouer de moi. (létsa’heq). » (Béréchit/Genèse 39 :17)

« Abner dit à Joab: Que ces jeunes gens se lèvent, et qu’ils se battent (wisa’haqou) devant nous! Joab répondit: Qu’ils se lèvent! » (II Chmouel/Samuel 2 :14)

Dans ces trois versets, les Saintes Écritures emploient le verbe « tsa’haq » pour désigner les trois fautes capitales : l’idolâtrie (Exode 32 :6), l’immoralité (Genèse 39 :17) et le meurtre (II Samuel 2 :14).

En utilisant ce terme hébreu, la Torah nous aide à comprendre pourquoi Sarah fut convaincue qu’Ichmaël ne pouvait rester auprès d’eux, car son comportement prouvait qu’il s’était perverti au plus haut point et qu’il fallait le renvoyer.

Par cette décision, elle empêcha Ichmaël de nuire aux plans divins et d’usurper la place d’Yits’aak, le fils de la promesse, destiné à faire perdurer le nom d’HaShem (D.ieu) au travers de sa descendance.

Sarah avait donc ce don de prophétie, à savoir discerner les plans de D.ieu dans sa vie et celle de ses proches, une qualité essentielle que nous pouvons rechercher afin d’édifier, exhorter, consoler notre prochain comme l’enseigne l’apôtre Paul :

« Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. Celui qui parle en langue s’édifie lui-même ; celui qui prophétise édifie l’Église. » (1 Corinthiens 14 :3-4)

 

Conclusion

Nous découvrons que le premier prénom de Sarah, Yisska, révèle comment notre Matriarche percevait le monde et comment le monde la percevait. Elle percevait D.ieu partout où elle allait et s’évertuait à rester Tsniout (pudique) pour ne pas faire chuter les hommes à cause de son exceptionnelle beauté.

Enfin, Rachi fait remarquer que le prénom Yisska s’apparente au mot « nésyikhout », « aristocratie » connotant une idée de noblesse, de grandeur d’âme. Nous l’avons vu, que ce soit dans son attitude, comme dans son apparence physique, notre Matriarche restait discrète. Que nous puissions toutes nous inspirer de ces nobles traits de caractère!

Sim’ha

Sources utilisées pour cette étude :

  1. Rachi sur Genèse 11 :29.
  2. Talmud Meguila 14a.
  3. Rachi sur Genèse 21 :12, Chemot Rabba 1:1.

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8 Commentaires

  1. Phil

    J’ai un point d’interrogation ?
    Jusquà présent, je n’avais pu dénombrér que tros matriarches : Sarah, Rivka, Rahel.
    Qui est donc cette mystérieuse autre matriarche oubliée de ma liste ? Mais c’est possible.
    Merci d’avance pour la réponse.

    Réponse
    • Sim'ha

      Bonjour Phil,

      La quatrième Matriarche est Léa (la première femme de Yaakov). Elle est considérée comme une Matriarche au même titre que les trois autres. Elle mit au monde 6 fils (Ruben, Siméon, Levi, Juda, Issachar et Zabulon) qui composeront les 12 tribus d’Israël. Elle eut également une fille, Dina.

      Shalom!

      Réponse
      • Phil

        Shalom Sim’ha et merci. Je m’en doutais un peu, mais après tout ce n’est que justice (au moins humaine) puisqu’elle a mis au monde 6 des futures 12 tribus d’Israêl.

        Réponse
  2. Tièche

    Merci pour ce bon partage.
    Je me pose la question de savoir quel verbe hébreux est utilisé lorsqu il est dit que Sarah a « rit » lors de l annnonce de la future naissance d Isaac.
    Merci si vous pouvez y répondre.
    Amitiés en Jésus.
    Corine Tièche

    Réponse
    • Sim'ha

      Bonjour Corine,

      Merci pour votre message et votre question!

      Si D.ieu permet, c’est avec grande joie que je publierai, après ‘Hanoucca, un article dans la rubrique « Question/Réponse » répondant à votre question. À ce sujet (le rire de Sarah), il y a de belles perles à partager. 😉

      Je reviendrai vers vous dès que l’article sera publié.

      Bénédictions en Yéshoua!

      Réponse
  3. Laye

    Merci Sim’ha pour ce précieux enseignement où nous pouvons découvrir la valeur des prénoms et combien il est beau de se rapprocher toujours plus de notre Père Céleste qui nous offre de précieux cadeau à travers la Torah. Soyez bénie. Geneviève

    Réponse
    • Sim'ha

      Merci de tout coeur Geneviève pour votre message qui me fait vraiment très plaisir. Toute la Gloire à l’Eternel! Soyez bénie ainsi que vos proches!

      Réponse

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