Savoir réprimander et accepter la réprimande : qui, quand, comment ?

Paracha A’hare Mot (Lévitique 16.1 à 18.30) et Kedochim (Lévitique 19.1 à 20.27)

Étude faite pour la refoi chelema (paix et guérison) de tout Am Israël et de tous ceux et celles des nations qui craignent Dieu et observent Ses commandements.

« Mieux vaut reprendre ouvertement quelqu’un, que se taire par amitié. » (Proverbes 27 : 5)

I] Introduction et définition

« Comme la réprimande est bonne pour ceux qui veulent croître dans les voies du Saint béni soit-Il ! Salomon, dans le proverbes 27:5 précédemment cité nous apprend à admonester ceux que nous aimons.

« Une réprimande due à une franche amitié est une bonne chose. »

« Réprimande ton prochain » à condition que « tu n’assumes pas de péché à cause de lui » en l’humiliant publiquement… (Mean Loez)

La paracha de cette semaine, on ne se lasse pas de le dire, est une véritable piscine de pépites spirituelles !

Cette semaine, nous allons regarder de plus près un commandement divin beaucoup plus subtil et important qu’on ne le croit.

Il s’agit de l’importance de réprimander, de reprendre et de faire des remontrances à notre prochain lorsque nous voyons qu’il commet un péché évident.

C’est ici un exercice périlleux mais essentiel.

Savoir reprendre son prochain constitue la preuve d’un authentique amour ainsi que le texte sacré de la Torah du Maître du monde nous l’enseigne :

« Tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui. » (Lévitique 19 : 18)

Le temps est venu de s’arrêter sur ce verset pour l’étudier plus en profondeur, la paracha nous y invite et l’expérience aussi :

qui n’a pas déjà été confronté à une situation dans laquelle il recevait une réprimande ou devait faire une réprimande ?

Qui n’a pas déjà senti, dans ces moments, la haute sensibilité du sujet, le choix délicat du comportement à adopter et la difficile posture à tenir selon les différents cas de figure qui sont aussi nombreux qu’il y a d’individus et de caractères ?

Afin de ne pas tomber dans les pièges du Satan, il semble important d’avoir quelques notions de base sur ce grand sujet de la réprimande.

Il est important pour notre âme d’être au clair sur ce grand thème afin de marcher droitement dans les voies du Père, en harmonie avec les paroles de vies du Messie d’Israël :

« Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère. » (Matthieu 12 : 50) et encore : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7 : 21).

Commençons par regarder la définition véritable du terme.

Nous devons avant tout avoir à l’esprit que les traductions françaises sont souvent incapables de rendre le sens véritable du terme hébreu.

Par exemple, en français, la remontrance ou la réprimande possède une connotation négative comme s’il s’agissait de mettre en évidence le mal d’une personne, d’alourdir son dossier, de la condamner, de la rabaisser.

La nature humaine ne supporte pas de se faire noircir et rabaisser et donc, la réprimande, telle qu’elle est comprise en français et pratiquée sans ménagement par certains : « tu as fait ceci, tu as fait cela, tu es comme ceci, etc. », produit bien souvent un résultat plus dévastateur que réparateur, surtout lorsque la réprimande est faite avec colère et dureté.

En hébreu, le mot possède une tout autre dimension et une connotation bien différente.

Le mot « Yakhar » traduit par « réprimande » ou « reproche » signifie prouver, montrer la vérité, convaincre, argumenter, mettre en lumière, démontrer avec des preuves et des faits.

En fait, la réprimande, dans la pensée hébraïque, consiste à apporter à la personne fautive une preuve, un éclaircissement, un dévoilement de ses fautes, avec tact, douceur, respect, amour, considération et compassion.

Il s’agit de lui faire comprendre ses manquements et ses fautes et de lui rendre la chose acceptable, lui faire voir son problème jusqu’à ce qu’elle l’accepte.

C’est là un exercice épineux, vous en conviendrez; l’école du Dieu vivant nous aidera à ne pas nous faire piquer.

Veuillez noter que, comme l’enseignent les sages, ce verset sur les remontrances n’est pas situé d’une manière hasardeuse dans l’Écriture.

Rappelons que l’agencement des versets de La Torah est effectué avec une sagesse toute divine : la moindre lettre jusqu’à sa taille et son placement dans la Torah regorge d’enseignements et de secrets de sagesse du Dieu vivant.

II] Reprendre c’est aimer, ne pas reprendre c’est haïr

Ici, le verset concernant la réprimande est immédiatement précédé de ce commandement : « Tu ne haïras point ton frère dans ton coeur » (v. 17), et suivi de ces autres ordonnances : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Eternel. » (v. 18.).

Donc, le commandement de reprendre son prochain est en quelque sorte « encerclé », par l’interdiction de haïr son prochain (v. 17), de se venger et de garder rancune. Puis vient ensuite le commandement d’aimer son prochain qui clôture l’ensemble.

Une première simple interprétation consiste à montrer qu’il est formellement interdit de reprendre son prochain si nous sommes animés de haine à son égard où si nous le faisons dans un esprit de vengeance ou de rancune. La disposition de coeur est capitale lors de la réprimande.

Regardons une autre interprétation très intéressante que confirmeront les sages d’Israël.

