La paix dans le couple, une valeur essentielle aux yeux de D.ieu – Paracha Nasso (Nombres 4 :21 – 7:89)

par | Oct 12, 2021 | 0 commentaires

Lecture

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant: 12 Parle aux fils d’Israël, et dis-leur: Si la femme de quelqu’un se détourne (sétèh-sotah) et lui devient infidèle, 13 et qu’un homme couche avec elle, ayant commerce avec elle, et que cela soit caché aux yeux de son mari, et qu’elle se soit rendue impure en secret, et qu’il n’y ait pas de témoin contre elle, et qu’elle n’ait pas été surprise; 14 -et que l’esprit de jalousie vienne sur lui et qu’il soit jaloux de sa femme, et qu’elle se soit rendue impure; ou si l’esprit de jalousie vient sur lui et qu’il soit jaloux de sa femme, et qu’elle ne se soit pas rendue impure; 15 -alors l’homme amènera sa femme au sacrificateur […] » (Bamidbar/Nombres 5 :11-15)

Cette semaine, la paracha Nasso nous amène à aborder un thème particulier, celui de la femme sota, un terme hébreu pour signifier la femme soupçonnée d’adultère. Nous allons découvrir le rituel quelque peu étrange auquel cette dernière était soumise et y déceler une merveilleuse pépite destinée à nous encourager coûte que coûte à préserver le Shalom Bayit (l’harmonie au sein du couple), une valeur si importante aux yeux de D.ieu. 

 

Un élixir de vérité

Tout d’abord, le mot sota signifie littéralement « détourné/égaré». La femme sota était en effet soupçonnée de s’être éloignée du chemin de la pudeur en ayant été intime avec un autre homme que le sien. Ce terme est également étymologiquement lié au mot hébreu shétut, folie, parce que l’envie de pécher assombrit la vision rationnelle d’une personne, comme nous l’enseignent nos Sages : « On ne pèche que si on est saisi par un esprit de folie » (1). Toutefois, avant de déclarer une femme sota, il y avait trois phases incontournables à considérer :

1. Kinouy : le mari, épris de jalousie, interdit à sa femme de s’isoler avec untel. 

2. Stira : l’épouse bafoue l’interdit de son mari et s’isole avec ladite personne.

3. Toum’at bi’a : le mari souspçonne sa femme d’avoir fauté avec ladite personne.

La réalisation de ces trois étapes autorisait le mari à amener son épouse au Temple afin de procéder au cérémonial de la sota et de prouver ou non son infidélité. Tout un processus était alors mis en place, longuement décrit par la Torah (Bamidbar/Nombres 5 :16-29) :

  1. L’homme devait amener sa femme chez le cohen (prêtre). Il devait lui apporter en son nom un dixième d’un épha de farine d’orge. Il ne devait ni y verser d’huile ni y mettre de l’encens.
  2. Le sacrificateur prenait de l’eau sainte dans un vase de terre ; il prenait de la poussière sur le sol du tabernacle, et la mettait dans l’eau.
  3. Le sacrificateur faisait tenir la femme debout devant l’Éternel ; il découvrait la tête de la femme et lui déposait sur les mains l’offrande ; le sacrificateur avait dans sa main les eaux amères qui apportaient la malédiction.
  4. Le sacrificateur faisait jurer la femme en prononçant le serment, et lui disait :
    « Si aucun homme n’a couché avec toi, et si, étant sous la puissance de ton mari, tu ne t’en es point détournée pour te souiller, ces eaux amères qui apportent la malédiction ne te seront point funestes. Mais si, étant sous la puissance de ton mari, tu t’en es détournée et que tu te sois souillée, et si un autre homme que ton mari a couché avec toi, que l’Éternel (HaShem le tétragramme sacré) te livre à la malédiction et à l’exécration au milieu de ton peuple, en faisant dessécher ta cuisse et enfler ton ventre et que ces eaux qui apportent la malédiction entrent dans tes entrailles pour te faire enfler le ventre et dessécher la cuisse ! »
  5. Et la femme disait : Amen ! Amen !
  6. Le sacrificateur écrivait ce serment sur un parchemin et les effaçait en le plongeant dans les eaux amères.
  7. Le prêtre devait prendre l’offrande de la main de la femme, la faire signer devant l’Éternel et l’apporter à l’autel. Il devait retirer une poignée de l’offrande et la brûler sur l’autel.
  8. Et il faisait boire à la femme les eaux amères qui apportaient la malédiction.

