Kabbalat Shabbat (accueil du Shabbat)

par | Sep 22, 2021 | 0 commentaires

Comment accueille-t-on Shabbat, septième jour de la semaine qui a été sanctifié (= mis à part) par D.ieu dès le début de la Création (Béréchit/Genèse 2 :3) ? Plus particulièrement, quel est le rôle de la femme durant ce Saint Jour ? Que doit-elle faire et pourquoi ? Cette étude se présentera comme un manuel destiné à la gent féminine afin d’accueillir comme il se doit le Saint Repos hebdomadaire.

Selon la Tradition (1), il est enseigné que trois mitsvot (commandements) incombent aux femmes : 1. le prélèvement de la ‘Halla (pain de Shabbat), 2. l’allumage des bougies et 3. la pureté familiale. Or, les deux premiers concernent spécifiquement le Shabbat ! Allons à la découverte de ces deux merveilleux commandements et voyons de façon pratique comment les accomplir !

 

1. Le prélèvement de la ‘Halla

Pourquoi ce commandement ?

La mitsva (commandement) de Hafrachat ‘Halla consiste à prélever une partie de la pâte à ‘Hallot (pains de Shabbat). Ce commandement a plusieurs explications. 

Premièrement, nous en prélevons une petite partie pour indiquer principalement que nous reconnaissons que D.ieu, dans Sa bonté, nourrit le monde entier. La deuxième raison réside dans le fait de nous souvenir qu’à l’époque du Temple, les bné Israël (enfants d’Israël) avaient l’obligation de donner une partie de la pâte, appelée « ‘halla », aux Cohanim (prêtres descendants de Aaron). Cette part revenait aux Cohanim (prêtres) qui en tiraient leur subsistance. Ces derniers n’avaient pas reçu de terres puisqu’ils étaient chargés du service divin dans le Temple. Le reste du peuple devait donc subvenir à leurs besoins matériels. La ‘Halla était l’un des éléments sanctifiés (= mis à part), que seuls les prêtres en état de pureté rituelle et leur maisonnée pouvaient manger. Le terme «‘Halla » tire ainsi son nom de la dîme prélevée sur la pâte destinée aux prêtres. Le Temple n’existant plus, cette partie prélevée est aujourd’hui jetée au feu.

Il est coutume de réaliser deux ‘Hallot (pluriel de ‘Halla). Pourquoi deux ? en souvenir de la double portion de manne dont D.ieu pourvut les Hébreux le vendredi (veille de Shabbat) lors de la traversée du désert : « Le sixième jour, ils ramassèrent une quantité double de nourriture, deux omers pour chacun. Tous les principaux de l’assemblée vinrent le rapporter à Moïse. 23Et Moïse leur dit: C’est ce que l’Eternel a ordonné. Demain est le jour du repos, le sabbat consacré à l’Eternel; faites cuire ce que vous avez à faire cuire, faites bouillir ce que vous avez à faire bouillir, et mettez en réserve jusqu’au matin tout ce qui restera. 24Ils le laissèrent jusqu’au matin, comme Moïse l’avait ordonné; et cela ne devint point infect, et il ne s’y mit point de vers. 25Moïse dit: Mangez-le aujourd’hui, car c’est le jour du sabbat; aujourd’hui vous n’en trouverez point dans la campagne. 26Pendant six jours vous en ramasserez; mais le septième jour, qui est le sabbat, il n’y en aura point. » (Shémot/Exode 16 :22-26).

 

Comment fait-on ?

 

1. Réalisez la pâte (vous trouverez comment réaliser des ‘Hallot dans la rubrique « recettes »).

2.  Récitez la bénédiction : La bénédiction ainsi que le prélèvement sont effectués ou non en fonction de la quantité de farine utilisée. 

Moins de 1,2 kg de farine, ne prononcez aucune bénédiction et ne prélevez pas de pâte (vous pouvez alors directement passer à la partie n°5 de ces étapes explicatives).

Entre 1,2 kg et 1,560 kg de farine, ne prononcez aucune bénédiction, prélevez la pâte et dire : « Haré Zo ‘Halla » – 

« Ceci est la ‘Halla » 

Si vous avez pétri plus de 1,560 kg de farine, récitez la bénédiction ci-dessous, prélevez ensuite la pâte et dire : « Haré Zo ‘Halla » 

« Ceci est la ‘Halla » 

***

« Baroukh ata Ado-naï, Elo-henou Mélèkh haolam, asher kidéshanou bémitsvotav, vétsivanou léhafrish ‘Halla. Amen. » – « Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné de prélever la ’Halla. Amen. »

***

Remarques : 

– Le prélèvement se fait sur la pâte crue et pas encore tressée.

