Introduction et résumé de la Paracha
La Paracha Terouma (Don, contribution, offrande – Exode 25:1 à 27:19) inaugure une série de Parachot pleine de mystères consacrés au Sanctuaire/Tabernacle (Michkan en hébreu) de l’Éternel selon qu’il est dit :
« Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux. » (Exode 25:8)
Sur ce verset, n’oublions pas cet enseignement connu en Israël, transmis par les Maîtres de la sagesse, eux dont les yeux sont exercés à lire la langue sainte :
Le Sanctuaire/Michkan est ce lieu qui est préparé de telle sorte que la présence divine apparaisse et se dévoile. C’est pourquoi, dans le texte source en hébreu, il n’est pas écrit : « je résiderais au milieu de lui (du sanctuaire) », mais « au milieu d’eux », c’est-à-dire dans le cœur de tous ceux qui participent à l’édification de Ma Maison; le cœur de chacun deviendra un lieu de résidence pour la présence divine.
L’Esprit divin donne à Moïse des instructions détaillées sur la façon de construire cette demeure pour L’Éternel avec les ustensiles qui la composent, afin qu’elle puisse être facilement démontée, transportée et réassemblée lors du voyage du peuple dans le désert.
Par cette demeure, c’est ainsi que l’Esprit de Dieu pourra s’épancher dans les cœurs de son peuple.
Cette Paracha et le commentaire des Sages d’Israël indiquent quels sont les dons et les contributions volontaires et obligatoires que le peuple devait apporter pour la construction du Tabernacle et le bon fonctionnement du culte agréable à D.ieu.
Que la Torah parle avec autant de détails et si longuement du Sanctuaire et de ses ustensiles sacrés nous interpelle et nous en dit long sur la place de choix accordé au Tabernacle. Les Maîtres d’Israël l’ont bien relevé, et c’est pourquoi de nombreux Midrashim disent que le jour où le Mishkane/Tabernacle – en préfiguration du Beth Hamiqdash/Temple – a été construit est un jour plus grand que celui de la création du monde…
Nous nous attarderons sur un des très nombreux enseignements essentiels de cette Paracha, toujours très actuels et très utiles au peuple de Dieu.
Avant de profiter de cette explication profonde d’un verset de notre Paracha Terouma, il est nécessaire de rappeler un certain nombre de fondamentaux.
Rappel sur l’importance de l’éthique divine (moussar)
Avant tout, précisons que cette étude est axée « Moussar » (morale divine) : elle nous aidera à améliorer notre caractère, à purifier notre cœur et à trouver le juste équilibre intérieur, entre émotion et intellect.
Les enseignements de Moussar sont semblables à un miroir dans lequel l’homme droit s’examine, c’est un baume pour les blessures de l’âme.
Quiconque sent son cœur s’éloigner des chemins joyeux et paisibles de la Torah ou éprouve une certaine insensibilité, une tiédeur ou une baisse de zèle à l’égard des voies de Dieu, est convié à prendre un bol de Moussar.
Parfois, ouvrir les yeux sur l’état de notre cœur pour en exposer les travers peut s’avérer très utile pour briser les écorces qui occultent la lumière; une fois ces écorces ôtées, l’Esprit de Dieu éclairera notre âme et nous guidera vers le chemin vertueux et réparateur de la téchouva (repentance). N’est-ce pas ce que dit David :
« … un esprit humilié. Ô, Dieu, tu n’écartes pas un cœur brisé et contrit. » (Psaume 51:19). Et encore : « L’Éternel est bon et droit : c’est pourquoi il montre aux pécheurs la voie [à ceux qui se reconnaissent comme « pécheur » grâce au moussar]. »
Les sages d’Israël expliquent en effet :
« L’obstruction du cœur est un état du cœur frappé d’insensibilité, indifférent à la méditation sur la grandeur de D.ieu.
Il a été recommandé aux croyants sincères confrontés à cet écueil de méditer des pensées telles qu’il en ait le cœur brisé :
Cette brisure provoque ipso facto la cassure de la grossièreté de la klipa (écorce) de l’âme animale qui se hisse avec arrogance contre l’âme divine.
Différents cheminements ont été proposés pour parvenir à cet état afin que l’homme s’éveille pour prendre le dessus sur les forces impures, car, en étant honteux à ses yeux et répugnant – ainsi rabaisse-t-il et repousse-t-il les forces négatives.
Et alors, elles sont automatiquement annulées et repoussées, tout comme l’obscurité est annulée [face à] la lumière physique. »[i]
Le Pélé Yoets rappelle :
On sait que les débuts sont difficiles et qu’on aura du mal à étudier et à entendre les paroles d’éthiques, que les oreilles seront imperméables aux paroles, qu’on est insensible, mais finalement, à force de persévérance, le cœur se soumettra et les paroles deviendront agréables et plaisantes.
Ceignons nos reins et marchons vers une plus grande délivrance !
Le problème de la nature humaine
Les sages d’Israël et Paul ont été à la même école : ils nous expliquent que l’homme possède [globalement] « deux âmes » : l’âme divine et l’âme animale.
L’âme est fondamentalement une entité spirituelle. Mais comment pouvons-nous affirmer qu’une chose spirituelle comme l’âme peut être animale ? N’est-ce pas contradictoire ?
Pour essayer de comprendre et mettre en lumière cette vérité, prêtons-nous à un ce simple jeu :
Voici une question à laquelle nous devrons répondre au plus vite dans les 2 secondes qui suivront après sa lecture :
Q : Qui est le plus grand : 1) l’homme qui apporte une chose de manière spontanée à Dieu, de tout son cœur OU 2) l’homme qui agit et apporte une chose à Dieu par contrainte parce qu’il sait qu’il n’a pas d’autre choix et qu’il faut bien le faire ?
…1
…2
Les deux secondes sont écoulées.
Si nous faisions un sondage de rue, la majorité répondrait que le premier choix le bon ! En vérité, nous allons le découvrir : la majorité se trompe. Pourquoi ?
La réponse est simple, nous la développerons dans cette étude : dans le premier cas, l’homme est en train de lier son action à sa décision de cœur, par conséquent, son action est fragilisée au niveau de sa permanence.
En effet, la personne qui agit de manière spontanée et fait dépendre ses actions uniquement de son cœur [ses envies, ses instincts] est en danger, car nous savons combien le cœur est très instable et changeant ainsi qu’il est dit ici :
« l’homme qui se confie dans l’homme » est frappé de malédiction, car se faisant, il « prend la chair pour son appui [son propre cœur], Et détourne son cœur de l’Éternel ! » (Jérémie 17:5).