Si la femme s’était souillée en étant infidèle à son mari, les eaux qui apportaient la malédiction entraient en elle pour produire l’amertume : son ventre s’enflait, sa cuisse se desséchait et elle mourrait ainsi que son amant. Mais si elle ne s’était point souillée et qu’elle était pure, elle était reconnue innocente et D.ieu la gratifiait en ayant des enfants. Cette procédure s’est produit aussi longtemps que le peuple juif dans son ensemble craignait D.ieu et méritait Sa Présence en son sein. L’épreuve des eaux amères a perdu son efficacité et fut abrogée par le Sanhédrin à l’époque du Deuxième Temple (2).

Outre la singularité de cette ordonnance, cette pratique soulève une difficulté. En effet, habituellement, dans le judaïsme, il est interdit d’effacer le Saint Nom de D.ieu sous peine de flagellation (3). À titre d’exemple, lorsqu’un scribe copie les Saintes Écritures en hébreu, il peut effacer toute erreur qu’il fait à moins qu’elle ne contienne le nom de D.ieu. S’il se trompe en écrivant une ligne de texte avec le Nom Divin dedans, il peut effacer le reste de la ligne, mais pas le Nom de D.ieu Pour cette raison, les Juifs pratiquants n’écrivent pas le Nom de l’Eternel en hébreu sur un tableau noir ou un tableau blanc qui pourrait être effacé.

Les documents contenant le nom du Saint Béni soit-Il écrit en hébreu prennent un statut plus précieux. Ils ne sont pas négligemment laissés tombés ou détruits ou jetés irrévérencieusement à la poubelle. Les livres saints contenant le Nom Sacré ne sont même pas laissés face cachée sur une table ou placés sous d’autres livres moins sacrés, encore moins laissés dans les toilettes. Même les photocopies contenant le Nom de D.ieu prennent un statut sacré. Lorsqu’un parchemin, un livre ou un morceau de papier contenant le Nom de l’Éternel est prêt à être éliminé, l’article est en quelque sorte « enterré » dans un cimetière d’écrits sacrés (appelé une guéniza). Ces traditions nous apprennent à respecter et à vénérer le Nom de Notre Seigneur (le deuxième des Dix Commandements). 

Étant donné le respect accordé au Nom de D.ieu et la forte tradition contre l’effacement de Son Saint Nom, pourquoi, dans notre paracha, la Torah ordonne-t-elle au prêtre d’effacer la malédiction du rouleau que devait boire la femme sota dans de l’eau ? À cette question, les Sages enseignent que l’Éternel est tellement soucieux de la paix entre un mari et sa femme, qu’Il est même prêt à ce que Son propre Nom soit effacé pour le réaliser (4). Quelle leçon nous avons là ! Une leçon qui mériterait néanmoins quelques explications.

Dans le Judaïsme, la paix, l’harmonie entre un homme et son épouse est appelée Shalom Bayit, signifiant littéralement « paix de la maison ». Nous venons de voir que cette entente maritale prime même sur la sainteté du Nom de D.ieu. Si tel est le cas, nous devons faire attention à ne pas permettre à la querelle, la jalousie, la colère et tout autre sentiment néfaste de perturber le mariage. L’Éternel est tellement attaché au caractère sacré de l’union entre un mari et sa femme qu’Il est même prêt à ce que Son Nom soit effacé pour préserver la paix dans le couple. Mais, doit-on alors renoncer à la foi pour préserver l’entente conjugale ? Évidemment que non ! Ceci est une image pour nous faire comprendre l’extrême importance qu’accorde l’Éternel au couple. Il ne s’agit en aucun cas de mettre de côté votre foi pour sauver votre couple, bien au contraire, si votre époux n’est pas aussi croyant que vous, faites de votre foi votre force !