La mitsva (commandement) de reprendre son prochain est située à cet endroit précis du texte afin de nous apprendre une chose de fondamentale :

si tu vois ton prochain fauter, que cela soit contre Dieu, contre un homme ou contre toi, et que tu refuses de le reprendre et de lui faire la remontrance (si seulement les conditions sont réunies, voir plus bas dans l’étude), alors en réalité, la Torah te dit et te démontre que  tu ne l’aimes pas.

Et puisque tu ne l’aimes pas, la Torah t’apprend que, tôt ou tard, parce que tu as gardé le silence face à son méfait, tu commenceras inévitablement à nourrir une haine dans ton coeur à son encontre (v. 17).

Cette haine finira par s’exprimer par de la vengeance ou de la rancune (v.18).

Arrive alors notre verset clé qui nous explique comment ne pas tomber dans ce piège tragique de la haine, de la rancoeur et du ressentiment : « tu auras soin de reprendre ton prochain ».

En reprenant ton prochain lorsque tu le vois fauter, que cela soit contre toi, contre un autre, ou contre Dieu, et en lui faisant respectueusement, mais avec vérité des remontrances, c’est alors que tu stopperas et bloqueras toute possibilité de haine, de vengeance et de rancune à son encontre.

Parce que tu lui auras dit les choses avec droiture et vérité, aucune hypocrisie ne régnera en lui et toi.

C’est ainsi que devant le Roi des rois, ta conscience restera pure, car devant Dieu, rien n’est plus terrible que l’hypocrisie.

Notons aussi que le verset nous apprend qu’il faut réprimander AVEC SOIN. Cela implique d’avoir une disposition de coeur rempli d’amour, de compassion, de douceur et de tact.

Il faut bien avoir discerné comment reprendre la personne, quand la reprendre et de quelle façon, afin qu’elle puisse prendre conscience de son péché avec preuves et faits à l’appui, en vue de la repentance.

C’est un exercice d’équilibriste, aussi, il ne faut pas se décourager et se laisser accuser si nous n’arrivons pas toujours à reprendre notre prochain parfaitement selon les critères de la Torah.

En effet, si nous échouons, gardons notre coeur serein : la grâce de Dieu, lorsqu’elle est unie à notre repentance, efface tous les maux. Si donc nous sommes parfois maladroits, reconnaissons-le humblement, demandons pardon et tâchons de faire mieux la prochaine fois.

David, nous montre très clairement ce qui engendre la haine, la vengeance, la rancune et la destruction : l’absence de fidélité à la Torah, la peur, la lâcheté, etc., toutes ces choses poussent un grand nombre à fermer les yeux sur les fautes d’autrui et à ne jamais faire de réprimandes.

Par voie de conséquence, beaucoup tombent dans un fâcheux laxisme, tolérant toutes sortes de péchés sous prétexte d’amour et d’amitié.

En vérité, ce comportement engendrera une haine farouche et toutes sortes d’hypocrisies et d’attitudes contraires à l’amour :

« Sauve, Eternel ! car les hommes pieux s’en vont, Les fidèles disparaissent parmi les fils de l’homme.

On se dit des faussetés les uns aux autres, On a sur les lèvres des choses flatteuses, On parle avec un coeur double. » (Psaumes 12 : 2-3)

Mais celui qui reprend son prochain prouve son amour.

En effet, celui qui refuse d’avoir un coeur double, flatteur et hypocrite, qui refuse de fermer les yeux sur le péché manifeste d’un frère ou d’une soeur, mais qui au contraire le réprimande au temps propice et de la bonne manière, ne développera pas de haine dans son coeur.

Une telle personne marchera ainsi véritablement dans l’amour selon Dieu et accomplira la suite du verset : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Eternel. » (v. 19)

Le Ben Ich ‘Haï, un sage d’Israël, explique une chose simple et formidable :

« Si l’on réprimande son ami et qu’on l’empêche par là de transgresser les mitsvot d’Hachem (commandements de Dieu), on manifeste un souci pour son âme et on montre que notre amour pour son bien-être spirituel est bien plus grand que celui porté sur son aise matérielle. »

La Torah nous apprend donc cela : si tu reprends ton prochain, Dieu fera en sorte que la haine, la vengeance et la rancune ne viennent pas habiter dans ton coeur et c’est ainsi que tu démontreras véritablement ton amour envers Dieu et envers ton prochain.

Mais si tu t’abstiens de le reprendre tandis que tu le vois fauter contre Dieu, si tu nourris le non-dit en ton coeur, alors ce comportement permettra tôt ou tard à la haine, la vengeance et à la rancune de s’installer dans ton coeur.

Il deviendra de plus en plus difficile voir impossible d’aimer ton prochain comme Dieu te le demande puisqu’en refusant de le réprimander, tu entretiens en vérité l’inimitié et le manque d’amour.

C’est ici une loi spirituelle inviolable : reprendre son prochain, c’est protéger son coeur de la haine, de la rancune et de la vengeance.

Ne pas le reprendre c’est ouvrir la porte à la haine, la rancune et la vengeance.

C’est précisément ce qu’enseigne le livre des commandements, le Sefer Ha’ hinou’h :

« Mais s’il n’a pas le courage de le reprendre à cause de sa faute, il se mettra peu à peu à le détester, puis à le haïr, avec toutes les graves conséquences que cela peut entraîner.