Ésaïe ajoute : « Sa vie n’est qu’un souffle [changeant et éphémère comme un souffle] ! Quelle est en effet sa valeur ? » (Ésaïe 2:22). Valeur très faible, selon qu’il est dit ailleurs :
« Le cœur est tortueux plus que toute autre chose, et il est incurable, qui pourrait le connaître ? » (Jérémie 17:9). Jérémie est très clair dans sa réprimande, il va droit au but et souligne le mal : « Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, Ils ont suivi chacun les penchants de leur mauvais cœur; » (Jérémie 11:8). C’est ce que dit Pierre : « Ils s’abandonnent à leurs penchants naturels » (2 Pierre 2 :12)
Les prophètes donnent un coup fatal au fantasme des thèses humanistes prônant que l’homme est fondamentalement bon. C’est tout le contraire qui est vrai : Le cœur de l’homme est instable et mauvais, il est tout entier plongé dans l’iniquité.
« Le péché originel » est attaché à toutes les fibres du cœur de l’homme. Ce n’est pas une invention humaine ou le fruit tardif des interprétations des grandes religions postérieures à l’époque du second Temple. Ce n’est pas la doctrine de la théologie chrétienne. Le Roi David, cet homme de vérité, a visé juste lorsqu’il disait déjà en son temps : « depuis ma naissance, je suis coupable; quand ma mère m’a conçu, j’étais déjà marqué par le péché. » (Psaume 51:7).
Toutefois, parce que tous les désirs du cœur ne sont pas forcément mauvais (en raison de ce mélange de bien et de mal qui y règne suite à la consommation du fruit de l’arbre), le désir d’un cœur, s’il est orienté vers les voies de Dieu est une chose évidemment excellente qui doit être encouragée.
Mais si nous faisons dépendre nos actions uniquement de l’envie de notre cœur, c’est là que nous nous exposons au péril à cause de la nature instable et corrompue du cœur « tortueux » de l’homme. Et c’est pourtant ainsi que la plupart d’entre fonctionnons : nous suivons les désirs de notre cœur ! Or, c’est exactement ce que les prophètes de vérité disent de ne pas faire !
Examinons une preuve très simple :
Il y a une centaine d’années, il était inacceptable et inconcevable en Occident de marier 2 personnes de même sexe publiquement, officiellement. Et plus encore : la chose était absolument impensable au sein d’institutions religieuses telles que l’Église catholique et protestante.
Et pourtant, quel revirement de situation ! Aujourd’hui, c’est rigoureusement l’inverse qui est vrai : il est inconcevable et inacceptable de ne pas accepter de marier 2 hommes. « Oser » définir le mariage comme « l’union conjugale librement consentie entre un homme et une femme » et s’opposer idéologiquement à toute autre forme de mariage peut valoir condamnation, amande et poursuite en justice, à Dieu ne plaise !
Idem dans l’Église catholique: chose impensable il y a à peine quelques années, voilà qu’elle suit, ouvertement et sans honte, l’esprit déchu de ce monde et donne aujourd’hui sa bénédiction pour les mariages homosexuels ! Et bien des protestants suivent ! Les quelques réactions saines observées à l’époque des manifestations contre « le mariage pour tous » semblent bien lointaines et se sont bien vite essoufflées…
Nous sommes en présence d’une parfaite inversion des valeurs en quelques décennies à peine. Les uns défendent leur position et parlent d’évolution des mentalités ou tordent de manière insupportable le sens des Saintes Écritures pour justifier l’injustifiable. Les autres, beaucoup moins nombreux, sont convaincus qu’il s’agit d’une tragique régression et d’une nouvelle marque d’Apostasie aussi visible que profonde.
Qui a raison ? Qui a la vérité ? Certainement pas le cœur changeant et mauvais de l’homme moderne, athée et humaniste. Pour démêler le vrai du faux, il nous faut consulter le « livre de la vérité » (Daniel 20:21) : ce Monument de justice, d’équité et de droiture ne change pas et a déjà très largement fait ses preuves.
Et nous venons de le voir, les prophètes sont formels: le cœur de l’homme est incurable et versatile. Il est comme un aveugle perdu au milieu d’un labyrinthe grand comme un multivers… Pour aider l’homme à sortir des épaisses ténèbres dans lesquelles il tâtonne, Dieu, dans Sa suprême bonté, lui a fait connaître ce qui est bon et ce qui ne l’est pas au travers de Sa loi parfaite [Torah].
Inutile de développer davantage ce point : dans le cadre de notre étude, nous comprenons facilement le piège qui consiste à prendre des décisions et à régler sa vie et ses choix en se basant uniquement sur les penchants de son cœur.
Celui qui s’obstinerait à se laisser conduire uniquement au gré de son cœur s’expose à expérimenter le juste jugement de Dieu selon qu’il est dit :
« Alors je les ai livrés aux penchants de leur cœur, Et ils ont suivi leurs propres conseils. » (Psaume 81 :13)
C’est là ce que dit Salomon :
« Dieu les mettra à l’épreuve pour qu’ils voient par eux-mêmes qu’ils ne sont que des bêtes. » (Ecclésiaste 3:18)
De là nous comprenons le danger de ceux qui, pour justifier leur action ou leur inaction, disent un peu trop souvent : « j’ai à cœur ceci » ou « je n’ai pas à cœur cela ».
S’exprimer de la sorte n’a bien entendu rien de mauvais en soi; le danger prend naissance lorsque cette façon de parler devient la règle du fait que l’homme décide consciemment de n’écouter que son cœur.
Lorsque l’homme fait dépendre ses actions uniquement de ses instincts et se confie dans les pensées de son cœur, il est véritablement en péril comme le dit le verset : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; » (Romains 8:13).
Jérémie formule très bien ce que pense cette race d’homme : « ils disent : C’est en vain [car nous n’écouterons pas la vérité, la loi de Dieu] ! Nous suivrons nos pensées, Nous agirons chacun selon les penchants de notre mauvais cœur. » (Jérémie 18:12)
Suivre la vérité avant tout
Mais loué soit l’Éternel, voilà le remède :
« La Loi de Dieu est dans Son cœur ». Et résultat sublime : « Ses pas ne chancellent point. » (Psaume 37:31)
Celui qui se soumet à la vérité et au devoir qu’implique la vérité, qui a le sens des responsabilités et ne cherche pas prioritairement à satisfaire ses désirs, celui-là est en sécurité, car il ne se laisse pas diriger par son cœur et ses passions.
Il examinera ses pensées, pèsera le pour et le contre dans la balance de la justice et de la vérité que son intelligence, son cerveau, analysera; il agira ensuite selon ce qu’il discernera comme étant conforme à la Torah de son Dieu.
Un tel homme ne trébuchera pas si facilement : Dieu l’aidera et le rendra capable de mettre son intérêt et ses plaisirs de côté (lorsqu’ils s’opposent à la loi divine) pour faire ce qui est droit et vrai.
Celui qui fait l’effort de soumettre sa nature animale et qui règle ses actions par « devoir de foi » et de vérité est une personne stable et de confiance. C’est là ce que Dieu attend de nous.
