Le secret des deux trompettes d’argent – Paracha Béhaalotékha

Nombres 8 : 1 à 12 : 15 Sauvegarder et quitter

La paracha de la semaine est encore une fois sans limite dans la profondeur de ses enseignements vivants ! Nous allons faire ici le focus sur une merveilleuse pépite découverte dans le chapitre 10 du livre des Nombres. Vous verrez à quel point la sagesse du Dieu vivant utilise des allusions dans le texte pour nous avertir, une fois encore, du piège mortel dans lequel tombera inévitablement celui  ou celle qui utilise mal sa bouche sans s’aligner avec ce qu’enseigne HaShem (Dieu) à ce sujet dans Sa Torah.

Les sages d’Israël nous donnent une clé glorieuse fort utile pour percer quelques secrets et trésors de sagesse de la Torah :

« Sof maassé béMa’hchava te’hila » que l’on pourrait traduire par : “L’acte final est en gestation dans la pensée originelle” ou encore : “la fin d´une chose est déjà dans son commencement”. Cela signifie donc que dans la Torah, si l’on regarde attentivement le commencement et la fin d’une chose, nous pouvons en percer le ou les messages.

Prenons un simple exemple : les 10 commandements. Le premier commandement commence par l’unicité absolue de Dieu et l’amour qui lui est dû : « Je suis l’Eternel ton Dieu […] Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face ». Et regardez le dernier commandement : « Tu ne convoiteras aucune chose qui appartienne à ton prochain. »

Le premier commandement nous parle exclusivement de Dieu, tandis que le dernier nous parle exclusivement du prochain. De là, nous comprenons plusieurs choses, parmi lesquelles: seul l’amour de Dieu et l’obéissance à ses commandements peut conduire à l’amour véritable de notre prochain et ce n’est d’ailleurs pas sans raison que Yéshoua résumera Lui-même toute la Torah de cette façon :

« Yéshoua lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Torah et les prophètes. » (Matthieu 22:37-40)

Ayant ce principe en tête, essayons de percer un des secrets du chapitre 10 du livre des Nombres et regardons donc le début :

« L’Eternel parla à Moïse, et dit : “Fais-toi deux trompettes d’argent, que tu façonneras d’une seule pièce; Elles te serviront pour la convocation de l’assemblée et pour le départ des camps. » (Nombres 10:1-2).

Un sage d’Israël, rabbi Yaacov Abe’hssera commente :

« Les deux trompettes de notre verset font allusion aux lèvres, car la valeur numérique de “ba’hatsotsrot” est égale à celle de “sifté”, les lèvres. Celles-ci doivent être comme de l’argent pur ainsi qu’il est dit “Les paroles de l’Eternel sont des paroles pures, Un argent éprouvé sur terre au creuset, Et sept fois épuré.” (Psaumes 12 : 7). Il ne faut pas les utiliser pour des futilités mais uniquement dans la crainte du ciel tout au long de la journée. »

Ceci n’est pas sans nous rappeler ce que dit un grand talmid (disciple) du Messie Yéshoua, Shaul (Paul) :

« Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent. » (Ephésiens 4:29) et aussi : « Si quelqu’un parle, que ce soit comme annonçant les oracles de Dieu; » (1 Pierre 4:11)

Comme il est dit « Et mes lèvres s’ouvrent pour enseigner ce qui est droit. » (Proverbes 8:6)

Rabbi Yaacov Abe’hssera continue son commentaire au sujet des trompettes d’argent qui, comme nous l’avons vu, font donc allusion aux lèvres :

« “que tu façonneras d’une seule pièce” – fais comme si elles étaient serrées [tes lèvres] l’une contre l’autre pour ne pas tenir des propos futiles. Quand dois-tu l’ouvrir ? Pour adresser des leçons de morale ou pour prier. »

Là encore, lorsque le Rabbi Abe’hssera dit : “Pour adresser des leçons de morale”, il ne fait qu’aller dans le même sens de ce que Shaul (Paul) dira : « prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, réfute, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. » (2 Timothée 4:2) et aussi : « Dis ces choses, exhorte, et reprends, avec une pleine autorité. Que personne ne te méprise. » (Tite 2:15).

