Les lois rabbiniques (Halakha/loi juive), le chrétien et l’Évangile

Redonnons ici une brève définition du mot hébreu “Halakha” : La Halakha fait référence à l’ensemble des lois découlant de la Torah écrite et fixée par les autorités religieuses juives (Sages et rabbins). La racine du mot hébreu signifie “marcher”. La Halakha aide donc l’homme à marcher dans les voies de Dieu, dans Ses lois, de la meilleure façon.

Toutefois, c’est une chose connue : une grande défiance existe dans le monde chrétien vis-à-vis des lois rabbiniques. Nous ne pourrons pas ici aborder les nombreuses racines de cette défiance. Pour ceux qui sont intéressés, un module d’étude existe et approfondit la question sur la plateforme d’étude LeRetourAuxRacines.

Cette défiance pose évidemment un vrai problème de paix et d’unité entre de nombreux croyants. Cette réflexion a pour objectif d’apporter apaisement et compréhensions en vue du Shalom entre tous.

Pour introduire et illustrer au mieux notre propos, regardons ensemble une histoire vraie connue dans le judaïsme, que nous avons déjà rapporté ailleurs dans une étude de la Paracha Pinh’as sur le site RencontrerDieu :

« Le Rav Chakh raconta qu’un jour à Vilna, un phénomène extraordinaire capta l’attention et la curiosité de tous les gens des environs.

En effet un Dibouk (mauvais esprit, âme errante d’un mauvais homme n’ayant pas trouvé le repos) possédait le corps d’un jeune homme. Tout le monde en parlait et, rongé par la curiosité, allait constater le phénomène de ses propres yeux !

Le Rav Chakh (Zatsal) raconte:

“Moi aussi je m’y suis rendu. J’ai vu un jeune homme allongé par terre, il roulait de tous côtés et parlait sans interruption. Bien qu’il était un étranger dans la ville, il appelait les visiteurs par leurs noms et racontait leurs actes accomplis dans l’ombre devant tous. C’était terrible !

Les gens fuyaient de honte ! Il est impossible de décrire la terreur qui s’emparait de tous ceux qui osaient s’approcher.

Même sa façon de parler était surnaturelle. Sa bouche était fermée, mais l’on pouvait entendre sa voix au travers du corps. C’était véritablement une leçon de foi !

Les gens qui rentraient dans la pièce pour voir le Dibouk, en sortaient en courant aussi vite que possible tellement ils avaient honte d’entendre leurs fautes ainsi exposées en plein jour aux oreilles de tous !

On raconte aussi qu’en voyant certaines personnes, il se mettait à les regarder fixement et il hurlait tout à coup : “Je t’aime ! Je t’aime !” La personne victime de ce témoignage d’amour rougissait alors comme une pivoine et s’enfuyait en courant…

En effet, si le Dibouk  vous aimait, cela voulait dire que vous étiez un Racha (mécréant), puisqu’il n’aimait que ses semblables !

Par ailleurs, le contraire pouvait aussi se produire, ainsi le Dibouk hurlait parfois: “Je te hais ! Je te hais, va-t’en !” Et cela signifiait que vous étiez un tsadik (juste).

Un jour, un homme pénétra dans la pièce où se trouvait le Dibouk, et de nombreux visiteurs.

Il s’approcha pour contempler le phénomène, lorsque soudain, le Dibouk se leva et le fixa en hurlant: “Je t’aime ! Je t’aime !”

Toute l’assemblée regarda bien entendu cet homme, c’est alors que le Dibouk eut ensuite une réaction incroyable, il s’interrompit dans son témoignage d’amour et vociféra ensuite en s’adressant à la même personne: “Je te hais ! Je te hais !”

Que s’était-il donc passé?

Cet homme, qui, en arrivant, devait appartenir à la catégorie des Réchaïm (méchants), eut tellement honte de se voir aimé par le Dibbouk, qu’un éveil à la Téchouva (repentance) s’éleva aussitôt dans son cœur, et cet éveil le fit donc passer en une fraction de seconde, de la catégorie des méchants, à celle des tsadikim gmourim (justes parfaits) ! En un instant ! “

Le Rav Eliahou nous rapporte une autre anecdote :

Il est rapporté dans la Halakha [ensemble des prescriptions établies par les Sages et découlant directement de la Torah écrite en vue de sa correcte application], que durant Shabbat, toutes les tables de la maison doivent être recouvertes d’une nappe [selon un des commandements divins qui consistent à honorer le saint jour du Shabbat].