Parabole d’un homme guidé par son cœur qui projette de faire un ouvrage qu’il sait bon et conforme à la volonté de Dieu. Arrive un vent, sa motivation s’envole et il abandonne son projet initial.
L’Écriture dit de cet homme qu’il est semblable à un « enfant, flottant et emporté à tout vent de doctrine, par la tromperie [de son propre cœur capricieux, tel un enfant] » (Éphésiens 4:14). « c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies. » (Jacques 1:8). « Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur » (Jacques 1:7)
Au verset 15 d’Éphésiens, le remède est donné : « [suivre] la vérité dans la charité, croissant à tous égards en celui qui est le chef, Le Messie. »
Car il n’y a de vérité que dans la Torah et dans la foi en celui qui proclama être l’incarnation même de la Vérité, du Verbe de Dieu : le Messie Yéshoua. Ce Seigneur et Ce Sauveur n’a-t-il pas dit en effet :
« Si je suis venu dans ce monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité. Celui qui appartient à la vérité écoute ce que je dis. » (Jean 18:37)
Celui qui agit par devoir et responsabilité morale et spirituelle devant Dieu et devant les hommes, et décide de se conformer à la Torah, faisant « plier sa Volonté aux commandements de Sa bouche » (selon Job), tiendra son engagement et l’action initialement prévue sera menée à son terme, même si soudainement son cœur venait à changer à cause d’un « vent ennemi » : c’est ce que l’on appelle la fidélité et la constance.
Un tel homme marche non selon la chair (les désirs de son cœur), mais selon Dieu comme il est dit :
« Vous vous souviendrez de tous les commandements de l’Éternel pour les mettre en pratique, et vous ne suivrez pas les désirs de vos cœurs et de vos yeux pour vous laisser entraîner à l’infidélité. » (Nombres 15 :39)
En effet, « ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit … Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, 14, car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » (Romains 8:9-15)
Un individu est dangereux pour lui-même et pour les autres lorsqu’il écoute prioritairement les désirs de son cœur, car il n’a en vérité aucune constance et fiabilité : aujourd’hui, oui, demain non. Maintenant il pense, parle et agit le bien, l’instant d’après, il pense, parle et agit mal. Aujourd’hui il professe croire dans le Messie et Fils de Dieu comme sauveur de l’humanité, et la minute suivante il est prêt à empêcher la rédemption du genre humain ! (cf. dialogue ente Yéshoua/Jésus et Pierre, Matthieu 16:23, en contexte).
C’est au sujet d’un tel homme qu’il est dit :
« Comme une dent cassée et un pied qui chancelle, Ainsi est la confiance en un perfide au jour de la détresse. » (Proverbes 25 :19).
Le chemin étroit pour arriver au « bon cœur ».
Grâce au développement précédent, nous allons maintenant pouvoir comprendre avec plus profondeur le verset de notre Paracha :
« L’Éternel parla à Moïse, et dit : Parle aux enfants d’Israël. Qu’ils m’apportent une offrande; vous la recevrez pour Moi de tout homme qui la fera de bon cœur. » (Exode 25 :1-2)
Deux questions se posent ici.
1) Après tout ce que l’on vient de dire, comment expliquer le fait que Dieu semble insister sur une offrande de cœur ?
2) Pourquoi la Torah se répète-t-elle ? Dieu demande qu’on lui apporte une offrande et rajoute : « pour moi », c’est comme si en français nous disions : « Peux-tu m’apporter cette chose pour moi ? ».
L’étudiant de la Torah discerne ici une anomalie porteuse d’un message particulier que Dieu désire nous transmettre et qui permettra de répondre à la première question.
Les commentaires expliquent en effet que l’offrande en question devait être apportée « LICHMA » en hébreu, c’est-à-dire par amour et pour Sa gloire avant tout : il faut que la personne qui apporte l’offrande pense ainsi en son cœur : je le fais pour Dieu prioritairement, par pur amour pour lui, de manière désintéressée. Ma motivation n’est pas « le salaire ».
Le Kédouchat Lévi explique :
Quand les enfants d’Israël ont la volonté et l’envie d’accomplir des commandements dans un but désintéressé, D. appelle leurs actes : « Mon offrande (térouma) » – L’offrande qui Me cause une élévation (hitromémout, même racine que térouma).
Dans le verset, le « pour Moi » vient justement nous rappeler le tort de celui qui agit avec son cœur seulement, c’est-à-dire « pour lui-même » et non plus « pour Dieu ».
Or, disent les Maîtres de la sagesse :
« L’intention (la kavana) d’accomplir le commandement uniquement parce que c’est la volonté de D. – Pour Mon Nom – est supérieure à toutes les intentions (kavanot), aussi profondes soient-elles. » (L’auteur du ‘Hidouchei HaRim)
La nuance est subtile pour celui qui n’est pas exercé à s’examiner : bien souvent, lorsque nous faisons une chose spontanément, par un élan du cœur, une prise de conscience, nous agissons en réalité pour nous-mêmes, par intérêt personnel, pour satisfaire notre propre plaisir, notre égocentrisme, etc. : ce n’est pas vraiment pour Dieu que nous agissons, mais pour nous-mêmes.
Il arrive que, lorsque notre désir se trouve correspondre « par incident » à la volonté de Dieu, alors nous prétendons et pensons agir pour Dieu, ce qui brouille davantage les cartes !
Il est donc probable que nous nous trompions nous-mêmes et trompions les autres beaucoup plus souvent qu’on ne l’imagine. Le mouvement « Woke » est par exemple complètement empêtré dans ce problème : s’imaginant agir contre les injustices sociales, la plupart n’agissent en vérité que pour eux-mêmes et non pas pour la cause qu’ils prétendent défendre (la meilleure preuve de cela est la haine et le dénigrement qu’ils témoignent envers tous ceux qui ne les rejoignent pas idéologiquement). Ce qui rend le problème d’autant plus insoluble, c’est qu’eux-mêmes ne sont pas conscients de leurs propres biais cognitifs.
Mais la suite de l’étude nous montrera comment sortir de cet imbroglio spirituel.
Sortir du labyrinthe tortueux du cœur de l’homme: « Puisses-tu être froid » (Apo. 3:16)
Nous avons compris que souvent, nous n’agissons pas véritablement pour Dieu, mais pour nous-mêmes. S’il n’y avait pas un intérêt quelconque (conscience flattée, bien-être spirituel en retour, recherche d’honneurs, etc.) alors probablement que nous n’aurions pas fait l’action en question.
La Torah nous révèle que ceci est une forme d’égoïsme spirituel qui relève de l’âme animale. Le bébé spirituel se comporte ainsi, et parce qu’il est bébé, il n’est pas coupable d’en être au lait et de jouir de sa position de receveur.