L’histoire d’Absalon et d’Amnon (2 Samuel 13 : 22) nous montre ce qui en résulte finalement : Absalom n’adressa plus la parole à Amnon, car il l’avait pris en haine… et finalement il le fit assassiner !

Or, « les voies de la Torah sont des voies pleines de délices et tous ses sentiers aboutissent à la paix » (proverbe 3 : 17 ) »

L’amour reprend et châtie tous ceux qu’il aime, c’est bien là ce que la Brit Hadasah (Nouvelle Alliance) nous enseigne en de multiples reprises, fidèlement à la Torah, comme il est dit :

« Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, Et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend; Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. » (Hébreux 12 : 5).

Et encore, Yéshoua de dire : « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. » (Apocalypse 3 : 19), « Car l’Eternel châtie celui qu’il aime, Comme un père l’enfant qu’il chérit. » (Proverbes 3 : 12).

Il peut être utile d’ouvrir ici une parenthèse à propos.

Aujourd’hui, nous savons que les souffrances multimillénaires du peuple juif ne sont absolument pas la marque ou la preuve d’un abandon de Dieu comme le croyaient et l’enseignaient certains catholiques et pères de la réforme protestante.

En réalité, tous les châtiments infligés au peuple d’Israël témoignent au contraire de sa légitimité en tant que fils et peuple du Tout-Puissant.

Régulièrement repris et châtié par son Père céleste dès qu’il s’éloigne de Sa Puissante, Sainte et Glorieuse Torah, Israël prouve par là même son statut d’enfant de Dieu.

Mais lorsque ceux et celles qui vivent dans la transgression de la loi et dans l’impiété ne sont pas repris par le Seigneur des armées, c’est la preuve flagrante de leur illégitimité en tant que fils.

Si ces personnes se prétendent croyantes, alors il est certain que le dieu qu’ils vénèrent est une idole de leur imagination qui leur donne une licence pour vivre dans le péché.

Un homme a dit un jour : « si tu vois un rabbin qui est aimé de tous ses voisins et de son proche entourage, sache que c’est un mauvais rabbin parce qu’en vérité, toutes les personnes de son entourage immédiat l’aiment uniquement parce qu’ils ne se sentent jamais repris et peuvent continuer leur vie de péché ! »

Mais l’homme vrai et fidèle à Dieu, qui aime vraiment son prochain, celui-là risque de ne pas s’attirer la faveur de la masse puisqu’il n’hésitera pas à réprimander ses semblables lorsque cela sera nécessaire. C’est bien ce que nous enseigne la sagesse divine du Roi Salomon :

« Les blessures d’un ami [sa réprimande] prouvent sa fidélité, mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs [celui qui ne réprimande pas, en réalité, il n’aime pas et il est considéré par la Torah comme un ennemi]. » (Proverbes 27 : 6).

De plus, bien que la réprimande est une chose délicate et subtile et même embarrassante au début, le précieux fruit ensuite récolté sera celui de la faveur divine comme il est dit :

« Celui qui reprend les autres trouve ensuite plus de faveur Que celui dont la langue est flatteuse [qui ne réprimande pas]. » (Proverbes 28 : 23).

III] Qui peut reprendre, comment reprendre, quand reprendre, et à qui faire la réprimande ?

Essayons à présent de répondre à deux questions essentielles qui, sans réponses, ont le pouvoir d’ouvrir la porte à toutes les dérives, toutes les méchancetés et à toutes les erreurs qu’il est possible de commettre sur le compte du si précieux commandement de la réprimande, qu’à Dieu ne plaise !

Qui et à qui ?

Regardons ce qu’enseigne le Rav Eliaou Hassan dans son livre La Paracha :

« Nous pensons souvent que « ça ne sert à rien de raisonner les gens ! » « il/elle est allé trop loin ! » « Qui suis-je pour qu’il/elle m’écoute ? » C’est une erreur ! Nous avons le devoir de réprimander en privé ces récidivistes et autres fauteurs impénitents.

[…] La première condition enseignée par nos Sages, qui autorise un individu à reprendre ou réprimander son prochain est la suivante :

« vérifie-toi avant de vérifier les autres. Commence par réfléchir sur tes fautes, tu fais peut-être la même chose que celui à qui tu t’apprêtes à t’adresser. »

Je n’ai donc le droit de reprendre les autres que si je me reprends moi-même sans concession ni mauvaise foi. »

Nous le savons, c’est précisément ce qu’enseigne le Messie Yéshoua, conformément à l’enseignement des sages d’Israël :

« Comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton oeil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?

Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l’oeil de ton frère. » (Luc 6 : 42).

C’est aussi ce que l’érudit juif Jacques Kohn explique :

« Cependant, pour avoir le droit d’en remontrer à son prochain, il faut être soi-même irréprochable : Il ne faut pas, selon l’expression contenue dans Baba Bathra 15b, lorsque l’on dit à quelqu’un : « Ote l’écharde (ou la paille) qui est entre tes yeux ! », que celui-ci puisse répondre : « Commence par ôter toi-même la poutre qui est entre tes yeux ! »

Il appartient par conséquent à chacun, après s’être dûment introspecté, de vérifier s’il a le droit de réprimander autrui. » [Cependant, si une personne répond de la sorte : « ôte toi-même la poutre qui est entre tes yeux ! » mais qu’elle n’a aucun argument valable à faire valoir, elle ne fait que démontrer sa mauvaise foi et sa haine de la réprimande; La Torah qualifie une telle personne de « méchant » (proverbes 9 : 7)]. »

Sur le site reflexionsj.wordpress.com, une autre chose intéressante est dite :

« Les reproches envers autrui sont souvent pleins d’égo :

lorsque nous repérons une faille chez l’autre, nous pouvons avoir l’envie de nous grandir par rapport à lui.