Or un Shabbat, le jeune homme possédé par le Dibouk vit le coin d’une table qui n’était pas recouverte par la nappe.

Il se précipita alors et s’agenouilla au pied de la table en embrassant fougueusement le coin découvert, puis il cria: “AH ! Je t’aime ! Je t’aime !”

Stupéfiant !

Nous déduisons de cet événement que la moindre imperfection dans l’accomplissement de la Halakha (loi établie par les sages) était une source de bonheur intense pour ce mauvais esprit.

Nous pouvons apprendre de là que le respect ou non de la plus petite Halakha, a un pouvoir tellement grand dans le monde [et les mondes spirituels], que selon la qualité de sa réalisation, nous allons nourrir les forces du bien ou celles du mal ! » (Rav Eliahou Hassan, La Paracha)

Cette histoire nous permet d’aborder quelques explications essentielles concernant la loi juive (Halakha).

Dans l’anecdote, nous voyons le démon se réjouir de la transgression d’un apparent “très petit commandement” (la nappe sur la table le jour de shabbat) et qui de plus, a été donné par les rabbins, que Dieu les bénisse !

Comment comprendre cela d’une façon biblique ?

En Matthieu 5 :17-19, Yéshoua (Jésus) nous apporte un premier élément. Il enseigne l’importance d’observer même « le plus petit des commandements de la loi de Dieu donnée à Moïse » et d’enseigner à faire de même. Le Messie est formel et ira même jusqu’à dire qu’un tel homme sera alors appelé « grand » dans le Olam Haba (monde à venir).

Mais il y a un problème : plusieurs diront que dans ce passage, Yéshoua parle des commandements divins explicitement mentionnés dans la Torah écrite, et c’est vrai. Cependant, mettre une nappe sur une table le jour de Shabbat, n’est-ce pas là un pur commandement d’homme ?

C’est pourquoi beaucoup de croyants non-juifs bien attentionnés (des chrétiens notamment) resterons perplexes face à un tel précepte et demanderont légitimement : mais nulle part dans la Bible nous voyons l’obligation de mettre des nappes sur les tables un jour de Shabbat, comment comprendre cela ?

Face à l’inconnu ou à ce qui heurte sa logique et sa compréhension, l’homme qui ne conclura ni ne jugera avant d’avoir questionné les premiers intéressés démontre sa sagesse et son humilité. Une telle réaction est saine; puisse l’Éternel nous aider à acquérir une telle attitude.

D’autres, en raison de multiples craintes, blessures et mauvaises expériences passées, ou pour toute sorte d’autres raisons, choisiront d’éviter le sujet, de s’éloigner ou de ne pas même questionner leurs frères ainés dans la foi. Ceux-là ont au moins le mérite de ne pas attiser le feu des controverses sur des sujets délicats.

D’autres encore peuvent malheureusement tomber dans le sombre piège du dénigrement ou du mépris en avançant une chose que nous entendons malheureusement souvent chez certains croyants non-juifs :

« C’est un commandement d’homme, une tradition humaine inventée par les juifs, encore une loi rabbinique, il faut désobéir ou alors vous reniez l’Évangile ! »

L’explication qui suit évitera aux plus sincères de tomber dans le terrible écueil de tels propos et permettra de mieux comprendre la réaction de la personne possédée rapportée dans l’anecdote.

La Torah écrite ordonne de prendre grand soin de sa santé. Regardons une Halakha instituée par les Sages et les rabbins : pour une personne n’ayant jamais fumé, il est interdit pour de fumer des cigarettes. Aucun croyant saint d’esprit, qu’il soit chrétien ou juif, n’oserait s’opposer à ce précepte sous prétexte qu’il émane des rabbins.

Pourtant un tel précepte n’est écrit nulle part dans la Torah. Mais nous l’acceptons facilement parce qu’il ne heurte pas notre logique, notre conception.

En vérité, avec le Shabbat, c’est exactement la même chose. La Torah écrite et les prophètes prescrivent d’honorer et de sanctifier ce saint jour. Les Sages ont institué un certain nombre d’ordonnances pour honorer convenablement ce jour.