Mais passé quelques années, ce qui est normal pour le bébé devient une tare et une faute pour celui qui refuse de passer au stade supérieur. C’est la plainte légitime de l’auteur de cette épitre sacrée :
« Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide. » (Hébreux 5:12)
Les personnes irréligieuses et sans Dieu sont naturellement portées par leur cœur et égocentrées. L’âme animale étant prépondérante chez elles, ces personnes sont soumises à leur propre désir et même lorsqu’elles font le bien, c’est par intérêt personnel, pour se donner bonne conscience, se flatter à leurs propres yeux, etc. C’est ce que dit Paul :
« L’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui » (1 Corinthiens 2:14) et il « ne se soumet pas à la loi de Dieu, il ne le peut même pas. » (Romains 8:7)
Cependant, on peut facilement comprendre pourquoi ces personnes-là sont jugées moins sévèrement par le Ciel, car pour beaucoup, elles ont le mérite de la franchise et ne cachent pas leur motivation : « il faut profiter », « il faut se faire plaisir », « un pour tous et tous pour moi », « après moi le déluge », etc.
Elles ne sont pas bouillantes pour Dieu, mais elles ont au moins le mérite de ne pas être tièdes, et d’être vraies sur ce point : elles sont froides et fières de l’être comme il est dit : « puisque tu es tiède, puisque tu n’es ni froid, ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche. » (Apocalypse 3:16)
Mais l’homme croyant étant beaucoup plus raffiné, son égoïsme spirituel se percevra beaucoup plus difficilement et s’il ne se prend pas en main, s’il se complait dans une forme de tiédeur, il sera beaucoup plus facilement victime de l’hypocrisie.
On comprend pourquoi il sera jugé plus sévèrement s’il ne se repent pas rapidement (d’où l’importance du moussar et de ce type d’étude). Car si par orgueil il cache son égoïsme spirituel sous une piété de façade qu’il tarde à corriger par paresse, et s’il prend des airs spirituels tandis qu’il est en vérité tiède au regard des efforts attendus, il se range alors du côté des hypocrites et des trompeurs, profils que Dieu abhorre tout particulièrement.
Il ne faut pas s’étonner de cet état de fait, car comme le disait le Rav Léon Ashkénazi :
Plus un être est évolué [spirituellement] plus il est sensible aux atteintes de l’impureté, aux maladies de la vie de l’esprit.
Les hommes raffinés par nature sont à la recherche de plaisirs moraux spirituels: en soi, ce sont des choses positives, mais en vérité, ils ne sont pas très différents de ceux qui se livrent aux plaisirs de la chair en raison de leur nature primaire instinctive et rustre : les uns comme les autres ne se soucient au final que de leur bien-être.
Les uns se livrent à un plaisir animal raffiné (spirituels et moral) et les autres à un plaisir animal plus trivial (charnel et physique). Il y a le croyant charnel/animal et l’incroyant qui, quant à lui, a au moins le mérite de ne pas cacher sa nature charnelle et animale, comme on peut le lire sur certains sites publics non religieux :
« Pourquoi avons-nous tendance à oublier que l’humain est un animal comme les autres ? » (Radio France)
Nous pouvons, après une dure semaine de travail, dire à notre conjoint : « Viens chéri(e), allons au resto, faisons-nous plaisir. »
La chose est dite, sans hypocrisie : il s’agit de satisfaire sa chair, de souffler un peu, de décompresser. Il n’y a rien de problématique en soi, à première vue, mais là encore, l’action est menée pour assouvir prioritairement les passions et les désirs de son cœur.
Certains rabbanim (rabbins) expliquent que le croyant, parce qu’il est plus raffiné que l’incroyant, au lieu d’aller dans le « restaurant d’en bas », il ira dans le « restaurant d’en haut » et mangera de la conscience morale qui lui fera du bien (recherche prioritaire du plaisir spirituel, c’est le « restaurant d’en haut »).
Ainsi, que nous allions au « resto d’en bas » ou au « resto d’en haut », nous agissons encore pour satisfaire les désirs de notre cœur. Selon la Torah, cela indique que nous fonctionnons principalement avec un moteur spirituel appelé le « nefesh habéhémi » en hébreu, ou « l’âme animale » !
La définition de l’animalité est de faire une chose pour nous-mêmes parce que cela nous fait plaisir, peu importe que l’action soit matérielle ou spirituelle.
Il faut bien comprendre la nuance : toute action spirituelle qui n’est pas déclenchée par le devoir, mais par le désir de se faire plaisir est en vérité une action animale. Que notre animalité soit portée vers les choses spirituelles ou qu’elle soit portée vers les choses matérielles, nous restons confinés au domaine de l’animalité.
Puisses-tu être bouillant !
Comment agir de tout cœur pour l’Éternel de manière à ce que le don ou notre service divin soit fait « lichma » (de manière désintéressée, par pur amour du Ciel) ?
La réponse tient en peu de mots : une telle disposition de cœur provient d’un homme qui a pris l’habitude de poser son cœur sur l’enclume de la vérité et de laisser le marteau de la parole de Dieu forger son âme. Nul autre chemin.
Un tel homme fera passer prioritairement le « devoir de foi » et son intelligence spirituelle avant les désirs de son cœur.
Cette âme a compris et pris au sérieux l’avertissement du Messie : « Quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » (Luc 14:33) car « Ceux qui appartiennent au Messie Yéshoua ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » (Galates 5:24)
Et comme nous le verrons plus bas : parce que l’homme s’efforce à agir de la sorte, il en arrivera au stade où il se soumettra constamment et de tout cœur à la loi de Dieu !
C’est aussi pour cela que le mot « sacrifice » dans la Torah n’existe pas, puisqu’en hébreu, il se dit « korban » qui signifie « un rapprochement ».
Cela nous indique que nous devons rapprocher l’âme animale de l’âme divine, c’est-à-dire, cesser de laisser notre animalité nous dominer et dicter nos pas. Cela se fait par un vrai travail d’honnêteté et d’examen spirituel au quotidien : sonder la motivation profonde de nos actions et s’efforcer de les faire plier à la volonté divine. Quiconque fait ce travail deviendra un serviteur de l’Éternel accompli, « l’homme spirituel », « l’homme fait et propre à toute bonne œuvre » dont parle l’apôtre.
Il est possible d’observer deux croyants se mettre à table et manger casher, tout en s’imaginant qu’ils sont semblables d’un point de vue spirituel et pourtant, l’un est animal, l’autre est spirituel.
L’un mangera parce qu’il a faim, c’est l’homme animal spirituel : il cherche encore à satisfaire prioritairement les désirs de son âme animale.
L’autre mangera avec la conscience aiguisée de faire la volonté de Dieu prioritairement et de donner un sens à son action, la plus petite soit-elle, qu’elle lui plaise ou non. Il ne mangera pas par gourmandise, pour satisfaire prioritairement son âme animale. Il mangera dans l’objectif premier d’avoir une bonne santé et des forces pour servir Dieu. Pour ce qui est des délices, il les réserve pour Shabbat, jour approprié pour jouir des plaisirs de la chair.