 

A l’aide de ses deux grands Ravs d’Israël, nous comprenons donc l’importance de fournir tous les efforts pour abandonner les paroles futiles afin de s’entretenir de Torah, vaquer à la prière, donner de bonnes paroles édifiantes ou alors, lorsque cela est nécessaire, reprendre son prochain si nous le voyons dans la faute (voir l’article sur la réprimande et les remontrances pour mettre en pratique ce difficile commandement d’une manière conforme à la Torah).

Ainsi, comme nous le montre le début de ce chapitre 10, nous devons ouvrir nos lèvres et utiliser notre bouche de la même façon que les trompettes d’argent étaient elles aussi utilisées, c’est-à-dire dans le seul but d’unir le peuple de Dieu par de bonnes paroles : “Quand on en sonnera, toute l’assemblée se réunira”, de l’encourager à marcher avec obéissance dans la Torah de Dieu : “on sonnera avec éclat pour leur départ.” et aussi : “Dans vos jours de joie, dans vos fêtes, et à vos nouvelles lunes, vous sonnerez des trompettes”; et enfin, pour l’avertir du danger et être victorieux dans la guerre contre le Satan l’ennemi de nos âmes et notre mauvais penchant, qui nous poussent tous deux à la faute : “Lorsque, dans votre pays, vous irez à la guerre contre l’ennemi qui vous combattra, vous sonnerez des trompettes”.

En utilisant ainsi notre bouche et nos lèvres, Dieu nous fait une formidable promesse : “vous serez présents au souvenir de l’Eternel, votre Dieu, et vous serez délivrés de vos ennemis.” (Nombres 10:9)

Nous voyons ici l’importance que la Torah confère à l’utilisation de notre bouche conformément à l’enseignement des sages et de l’alliance renouvelée. Bien souvent, nous ne sommes pas conscients de l’impact spirituel inouï et inimaginable qu’engendre une mauvaise parole, c’est-à-dire, une utilisation de notre bouche non alignée avec l’enseignement du Dieu d’Israël et du Messie Yéshoua ! Il convient donc d’insister encore et encore, “en toute occasion, favorable ou non”.

Mais « Celui qui ouvre de grandes lèvres court à sa perte. » (Proverbes 13:3)

Ce début de chapitre 10 du livre des Nombres, nous enseigne donc par allusion que quiconque utilise ses lèvres pour autre choses que les choses qui viennent d’être mentionnées, s’expose à la ruine et c’est précisément à la fin de notre chapitre 10 que nous retrouverons cette même allusion :

« Quand l’arche partait, Moïse disait : Lève-toi, Eternel ! et que tes ennemis soient dispersés ! que ceux qui te haïssent fuient devant ta face! Et quand on la posait, il disait : Reviens, Eternel, aux myriades des milliers d’Israël ! » (Nombres 10:35-36)

Comme le rapporte le site Yehoudi en se basant sur Le livre brûlé de Marc-Alain Ouaknin :

« Tous les textes qui se réfèrent au “voyage de l’Arche” ne s’attachent pas au sens de ce passage, mais ils font tous allusion au nombre de lettres qui le composent, à savoir 85 lettres. En “Guématria” les deux lettres qui écrivent le nombre 85 sont “Pe” et “He” c’est-à-dire “bouche” »

Effectivement, d’une manière stupéfiante, ces deux derniers versets qui terminent notre chapitre 10 et qui parlent du déplacement de l’arche (aron en hébreu), comporte précisément 85 lettres dans le texte source, ce qui est la valeur numérique du mot “Peh” (bouche).

Mais ce n’est pas tout.

Le Ari zal (Likoutim) enseigne que le terme « Aron – l’arche » peut se lire, en sens inverse : « Nora – redoutable ».