Mais on ne devient pas plus grand en rapetissant les autres…

« Fais attention de ne pas aimer les lois plus que les Hommes ». Souvent, « Celui qui condamne les autres voit en eux ses propres fautes » (Traité AraHin 16b).

Il faudra donc faire attention que même dans nos paroles « Tous nos actes soient au Nom du Ciel ».

En effet, il est même reconnu par la science moderne que lors d’un conflit, si la personne n’a procédé à aucun examen de conscience, il est fort probable que ce qu’elle reprochera à son prochain soit en réalité les travers présents dans son propre coeur. C’est le phénomène de la transposition.

Mais si après un examen sincère de conscience et une vraie introspection, nous sommes certains de ne pas être entachés du péché que l’on a discerné chez autrui, alors nous avons le droit et le devoir légitime de le reprendre.

Dans le Sefer Ha’hinou’h, on lit :

« Cependant, nos sages ont ajouté que, si l’on se rend compte de l’inutilité  d’un tel effort, soit qu’il s’agisse d’un pêcheur invétéré, éloigné de toute idée de repentir, soit qu’il s’agisse d’un homme violent et agressif à l’excès, il n’y a aucun commandement à lui faire des remontrances.

C’est dans ce sens que nos Sages ont dit : autant il est important de savoir parler pour être entendu par le prochain, autant il peut être important parfois de se taire là où les paroles ne peuvent avoir d’effet !

Sinon il en résulterait seulement un avilissement pour celui qui veut corriger. »

C’est exactement ce que nous enseigne la sagesse divine au travers de Salomon :

« réprimander le méchant c’est amener sur soi une tare. » (Proverbes 9 : 7). La version semeur est très intéressante : « reprendre un méchant : s’attirer un affront. »

Ainsi, indépendamment de l’ancienneté ou du niveau d’érudition, un moyen simple, efficace et indéniable de savoir si vous avez affaire à une personne méchante est de vérifier sa réaction face à la réprimande.

Si vous subissez un affront après lui avoir fait une remontrance, si vous voyez que la personne cherche à trouver également une faute en vous-même au moment même de la réprimande afin de se disculper ou de se sentir moins seule dans son péché, alors vous avez affaire à un méchant.

On entend souvent cette réaction s’exprimer de cette façon : « Tu peux parler toi ! Tu t’es vu ? » ou encore : « Tu te prends pour un saint ? Je te rappelle que ceci et cela. »

Malheureusement certaines personnes agissent ainsi :

Au lieu de s’examiner, d’écouter la réprimande et de chercher ce qu’HaShem (Dieu) a voulu leur dire derrière cette réprimande qu’Il a permis à un tel de prononcer à notre égard, elles vont s’efforcer de trouver une faute dans la vie de l’auteur de la réprimande.

Par orgueil ou pour se sentir moins seul dans son péché, la personne méchante cherchera instinctivement à vous dénigrer ou à pointer du doigt un péché qu’il aura remarqué chez vous, ce qu’il n’aurait jamais fait si vous vous étiez abstenu de la reprendre.

De telles personnes sont semblables à quelqu’un qui, se voyant trébucher dans le ravin, entraîne son adversaire avec lui dans sa chute.

D’autres, pour repousser la remontrance et la faire sombrer dans l’oubli, joueront la carte du silence et feront la sourde oreille, comme s’ils n’avaient rien entendu. Ils s’efforceront d’étouffer dans leur conscience, la voix de la réprimande, et persévérons dans leurs fautes.

L’objectif de ces comportements est d’amoindrir puis de briser l’effet de la remontrance.

Ce sont ici des attitudes que la Bible qualifie de méchantes.

En vérité, celui qui dédaigne la réprimande et les avertissements du Seigneur, rentre dans la catégorie des personnes qui dédaignent les lois de Dieu.

À ce sujet, le ‘Hafets ‘Haïm fera une réflexion percutante de vérité et de simplicité :

« Cela me fait penser à une personne qui, malgré les avertissements, a emprunté un chemin ronceux, infesté de bêtes féroces, et qui se voile le visage pour ne pas voir les écueils qui la guettent, en ne comprenant pas qu’elle se met encore plus en danger en agissant ainsi.

Alors que Chelomo (Salomon) conseille à son fils de ne pas rejeter les leçons de morale et les réprimandes, ces hommes qui se croient très intelligents pensent se mettre à l’abri des menaces de la Torah en ne les écoutant pas.

S’ils étaient vraiment intelligents, ils comprendraient qu’ils se causent encore plus de tort en se mettant un voile sur la figure, alors que celui qui y prête attention résidera en sécurité. »

Mais en réalité, même si l’auteur de la réprimande s’y prend maladroitement, l’homme humble et confiant en Dieu, non seulement ne cherchera pas à se disculper, mais en s’examinant, il cherchera au contraire à découvrir le message  que Dieu veut lui transmettre afin qu’il change.