Si Yéshoua critiquait certains aspects de ces préceptes relatifs au shabbat, il n’a pas pour autant rejeté l’ensemble de la halakha à ce sujet, loin de là ! Yéshoua critiquait à juste titre certaines lois rabbiniques qui s’opposaient à la Torah écrite. Certaines de ces lois rabbiniques ont d’ailleurs été ensuite abandonnées par les Sages eux-mêmes !

Le lecteur non-juif doit comprendre qu’il y a toujours eu en interne, dans le judaïsme, des discussions parfois virulentes entres les Sages eux-mêmes concernant l’établissement de tel ou tel loi de la Halakha pour le peuple. Est-ce que cela signifiait qu’ils rejetaient toute la loi (Halakha) ? Loin de là !

Quoiqu’il en soit, la loi rabbinique relative à la “nappe du Shabbat”, quant à elle, n’est absolument pas contraire à la Torah. Yéshoua aurait très certainement approuvé une telle loi qui honore le Shabbat de Son Père.

Si le précepte relatif à la nappe du shabbat dérange certain, c’est tout simplement parce que leur conception du Shabbat et leur sensibilité diffèrent sur cet aspect. Par contre, d’autres croyants, ayant étudié en profondeur le commandement du Shabbat et enraciné dans leur coeur l’importance d’honorer ce saint jour, n’auront aucune difficulté à observer avec joie ce précepte des Sages.

Mais si nous jugeons et dénigrons autrui sur ce point, dans un cas comme dans l’autre, nous tombons alors dans le légalisme. Nous faisons preuve d’étroitesse d’esprit, et nous sommes en train de placer nos pensées et notre logique en absolue, ce qui est une marque d’orgueil et d’idolâtrie. Un chrétien ou un juif qui mépriserait et dénigrerait son prochain au sujet de cette ordonnance relative à la nappe, est encore lié par un esprit légaliste.

En Matthieu 23:3, Yéshoua rappelle à son auditoire une autre loi instituée par les Sages, qui émane de la Torah écrite (Cf. Deut. 17). Cette loi prescrit d’écouter les maîtres de la Torah de chaque génération : « Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. 3 Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; »

Ainsi, lorsqu’une personne prend sur elle d’accomplir un certain commandement de la halakha (comme la nappe de shabbat pour honorer ce jour selon ce que dit Ésaïe 58:13), nous devons bien avoir à l’esprit ce principe spirituel fondamental :

Puisque ce type de prescription émane de la Torah écrite, n’annule en rien le commandement d’honorer le Shabbat, et est prescrite et établie par les Sages conformément aux paroles du Messie Yéshoua en Matthieu 23:3, l’impact spirituel positif de cette loi instituée par les maîtres d’Israël devient alors effectivement une réalité bénie de Dieu.

C’est ici un effet de l’autorité légitime accordée par l’Éternel aux dirigeants du peuple juif quant à l’application de la loi divine donnée à Moïse.

Comme nous allons le démontrer plus en profondeur, le pouvoir d’une halakha dans les cieux est réel et la réalité même peut se voir modifier pour s’y conformer ainsi qu’une multitude de faits et de témoignages l’attestent.

De là nous comprenons la folie de ceux qui, sans aucune connaissance sérieuse des sujets abordés et en dehors de tout consensus, dénigrent ou invitent autrui à transgresser la Halakha des maîtres d’Israël. C’est à eux que s’appliquent le verset :

« Ils méprisent l’autorité. Audacieux et arrogants, ils ne craignent pas d’injurier les gloires (…) ils parlent d’une manière injurieuse de ce qu’ils ignorent » (2 Pierre 2:10)

Pour revenir à notre anecdote, le démon de cette histoire n’est qu’une nouvelle preuve de cette réalité spirituelle et de ce pouvoir de “lier et de délier” accordé par Dieu aux sages dirigeants spirituels du peuple juif dans chaque génération.

Le fait que le démon se réjouisse de cette transgression de la halakha au sujet de la nappe constitue une parfaite démonstration des effets réels de ces ordonnances.