– La bénédiction doit être récitée avant le prélèvement de la pâte. 

– Procédez au prélèvement de la pâte que si vous avez utilisé une des cinq céréales suivantes : blé, orge, avoine, épeautre, seigle et si vous avez mis plus de 1,2 kg de farine. 

– Prélevez un morceau de la taille d’un œuf et enveloppez-le dans du papier d’aluminium. 

3. Brûlez la partie retirée : Une fois la partie retirée, placez-la dans du papier aluminium et brûlez-la au four. S’il est impossible de la brûler au four, mettez-la dans un sac en plastique et jetez-la à la poubelle. 

4. Priez : Le prélèvement de la ‘Halla est un moment propice pour la prière personnelle émanant du cœur. 

5. Tressage et cuisson : Vous pouvez alors tresser les ‘Hallot et les cuire au four.

6. Déposez les ‘Hallot sur votre table de Shabbat et recouvrez-les d’une serviette. 

Nous couvrons le pain en souvenir de la rosée qui protégeait la manne dans le désert : « Le soir, il survint des cailles qui couvrirent le camp; et, au matin, il y eut une couche de rosée autour du camp14Quand cette rosée fut dissipée, il y avait à la surface du désert quelque chose de menu comme des grains, quelque chose de menu comme la gelée blanche sur la terre. 15Les enfants d’Israël regardèrent et ils se dirent l’un à l’autre: Qu’est-ce que cela? car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit: C’est le pain que L’Eternel vous donne pour nourriture. » (Shémot/Exode 16 :13-16).  

7. Bénédiction sur les ‘Hallot : Enfin, lors de l’ouverture du Shabbat, le vendredi soir, avant de passer au repas et après avoir fait le Kiddoush (sanctification sur le vin), le chef de famille, ayant procédé à la Nétilat Yadayim (ablution des mains), soulève les deux ‘Hallot et prononce la bénédiction suivante : 

***

Baroukh ata Ado-naï, Elo-henou Mélèkh haolam, hamotsi lé’hem min haarets. Amen. » – « Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, toi qui extrais le pain de la terre. Amen. »

***

Note : Il est une coutume selon laquelle on trempe le morceau de pain dans du sel avant de le manger parce que les sacrifices étaient offerts avec du sel, et la table est considérée comme un petit autel.) 

Le pain a une portée messianique et symbolise Notre Messie Yéshoua, Lui qui nous donne cette nourriture spirituelle dont nous avons besoin, par Le modèle qu’Il a été en observant les Saintes Écritures (Torah) parfaitement : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Yo’hanan/Jean 6 :35)

Vous savez maintenant comment réaliser la mitsva (commandement) du prélèvement de la ‘Halla ! À vos fourneaux !

 

2. L’allumage des bougies de Shabbat

 

Pourquoi ce commandement ?

 

Premièrement, d’un point de vue « pratique », étant donné que les femmes et les jeunes filles  (2) restent plus souvent à la maison que les hommes, il leur revient d’allumer les bougies du Shabbat. De plus, l’impossibilité d’allumer du feu pendant le Shabbat (Shemot/Exode 35 :3) a donné naissance au rite d’allumage des bougies (3) par la maîtresse de maison (4).

Mais il y a d’autres explications plus profondes. Comme toute chose, derrière la matérialité se cache la spiritualité. D’un point de vue spirituel donc, la femme est chargée de l’intériorité de son foyer. C’est elle qui le plus souvent s’occupe de l’éducation des enfants, du ménage, de la cuisine et bien sûr de son époux. Elle détient la mission d’amener « la chaleur » dans sa maison. C’est pourquoi elle est chargée d’allumer les bougies du Shabbat (5), qui non seulement éclaireront la table du vendredi soir, mais aussi et surtout les cœurs de chaque membre de sa famille. C’est à la femme de veiller à ce que l’harmonie et la lumière divines règnent chez elle. Ainsi, le but de l’allumage des bougies est d’apporter la paix et la tranquillité à la maison (6).

Ce commandement détient un sens encore plus profond ! Le fait que ce soit la femme qui allume les bougies le soir de Shabbat et de Yom Tov (jours de fête) est un moyen pour réparer la faute commise par ‘Hava (Eve), qui « réduisit la lumière du monde » lorsqu’elle incita Adam à goûter de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal.

Enfin, le Midrash (commentaires de la Torah) nous enseigne que D.ieu dit : « Si vous allumez les lumières du Shabbat, je vous montrerai le merveilleux rayonnement qui brillera sur Jérusalem lors de la rédemption finale. » (7) En d’autres termes, cela accélère la Rédemption finale et le retour de Notre Messie Yéshoua, lors de laquelle il y aura la paix dans le monde entier.