Car bien souvent, lorsque Dieu permet que nous soyons admonestés, il existe une part de vraie dans la réprimande.

C’est pourquoi l’homme humble cherchera quel manque ou quelle faute il a pu commettre pour que Dieu ait permis à une telle réprimande de parvenir à ses oreilles.

Une telle attitude est très appréciée dans le Ciel.

Toujours sur ce verset « réprimander le méchant c’est amener sur soi une tare. » (Proverbes 9 : 7), Rachi fait un commentaire simple et intéressant qui vient s’harmoniser avec ce qui a été dit ici :

« C’est une tare pour la personne qui le réprimande, car le méchant l’injurie et ne l’écoute pas.

C’est un avertissement nous interdisant de parler à ceux qui incitent à dévier de la bonne voie, fût-ce pour les réprimander ou les rapprocher. »

Rav eliahou Hassan explique aussi une chose simple et intéressante qui nous aide à discerner à qui nous avons affaire :

« L’homme qui a une fâcheuse tendance à se croire supérieur aux autres, dès lors qu’il entendra un reproche ou une moquerie, sera furieux. »

Si on a affaire à une personne qui n’est pas très intelligente, oui qui est orgueilleuse, et avec qui on n’est pas spécialement disposé à entamer un dialogue, on n’est pas tenu, dans un tel cas, de lui faire la réprimande, et par simple mesure de piété, il faudra lui pardonner son comportement afin qu’il n’y ait pas de haine entre eux.

Nous l’apprenons de l’histoire entre Yaacov (Jacob) et son fils Réouven (Ruben) comme nous le lisons sur le site Todahm :

« Yaakov lui dit : « Réouven mon fils, je vais te dire pourquoi je ne t’ai pas adressé de réprimande pendant toutes ces années (précédentes) : c’est que je craignais que tu me délaisses pour aller t’attacher à mon frère Essav » (Rachi – Dévarim 1,3). Lorsqu’une personne est fortement perturbée et déçue, découragée ou désespérée, le yétser ara (mauvais penchant et satan) a le pouvoir de la faire basculer en un court instant, directement, depuis le sommet au fond du trou. Si Réouven avait reçu la réprimande de son père juste après son action répréhensible, il aurait été fortement troublé et désemparé d’avoir perdu son monde futur. Il aurait été alors en danger spirituel, et le yétser ara aurait pu accentuer ce désespoir et le faire basculer en un instant jusqu’à abandonner son père et ses valeurs pour s’attacher à Essav et son impiété. »

Quand ?

Le Rav Eliaou Hassan enseigne à ce sujet :

« À quelle occasion doit-on reprendre son prochain ? Lorsqu’on le voit fauter selon les lois de la Torah, il convient de lui expliquer qu’il faute et que la Torah lui demande de se conduire différemment.

Dans le cas où la remontrance ne ferait pas son effet, il faut se délivrer de leur compagnie en s’éloignant ou en les éloignant. »

L’érudit Jacques Kohn dira :

« L’obligation d’admonester son prochain est inscrite dans la Torah : « Tu ne haïras pas ton frère en ton cœur, tu dois réprimander ton semblable, et tu ne porteras pas sur lui de péché » (Vayikra 19, 17).

Cette obligation est explicitée par Rambam :

« Celui qui voit son prochain pécher ou s’engager dans une voie qui n’est pas bonne, c’est pour lui une mitsva (commandement) de le ramener dans le droit chemin et de lui faire savoir qu’il pèche contre lui-même par ses mauvaises actions, ainsi qu’il est écrit : “Tu dois réprimander ton semblable.” »

Le sage d’Israël, le Hafets Haïm, dira :

« Le commandement “réprimande ton prochain” demande qu’on avertisse un homme qui faute qu’il agit incorrectement et qu’on essaie de le convaincre de s’amender.

On doit être prêt à subir l’humiliation et les insultes, et manifester sa désapprobation aussi longtemps que le pêcheur persiste dans sa conduite, et persévérer même si on pense qu’on a peu de chances d’être écouté, ou pas de chance du tout.

De plus, il faut bien savoir qu’en hébreu, dans la véritable traduction, le texte marque une redondance pour nous enseigner l’importance d’insister même si la réprimande ne porte pas de fruit :

« Réprimander, tu réprimanderas ton prochain ».

Dans le Sefer Ha’Hinou’h, on nous explique que l’insistance du verset nous invite à persister dans nos reproches envers notre prochain, « même cent fois s’il le faut » (Baba metsia 23a). Il est également dit : « Nos Sages ont dit qu’on a le devoir de réprimander celui qui commet des fautes, au risque de recevoir des coups. »

Le ‘Hafets ‘Haïm poursuit :

« Ce n’est que lorsqu’on pense que la réprimande l’incitera à commettre des fautes plus sévères qu’on doit s’abstenir de parler. »

Comment ?

Reprendre son prochain doit se faire avec la plus grande douceur. La parole dure est à exclure comme l’enseigne le Rav Eliaou Hassan :

« C’est une règle intangible que nous enseigne le Talmud : les paroles des sages sont écoutées si elles sont prononcées avec douceur.

