Comment discerner les Balaam modernes et s’en préserver ?

Paracha Balak – Nombres 22:2 à 25:9

Chers lecteurs, nous voici arrivés à la Paracha Balak, et là encore, nous sommes devant une montagne de délices spirituelles et de saintes réflexions qui aident tout homme à se purifier et à cheminer sur les sentiers qui mènent à la vie éternelle.

Nous allons faire ensemble un focus sur quelques caractéristiques morales et spirituelles du personnage de Balaam (Bil’am en hébreu) en priant que l’Éternel puisse nous aider à détecter et à discerner tous les Balaam modernes qui seraient sur notre chemin.

Cette étude nous sera aussi et surtout utile pour procéder à une bonne introspection, car c’est ici un des buts principaux de nos études de la Torah :

ne pas se focaliser sur les fautes et les défauts d’autrui ainsi que le veut la tendance naturelle et charnelle de l’homme, mais au contraire rentrer en nous-mêmes, s’examiner et détecter tout ce qui pourrait y avoir de “Balaam” dans notre propre cœur afin de le confesser devant le Roi de gloire et de Lui demander Son aide Céleste pour extirper de notre cœur toute mauvaise disposition « Bilaamique » comme il est dit :

« Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas caché mon iniquité; J’ai dit : J’avouerai mes transgressions à l’Éternel ! Et tu as effacé la peine de mon péché. » (Psaumes 32:5)

Car « Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, Mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. » (Proverbes 28:13)

Bil’am (Balaam) est un personnage tout à fait paradoxal, particulier et atypique.

Le récit biblique dépeint un personnage très étrange, mais également, nous observons un comportement étrange de la part de Dieu vis-à-vis de Bil’am.

En effet, n’est-il pas dit dans le Psaume 18 :

« Avec celui qui est bon tu te montres bon, Avec l’homme droit tu agis selon la droiture, Avec celui qui est pur tu te montres pur, Et avec le pervers tu agis selon sa perversité. ».

Cette dernière partie pourrait très bien convenir à Balaam :

« Avec l’étrange et le pervers, tu agis de manière étrange, selon sa perversité ! »

Comme le dit le Rav Haïm Chmoulevitch :

« Bil’am est le modèle de l’homme au sein duquel règnent des tendances diamétralement opposées, du fait qu’il utilise simultanément son réservoir de lumière et son réservoir d’obscurité, ce qui aboutit à des attitudes contradictoires. »

En effet, il est capable, d’un côté, de proclamer les plus grandes et belles prophéties sur Israël et le Mashia’h et n’en doutons pas, de donner également de magnifiques enseignements.

Dans notre Paracha, en Nombres 24 :16, il est dit au sujet de Balaam qu’il est

« celui qui entend le verbe divin et connaît le secret du Très-Haut qui perçoit la vision du Tout-Puissant ».

D’un autre côté, il est capable de commettre les pires abominations et d’adopter un comportement de véritable impie.

Balaam est très proche du lunatique par son caractère tellement versatile.

Il a été capable de donner les pires idées à Balak afin d’exterminer Israël.

Ce n’est pas sans raison que Pierre, dans la B’rit Hadasha, fait référence à Balaam lorsqu’il parle d’une certaine catégorie de croyants ayant quitté le chemin de la foi :

« Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l’iniquité, 16, mais qui fut repris pour sa transgression : une ânesse muette, faisant entendre une voix d’homme, arrêta la démence du prophète. » (2 Pierre 2 :15-16)

Le Messie Yeshoua Lui-même ne dit-Il pas à l’une de Ses assemblées qui croient en Son nom, l’assemblée de Pergame :

« Mais j’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrassent à l’impudicité. » (Apocalypse 2 :14)

Oh oui, encore aujourd’hui, les “Balaam” sont nombreux à vouloir faire tomber Israël par toute sorte de pièges, de ruses et de fausses doctrines ! Que Dieu nous en préserve et protège Son peuple !

Les Maximes des Pères nous expliquent la chose suivante au sujet de Balaam :

« L’œil bienveillant, la modestie et la modération caractérisent les élèves d’Abraham. L’œil malveillant, l’orgueil et la volupté (recherches des plaisirs insatiables) caractérisent les élèves de Bil’am l’impie. » (Traité Avot 5.19)

Le Rabi Haïm Chmoulevitch, dans son livre Si’hot Moussar, explique :

« L’œil malveillant, c’est envier son prochain, ne pas supporter la réussite et le bonheur d’autrui, et vouloir ramener tous les honneurs à soi-même.

L’esprit hautain, c’est l’orgueil et l’entêtement dans ses préjugés aussi durs que le cèdre. La volupté : c’est la recherche des plaisirs insatiables. »

Balaam cumulait donc ces 3 terribles traits de caractère.