Visiblement, il n’y a pas de différence, mais en réalité, un abîme sépare ces deux types d’hommes.
Il faut ici apporter une nuance importante pour garder l’équilibre : la vérité est toujours la synthèse des deux.
Jamais la Torah n’interdit la spontanéité, la conscience, le cœur, le plaisir, etc. ! Mais le vrai judaïsme du Messie Yéshoua n’est pas un judaïsme du cœur uniquement, mais un judaïsme du devoir de foi prioritairement. C’est seulement en second que vient le cœur.
C’est un des enseignements profonds du korban/sacrifice : rapprocher l’âme animale vers l’autel de Dieu (conscience du divin, de notre mission) et la soumettre. Le cœur doit être soumis au cerveau et non l’inverse.
Ce n’est que par la suite, après un long labeur, que cette saine discipline nous conduira à désirer de tout notre cœur, ce qui est conforme à la volonté du Très-Haut.
La sage disposition des membres et des organes du corps humain reflète précisément cette vérité : le cerveau est placé au-dessus du cœur et pas en dessous. Si Dieu l’a voulu ainsi, c’est pour nous enseigner qui doit diriger qui.
C’est ce que dit le verset : « Sache donc en ce jour, et retiens dans ton cœur que l’Éternel est Dieu, en haut dans le ciel et en bas sur la terre, et qu’il n’y en a point d’autres. » (Deutéronome 4 :39)
Les sages enseignent que ce verset fait allusion à l’homme spirituel : « Sache donc en ce jour » fait référence au savoir, et donc à l’intelligence et au cerveau mu par le devoir de foi et non par les désirs du cœur qui cherche à se faire plaisir.
« et retiens dans ton cœur » vient en deuxième position pour nous apprendre le travail de l’homme spirituel: rapprocher et faire descendre au niveau du cœur ce que l’on a compris au niveau du cerveau afin de vivre l’enseignement de Dieu dans une dynamique spirituelle où le cœur suit le cerveau et non dans la dynamique inverse et charnelle, celle où le cerveau suit les désirs du cœur.
Autre exemple : beaucoup d’entre nous, lorsqu’ils sont blessés dans leurs émotions, vont être capables d’annuler des actions et des bonnes œuvres de Torah que Dieu leur demandait pourtant de faire : à ce moment-là, ils ont laissé leur cœur et leur émotion les dominer.
Lorsque nous voyons un homme se soumettre sans discussion, lorsqu’il est confronté à la Loi de Dieu, sans se laisser influencer par les émotions et les désirs de son cœur, nous pouvons être certains d’une chose : lorsque cet homme agira de son plein gré (de tout cœur), son cerveau aura préalablement dominé son action. C’est un homme de confiance, fiable, dont la pureté et l’authenticité de ce qu’il entreprend ne sauraient être remises en question.
Il n’agira pas pour se faire plaisir avant tout. Pour lui, par un travail incessant pour modeler son âme, son propre plaisir est devenu secondaire. Il agit avant tout par devoir de foi, pour l’amour de Dieu, et son plaisir est ici.
Le Roi David, malgré son péché, est un modèle pour nous : il avait fini par atteindre ce stade, et c’est ainsi qu’il exprimait cette réalité :
« Quel autre ai-je au ciel que toi! Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi. » (Psaumes 73:25) et encore : « Mon cœur est mort en moi [selon Rachi, cela signifie que son mauvais penchant ne se trouvait plus en lui et n’avait plus d’influence en lui]. » (Psaume 109:22).
Lorsque mu par son intellect, l’homme mature discerne la volonté de Dieu, son cœur se remplit de saints désirs et de bonnes volontés pour obéir par amour et sans intérêts personnels à la volonté divine (lichma).
Les plaisirs que Dieu lui accordera ensuite seront casher, purs et exquis.
Le sefer ha hinoukh développe régulièrement cette simple et fabuleuse idée :
Nous avons répété maintes fois que les cœurs se façonnent par les actes.
De plus, il est reconnu que les actions concrètes effectuées nous aident à fixer dans notre cœur les messages spirituels associés.
Par la multiplication des actions bonnes et pures, par leurs répétitions à intervalles réguliers, nos pensées se purifient elles aussi.
L’homme doit par conséquent examiner ses voies, livrer bataille au mauvais penchant, s’engager sérieusement dans l’étude de la Torah, accomplir le maximum de bonnes actions conformes à la Torah. Il vaincra alors son yetser hara (mauvais penchant) et s’attachera à l’Éternel de tout son cœur.
Mais celui qui, par manque de discipline, ne se soumet à la Loi uniquement que lorsque son cœur est touché et se complait dans cette situation, alors il est certain que toutes ses bonnes actions spirituelles sont suspectes, car en vérité il ne s’y soumet que lorsqu’il y trouve un intérêt.
Le test
Ainsi, le test de la garantie d’un service divin propre se vérifie lorsque nous nous soumettons à des lois divines, à des directions divines, qui (du moins au début) n’éveillent pas directement les désirs de notre cœur, voire s’y opposent.
Il peut s’agir de lois que nous ne comprenons pas ou qui vont contre la compréhension de notre cœur, contre le plaisir de notre cœur, mais que l’on décide de suivre malgré tout, non par désir égoïste, mais par pur amour et désir de satisfaire notre Créateur, parce que nous savons et avons compris qu’il s’agit de la volonté de Dieu.
Un exemple connu : l’alimentation. Ceux qui ont tendance à suivre les désirs de leur cœur et possèdent une nature gourmande auront beaucoup plus de mal à se soumettre aux lois alimentaires enseignées par Dieu dans la Torah.
En revanche, une personne dotée d’une nature gourmande, mais qui s’efforce de se soumettre aux lois de cacherout, prouve qu’il veut servir Dieu par amour et non par intérêt personnel. Après le labeur, Dieu lui octroiera des bénédictions et des plaisirs bien plus élevés que s’il n’avait pas entrepris cet effort. Les désirs de Dieu deviendront ses désirs…
Un autre exemple connu : les dîmes. Naturellement, donner un dixième ou un vingtième de ses revenus à ceux qui diffusent la Torah est une chose qui s’oppose aux désirs du cœur de beaucoup. Certains croyants seront même ingénieux pour trouver les arguments justifiant leur refus de se soumettre à cette prescription majeure de la Torah.
Nous sommes maintenant en mesure de comprendre beaucoup mieux pourquoi selon la Torah enseignée par les sages, il y avait 3 types d’offrandes pour le tabernacle.
Apprécions ensemble la sagesse de l’enseignement qui va suivre, car le domaine financier et les lois divines vis-à-vis de l’argent ont aussi un objectif purificateur : nous débarrasser de l’emprise de la chair et soumettre notre nature animale/charnelle à notre partie divine/spirituelle.