Il convient de s’adresser à celui ou celle que l’on souhaite reprendre avec du tact.  Il faut absolument veiller à ne pas faire honte à qui que ce soit en privé comme en public. 

Dans certains cas délicats, il est parfois plus judicieux de passer par un intermédiaire ou d’envoyer une lettre. »

C’est aussi ce qu’enseigne le Rav Ron Chaya où parfois, avec certaines personnes et dans certains cas complexes, il recommande d’écrire une lettre.

Le Hafets Haïm enseigne :

 « La réprimande doit être faite avec compréhension et respect et, chaque fois que possible, en privé. [par exemple], de façon générale, il faut interrompre la personne qui dit du lachon hara [médisance, calomnie, colportage] et la réprimander.

Il faut faire ce qu’on peut pour s’assurer qu’elle met un terme à ses bavardages, à moins qu’elle ne réagisse en multipliant ses propos médisant, pour se justifier. »

Le Sefer Haninouh explique :

« Pour commencer, il convient donc de faire les choses discrètement, et de lui parler avec douceur.

Lorsqu’un homme aura eu des torts envers son prochain et que celui-ci lui fasse des remontrances de façon discrète, sans témoin, celui qui a mal agi s’excusera, l’offensé acceptera ses excuses et ils se réconcilieront. »

Sur le site https://reflexionsj.wordpress.com/, nous lisons une chose très intéressante et complémentaire :

« Le rav Ovadia Yossef explique qu’entre deux personnes intelligentes et imprégnées de Thora, si l’un voit l’autre fauter, il pourra « aller le voir peu après en disant naïvement : ‘ C’est incroyable ! (en faisant comme s’il découvrait la chose) Regarde ce que je viens de découvrir dans les propos des décisionnaires ! Qu’il est interdit de…’ ». Ceci afin de ne pas blesser l’autre, faute de quoi il ne pourra entendre cette remarque (Traité Kiddoushin 70a). »

« On ne peut apporter à l’autre une vérité adaptée uniquement si l’on se trouve dans une logique de fraternité » – Rav Benchetrit (Pirke Avot 2; 12).

Le Rav David Pinto enseigne une chose importante :

« Nos maîtres enseignent : De même qu’il y a une Mitsva de dire une chose qui sera entendue, il existe aussi une Mitsva de ne pas dire une chose qui ne sera pas entendue.

[…]

Maintenant que l’impureté se renforce de plus en plus dans le monde, il ne faut pas mener une guerre ouverte à ceux qui profanent les paroles de la Torah, car l’œuvre du Satan risque de réussir, et cela n’entraînerait qu’une profanation du Nom d’Hachem.

Si tu veux les sauver de la faute, réprimande-les avec calme, parle-leur de façon agréable, et avant cela, adresse une prière à Hachem en lui disant :

« Maître du monde ! Je m’apprête à accomplir une tâche en ton honneur, fais moi réussir, afin que je réalise une chose bénéfique et durable. »

Jacques Kohn dira :

« Celui qui réprimande son prochain, que ce soit pour ce qu’il lui a fait ou pour ce qu’il a fait contre Hachem doit le faire en tête-à-tête, calmement et avec douceur.

Il doit lui faire savoir qu’il ne le fait que pour son bien, afin de l’amener à la vie dans le monde à venir.  S’il accepte la remontrance, c’est bien, et sinon il faut le réprimander une deuxième et une troisième fois… » ( Hilkhoth dé‘oth 6, 7)

Dans d’autres cas encore, si la personne est faible spirituellement ou moralement et n’est pas apte à entendre la réprimande, il convient de s’abstenir ou de réprimander indirectement, par allusion, car sinon, cela pourrait engendrer plus de mal que de bien.

Évidemment, si au moment de la réprimande nous ressentons de l’impatience, du mépris ou, pire, de la haine, alors nous sommes inaptes et devenons nous même fautifs.

CONCLUSION

Nous l’avons démontré : ce commandement, aussi bénéfique soit-il, est très délicat à mettre en pratique.

Dans Le Sefer ha’ninou’h nous lisons une chose précieuse pour se responsabiliser à ce sujet et placer toute notre foi en Dieu :

« Un homme conscient de ses responsabilités pèsera minutieusement le pour et le contre, afin de savoir comment agir dans chaque cas, il aura confiance en Dieu qui le guidera et l’aidera dans ce travail délicat !

Grande et la responsabilité de celui qui aurait pu ramener sur la bonne voie un pêcheur et n’a rien fait pour cela ! »

Encore une fois, n’est-ce pas précisément ce que Jacques enseigne dans la Brit Hadasha :

« Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y ramène, 20 qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. » (Jacques 5 : 19-20)

Et le Sefer Ha’hinou’h rajoute :

« Celui qui néglige délibérément ce devoir se place lui-même dans la catégorie des pêcheurs. »

Ainsi que le confirme là encore Jacques dans la Brit Hadsha :

« Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché. » (Jacques 4 : 17)

En guise de conclusion, dégustons quelques perles apportées par le Rabbi Yehonasan Gefen :

« Le Séfer Ha’Hinoukh écrit que l’interdiction de se venger est basée sur l’idée que tout ce qui nous arrive est envoyé par Hachem.

Même si quelqu’un agit envers son prochain de manière négative, il est inutile de garder rancune ou de se venger, car ce tort n’aurait pu être engendré si Hachem ne l‘avait pas désiré.