La Torah nous défend de nous mêler avec de telles personnes et nous enjoins à les fuir, surtout si elles occupent des positions d’enseignant ou de dirigeant spirituel.

En effet, nous le savons, la sagesse de la Torah nous enseigne que les mauvais traits de caractère d’un maître et d’un enseignant viennent se déposer et s’imprimer dans le cœur de ses disciples.

C’est ce que dit Le Rabi Haïm Chmoulevitch sur la Paracha Balaam de cette semaine :

« En même temps que les enseignements de Torah, un maître transmet ses propres traits de caractère. »

Posons-nous la question : comment est-ce possible qu’une personne si grande spirituellement que Balaam puisse être en même temps à ce point un impie ?

Effectivement, nous l’avons vu, Balaam était doté d’un niveau de prophétie extraordinaire et rare, alors comment expliquer une telle impiété de sa part ? Comment Dieu peut-il permettre cela ? Comment peut-il accorder de si extraordinaires révélations prophétiques à un tel méchant ?

Renforçons la question : Paul, dans la Nouvelle Alliance ne dit-il pas : « qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? » (2 Corinthiens 6 :14) Et Jean, ne dit-il pas aussi que la lumière ne peut cohabiter avec les ténèbres et que les ténèbres se dissipent face à la lumière véritable ? (1 Jean 1 : 5, 1 Jean 2 : 8)

Comment est-ce possible d’être à ce point impie tout en ayant une si grande connexion et communication avec le Dieu tout puissant, au point que Dieu Lui-même vient parler à Balaam et lui dévoiler des merveilles sur Israël et Le Messie ?!

N’est-il pas dit de Dieu par la bouche du prophète Habakuk :

« Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, Et tu ne peux pas regarder l’iniquité. Pourquoi regarderais-tu les perfides, et te tairais-tu, Quand le méchant dévore celui qui est plus juste que lui ? » (Habakuk 1 : 12)

Certainement, il s’agit là d’un sujet d’étude passionnant que l’on va ici aborder sans toutefois en faire le tour tant il y aurait à dire.

Regardons de plus près une des nombreuses pistes de réflexion mises à notre disposition.

Selon la Torah et les commentaires des sages, une caractéristique majeure de Balaam est la suivante : toute sa connaissance n’était qu’intellectuelle et n’est jamais descendue dans son cœur empli d’orgueil et de volupté !

Sa connaissance précieuse et ses dons spirituels lui permettaient d’accéder à un haut niveau de prophétie et de perception spirituelle au point qu’en dépit de son cœur tortueux et impie, Dieu lui parlait.

Rav Moshé Kaufman du site Torah Box nous rappelle que chez certains hommes, « il y a plus de distance entre la tête et le cœur qu’entre le ciel et la terre »

et le Rav Moshé Kaufman cite Aristote dans lequel nous retrouvons ce que l’on pourrait appeler le “paradoxe de Balaam” :

Aristote, lui qui enseignait des choses d’une grande hauteur intellectuelle, lorsqu’il fut surpris en pleine homosexualité, il aurait répondu : “On n’a pas besoin d’être un triangle pour enseigner la trigonométrie” !

Un Balaam moderne pourrait facilement dire en conformité avec Aristote :

“Nul besoin d’être un juste ou un sage pour enseigner la Torah, prophétiser, faire des miracles au nom de Yéshoua (Jésus), chasser des démons, etc”.

C’est bien là ce que nous transmettent le Messie Yéshoua et le rabbin Paul, lorsqu’ils nous avertissent que toute la connaissance des secrets et les plus grands pouvoirs ne sont d’aucune utilité si les bons traits de caractère ne sont pas présents dans notre cœur !

Yeshoua le résume magnifiquement en ces termes, lorsqu’Il s’adressait aux Balaam de son temps :

« Vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance.

Pharisien aveugle ! Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net. » (Matthieu 23 :25)

Petite note pour ceux qui pensent encore que les pharisiens de l’Évangile seraient représentatifs du peuple juif, ce qui est un grave mensonge :

les vrais sages d’Israël, à l’époque même de Yéshoua, luttaient également contre les pharisiens et les sadducéens.

De plus, tous les pharisiens n’étaient pas des impies, mais seulement certains groupes.

D’ailleurs, Paul, longtemps après avoir reçu la puissante révélation du Messie et après sa téchouva (repentance) n’avait pas honte de continuer à se qualifier lui-même de pharisien comme il est dit :

« Je suis pharisien, fils de pharisiens; » (Actes 23:6)

Sur ce verset le théologien David H. Stern explique :

« Bien qu’il était converti au Messie Yéshoua depuis plus de 20 ans, Sha’oul (Paul) se considérait toujours comme un pharisien.