Toutefois, pour garder ce saint équilibre, le croyant juif ou non-juif ne doit jamais oublier une chose :

celui qui désire suivre Dieu de tout son coeur, mais qui n’a pas encore été éclairé sur ce type de prescription tel que la nappe, et qui par conséquent ne l’observe pas, ne sera pas impacté négativement à cause de son ignorance, bien heureusement.

Dans un tel cas, Dieu qui sonde les coeurs l’environnera du bouclier de sa grâce et le démon, dont l’acuité spirituelle est très élevée, le sait bien…

Mais celui qui invite ses semblables à se rebeller contre la Halakha est assurément pris par l’esprit de Kora’h qui fit de même.

En plus de transgresser le commandement de Dieu en Deutéronome 17, il transgresse les ordres du Messie lorsqu’il commande d’écouter les Sages en Matthieu 23.

Beaucoup oublient la puissance spirituelle réelle accordée par Dieu lorsqu’il y a consensus parmi les dirigeants spirituels de la génération sur une loi divine ou sur un sujet complexe.

Selon la pensée juive dans laquelle s’exprimait le Messie, lorsque Yéshoua déclare en Matthieu 18:18 : « tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel », il ne fait que s’inscrire dans la tradition juive et le commandement de Son Père donné en Deutéronome 17 concernant l’autorité conférée aux dirigeants spirituels de Son peuple.

Mais à cause de cette malheureuse séparation d’avec le peuple juif qui perdure depuis trop longtemps maintenant (plus pour longtemps nous l’espérons), beaucoup de chrétiens  comprennent mal ce passage et ignorent que le Messie s’exprime ici en des termes qui sont purement juifs et purement rabbiniques…

En vérité, selon le théologien juif David H. Stern, “Lier et délier” fait référence à un jugement légal ou une halakha (Loi juive établie par les Sages).

Ces termes étaient utilisés dans le judaïsme du premier siècle pour signifier “interdire” et “permettre”, comme le suggère l’explication très explicite de l’encyclopédie juive au sujet des termes “lier et délier” :

« “Lier et délier” est une expression rabbinique pour exprimer l’idée “d’interdire et de permettre”.

Ce pouvoir et cette autorité, fixés par le corps rabbinique, étaient ratifiés et recevaient l’approbation finale de la cour céleste de justice (Sifra, Emor, ix, Makhot 23b).” (Extrait de Jewish Encyclopedia 3:215).

De la même manière, dans la seconde épître de Clément à Jacques II (introduction des « Homélies clémentines »), Pierre est représenté comme ayant désigné Clément comme son successeur en disant : « Je lui communique le pouvoir de lier et de délier afin que, eu égard à tout ce qu’il commandera sur la terre, cela soit décrété dans les cieux ; »

Et comme le dit souvent Paul, là aussi cela concerne « le juif premièrement, puis le Grec ».

Et effectivement, dans le peuple juif, il existe un grand nombre de témoignages qui démontrent que, lorsqu’il y a consensus parmi les dirigeants spirituels d’Israël au sujet d’une Halakha, les lois mêmes de la nature peuvent se voir modifiées.

Prenons l’exemple d’un sujet complexe comme celui du calendrier biblique officiel.

Depuis des millénaires, il est connu que plusieurs sectes ont régulièrement tenté de proposer un autre calendrier que celui établi par les dirigeants juifs. Aujourd’hui encore, la chose perdure et apparaît épisodiquement dans certains courants religieux.

Notre réflexion sur l’autorité spirituelle nous enseigne l’importance de suivre le calendrier rabbinique officiel, car, même si dans la réalité on découvrait qu’il y avait une erreur de quelques jours dans les dates (ce qui est très improbable), Dieu, par des voies insondables que la science commence à peine de découvrir aujourd’hui, n’est pas à court d’idées pour modifier le cours des événements et les lois de la physique pour faire en sorte que cette autorité spirituelle que lui-même a donnée aux dirigeants spirituels de la génération soit bénéfique pour le peuple : nous sommes entourés d’une nuée de témoins et de preuves bibliques Torahiques qui abondent en ce sens et qui démontrent cette réalité.

Dieu Lui-même, qui est l’autorité suprême par excellence, n’a-t-il pas accepté d’accorder au peuple un second jour de Pessa’h (fête de pâque) dont l’impact spirituel est réel et ayant lieu… un mois plus tard (Nombres 9) que la date initiale ! Ses enfants (Les Sages) ne sont-ils pas Ses imitateurs ?