Ainsi, lorsqu’une personne est réprimandée d’une façon qui lui paraît offensante, il lui est très fortement conseillé d’ignorer les sentiments de la personne qui émet la critique, et de se concentrer sur les paroles prononcées, et d’accepter la remarque.

Il y a souvent une part de vérité dans la réprimande, ce qui prouve que cette dernière est envoyée par Hachem comme un moyen de nous faire comprendre qu’il nous faut améliorer notre comportement.

Chelomo HaMelekh (Le roi Salomon) exprime une idée semblable dans Michlé : « Écoute le conseil et accepte la réprimande, afin que tu deviennes sage à la fin de tes jours ».

Le rav Yehonasan Gefen nous apporte un exemple merveilleux de la grandeur des hommes de Torah, de la sagesse d’Israël et du modèle vers lequel doit tendre tout homme doué de raison :

« Rav Moché Feinstein parvenait à réagir très positivement devant une critique incorrecte. Une fois, il répondit au téléphone pour n’entendre qu’un déluge de critiques d’une personne outrée par l’une de ses décisions halakhiques [concernant la façon d’observer la Torah].

Il écouta patiemment la tirade jusqu’à la fin, sans même tenter de se défendre. Un disciple choqué lui demanda pourquoi il n’avait rien répondu à une réprobation aussi incorrecte.

Il répondit qu’ayant très rarement entendu de reproches, il était reconnaissant de l’opportunité qu’il avait eu d’entendre de si dures paroles – et bien qu’à ce sujet, la réprimande était injustifiée, il devait bien y avoir un autre domaine dans lequel il pouvait s’améliorer, et il convenait donc d’utiliser ce moment de remise en cause pour se parfaire dans ce domaine !

Une autre fois, on reprocha à Rav Moché d’avoir transgressé un interdit inexistant. Il répondit à la critique dans une techouva publiée dans le livre Igrot Moché. Il introduit sa réponse ainsi :

« Je suis heureux que maalat kevodo (son honneur) ait été si zélé dans l’accomplissement de la mitsva (commandement) de réprimander son prochain, selon sa compréhension de la situation, et je ne me sens nullement offensé, D. préserve.

Bli néder (sans rien promettre), je ne me déplacerai pas en voiture au moment de l’allumage des bougies, bien qu’il n’y ait aucun interdit à le faire, et qu’il n’y ait même pas de problème de mar’it ayin [apparence trompeuse]. »

Après avoir complètement réfuté les arguments de la personne qui avait adressé la remontrance, il conclut :

« De la part de votre ami qui vous bénit grâce au mérite de la mitsva de faire une réprimande, accomplie pour l’honneur de Hachem (Dieu) et pour l’honneur de Chabbat kodech (Saint Shabbat). »

Nous comprenons bien que les gens, en général, ne sont pas au niveau de Rav Moché Feinstein et n’aiment pas être critiqués – il n’est pas agréable d’entendre que l’on a un défaut ou que l’on a agi de façon incorrecte.

Cependant, si une personne peut écarter les sentiments de douleur qu’elle ressent et tenter d’apprendre de la réprimande, elle pourra transformer cette critique en un outil extraordinaire d’élévation et l’utiliser pour être un meilleur éved Hachem [serviteur de Dieu]. »

Une telle attitude face à une réprimande (même maladroite) est un joyau qui brille sur la couronne d’Hashem.

Sur le site https://reflexionsj.wordpress.com/, nous lisons une chose très intéressante et complémentaire :

Déjà, à l’époque de la Guémara, Rabbi Elazar Ben Azaria disait (Michlei (proverbes) 3; 17) :

“Je serais bien étonné s’il y avait dans notre génération une personnalité sachant parfaitement réprimander !”

Le rav Ovadia Yossef va jusqu’à dire : « la réprimande est inutile vis-à-vis des personnes qui profanent le Chabbat à notre époque » (27). Peut-être que la meilleure façon d’influencer notre entourage aujourd’hui n’est pas dans le reproche explicite et plein d’égo mais dans l’exemple discret : « La manière de faire passer le message, sa teneur, son esprit… c’est cela qui fait passer le message » (28).

Aussi selon le rav Sitruk,

Nous reconnaissons un vrai Rav dans sa douceur et son timbre de voix, comme l’a dit le Roi Salomon à propos de la Torah : « Tes voies sont des voies pleines de délices et tous tes sentiers sont Paix ».

Sur le site Todahm, nous lisons :

« Faire une réprimande, même par amour de l’autre, nécessite de peser ses mots et de savoir attendre la bonne occasion pour le faire.

A l’image d’un médicament, il faut mettre beaucoup de sucre (paroles positives) pour une faible dose de médicament amer (la réprimande), et s’assurer que la personne pourra l’avaler (parler au bon moment, garder l’honneur de l’autre intact [bien lui prouver la chose] …). »

Au travers de cette analyse, nous avons un bel aperçu de la grandeur du commandement qui consiste à réprimander notre prochain.

Les nombreuses subtilités et cas de figure présentés dans cette étude, bien loin d’être exhaustifs, nous permettront à tous, nous l’espérons, de grandir dans ce commandement, de se repentir s’il y a lieu de se repentir, de saisir l’importance de cette loi divine et de bien discerner chaque situation de potentielle réprimande donnée ou reçue, afin d’agir convenablement, au bon moment et avec toute la sagesse et la douceur qu’exigent un tel commandement.