 

Vivre la Torah

Dans le cas d’un couple marié dont le mari ne partage pas la foi de son épouse, il peut y avoir des décalages au niveau des pensées, des croyances qui amènent souvent bien des conflits (que D.ieu préserve !). Ayant fait leur Téchouva (repentance) après leur mariage, beaucoup de femmes ont l’impression de vivre leur foi seule, leur époux ne partageant plus les mêmes convictions qu’elles (ou du moins, pas encore). Ces dernières ont l’impression d’avoir évolué sur plusieurs points alors que leur mari semble stagner. Comment, dans ce cas, privilégier le Shalom Bayit (la paix dans le couple) alors que tout semble vous opposer : vous faites Shabbat alors que lui aimerait faire les courses, vous fêtez désormais ‘Hannouca alors que lui célèbre Noël, vous aimeriez éduquer vos enfants selon les principes bibliques alors que lui ne vous soutient pas…Si la Torah est devenue votre Vérité, comment faire pour qu’il en soit ainsi pour celui qui partage votre vie ?

Une seule et unique solution : la mise en pratique de la Torah ! Eh oui ! Pour le comprendre, reprenons le cas de la femme sota. Nous avons vu que le breuvage qui consistait à établir sa culpabilité ou son innocence, était composé du Nom même de D.ieu. En avalant ainsi le Nom Sacré écrit sur du papier, c’est comme si en quelque sorte, elle s’imprégnait de ce caractère divin. Si elle était trouvée innocente, le breuvage ne lui faisait alors aucun mal et la rendait même fertile. Autrement dit, HaShem (D.ieu) récompensait la femme en lui faisant porter des fruits. Il en est de même pour toute celle qui s’abreuve des Saintes Écritures, la Torah, Notre Eau Vivifiante : HaShem lui fera porter de bons fruits, ce sont les fruits de l’Esprit : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. » (Galates 5 :22) qui lui permettront de faire régner le Shalom Bayit. Mais comment y parvenir lorsque notre conjoint semble nous freiner dans notre évolution spirituelle ? 

Nous allons ici reprendre et résumer en quelques points et de manière personnelle les conseils fort efficaces et fort pratiques que donne l’experte en la matière, la psychologue Nathalie Seyman, rédactrice en coaching pour Torah-Box, lorsqu’une internaute lui expose sa déception concernant le décalage qui règne entre elle et son mari quant à la mise en pratique de la Torah (5). 

 

1. Montrer l’exemple sans jamais imposer

La déception que l’on ressent par rapport à ce décalage spirituel vient bien souvent de notre désir à changer l’autre. Cependant, la vraie problématique n’est pas à chercher à vouloir changer les traits de caractère de votre mari, mais à essayer de lui faire comprendre toute l’importance que revête pour vous la foi en le D.ieu d’Israël et la pratique de Ses Mitsvot (commandements). Et quoi de mieux que votre façon de vivre ? Le premier conseil réside donc dans le fait de montrer, au travers de votre façon d’être, tout ce que la Torah vous apporte de bon. Étiez-vous quelqu’un de colérique avant de connaître le Seigneur ? ou alors, aviez-vous tendance à mentir, râler, montrer de l’impatience, manquer de compassion, de tendresse, d’amour, d’écoute, de compliments… ? Eh bien, selon vos années de Téchouva (repentance), il est certain que ces mauvais traits de caractère n’ont plus raison d’être et que l’Esprit du Saint vous a permis de devenir une personne meilleure. Soyez-en sûre, votre mari a remarqué ces changements, même s’il ne vous l’avoue pas souvent. 