Les 3 types d’offrandes
Il y avait 2 offrandes dont le montant était obligatoire et identique pour tout le monde et fixé à un demi shekel (sicles) :
1) La première offrande était utilisée pour la construction des socles en argent servant de base aux piliers du tabernacle.
2) La deuxième offrande était utilisée pour les « korbanot » (sacrifices).
3) Enfin, il y avait une troisième offrande volontaire pour tout ce qui concerne les ustensiles et autres accessoires pour le tabernacle. C’est seulement pour cette troisième offrande que chacun apportait ce qu’il voulait. [ii]
Nous apprenons ceci de la Torah. En Exode 25 :2, sur « Vous prendrez mon offrande prélevée », Rachi explique :
« Nos maîtres ont enseigné (Meguila 29b) que les trois fois où figure ici le mot terouma (« offrande prélevée ») correspondent successivement à l’offrande d’un bèqa’ [demi-sicle] par tête dont on fera les socles d’argent, ainsi qu’il est expliqué dans la sidra Peqoudei (infra 38, 26–27), à celle d’un bèqa’ [demi-sicle] par tête déposé dans les troncs pour l’achat des sacrifices collectifs, et à celle des dons pour le Tabernacle, telle qu’elle a été laissée à la générosité de chacun. »
Dans sa sagesse, La Torah écrite et orale exposent ici toute la pédagogie spirituelle que nous venons de développer ensemble : s’il n’y pas d’offrandes obligatoires et fixées auxquelles l’homme se soumet par devoir envers Dieu (et non par intérêt personnel), alors il ne pouvait pas y avoir de tabernacle pour faire résider la présence de Dieu parmi le peuple (pas de socles d’argent, donc pas de piliers pour faire tenir le tabernacle) et il n’y avait pas non plus d’expiation puisque la deuxième offrande obligatoire était destinée aux sacrifices.
Le message est fort et met un coup de grâce à tous ceux et celles qui prêchent les offrandes de cœur uniquement tout en enseignant l’abandon de la dîme et des autres contributions fixes et obligatoires pour l’œuvre de Dieu (nous sommes là en présence d’une « doctrine étrangère » rencontrée dans une partie du monde chrétien/messianique).
Par contre, si les deux contributions fixées et obligatoires sont respectées, alors le Tabernacle tiendra debout (cela correspond à l’offrande fixe et obligatoire pour les socles d’argent), Dieu résidera alors dans le Sanctuaire, parmi Son peuple, dans leurs cœurs, et le pardon sera accordé (corresponds à l’offrande fixe et obligatoire destinée aux sacrifices)
Enfin, notons bien que l’offrande de cœur, c’est-à-dire le don volontaire, vient en troisième position : si les 2 premières offrandes (obligatoires) sont respectées, cette 3e offrande (laissée à la générosité de chacun) sera alors agréée et aura toute sa valeur et toute sa place puisque l’homme aura démontré préalablement la soumission de son cœur grâce aux deux premières contributions imposées.
L’ordre est respecté, la boucle est bouclée et les offrandes de cœur prennent toute leur valeur.
En effet, selon les commentaires, ces offrandes volontaires de cœur étaient utilisées pour ce qu’il y a de plus précieux dans le Tabernacle afin de nous montrer la grande valeur que Dieu accorde à ceux qui donnent de tout leur cœur, après avoir travaillé à soumettre leur nature charnelle (allusivement représenté ici par les offrandes fixes et obligatoires demandées).
Lorsque Paul, dans les épitres de la nouvelle alliance évoque les offrandes du cœur, il s’exprime avec la pensée hébraïque de la Torah et l’enseignement des sages : jamais il ne méprise ou annule l’importance des dîmes et des offrandes fixes et obligatoires enseignées dans la Torah.
La sagesse enseigne qu’un homme se reconnait en 3 occasions : quand il est en colère, quand il a bu et quand il s’agit de l’argent.
L’homme qui suit les désirs de son cœur aura de la difficulté à contribuer financièrement pour une œuvre de Dieu et ne se laissera convaincre uniquement que s’il est certain de recevoir la bénédiction de Dieu en retour : il agit donc avec l’âme animale qui cherche prioritairement à satisfaire les désirs de son cœur.
De là, on comprend beaucoup mieux à quelle catégorie de personnes appartiennent ces croyants qui disparaissent dès qu’une contribution fixe et obligatoire est demandée pour l’œuvre de Dieu (ou pire encore, qui s’y oppose en falsifiant l’Ecriture pour justifier leur refus) : beaucoup appartiennent à la catégorie des croyants mus par l’âme animale.
Il y a là un déséquilibre et une malformation spirituelle qu’il faut rectifier : lorsque l’âme animale domine, c’est comme si le cœur était situé au-dessus du cerveau en ce qu’il ne cherchent premièrement qu’à recevoir.
Étant conduits par le cœur et profondément dérangés par la loi divine qui enseigne le renoncement, ils sont prêts à aller jusqu’à enseigner l’abolition des contributions fixes, obligatoires et des dîmes dans l’objectif de légitimer les offrandes de cœur uniquement !
Ils font la preuve que l’âme animale les dirige dans le domaine financier et c’est une des raisons qui expliquent pourquoi tant de croyants sont tellement présents lorsqu’il s’agit de recevoir et si absents lorsqu’il s’agit de contribuer.
En résumé : les contributions fixes aident le croyant à soumettre son cœur et son âme animale dans l’objectif d’arriver, par ce travail, à atteindre le niveau du « don volontaire » pour la maison de Dieu, par pur amour pour l’Éternel.
Ce sont ceux qui placent le « devoir de foi » avant leurs propres désirs. Ceux-là retroussent les manches de leur cœur et ne rechignent pas à contribuer à une œuvre spirituelle qu’ils savent cohérente avec la parole de Dieu, et ils ne reculent pas devant les dîmes ou les contributions fixes/obligatoires.
On comprend mieux pourquoi le verset de notre Paracha est formulé en ces termes :
« L’Éternel parla à Moïse, et dit : Parle aux enfants d’Israël. Qu’ils m’apportent une offrande; vous la recevrez pour moi de tout homme qui la fera de bon cœur. » (Exode 25 :1-2)
C’est toute la différence entre l’homme animal spirituel et l’homme spirituel : l’homme spirituel se soumet à la Loi de Dieu, peu importe si son cœur en retire un plaisir : il le fait prioritairement POUR DIEU et à force d’agir ainsi, lorsqu’il arrivera au stade de maturité attendu, il agira continuellement pour Dieu de tout son cœur. Cette offrande-là est pleinement agréée par le Ciel.
C’est pourquoi Paul, connaissant bien ces principes, exhortait les frères « à offrir leurs corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de leur part un culte raisonnable. » (Romains 12:1)
La nuance entre l’homme animal spirituel et l’homme spirituel est subtile, car elle ne frappe pas les regards, mais le fossé qui sépare ces deux types d’individus est immense.