Yéshoua n’a-t-Il pas déclaré « être la Lumière du monde ? » (Jean 8 :12). Ainsi, d’un point de vue messianique, en allumant chaque vendredi soir les bougies de Shabbat, c’est comme si nous invitions Notre Maître et Rabbi Yéshoua à notre table.

 

Comment fait-on ?

 

Que vous soyez célibataire ou mariée, voici les étapes à suivre pour accomplir la mitsva (commandement) d’allumage des bougies, le vendredi soir, avant le coucher du soleil.

1. Donnez la Tsédaka (charité): Avant l’allumage des bougies, les femmes ont l’habitude de glisser dans une boîte quelques pièces destinées à la tsédaka (charité).

Vous pouvez à ce moment-là prendre un temps de prière pour votre famille et tout le peuple de D.ieu. Vous pouvez demander santé, guérison, protection divine, prospérité matérielle et spirituelle, harmonie familiale, paix, joie, amour, venue du Mashia’h (Messie)…

2. Placez deux bougies sur la table du repas ou à proximité (une bougie si vous êtes célibataire) (8).

Pourquoi deux bougies ? La raison principale est qu’elles correspondent aux deux formes de la mitsva (commandement) reliée à Shabbat. Dans la Torah, il est en effet écrit : « Souviens-toi (zakhor) du jour du Shabbat » (Shémot/Exode :20 :8) et « Garde (shamor) le jour du Shabbat » (Dévarim/Deutéronome 5 :12). Pour représenter notre acceptation de ces deux commandements liés au Shabbat, nous allumons donc deux bougies. (9)

Pour d’autres, les deux bougies représentent le mari et la femme (10). Pour l’expliquer, les Sages prennent la guématria (valeur numérique d’un mot) du mot « bougie », qui en hébreu se dit « ner », et dont la valeur numérique équivaut à 250. Si nous prenons deux bougies, nous atteignons la valeur numérique de 500 (2x 250). Or, dans le corps d’un homme, il y a 248 membres et organes et 252 dans le corps d’une femme, qui ensemble donnent un total de 500 ! Ainsi, lorsque nous allumons deux bougies cela représente l’unité entre époux.

3. Allumez les bougies : L’heure du début de Shabbat est déterminée par le coucher du soleil (11). Il y a un horaire limite à ne pas dépasser, cela dépend de l’endroit où vous résidez. À noter que l’heure d’allumage des bougies suit les saisons et par conséquent varie durant l’année. L’horaire précis, étant fixé à 18 minutes avant le coucher du soleil, est désormais fixé sur la base de calculs astronomiques. Regardez sur internet l’heure du coucher du soleil de votre ville et allumez les bougies 18 minutes avant.

4. Levez vos mains et ramenez-les vers vous trois fois dans un mouvement circulaire, puis couvrez vos yeux de vos deux mains.

5. Récitez ensuite la bénédiction suivante :

***

« Baroukh ata Ado-naï, Elo-henou Mélèkh haolam, asher kidéshanou bémitsvotav, vétsivanou léhadlik nér shél Shabbat. Amen. » – « Béni sois-Tu Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonné d’allumer les lumières de Shabbat. Amen. »

***

Comme pour la tsédaka (charité), l’allumage des bougies est un moment propice pour la prière personnelle émanant du cœur.

6. Souhaitez à tous les membres de votre famille un « Shabbat Shalom ! »

Pour avoir un bref récapitulatif de toutes les étapes au format PDF : Cliquez ici

Sim’ha

Sources utilisées pour cette étude et notes :

  1. Berakhot 20b.
  2. À noter, que les filles commencent à allumer les bougies de Shabbat lorsqu’elles sont en âge de réciter la bénédiction (environ à trois ans).
  3. Talmud de Babylone, Shabbat 23b, 25b et 28b.
  4. Mishna Shabbat 2,6.
  5. et des autres fêtes également, mis à part ‘Hannouka.
  6. Talmud, Shabbat 23b.
  7. Yalkout Shimoni, Behaalotekha 719.
  8. Les filles qui ne sont pas encore mariées en allument qu’une. Une fois mariées, elles en allument deux, voire plus en fonction du nombre d’enfants. Certaines femmes ont en effet l’habitude de rajouter une bougie supplémentaire pour chaque enfant.
  9. Tour et Choul’hane Aroukh, Ora’h ‘Haïm 263:1.
  10. Eliyah Rabbah 263:2 ; Likoutei Si’hot, vol. 11, p. 289. Voir aussi Zohar ‘Hadach, Tikounim 120a.
  11. Selon le calendrier biblique, un nouveau jour commence le soir, lors du coucher du soleil : « Il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le premier jour. » (Béréchit/Genèse 1 :5)

 

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