Votre nouvelle vie avec D.ieu doit donner naissance à de bons fruits comme nous l’avons lu en Galates 5 :22. Concentrez-vous donc sur votre personne, sur ce que vous pouvez encore améliorer au lieu de porter votre regard sur les manques de votre époux. Autrement dit, ne cherchez pas à le convaincre du bienfondé de votre foi en imposant vos idées, mais essayer de proposer des solutions qui vous satisferont l’un comme l’autre. Il ne s’agit pas de se corrompre, mais de chercher le juste milieu afin de faire régner la paix au sein du couple. Pour ce faire, prenons quelques cas pratiques très simples qui vous éclaireront sur la manière de vivre la Torah plus sereinement jusqu’à ce qu’HaShem transforme le cœur de votre époux :

– Faire une table différente à Shabbat afin de marquer ce jour comme un jour spécial de fête. Cuisinez les mets favoris de votre mari, décorez votre table avec raffinement, allumez les bougies de Shabbat, servez du vin, savourez les ‘Hallot (pain de Shabbat)… ;

– Proposer de passer du temps ensemble à Shabbat afin de différencier ce jour des autres jours de la semaine (ex. promenade à pieds, pique-nique dans votre jardin, discussions, jeux…) ;

– Solliciter l’avis de votre mari en le questionnant sur des thèmes qui peuvent subtilement être reliés à la Torah et en discuter ensemble (ex. « Comment réagirais-tu si quelqu’un colporte des rumeurs sur un de tes collègues ? (Ce point est directement relié au Lachon Hara/mauvaise langue dont il existe une panoplie d’ouvrages écrits par les érudits en Torah) » ; « Que penses-tu si chaque mois on aiderait les nécessiteux ? (Ce thème est lié à la Tsédaka/dons) » ; « Arriverais-tu à pardonner quelqu’un qui t’a offensé ? » (le pardon) ; etc.) ;

– Modifier votre emploi du temps en fonction du Shabbat et des fêtes (ex. proposez à votre mari d’aller faire les courses en dehors du samedi) ;

– Lire un livre ou regarder des documentaires ensemble sur un thème rattaché à la Bible qui peut intéresser votre mari tout comme vous. Cela n’a pas besoin d’être trop moral ou trop doctrinal, pour un début, on peut tout simplement aborder l’Histoire biblique (ex. L’Histoire du peuple d’Israël, comment vivait-on à l’époque du Second Temple, comment est né le monothéisme, etc.) ;

– Si votre mari est assez tolérant quant à votre foi, essayez de lui proposer d’écouter ensemble un cours de Torah une fois par mois pour commencer, et en fonction de son envie, vous pourrez augmenter les fréquences ;

– Respecter la pureté familiale en période de menstruations (pour plus d’informations à ce sujet, consultez notre étude sur la pureté familiale dans la rubrique “commandements”) ;

– Amener petit à petit la Cacherout à votre table en évitant de cuisiner les aliments interdits par D.ieu (ex. porc, crustacés, viandes et poissons non cacher…). Ce n’est pas un hasard si nous terminons avec ce point, car il est l’un des plus importants. En effet, la nourriture physique a un impact spirituel. Comme nous l’enseignent les Sages, la Cacherout est un garant permettant à notre Néchama (âme) d’assimiler plus aisément la Torah. Ainsi, en mangeant ce qui est permis de manger, on évite d’accumuler de l’impureté dans notre corps, ce qui obstruerait « le canal spirituel » qui nous connecte à D.ieu. Que nous le voulions ou non, lorsque nous mangeons une chose que le Créateur a interdite, une fermeture spirituelle va se créer au niveau de notre âme, de notre cœur, de nos pensées, car il existe bel et bien un lien entre la nourriture et l’esprit, comme il est dit en Lévitique 17 :11 : « l’âme de la chair est dans le sang ». En négligeant ces directives liées à notre alimentation, ce n’est bien évidemment pas notre Salut qui est en jeu, mais notre proximité avec le Créateur et les bénédictions qui en découlent. Donc, s’il n’y a qu’une Mitsva (Commandement) par laquelle commencer, il s’agirait de celle-ci.