La Torah est donc très claire : sur un sujet qui n’abolit pas la Torah, qui ne remet pas en cause la saine doctrine, si le sujet est complexe (comme pour le calendrier par exemple), il nous faut aller d’après la décision des grands de la génération et ne surtout pas tomber dans le piège de Kora’h qui, à cause de toute sorte de motifs impurs liés à l’orgueil, s’est soulevé contre la halakha et les dirigeants de son époque ainsi que l’enseignent les Sages d’Israël dans leur analyse de la révolte de Kora’h, de Datan et de Aviram.

Nous oublions parfois que Kora’h était un croyant érudit et un fervent pratiquant qui a même réussi à influencer plusieurs grands du peuple.

Mais son combat était malheureusement dirigé contre les dirigeants officiels du peuple juif établi par Dieu tandis qu’en réalité, il n’avait aucune autorité légale approuvée d’en Haut pour agir de la sorte.

De plus, Kora’h se croyait vraiment légitime et approuvé de Dieu mais l’orgueil, ses mauvaises ambitions et sa soif d’honneurs l’ont littéralement aveuglé.

Qu’un si grand érudit ait pu tomber dans une telle rébellion doit nous tenir vigilants et en éveil quant à nos réelles ambitions qui ne sont pas toujours très pures…

Nous devons nous tenir fermement en garde contre nous-mêmes : Kora’h nous enseigne que nul n’est à l’abri d’une telle déviance et si nous ne veillons pas, la dimension Kora’h peut se réveiller en chacun de nous.

C’est là aussi une épreuve de foi pour nous tester : ajoutons-nous foi aux textes qui ont trait à l’autorité spirituelle des dirigeants d’Israël tels que ceux que nous trouvons en Deutéronome 17, Mathieu 23, Matthieu 18, etc. ?

Ou les fuyons-nous lorsque notre chair est dérangée ou lorsque ces textes et la réalité vont à l’encontre de ce que nos pensées tellement limitées conçoivent de façon parfois si péremptoires ?

Ou alors, oublions-nous si facilement que Les pensées du Tout-Haut et Ses voies ne sont pas les nôtres comme le dit le Prophète : « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées. » (Ésaïe 55)

Puissions-nous nous exclamer avec Jérémie : « Ah ! Seigneur Eternel, Voici, tu as fait les cieux et la terre Par ta grande puissance et par ton bras étendu : Rien n’est étonnant de ta part. » (Jérémie 32:17)

Si pour des raisons qui lui semblent valables, quelqu’un n’est pas d’accord avec une halakha (loi instituée par les dirigeants spirituels du peuple juif), c’est son droit le plus strict. La chose est entre lui et Dieu.

Paul dira à ce sujet : « Et si vous êtes en quelque point d’un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d’un même pas. » (Philippiens 3:16)

Et ailleurs, il dira au sujet d’une halakha : « Si quelqu’un s’obstine à contester, nous lui répondons que ce qu’il propose n’est ni notre pratique ni celle des qehilot (assemblées) de Dieu. » (1 Corinthien 11:16)

Qu’il ait raison ou qu’il ait tort sur l’application d’une quelconque halakha, le croyant doit donc absolument veiller à préserver l’unité au sein du peuple de Dieu et le respect dû aux Sages et aux dirigeants spirituels du peuple juif dans chaque génération.

Mais lorsqu’un tel individu commence à dénigrer publiquement une quelconque halakha en invitant ses semblables à s’y opposer, pire encore, s’il se met à viser et à médire des rabbins et des sages en s’y opposant et en approuvant ceux qui agissent de même, il tombe alors assurément dans le piège de Korah, d’où naissent les querelles et les divisions au sein du peuple de l’Éternel.

Puisse l’Éternel nous donner la sagesse pour agir avec amour et circonspection dans ces domaines ultra-sensibles en cessant de se juger les uns les autres.

Précisons enfin que si nous ne comprenons pas tout, ne jugeons pas pour autant hâtivement ceux et celles qui sont plus rigoureux que nous dans l’observance de certains commandements, et ne commettons surtout pas l’erreur infâme de médire ou de regarder d’un œil négatif toute personne pointilleuse dans sa pratique de la Torah, si du moins cette personne n’impose pas sa rigueur à autrui évidemment !

