La femme, reflet de la lumière divine – Paracha Bo (Exode 10 :1-13-16)

par | Jan 3, 2022 | 1 commentaire

La Paracha de cette semaine présente le tout premier commandement qu’HaShem (D.ieu) prescrit aux Hébreux juste avant de quitter le pays d’Égypte, avant même de recevoir les prescriptions qui concernent la Pâque, c’est dire son importance. Quel est-il ? que représente-t-il ? et en quoi nous concerne-t-il en tant que femmes ? Pour ce faire, découvrons sans plus tarder le verset qui nous intéresse. 

 

Lecture

 

« L’Éternel dit à Moïse et à Aaron dans le pays d’Égypte: Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois; il sera pour vous le premier des mois de l’année. » (Exode 12 : 1-2)

Sur ce verset, les Sages expliquent que D.ieu montra à Moshé (Moïse) la lune dans son renouveau et lui dit : « Quand la lune se renouvelle, tu auras un nouveau mois » (1). La toute première mitsva (commandement) commandée par D.ieu fut donc celle de sanctifier le nouveau mois, appelé Roch ‘Hodech en hébreu, quand la lumière de la lune réapparaît.

 

Qu’est-ce que Roch ‘Hodech ?

En hébreu, Roch ‘Hodech signifie littéralement « tête du mois » et désigne le premier jour d’un nouveau mois dans le calendrier hébraïque. En français, c’est ce que l’on nomme « nouvelle lune » ou « néoménie ». Durant l’Antiquité, à Jérusalem, le nouveau mois était proclamé par le tribunal rabbinique qui s’appuyait sur la déposition de deux témoins qui avaient observé la lune réapparaitre. Des signaux lumineux étaient alors allumés sur le Mont des Oliviers, lesquels étaient retransmis dans toute la Judée par des messagers pour informer la population qu’un nouveau mois avait commencé (2). 

C’est sur cette observation que s’articule le calendrier juif et les Saintes Convocations de l’Eternel : « Dieu dit: Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années» (Genèse 1 :14) Les luminaires, dont la lune, permet de fixer le calendrier hébraïque. 

 

Que fait-on pour marquer le premier jour d’un nouveau mois ?

 

À l’occasion du 1er jour de chaque mois, la Torah prévoyait des sacrifices d’animaux supplémentaires, accompagnés de farine, d’huile et de vin : « Au commencement de vos mois, vous ferez un holocauste pour l’Éternel : deux taureaux, un bélier, et sept agneaux d’un an, sans défaut […]. En plus de l’holocauste perpétuel, il sera offert à l’Éternel un bouc, en sacrifice pour le péché ». (Nombres 28 :11-15)

De nos jours, lors de Roch ‘Hodech, alors que la lune est en phase ascendante, les Juifs récitent une bénédiction particulière appelée Kiddouch Levana (sanctification du mois). Le Kiddouch Levana peut être récité dès le troisième jour du renouveau de la lune – que l’on nomme Molad. On ne peut réciter cette prière que si la lune est visible et n’est pas obstruée par les nuages. On la récite à l’extérieur en se tournant vers l’Est (en direction de Jérusalem). Bien entendu, on n’adresse pas de prière à la lune-même, mais à son Créateur pour Son œuvre merveilleuse. Il s’agit de bénir D.ieu pour Son chef-d’œuvre. 

 

Signification de la lune

D’un point de vue spirituel maintenant, que symbolise la lune ? Pour y répondre, passons par un peu d’histoire.

Mille ans après la sortie d’Égypte, les Séleucides (Syro-Grecs) envahirent la Judée et interdirent aux Juifs de pratiquer trois commandements : le Shabbat, la circoncision et Roch ‘Hodech. Les Séleucides voulaient anéantir la culture et l’identité même du peuple élu de D.ieu. Le Shabbat et la circoncision étant les deux principaux signes qui manifestent l’appartenance au D.ieu d’Israël, nous comprenons pourquoi les envahisseurs grecs s’attaquèrent en premier lieu à ces deux commandements, mais pourquoi interdire la célébration de Roch ‘Hodech (nouveau mois) ? 