Bien entendu, ces quelques exemples sont là pour vous aider. À vous d’être inventive et d’amener le degré de Torah que votre époux sera prêt à accepter ! L’important étant qu’aucun de vous deux ne se sente lésé et de trouver un juste équilibre qui vienne amener l’harmonie dans votre couple.  

Vous l’aurez donc compris, votre foi en la Torah ne doit pas être un sujet de division. Bien au contraire, servez-vous d’elle pour amener le Shalom (paix) dans votre foyer, car elle est la gardienne du bonheur et ses lois amènent protection, justice et harmonie, comme il est dit en plusieurs endroits dans le Psaume 119 du roi David qui est un hymne en l’honneur de la Sainte Torah d’HaShem (D.ieu) : 

« Heureux ceux qui sont intègres dans leur voie, Qui marchent selon la loi de l’Éternel! Heureux ceux qui gardent ses préceptes, Qui le cherchent de tout leur cœur. » (v. 1-2)

« Tes préceptes font mes délices, Ce sont mes conseillers. » (v. 24)

« Voici, je désire pratiquer tes ordonnances: Fais-moi vivre dans ta justice! » (v.40)

« Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, Et il ne leur arrive aucun malheur. » (v.165)

Dans le même ordre d’idée, le prophète Esaïe a déclaré : « L’Éternel a voulu, pour le bonheur d’Israël, Publier une loi grande et magnifique. » (Esaïe 42 :21)

Par conséquent, la meilleure façon de faire comprendre et de faire ressentir tout le Émèt (Vérité) et toute la Sim’ha (joie) que le Seigneur vous transmet est de montrer l’exemple d’une vie épanouie, une vie remplie des fruits de l’Esprit (amour, joie, paix, patience, bonté, bénignité, fidélité, douceur, tempérance) au travers de la mise en pratique de la Torah. Ainsi, votre mari et tout votre entourage comprendront à quel point il est essentiel pour vous de pratiquer les Mitsvot (commandements), que cela vous rend meilleure, pour votre bien et pour le leur. Dans un couple, la femme est le meilleur facteur d’évolution spirituelle. Utilisons donc cette force qu’HaShem nous donne ! Ainsi, proposez sans imposer, convainquez sans chercher à vaincre.

 

2. Comprendre l’autre et le sublimer

La deuxième difficulté qui s’oppose au Shalom Bayit est le manque d’écoute et l’absence d’empathie (qui est la capacité à ressentir les émotions de l’autre, arriver à se mettre à sa place). Bien souvent, on ne cherche pas à comprendre son mari. Après tout, n’est-il pas la source à tous vos problèmes, lui qui refuse d’évoluer de la même façon que vous ? Encore une fois, essayez de retourner le problème et vous demander qu’est-ce qui fait qu’il ne souhaite pas suivre le Seigneur. Peut-être que la foi lui fait peur, qu’il ne se sent pas à la hauteur de suivre la Torah, car cette dernière semble être trop contraignante. Peut-être que pour le moment, il ne ressent pas le besoin de se repentir et de vivre selon les préceptes de D.ieu (mais laissez aplanir les sentiers par Celui qui peut tout, c’est Lui qui prépare les cœurs et qui connaît quand le moment est venu pour la personne de revenir à Lui). Parlez avec votre mari de manière simple et ouverte (si la discussion est possible et que cela ne parte pas en cacahuètes) pour comprendre ses sentiments et ne partez pas du principe que ce n’est que de la mauvaise volonté de sa part. L’écoute de l’autre est essentielle au Shalom Bayit, car c’est elle qui nous permet de nous sentir exister au sein du couple. Plus votre mari aura la sensation que son avis compte et plus votre avis comptera pour lui. 