De là nous pouvons en déduire un enseignement dans la lignée de ce qui a été dit:

quiconque utilise mal ses lèvres, en “sens inverse” de ce que demande la Torah, alors, le Aron (l’arche), qui représente aussi le coeur de Dieu, deviendra pour lui “nora”, une arche “redoutable” ainsi qu’il est dit :

“Sache donc que c’est l’Eternel, ton Dieu, qui est Dieu. Ce Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde jusqu’à la millième génération envers ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements. Mais il use directement de représailles envers ceux qui le haïssent, et il les fait périr; il ne diffère point envers celui qui le hait, il use directement de représailles. 11 Ainsi, observe les commandements, les lois et les ordonnances que je te prescris aujourd’hui, et mets-les en pratique.” (Deutéronome 7:9-11)

Ainsi que le dit l’auteur de l’épître aux Hébreux : « C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. » (Hébreux 10:31)

Ce n’est pas sans raison que le pays d’Asdod expérimenta cet aspect “redoutable” de Dieu lorsque l’arche fut en séjour parmi eux. Très certainement, les habitants d’Asdod faisaient aussi un très mauvais usage de leur bouche :

« Les Philistins prirent l’arche de Dieu, et ils la transportèrent d’Eben-Ezer à Asdod […] La main de l’Eternel s’appesantit sur les Asdodiens, Et il mit la désolation parmi eux; il les frappa d’hémorroïdes à Asdod et dans son territoire. Voyant qu’il en était ainsi, les gens d’Asdod dirent : L’arche du Dieu d’Israël ne restera pas chez nous, car il appesantit sa main sur nous » (1 Samuel 5)

De ce passage de Samuel, nous pouvons aussi en déduire que ceux et celles qui se plaindraient régulièrement de douleurs physiques ou morales, devraient peut-être aussi réfléchir à l’utilisation qu’ils font de leur bouche et faire une bonne téchouva (repentance) à ce niveau là mais bien sûr, il ne faut surtout pas en faire une règle générale dans la mesure où nous pouvons évidemment subir des maux sans que cela soit forcément lié à une mauvaise utilisation de notre bouche. Cependant, veillons à cela, ce n’est pas sans raison que notre paracha parle de ces choses-là.

Quoiqu’il en soit, comme l’enseigne le Rabbi Yaacov Abe’hssera, nous avons l’obligation de bien « garder nos lèvres, dont dépendent la prière, un des pilliers du monde, et la Torah ». Il faut impérativement les préserver de toute souillure.

Rappelons quelques exemples d’une mauvaise utilisation de la bouche :

  • S’enorgueillir avec sa bouche, s’élever et s’attribuer des mérites
  • Parler de choses vaines et futiles déconnectées de la Torah
  • Dire des grossièretés
  • Pratiquer la médisance et la calomnie (Voir cet article majeur à ce sujet en cliquant ici).
  • Prononcer le nom de Dieu en vain
  • Juger son prochain selon les apparences
  • blesser son prochain par des paroles dures et méchantes
  • Humilier son prochain publiquement ou en privé
  • pratiquer le sarcasme et les railleries
  • Parler avec un coeur double
  • Tenir des propos dans un but intéressé, calculateur et manipulateur
  • Utiliser sa parole pour faire fauter son prochain et l’empêcher d’accomplir un commandement
  • Menacer son prochain, faire du chantage affectif ou matériel à son prochain

La liste est longue, ce ne sont ici que quelques exemples.

Les sages ont enseigné :

« C’est par le membre qui a fauté, que l’on se fera pardonner ».

Si tu as commis une multitude de pêchés, accomplis, en contrepartie, une multitude de bonnes actions […] la bouche qui a dit du mal, qu’elle dise la vérité et qu’elle s’ouvre avec sagesse, les yeux arrogants, qu’ils restent baissés, le cœur qui recense des pensées mauvaises, qu’il abrite des paroles de Torah. […] L’homme se souviendra de ses fautes et les avouera. Or la confession est un principe essentiel du pardon. S’il prend conscience du nombre de ses fautes, il se soumettra davantage.

[…]

Tous ses actes, toutes ses paroles, toutes ses pensées sont consignées dans un livre et Dieu appellera en jugement tout acte, toute chose cachée, bonnes ou mauvaises. […] Tout homme craignant Dieu doit donc ménager son temps pour l’employer au repentir.

[…]

Les méchants qui n’ont pas de part au monde futur et qui sont condamnés éternellement à la géhenne, sont uniquement ceux qui sont morts sans regretter leurs fautes passées ». (Or’hot Tsadikim).