Nous sommes tous différents dans l’observance du commandement et devons absolument apprendre à respecter et même à chérir nos différences lorsqu’elles ne heurtent pas la Torah, cela va de soi. C’est le chemin de la paix et de l’unité vraie.

N’oublions jamais cette réalité parfois si vite mise de côté : nous sommes un corps et nous nous complétons.

Un tel sera rigoureux dans l’application de tel commandement et léger dans l’application de tel autre et vice versa.

Un tel aura bénéficié d’un éclairage d’En-Haut au sujet de telle loi tandis qu’un autre aura été éclairé dans un autre domaine de la loi qui fait défaut au premier.

Et inversement: ne jugeons pas trop vite la pratique qui nous paraîtrait parfois quelque peu débridée de ceux et celles qui n’ont tout simplement pas encore éclairé sur certains sujets !

En un mot, respectons-nous et soyons d’une extrême prudence dans nos jugements.

Dieu seul est juge, nous sommes tous différents dans notre pratique et nos sensibilités sont également très différentes. Gardons cela à l’esprit en vue de la paix.

Un tel met une nappe le jour du Shabbat et moi non ? Que Dieu soit béni et qu’il m’éclaire davantage à ce sujet. Grâce à mon prochain, j’ai l’occasion de me perfectionner et de me rapprocher de Dieu.

Tel non-juif ne met pas de kippa et tel autre non-juif met une kippa ? Que Dieu soit béni et qu’il m’éclaire davantage à ce sujet. Grâce à mon prochain, j’ai l’occasion de me perfectionner et de me rapprocher de Dieu.

Un tel décide d’observer certains jeûnes bibliques agréés de Dieu et observés par tout le peuple juif (comme le jeûne du 17 Tamouz, du 9 Av, etc.) ? Que Dieu soit béni et qu’il m’éclaire davantage à ce sujet. Grâce à mon prochain, j’ai l’occasion de me perfectionner et de me rapprocher de Dieu.

Etc., etc.

Être dur avec soi-même et doux avec les autres et non pas doux avec soi-même et dur avec les autres est une sage voie à suivre.

Paul, le Rabbi de Tarse nous en montre l’exemple : il était dur avec lui-même et plein de douceur avec autrui ainsi qu’en témoigne l’Écriture.

Finalement, nous ignorons tout de la perception et de la sensibilité spirituelle de chaque homme !

Se moquer ou mépriser un homme qui semble être rigoureux dans des détails de la loi n’est qu’une triste preuve d’immaturité spirituelle et d’orgueil.

De la même façon, l’orgueil a déjà saisi le coeur de celui qui méprise une personne faible dans la pratique de la Torah alors qu’elle n’a tout simplement pas reçu encore suffisamment de lumière pour pratiquer la Torah convenablement !

Chacun grandit à son rythme, ne tombons pas dans le piège de l’orgueil spirituel, mais honorons tout homme, tant qu’il n’impose pas sa rigueur ou son laxisme à autrui !

Pour garder encore une fois l’équilibre et nourrir notre réflexion, ne perdons pas de vue que peut-être, par moment, nous nous attardons aussi sur des détails qui n’en valent pas la peine, des détails que Dieu ne nous demande pas de suivre et qui ne trouvent aucun fondement dans la halakha [ensemble des prescriptions établies par les Sages et découlant directement de la Torah écrite en vue de sa correcte application].

Également, lorsque notre pratique est fidèle à la halakha, n’oublions jamais qu’il faut mettre en priorité les devoirs du cœur.

À ce titre, les Sages d’Israël, à l’instar du Messie Yéshoua, font remarquer un terrible travers particulièrement répandu à l’époque de la fin du second Temple : de nombreux croyants étaient tombés dans le piège du légalisme.

Ils étaient rigoureux dans leur pratique et imposaient leur rigueur aux autres en condamnant facilement quiconque ne se conformerait pas à leur exigence et à leur pratique.

Ce témoignage des Sages est attesté par l’Évangile, ce qui a d’ailleurs conduit notre Maître Yéshoua à les réprimander sévèrement.