Combat de l’âme animal contre l’âme divine en l’homme : Témoignage
Voici un témoignage authentique, personnel, parfait pour illustrer ce qui vient d’être dit tout le long de cette étude.
Il y a bien des années, au début de mon chemin de foi, alors que je n’étais même pas encore immergé au nom de Yéshoua (baptisé), avec un ami, nous avions trouvé une sacoche sur le bord de la route. Dans cette sacoche, il y avait tout : carte d’identité, permis de conduire, carte grise de la personne, mais aussi, quelque chose comme plus de 200 euros en liquide.
À cette époque, tout comme mon ami, j’étais principalement dirigé par l’âme animale et je désirais écouter mon cœur : garder l’argent et se faire plaisir avec.
Grâce à Dieu, le peu de Torah que j’avais appris exerçait déjà son influence : Je me rappelle du combat intérieur qui se menait entre cœur et cerveau, entre le désir et la pensée de mon intelligence, l’un s’opposant à l’autre.
J’étais très tenté de suivre mon ami qui manifestait son désir de garder l’argent et de se prendre « du bon temps » avec.
Mais, sans aucun plaisir spirituel particulier, j’ai fait ce qui était anormal pour l’inconverti que j’étais : j’ai décidé non pas de suivre mon cœur, mais ce que mon intelligence me dictait comme étant « le devoir de foi », le chemin de Dieu (j’étais au stade de l’inconverti qui se dépatouille avec les quelques menus connaissances de la Bible en sa possession).
Ce fut loin d’être facile, car l’âme animale en moi luttait avec mon entendement en ces termes : « que fais-tu ? Non seulement tu ne gagnes rien au change, mais pire encore : tu perds cette belle somme d’argent avec laquelle tu aurais pu prendre tellement de plaisir ! Et de plus, quelle perte de temps et d’énergie ! Pourquoi agir ainsi ? S’il a perdu sa sacoche, c’est pour une bonne raison ! Tu en es le juste bénéficiaire »
Que de mensonges !
Par une grâce mystérieuse de Dieu qui me fut accordé, J’ai fait taire cette voix et me suis exécuté.
J’ai décidé, contre mon cœur, de contacter la personne et de tout lui rendre sans toucher à son argent. J’ai rencontré la personne, je lui ai remis ses affaires et ce fut une occasion de sanctifier le nom de Dieu : j’ai profité de l’occasion pour faire comprendre à la personne que si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais tout gardé ! Mais parce que je m’approche du Dieu de la Bible, ai-je rajouté, alors j’ai décidé de Le suivre. J’ai tenté de bien faire comprendre à la personne que c’est uniquement grâce à Dieu qu’elle retrouvait ses affaires et son argent !
Évidemment, on ne sera pas très étonné d’apprendre que cette personne était assez bouleversée et joyeuse de ce comportement qui lui apportait satisfaction (son âme animale était légitimement comblée, on la comprend, ses « intérêts personnels » étaient satisfaits !).
On s’est quitté, cette personne a pris mon adresse en me promettant de m’envoyer une bouteille de champagne. Mais il semblerait qu’elle a choisi d’écouter la voix de son mauvais penchant pour ne pas accomplir un acte de gratitude que son bon penchant lui avait pourtant invité à faire; je n’ai plus jamais eu de nouvelles ni reçu la moindre bouteille de champagne, que Dieu ne lui impute en rien cette volte-face.
Mais le fleuron de l’histoire s’est produit juste après avoir quitté cette personne.
Sur le chemin du retour, tandis que je n’avais aucune émotion particulière, une joie inexplicable et étonnante a soudainement immergé mon cœur et je me rappelle combien mon être tout entier était comme baigné dans un bonheur profond : surpris par cette vague de joie indicible que je savais venir d’en Haut, ma conscience me rendait témoignage que ce bonheur soudain et imprévu était lié à cette action. Aujourd’hui encore, je m’en rappelle très bien.
Cette histoire illustre et confirme à merveille notre partage : lorsque nous faisons passer prioritairement la volonté de Dieu et Sa Gloire avant les désirs de nos cœurs, si le début parait difficile, nous expérimentons tôt ou tard la bénédiction qui accompagne celui qui renonce à lui-même pour suivre le Messie, à savoir :
« Toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Luc 12 :31), plaisir du cœur inclus !
C’est ainsi que la vraie joie saine du cœur se manifeste comme il est dit :
« Qu’il se souvienne de toutes tes offrandes, Et qu’il agrée tes holocaustes ! Qu’il te donne ce que ton cœur désire. » (Psaume 20 :5)
Courage, courage ! Après l’effort…
C’est l’endroit opportun pour apprécier combien l’expérience ici rapportée confirme l’enseignement des maîtres d’Israël ainsi que ce que nous avons évoqué en début d’étude.
Ces fins psychologues de l’âme enseignent depuis fort longtemps une vérité connue en Israël : Tous les débuts sont difficiles et la récompense dépend des efforts.
L’Éternel le déclare :
« Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi; » (Exode 19,5).
Rachi commente le début du verset ainsi :
Si vous l’acceptez dès maintenant, cela vous sera agréable ensuite, car tous les débuts sont difficiles (Mekhilta)
L’homme de valeur à qui Hachem a octroyé la sagesse, Chlomo Hamélekh (Le Roi Salomon) dit dans Kohélète 7.8 (Ecclésiaste) :
« tov ah’arite davar méréchito – la fin d’une chose est meilleure que son début. » En d’autres termes, les débuts sont durs, mais une fois la difficulté aplanie, les choses deviennent plus faciles.
Le Gaon de Vilna écrit dans sa célèbre lettre :
« Contrôler sa conduite nécessite un réel entraînement, car la pratique permet de devenir maître de chaque chose.
Cependant, « tous les débuts sont difficiles » (Mekhilta Yitro). Mais une fois cette étape passée, lorsqu’on s’en abstient, il y a de quoi être glorifié comme il est dit : « C’est une gloire pour l’homme de s’abstenir des querelles [et de suivre son cœur et ses désirs], Mais tout insensé se livre à l’emportement [il suit son cœur et ses passions]. » (Pr 20:3)
C’est pourquoi on se rappellera avec profit « des paroles du Seigneur, qui a dit lui-même: Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » (Actes 20:35)
Conclusion
Nous arrivons à la fin de cette étude. À l’avenir, si Dieu le permet, un cursus vidéo sur l’argent, les dîmes, les offrandes, etc., sera proposé sur le site leretourauxracines.com afin de participer, à notre échelle, à ce que le peuple de Dieu puisse être au clair et agir convenablement dans le domaine financier.
Car si le sujet de « l’argent et la foi » est à ce point pris d’assaut par l’Adversaire, c’est bien parce qu’il s’agit d’un outil puissant et majeur pour répandre la connaissance de Dieu.