À la lumière de ces faits, on ne peut pas dire, comme on l’entend souvent, que « Pharisien » = « légaliste » ou « hypocrite ».

Nous en parlerons plus en détail à l’avenir si Dieu le permet.

Chez Balaam, cette tragique déconnexion entre sa tête et son cœur provient notamment de l’orgueil et de la recherche secrète des honneurs, en plus de son goût du lucre et des passions de la chair.

Il n’effectuait aucun travail pour lutter contre ces mauvaises inclinations présentes dans son coeur.

La Torah nous le montre clairement lorsqu’on analyse de plus près les versets.

Regardons attentivement le contexte et les versets mis en rouge :

« Les anciens de Moab et les anciens de Madian partirent, ayant avec eux des présents pour le devin. Ils arrivèrent auprès de Balaam, et lui rapportèrent les paroles de Balak. Balaam leur dit : Passez ici la nuit, et je vous donnerai réponse, d’après ce que l’Éternel me dira. Et les chefs de Moab restèrent chez Balaam. Dieu vint à Balaam, et dit : Qui sont ces hommes que tu as chez toi ? Balaam répondit à Dieu : Balak, fils de Tsippor, roi de Moab, les a envoyés pour me dire: Voici, un peuple est sorti d’Egypte, et il couvre la surface de la terre; viens donc, maudis-le; peut-être ainsi pourrai-je le combattre, et le chasserai-je.

Dieu dit à Balaam : Tu n’iras point avec eux; tu ne maudiras point ce peuple, car il est béni. Balaam se leva le matin, et il dit aux chefs de Balak : Allez dans votre pays, car l’Éternel refuse de me laisser aller avec vous. Et les princes de Moab se levèrent, retournèrent auprès de Balak, et dirent : Balaam a refusé de venir avec nous. » (Nombres 22)

Les commentateurs nous font remarquer que Balaam ne retient pas la deuxième partie de l’ordre de l’Éternel, et choisit de se focaliser uniquement sur son propre honneur :

Dieu dit effectivement à Balaam 2 choses : « Tu n’iras point avec eux; tu ne maudiras point ce peuple, car il est béni. »

Or,  la suite nous montre que Balaam ne parle uniquement que de ce qui le concerne lui, tout en oubliant la deuxième partie de l’ordre de l’Éternel (car cela ne parle pas de lui, mais du bien d’Israël) et ainsi, il répond :

« Allez dans votre pays, car l’Éternel refuse de me laisser aller avec vous. »

Sur la partie du verset « l’Éternel refuse de me laisser aller avec vous. », Rachi explique :

« Si ce n’est avec des dignitaires plus haut placés que vous.

Cela nous apprend qu’il était pétri d’orgueil et qu’il ne voulait pas dévoiler sa dépendance par rapport à Hachem, sinon de manière arrogante.

C’est pourquoi : « Balak continua encore… » (verset 15) »

En réalité, plusieurs commentateurs nous font remarquer une chose intéressante qui devrait nous pousser à la réflexion :

Bil’am a commis une erreur d’interprétation par orgueil !

L’orgueil trouble et entache le discernement :

Il a cru que Dieu lui ordonnait de ne pas aller vers Balak parce que les messagers n’étaient pas assez honorables pour lui.

C’est pour cela qu’il ne retient que la première partie de l’ordre donné par l’Éternel :

à cause de son orgueil et de sa poursuite des honneurs, il s’est imaginé que le peu de dignité des premiers messagers était la raison pour laquelle Dieu ne désirait pas qu’il parte !

Voyez comment l’orgueil pervertit le message de Dieu !

Au fond, ce qu’il y a de terrible lorsque l’orgueil enveloppe le cœur d’un homme, c’est que l’homme entend ce qu’il a envie d’entendre et reste persuadé d’être dans son bon droit et comme on le voit ici, l’homme orgueilleux interprète la parole de façon perverse : il tord les Écritures.

Nul n’étant protégé de l’orgueil, nous comprenons toujours mieux l’importance de se sonder quotidiennement et de recevoir l’avis de plusieurs personnes lorsque nous sommes confrontés à certaines décisions, situations ou choix problématiques.

C’est pourquoi Dieu nous a donné Sa Parole.

L’étude assidue de la Torah permet de jeter la pure lumière de la vérité dans nos cœurs pour y éclairer les zones tortueuses, nous analyser, voir les zones sombres et travailler à corriger nos traits de caractère, nos errements, nos erreurs et surtout notre orgueil.

Regardons maintenant le comportement de notre seul vrai modèle : Dieu !

Malgré l’impiété de Bil’am, HaShem, dans Sa bonté, a désiré limiter au maximum la dégringolade de cet homme impie comme le dit l’expression :

“Ne donne pas un coup de pied à une pierre après sa chute”.