Pour deux raisons principalement :

– Premièrement, si l’empire séleucide avait réussi à supprimer la néoménie (le nouveau mois), il serait parvenu par la même occasion à abolir un bon nombre de commandements liés au temps, notamment les fêtes de l’Éternel.  En effet, sans la proclamation de Roch ‘Hodech (le nouveau mois), pas de calendrier et donc plus de fêtes. N’ayant plus de repères possibles, les Juifs n’auraient plus pu célébrer les Saintes Convocations d’HaShem (D.ieu). 

– Deuxièmement, d’un point de vue spirituel, Roch ‘Hodech symbolise le renouveau, la capacité de renaître de ses cendres et de retrouver la gloire passée. Tout comme la lune disparaît à la fin de chaque mois mais réapparait pour croître jusqu’à sa plénitude (pleine lune), de même Israël subit parfois l’exil et le déclin mais se renouvelle constamment, jusqu’à la venue de Machia’h (Messie) où s’accompliront définitivement les promesses d’HaShem quant à notre vie éternelle dans la Présence Divine. 

C’est ce renouveau que voulaient faire disparaître les Séleucides en interdisant les Juifs de sanctifier le nouveau mois. C’est à cette époque-là que le peuple juif s’est soulevé pour défendre la Torah et le Temple (qui avait été souillé) et pour commémorer cette victoire, les Sages ont institué la fête de ‘Hannouca, fête du renouveau, que nous célébrons encore aujourd’hui. 

 

Roch ‘Hodech, un cadeau pour nous les femmes

Pour aller plus loin, les Sages d’Israël enseignent que Roch ‘Hodech (le nouveau mois) est une fête où la femme est à l’honneur. En effet, selon la Tradition (3), lorsque les Hébreux firent le  Veau d’or dans le désert, les hommes demandèrent aux femmes de se débarrasser de leurs bijoux afin de confectionner la statue du veau en or. Ces dernières refusèrent catégoriquement et ne participèrent aucunement à ce péché d’idolâtrie. En revanche, lorsque vint le moment de construire le Tabernacle dans le désert, les femmes se présentèrent les mains remplies d’objets et d’affaires personnels pour pouvoir ériger le Saint Sanctuaire et accueillir la Présence Divine (Exode 35 :22).

Quelle a été la force des femmes de résister ! Ainsi, HaShem (D.ieu) récompensa leur mérite et leur ferveur en leur disant: “Vous garderez les néoménies plus que les hommes.” Ainsi, les femmes intègrent davantage la sainteté de ce jour puisqu’il leur est permis de mettre de côté tous travaux serviles et se reposer. Elles peuvent marquer un temps d’arrêt, se ressourcer, tandis que les hommes n’y sont pas contraints (mais ils peuvent le faire s’ils le souhaitent afin de sanctifier ce jour. Certains ont même la coutume d’organiser un repas de fête et de vêtir leurs plus beaux habits). 

Jusqu’à aujourd’hui, les femmes juives pratiquantes observent ce jour supplémentaire de repos qui leur est offert chaque mois et sont dispensées de travaux ménagers. Certaines organisent des rassemblements entre femmes pour partager toutes ensemble un repas accompagné d’études bibliques, de prières, de louanges, etc. pour marquer la particularité de ce jour qui leur est consacré. 

Allons encore un peu plus loin dans notre réflexion. Vous le saurez certainement déjà, la lune ne possède aucune lumière propre, sa lumière provient en effet du soleil. Sa fonction est de refléter la lumière de l’astre du jour, sans le soleil, elle ne peut briller. 

Bien que la lumière de la lune semble être plus faible que celle émise par le soleil, elle reflète en réalité la lumière « intérieure » du soleil. De même, d’un point de vue spirituel, notre objectif sur terre est de refléter LA lumière divine, cette lumière qui nous provient directement de D.ieu. 

 

C’est ainsi que peut se faire le parallèle entre la lune et la femme. Toutes deux apparaissent parfois faibles et pourtant toutes deux reflètent une lumière si primordiale qu’elle ne peut briller que par leur intermédiaire !