Empêcher le peuple de Dieu de faire un bon usage de l’argent selon la Torah est une arme redoutable pour appauvrir ceux qui ne donnent pas, et bloquer l’œuvre de Dieu : ceux qui doivent recevoir ne reçoivent pas et c’est ainsi qu’est empêché ou stoppé la construction de toutes sortes de « mishkan spirituels » qui auraient pu être édifiés pour la Gloire du Seigneur.
Pour ma part, je rends grâce à Dieu de ce que de nombreux frères et de sœurs ont participé à la construction du Michkan spirituel LeRetourAuxRacines. Que Dieu leur rende au centuple ainsi qu’il est coutume parmi les Siens.
Puisse notre Dieu nous aider à être équilibrés, à fuir les fausses doctrines qui habituent les disciples à être des receveurs et non des donneurs, selon l’expression connue :
« ils ont les mains serrées pour donner, mais si largement ouverte pour recevoir ».
Que l’Éternel confonde les ouvriers de Satan qui tordent les Écritures, paralysent le « service dans le Temple » et conduisent les disciples à agir selon la chair et leur cœur uniquement (fausse doctrine de l’abolition de la dîme et des offrandes fixes et obligatoires et fausse doctrine des offrandes de cœur uniquement).
Que le Roi de Gloire aide chacun à s’examiner et à régler sa conduite selon l’Enseignement pur et véritable qui jaillit de La Bouche du Maître de l’Univers. Amen vé amen !
—
[i] Likoutei Amarim – Chapitres 29 et 30
[ii] Rachi sur Exode 25 :2











RENDRE la dîme donne une merveilleuse sécurité morale ! le fait d’être honnéte envers notre Créateur, qui pourvoit à nos besoins émotionnels et spirituels, on « range notre vehicule spirituel sous le toît du maître du monde », Quelle sécurité !
Quand on a déterminé qu’une oeuvre fait le travail de D.ieu sans crainte d’être impopulaire aux yeux de ceux qui adhérent à mamon (dieu de l’argent) on peut conclure que cette oeuvre accompli l’appel que l’Eternel lui a envoyé . Aussi nous pouvons « rendre » à cette oeuvre les prémices dues à D.ieu ! sachant qu’elles seront bien employées , de nos jours l’outil efficace pour toucher un maximum de gens c’est internet, surtout quand cet outil est entre les mains de personnes remplies de foi et talentueuses dans cet « art » informatique .
Après l’étude attentive de ce texte, je compare la tranquilité d’esprit que l’on éprouve en rendant la Dîme qui n’est qu’un loyer que nous versons au Propriétaire du monde . Merci à tous ceux qui distribuent la Parole de l’Eternel pour le plus grand bien de l’humanité.
Bonsoir,
Compte tenu de l’urgence, pour les croyants des nations, de s’extraire des églises actuelles, à qui devront-ils donc verser la dîme de tous leurs revenus puisqu’ils n’auront plus de « conducteurs », à savoir, ni pasteurs, ni prêtres ?
Shalom Annick, tout un dossier sortira à ce sujet au temps de Dieu car effectivement, il y a beaucoup de chose à dire même si le principe reste simple : Honorer l’Eternel avec les prémices de tout son revenu (Proverbes 3:9), ce qui se fait en soutenant, notamment, les oeuvres liées à la diffusion de la Torah et les oeuvres qui s’occupent des nécessiteux.
Il est certain que l’Eternel n’abandonne aucun de ses enfants. Ainsi, une personne qui sort réellement de l’Apostasie avec intégrité et vérité devant Dieu, sera nécessairement conduite à faire les bonnes rencontres et à soutenir les bonnes personnes. Le chemin est resseré, il n’est pas exclu que cela soit difficile mais Le Messie lui-même nous a prévenu. On développera tout cela à l’avenir avec plaisir si Dieu permet.
J’apporterai toutefois quelques nuances au cas où certaines personnes comprendraient mal vos propos :
L’Apostasie est beaucoup plus une posture spirituelle qu’un lieu géographique. L’urgence est de quitter cette position spirituelle qui relève de l’apostasie. Plutôt qu’une brebis fuit toute seule dans la nature, l’idéal est donc que les bergers et autres conducteurs et enseignants, abandonnent les fausses doctrines avérées que l’Eternel met aujourd’hui en lumière comme jamais, afin que le maximum revienne aux anciens sentiers et puisse se soutenir mutuellement. Le reste se mettra en place progressivement, les recommandations de Dieu au sujet des dîmes et des offrandes aussi.
Shalom à tous !
Si cela peut aider, ma femme et moi sommes sortis des assemblées et attendons que le Seigneur nous place où bon lui semblera, en attendant nous avons créé un compte bancaire spécial dime dans lequel nous versons la dime chaque mois, ce compte appartient à Dieu seul et c’est lui qui nous guide dans sa gestion. De fait, dès lors que nous croisons des frères et soeurs dans le besoin, nous prions, et, avec l’approbation de Dieu, nous donnons dans l’amour et par l’Esprit. Car les « conducteurs » seuls ne sont pas le corps de Yéshoua dans son entièreté, mais tout ceux qui font sa volonté, du plus petit au plus grand. Nous donnons aussi à des frères et soeurs qui ont une oeuvre à coeur et qui ont besoin de soutien et qui sont donc « conducteurs » sans pour autant avoir reçu de papiers officiels, car ce qui fait de nous des conducteurs c’est la lettre écrite dans l’Esprit sur le coeur de ceux que nous conduisons.
Amen, j’adhère à cette honorable prise de position plus proche de l’Ecrtiture que ce que l’on peut voir en d’autres endroits, merci pour le commentaire.
Super vos enseignements de la Parole ! Tov comme disent les juifs! Toda raba ! J’ai lu dans un livre chrétien il y a trés longtemps que le juifs pieux dans le Tanach pouvait donner comme dime et offrandes jusqu’à un tiers de son revenu parfois plus de façon exceptionnelle alors en effet nous qui sommes sous le régime de la Grace ( Brit hadaschah!)comment pouvons nous donner moins que le juif de l’ancienne alliance !!! L’avarice du peuple de Dieu est un puissant frein au reveil !!! Je vous conseille de lire le livre suivant sur le sujet : Les clefs des bénédictions de Dieu : donner et recevoir dans le royaume de Dieu , de Rebecca Brown , Editions Roi des rois – http://www.edition-roidesrois.com 3 Jean 2 – Nombres 6 :24 à26 !!! Lehitraot ! frédéric péret
Salut frédéric peret je suis Loic un ancien ozaname si c’est bien toi qui habite a eybeins/echriolles ecrit moi a cette adresse Savoyet@hotmail.fr.
« Malachie 3:8: » Un homme trompe-t-il Dieu ? car vous me trompez et vous dites en quoi t’avons nous trompé?Dans vos dimes et vos offrandes …
merci Thomas