Prière :

« Père, toi qui es merveilleux et Tout-Puissant, par Ton Glorieux Messie, avec tous les lecteurs de cet article, nous te demandons d’un même coeur de nous aider à nous perfectionner dans ce beau commandement, pardonne nos innombrables erreurs et fautes à ce sujet, et puisses-tu nous accorder Ta grande sagesse pour nous parfaire dans ce domaine, et agir avec amour, circonspection et sans compromis dans toutes les situations que tu amèneras sur nous afin que Ta Torah puisse briller dans nos maisons, dans nos foyers, dans nos vie et que le monde voit combien les Voies de Ta Torah sont « des voies pleines de délices et tous tes sentiers sont Paix »

Amen vé amen !

Thomas.

Un partage sur la paracha de la semaine, par la seule grâce infinie d’HaShem(Dieu) et avec la précieuse aide des rabbanim d’aujourd’hui et des sages d’Israël d’autrefois.

Et vous, que pensez-vous de ce commandement de la réprimande ? Avez-vous déjà été confronté à une situation embarrassante à ce sujet ? Comment avez-vous réagi face à des réprimandes, même injustifiées ? Comment vous y prenez-vous pour réprimander votre prochain lorsque cela est devenu nécessaire ?

Note importante relative aux articles et vidéos faisant intervenir à la fois des juifs, des rabbins, des chrétiens et des pasteurs :

Plusieurs sont étonnés et parfois même choqués de voir côte à côte, dans une même vidéo des rabbins et des pasteurs n'ayant pas toujours les mêmes convictions religieuses.

Il convient alors de préciser qu'en dehors des citations ou autres extraits de sources externes repris dans les études, nous ne cautionnons pas forcément tous les propos et les enseignements des personnes ou des références et autres sites web cités : chaque homme est faillible, nul ne possède toute la vérité, chacun doit donc être attentif et ne retenir que ce qui lui semble bon et en accord avec les voies de Dieu et la bonne nouvelle du Messie Yéshoua : « examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (1 Thessalonicien 5:21).

Sur ce site web, nous usons donc de notre « liberté en Yéshoua » (Galates 2:4) pour citer et utiliser, lorsque cela s’avère nécessaire et utile pour nous faire grandir dans la compréhension du plan divin et de la volonté de Dieu, le travail d’hommes ou de femmes parfois rattachés à d’autres confessions, mais que nous publions tout de même en raison de la qualité de leur contribution dans des domaines particuliers, bien que nous ne les rejoignons pas forcément dans toute leur doctrine.

En outre, cela nous invite à nous exercer à vivre cette maxime des sages :

« Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme […] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot).

Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

Pour de plus amples informations, voir la déclaration de foi

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Veuillez citer la source lors de toute copie partielle ou complète des contenus de ce site web, ainsi que le rappellent justement les maximes des pères (Pirqé Avot) : « Quiconque cite l’auteur d’une parole amène la délivrance dans le monde ». Pour le reste, c’est entre vous et Dieu qui sonde les cœurs et qui rendra à chacun selon ses œuvres.

 

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4 Commentaires

  1. Chantal

    Amen c’est un commandement qui est effectivement difficile à appliquer. C’est pourquoi il est bon effectivement de demander à hachem de nous y aider pour édifier l’autre et le ramener dans les voies de hachem. Amen ve amen

    Réponse
  2. Florence

    Shalom,
    J’aime beaucoup ce type d’étude qui nous invite à travailler nos traits de caractère, nos comportements vis à vis de notre prochain et surtout à purifier nos coeurs et nos pensées.
    C’est tellement rare, merci Thomas.
    Pour ma part, je me prends toujours une claque en les lisant car je vois à quel point j’ai encore besoin d’avancer dans le chemin de la sanctification , mais après cette claque je sais que Dieu est celui qui me purifie et me sanctifie au travers de son Fils Yéshoua lorsque je reste dans l’obéissance.
    N’est il pas écrit dans la paracha de la semaine ” Vous observerez mes lois et vous les pratiquerez : Je suis l’Eternel qui vous sanctifie”.
    J’avais vraiment une interprétation erronée de la vraie signification de la réprimande. J’avais en tête la traduction française du texte. Par crainte et parce que je me dit souvent “Qui suis-je pour qu’on m’écoute ? », je n’ai jamais osé réprimander quelqu’un mais je restais dans le silence tout en priant pour cette personne. Père céleste, pardonne moi mes erreurs à ce sujet. Amen

    Ps : à propos de la parenthèse sur les souffrances du peuple juif, je pense qu’il fallait lire ” les pères de la réforme protestante comme Martin Luther, et non réforme catholique”.

    Réponse
  3. Annie

    … Qui suis-je pour me permettre de réprimander mon prochain ? … c’est avant tout ce que je dois toujours me demander avant de formuler (Yakhar) réprimande ou reproche (et avec beaucoup de tact et de douceur)
    Merci Thomas pour cette excellente étude très utile, et bon Shabbat !

    Réponse
  4. Wingereistein

    Merveille et vraiment instructif et bénissant, jai appris !!

    Réponse

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