Et pour que cela réussisse, arrêtez de voir votre époux à travers ces différences qui vous éloignent l’un de l’autre, mais plutôt focalisez-vous sur ses bonnes middot (traits de caractère), car oui… lui aussi en a. Votre mari est bien plus que « cet étranger » qui ne comprend et n’adhère pas à votre nouvelle vie de croyante : il est celui à qui vous avez dit « oui » pour la vie, celui que vous avez choisi (ou plutôt que D.ieu a choisi) pour confier votre cœur, celui avec qui vous avez partagé d’incroyables moments de bonheur, votre ami, votre confident, le père de vos enfants…

À y regarder de plus près, vous remarquerez alors que votre époux peut être sensible à certaines Mitsvot (Commandements) plus que vous. Si vous cherchez bien, votre moitié vous « dépasse » dans plus de domaines que vous ne le croyez. Peut-être est-il plus patient que vous lorsque vient l’heure du coucher des enfants et que ces derniers s’obstinent à dormir ? Peut-être honore-t-il ses vieux parents mieux que vous en leur montrant une plus grande forme de respect ? Est-il plus ferme que vous lorsqu’il faut prendre une décision importante dans la vie ? Fait-il plus de tsédaka (dons) que vous aux pauvres ? Est-il un bon patron ou employer au cœur droit et honnête ? Sait-il mettre son égo de côté lorsque quelqu’un l’outrage ? Possède-t-il plus de sagesse lorsqu’il vaut mieux se taire que parler ? etc. Vous l’aurez compris, votre époux peut être sensible à certaines Mitsvot et vous à d’autres. Il doit briller à vos yeux pour tout ce qu’il est et non pour ce qu’il n’est pas encore. Le monde, les personnes changent, les destins évoluent et votre mari, avec l’aide du Saint Béni soit-Il, parviendra à vous rejoindre, voire même à vous dépasser, dans le chemin de la foi. C’est ce que nous vous souhaitons. 

Pour terminer avec ce point, il est primordial de faire pencher le côté de la balance plus vers les encouragements et moins vers les critiques. Faites donc extrêmement attention à ne pas vexer votre mari par des remarques désobligeantes. Les devoirs d’une femme envers son époux sont considérables (et vice-versa) et correspondent aux besoins profonds que sa nature réclame en terme d’attention, de qualité de la relation, de respect, etc. Si vous excellez dans ce domaine, il en sera sûrement touché et les résultats ne tarderont pas à se montrer.

 

3. La patience, la mère des vertus

Pour que les deux premiers conseils portent du fruit, bien entendu, il vous faudra énormément de patience. Chaque individu progresse à son propre rythme. Soyez heureuse de chaque progrès et congratulez votre mari, montrez-lui que cela vous procure beaucoup de joie et de fierté et oubliez les remarques désobligeantes. Et si cela n’avance pas assez vite à votre goût, rappelez-vous la patience et la bienveillance de D.ieu à votre égard, Lui qui nous laisse évoluer à notre rythme, car Il sait que si nous progressons très vite, alors nous risquons de tomber très vite aussi, bon nombre de notions n’ayant pas eu le temps de s’imprégner en nous à cause de la rapidité de notre démarche. Comme le souligne Nathalie Seyman : « La Torah est si belle et si puissante qu’elle est assez humble pour accepter de rentrer par la petite porte d’un foyer. N’en demandez pas plus. “Lé’at, Lé’at” (“doucement, doucement”), comme on dit en hébreu. » Commencez par de petites choses assez simples à accepter, puis allez-y progressivement, mais à chaque fois avec l’accord de votre époux et jamais contre lui. Ne forcez pas, faites tout en douceur, vous aurez de bien meilleurs résultats.

S’il n’avance pas pour autant malgré tous vos efforts, vous devez essayer de continuer votre progression en veillant à ce que cela ne détériore d’aucune façon la bonne humeur que vous êtes censée faire régner au sein de votre foyer. Comme nous l’avons vu plus haut, le principal est de pratiquer au mieux les Mitsvot afin de servir HaShem avec votre cœur et dans la joie. En ayant un bon exemple sous ses yeux, votre mari a la capacité de devenir un grand tsadik (sage en Torah). Tout cela dépend de vous : de votre amour, de votre bienveillance et de votre patience. Alors, ne baissez pas les bras ! 