Ainsi, celui qui faute par sa bouche, devra tout faire pour réparer par sa bouche. S’il a causé du tort à son prochain par sa bouche, qu’il utilise alors sa bouche pour réparer le mal, lui demander pardon et lui procurer du bien par quelques bonnes paroles empreintes d’une sincère repentance. S’il a utilisé sa bouche pour amener un conflit et toutes sortes d’actions mauvaises, qu’il utilise sa bouche pour amener la paix et susciter toute sorte d’oeuvres de paix, s’il a utilisé sa bouche pour faire fauter son prochain et l’amener à transgresser la Torah, qu’il utilise désormais sa bouche pour l’aider à accomplir la Torah et les mitsvot (commandements), etc, etc.

En définitive, le début du chapitre 10 du livre des Nombres rapporte l’importance de garder sa bouche et la fin de ce chapitre nous rappelle encore l’importance de garder sa bouche et alors, nous comprenons que si nous ne veillons pas attentivement à l’utilisation que l’on fait de notre bouche, toute notre Torah (symbolisée par l’arche) ne nous sera d’aucune utilité, pire encore :

La Torah se retournera contre nous et nous plongera dans l’exil spirituel, car, d’amis de Dieu, si nous ne nous repentons pas, nous passerons au statut d’ennemis d’HaShem comme il est dit : « que tes ennemis soient dispersés ! que ceux qui te haïssent fuient devant ta face ! »

Mais si une profonde et sincère repentance a lieu avec des actions et des paroles concrètes et imprégnées de sincères regrets, alors l’Eternel usera certainement de bonté et de miséricorde : « Reviens, Eternel, aux myriades des milliers d’Israël ! »

Que le Dieu de paix et de toute justice nous accorde Sa grâce, et augmente Sa bonté en faveur de tous Ses enfants, et qu’Il donne à am Israël de Lui rester fidèle, ferme dans la émouna (foi). A tous ceux et celles qui sont loin de Sa face, le coeur endurci par le péché, la souffrance, la haine et la rébellion, qu’HaShem, s’il est possible, leur accorde de revenir à Lui par une profonde et sincère repentance dans le shalom et pour le shalom, au nom du précieux Messie Yéshoua, sauveur et rédempteur du monde entier ! Amen vé amen !

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8 Commentaires

  1. Yannick

    Soyons donc des “Aronim” plutot que des “Noranim” si je puis dire !!

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  2. Annie

    Merci Thomas pour ce bel enseignement … j’apprends beaucoup de choses par tes messages hebdomadaires … que HaShem, dans Sa grande miséricorde, nous aide chaque jour à faire toute Sa volonté et nous garde de toute parole mauvaise !
    Sois béni, Thomas, par Yéshoua, notre merveilleux Sauveur !

    Réponse
  3. Olivier

    Shabbat Shalom à vous tous !

    A nouveau merci Thomas pour cette belle instruction.

    Olivier

    Réponse
  4. Pascaline

    Amen vé amen ! et merci frère Thomas pour cette édification. Je prie HaShem et au nom de notre bien aimé Yéshoua que par la puissance glorieuse de son Roua (Saint Esprit) qui demeure en chacun d’entre nous de renouveler nos pensées qui produiront et délivreront des paroles de Louange, d’Adoration et de bénédictions célestes pour les uns et les autres. Soyez tous sanctifiés !

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  5. issia

    amen,gloire a Elohim,et a son fils Yeshoua ha mashiah notre sauveur.
    merci beaucoup pour cette enseignement agréable.soyez bénie.

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  6. Francoise

    Shalom, que Hashem préserve notre bouche de ces paroles qui ne nous font que nuire spirituellement, et nous accorde sa sagesse.

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  7. Bernardini Marie-Rose

    Merci pour ce rappel qui me fait du bien.Que l’Amour et la pratique de la vérité grandissent en nous.Sois béni Thomas.

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  8. Richard

    Merci pour ce riche message. Shalom à vous et prions les un pour les autres. Au nom du Messie Yéshoua. Amen vé amen

    Réponse

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