Au temps de Moshé (Moïse), lors du tragique épisode du Veau d’or, ce sont les femmes qui ont su refléter la volonté divine, sans exprimer leurs désirs personnels et en refusant de fabriquer l’idole. Elles ont ainsi mérité une fête qui les caractérisent (Roch ‘Hodech « la nouvelle lune »), qui leur permet d’être le reflet de la lumière divine. Par la force de leur foi, elles représentent le pouvoir du renouveau. 

Le cycle mensuel de la lune est un processus continuel de renaissance. Chaque mois elle disparaît pour réapparaitre encore plus étincelante. Au niveau de l’intériorité de chaque individu, est présente une force de renouvellement. Elle est même plus visible et plus forte chez la femme dont le corps, après sa période Nidda (cycle menstruel), se prépare à accueillir de nouveau un potentiel de vie.

Plus généralement, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, au travers de Sa Lumière, l’Éternel nous donne les capacités de nous régénérer. HaShem (D.ieu) nous offre une possibilité de devenir quelqu’un de meilleur, à Sa ressemblance. À l’instar de la lune, D.ieu nous dit : « Va et continue à grandir ! »

 

Yéshoua nous dira : « Vous êtes la lumière du monde ! Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; 15et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. 16Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.» (Matthieu 5 :14-16)

 

Conclusion

 

Roch ‘Hodech, une mitsva (commandement) à l’apparence anodine, et pourtant…La première conversation que Moshé eut avec son peuple évoquait la lune, car son cycle donne un message d’espoir et de renaissance. Le mois de Nissan (mars-avril), le moment où fut donné ce commandement, est le mois du printemps, symbole de renaissance, où la nature reprend vie : les arbres bourgeonnent, les fleurs s’épanouissent, certains animaux se réveillent de leur hibernation… À l’instar de la lune, nous avons été dotés d’une capacité de renouveau, une capacité à réfléchir la lumière divine, telle est notre mission sur terre.

Un des versets récités dans la prière du Kiddouch Levana (prière que l’on récite à Roch ‘Hodech) est tiré du Cantique des Cantiques : « La voix de mon fiancé ! Le voici qui arrive, sautant au-dessus des montagnes, au-dessus des collines » (Cantique 2 :8). Le Yalkout Chimoni (4) commente : « La voix de mon fiancé : c’est le Machia’h. Il vient dire au peuple juif : vous serez délivrés ce mois-ci ! » C’est pourquoi Roch ‘Hodech se termine avec des chants et des danses joyeuses, afin d’attendre la venue de Notre Bien-Aimé Messie dans la joie. 

Vous en savez désormais plus sur la fête de Roch ‘Hodech. Tout n’a pas encore été dit, mais nous espérons que ce petit partage vous aura permis de considérer les merveilleux cadeaux que le Saint Béni Soit-Il nous accorde au-travers de chacune de Ses mitsvot (commandements). 

Que la lumière éclatante de Notre Resplendissant D.ieu brille toujours plus au travers de notre être !

Sim’ha

 

Sources utilisées pour cette étude :

  1. Midrach Me’hilta
  2. Mishna Rosh Hashanah 2,2-4.
  3. Midrach Béréchit Rabba, Pirké de Rabbi Eliézer.
  4. Recueil médiéval de commentaires sur la Torah. 

 

– ‘Haya B., « Roch ‘Hodech : notre fête à nous, les femmes… », article sur Torah Box.

– Rabbanite Revital Tsadok, « L’importance de Roch ‘Hodech », Torah Box.

– Rav Shmuel M. Butman, « Le Kiddouch Levana, la sanctification de la lune », site Chabad.fr

– « L’humilité de la lune », site Loubavitch.fr

– « Qu’est-ce que la bénédiction de la lune ? », site Loubavitch.fr

 

 

 

Voici la liste des dates qui correspondent à chaque Roch ‘Hodech (début de mois) de l’année 2022.

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« Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme […] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot).

Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

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1 Commentaire

  1. Wilkin

    Merci, c’est très instructif. Shalom Shalom

    Réponse

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