 

4. La prière

Comme nous venons de le voir, la persévérance, la patience, le respect, la bienveillance…vous permettront de vivre plus sereinement votre foi avec votre mari non ou peu croyant. Toutefois, afin d’y parvenir, vous devrez faire appel à un allié indispensable : la prière qui vous connecte à HaShem ! En effet, vous le savez déjà, la prière est l’élément commun à tous les problèmes, quels qu’il soient. Les Sages enseignent que les difficultés sont là pour nous pousser à prier sincèrement. Si vous avez des problèmes de Shalom Bayit, il faut en profiter pour demander à l’Éternel de déverser un esprit de Téchouva (repentance) sur votre conjoint et de vous aider à être pleine d’espoir, de confiance et de force face aux nombreux défis auxquels vous serez confrontée. N’oubliez pas que le Saint Béni soit-Il est avec vous dans cette entreprise !

 

Conclusion

L’étude de la paracha Nasso abordant le thème de la femme sota nous a permis d’évoquer la notion de Shalom Bayit (paix dans le couple). La femme soupçonnée d’adultère par son mari devait boire un breuvage dans lequel le nom de D.ieu avait été dissous avec de l’eau. Ceci pour nous enseigner que l’Éternel se retire Lui-même au profit de la paix dans le couple. Bien sûr, nous avons vu que cela ne signifie aucunement qu’il faille renoncer à la foi pour préserver le Shalom Bayit, bien au contraire. La Torah ne doit jamais être un sujet de discorde dans un couple, mais le meilleur ciment qui soit pour le souder ! Car, grâce à son étude et à sa mise en pratique, nous découvrons alors comment nous comporter avec notre prochain. Et qui mieux que notre mari est notre « prochain » ?

Certes, un degré de religion différent est un souci que peut rencontrer chaque couple au cours de sa vie, mais il est primordial de reconnaître et d’accepter que l’endroit où vous devez être, est celui où vous vous trouvez. C’est HaShem Lui-même qui vous y a placée et Il vous a également donné les ressources et le courage nécessaires pour que cela fonctionne. Vivez la Torah, montrez l’exemple sans jamais imposer, armez-vous de patience et priez sans cesse ! Tenir bon n’est pas une échappatoire, c’est vous hisser à la hauteur du défi de découvrir toutes les ressources que D.ieu vous donne et de rédimer l’« étincelle de divinité » de votre mari qui a été confiée à vos soins. Si vous souhaitez que votre époux avance bien vers le chemin de la Torah, vous devez lui montrer par votre comportement que votre engagement spirituel ne peut que vous rendre meilleure, en particulier vis-à-vis de lui. N’est-ce pas d’ailleurs ce que l’apôtre Paul semble enseigner en 1 Corinthiens 7 : « Si une femme a un mari non-croyant, et qu’il consente à habiter avec elle, qu’elle ne répudie point son mari. Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme […] Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari? » (versets 13-16).

En définitive, HaShem souhaite que vous deveniez sa collaboratrice afin de raviver la flamme de l’âme de votre époux et l’aider ainsi à chemin vers la Téchouva (repentance). Qu’HaShem vous encourage et vous donne toutes les forces pour la bonne réussite de votre mission ! Amen vé Amen ! 

Sim’ha

Sources utilisées pour cette étude :

  1. Talmud Sota 3a.
  2. Sota 47a.
  3. Hilkhot Yessodei HaTorah 6, 1 et 2.
  4. Sifre 17.
  5. « Question au psy : choisir entre mon couple et le Shabbat ? », article de Nathalie Seyman sur Torah-Box.

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Sur ce site web, nous usons donc de notre « liberté en Yéshoua » (Galates 2:4) pour citer et utiliser, lorsque cela s’avère nécessaire et utile pour nous faire grandir dans la compréhension du plan divin et de la volonté de Dieu, le travail d’hommes ou de femmes parfois rattachés à d’autres confessions, mais que nous publions tout de même en raison de la qualité de leur contribution dans des domaines particuliers, bien que nous ne les rejoignons pas forcément dans toute leur doctrine.

En outre, cela nous invite à nous exercer à vivre cette maxime des sages :

« Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme […] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot).

Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

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