Continuons notre réflexion : la Torah écrite nous ordonne d’honorer le Shabbat.

Une des prescriptions des Sages pour honorer ce saint jour nous invite à couvrir les tables de la maison avec de belles nappes durant le Shabbat.

Le légaliste s’empressera de condamner et de juger quiconque n’observe pas cette prescription, peu importe son niveau spirituel et son degré, de consécration, ce qui est une grave erreur…

Et c’est ainsi que le religieux devient légaliste et abandonne le sentier de la bonté, de la patience et de la miséricorde de Dieu comme il est dit :

« Vous vous acquittez scrupuleusement de la dîme sur la menthe, l’anis et le cumin, mais vous laissez de côté ce qu’il y a de plus important dans la Torah, c’est-à-dire la justice, la bonté et la fidélité.

Voilà ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger le reste. Guides aveugles que vous êtes ! Vous avez soin de filtrer vos boissons pour éliminer le moindre moucheron, et vous avalez le chameau tout entier. » (Matthieu 23:24)

Mais aussi, à la fin de notre anecdote, si la réaction du démon face à la nappe de Shabbat est une véritable source d’enseignement pour nous montrer l’importance effective de ne pas négliger la plus petite loi émanant de la Torah écrite ou des Sages d’Israël, n’oublions pas de ne jamais croire tout ce que peut raconter un démon ni d’ajouter foi à son comportement :

Le serpent ancien, étant le plus rusé de tous les animaux, est un comédien hors pair et un redoutable menteur, capable de parler et de tromper tout autant par sa bouche que par son attitude.

Tout ce que le démon dit et fait n’est donc pas forcément un signe de vérité sauf lorsque la Torah elle-même statut.

À titre d’exemple, les démons sont parfaitement capables de faire croire à l’efficacité d’une eau lustrale quelconque qui rentrerait en contact avec eux, dans le seul but de tromper et de conférer à cette eau un pouvoir qui n’existe pas.

Le démon se tordra alors extérieurement de douleur tout en se tordant intérieurement de rire, et ceci, dans le but de laisser l’homme dans le péché tout en lui donnant une fausse confiance, un faux sentiment de puissance et d’approbation divine avec l’illusion de sa réussite et de son efficacité.

Tout ceci est à méditer, ce sont des sujets de réflexion je pense très précieux pour aiguiser notre discernement, et le sage enrichira son savoir.

Shalom aux lecteurs qui ont eut le courage de tout lire !

Thomas.

Note importante relative aux articles et vidéos faisant intervenir à la fois des juifs, des rabbins, des chrétiens et des pasteurs :

Plusieurs sont étonnés et parfois même choqués de voir côte à côte, dans une même vidéo des rabbins et des pasteurs n'ayant pas toujours les mêmes convictions religieuses.

Il convient alors de préciser qu'en dehors des citations ou autres extraits de sources externes repris dans les études, nous ne cautionnons pas forcément tous les propos et les enseignements des personnes ou des références et autres sites web cités : chaque homme est faillible, nul ne possède toute la vérité, chacun doit donc être attentif et ne retenir que ce qui lui semble bon et en accord avec les voies de Dieu et la bonne nouvelle du Messie Yéshoua : « examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (1 Thessalonicien 5:21).

Sur ce site web, nous usons donc de notre « liberté en Yéshoua » (Galates 2:4) pour citer et utiliser, lorsque cela s’avère nécessaire et utile pour nous faire grandir dans la compréhension du plan divin et de la volonté de Dieu, le travail d’hommes ou de femmes parfois rattachés à d’autres confessions, mais que nous publions tout de même en raison de la qualité de leur contribution dans des domaines particuliers, bien que nous ne les rejoignons pas forcément dans toute leur doctrine.

En outre, cela nous invite à nous exercer à vivre cette maxime des sages :

« Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme […] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot).

Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

Pour de plus amples informations, voir la déclaration de foi

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Veuillez citer la source lors de toute copie partielle ou complète des contenus de ce site web, ainsi que le rappellent justement les maximes des pères (Pirqé Avot) : « Quiconque cite l’auteur d’une parole amène la délivrance dans le monde ». Pour le reste, c’est entre vous et Dieu qui sonde les cœurs et qui rendra à chacun selon ses œuvres.

 

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