Là-dessus, le Rav Chmoulevitch rajoute : “si tu le peux, fais en sorte que l’impie ne rajoute pas de faute à ses péchés.”

Et c’est pour cela que Dieu, après avoir envoyé un ange pour stopper Bil’am, a été jusqu’à faire parler son ânesse pour l’épargner et limiter la casse.

Là encore, nous avons un exemple du cœur de Dieu, de Sa façon d’agir, que nous devons absolument suivre comme il est dit :

“Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.” (Matthieu 5: 48)

Le moment semble propice pour partager une pépite au sujet du commandement lié à la zoophilie qui nous apprend à quel point HaShem respecte ses créatures, allant même jusqu’à se soucier, dans une certaine mesure, de l’honneur des impies.

Regardons Lévitique 20 : 15 : « Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort; et vous tuerez la bête. »

Question : pourquoi la bête doit-elle aussi mourir ? N’est-elle pas victime de la perversion de l’homme ? Et en plus elle devrait mourir ?

Avant de répondre, regardons le commentaire de Rachi sur un verset de notre Paracha, qui nous apprend le décès de l’ânesse de Balaam.

L’ange s’exprime ainsi :

« Cette ânesse m’a vu, et elle s’est écartée à mon aspect, trois fois; si elle ne s’était écartée de devant moi, assurément je t’aurais fait mourir, tandis que je l’aurais laissée vivre. » (Nombres 22 : 33)

Rachi sur le verset « je l’aurais laissée vivre » commente :

« Et maintenant, dès lors qu’elle a parlé et t’a réprimandé et que tu n’as pas pu la réfuter – comme il est écrit : “Il dit : non ! ” (verset 30) – je l’ai fait mourir, afin que l’on ne dise pas : “Voici celle qui a réduit Bil‘am au silence par ses réprimandes et à laquelle il n’a su que répondre !” Car Hachem ménage la dignité des créatures humaines, comme dans : “et vous tuerez l’animal” (Lévitique 20:15), ou dans : “tu tueras la femme et l’animal” (Lévitique 20:16) (Midrach Tan‘houma)

Nous apprenons ici à quel point HaShem notre modèle se soucie de respecter l’honneur de tout homme comme le dit le traité Sanhédrin 54a au sujet de la mort d’un animal qui a été utilisé pour un acte de zoophilie :

l’animal est aussi tué afin que « lorsque l’animal passerait dans la rue, les gens ne puissent pas dire : “voici l’animal pour lequel untel a été lapidé !” »

Dieu se soucie tant de Ses créatures que même après la mort d’un impie il fait tout pour que l’on ne porte pas atteinte à son honneur, c’est-à-dire “que l’on ne frappe pas une pierre qui est déjà déjà tombée…”

Le Rav Chmoulevitch rajoute :

« Si déjà HaShem se soucie de respecter l’honneur des impies, à combien plus forte raison celui de tout homme et en particulier celui des justes ! » (midrach Vaykra rabba 22,14)

Magnifique leçon de morale donnée par le Créateur afin que nous l’imitions.

Nous avons donc bien compris que la chute de Balaam est principalement due à son orgueil et à son désir d’être honoré, des traits de caractère qui, si on ne fournit pas un vrai travail pour s’en défaire, mènent à une déconnexion totale entre la tête et le cœur.

Cet esprit de Bil’am conduit également automatiquement le croyant à tordre les Écritures et la Parole de Dieu afin de légitimer son mal, ses idées préconçues et entendre ce qu’il veut entendre.

Nous avons aussi vu le comportement merveilleux d’HaShem qui se soucie de respecter tout homme, même des impies !

Ces quelques réflexions sont riches et merveilleuses en soient, et nous donnent déjà de quoi méditer, s’analyser et réformer ses voies pour le meilleur.

Mais alors, que faire pour détruire toute trace de Balaam en nous ? Et bien pour conclure cette petite étude passionnante, regardons une solution connue proposée par la sagesse authentique.

Il est dit dans les Maximes des Pères :

« Sans farine pas de Torah et sans Torah pas de farine ».

Étrange précepte ou sagesse profonde ? Voici ce qui est dit à ce sujet :

« En vérité, ce précepte du sage se rapporte à l’art et à la manière d’étudier la Torah.

La farine ne pousse pas, mais est préparée artificiellement.

Deux procédés sont nécessaires lors de la préparation de la farine : d’abord le blé doit être écrasé puis le son séparé de la farine.

Les mêmes procédés sont exigés pour l’étude. Quand l’élève absorbe la matière à étudier telle quelle, il charge seulement sa mémoire, tandis que la véritable science en elle-même lui reste étrangère [déconnexion cœur et cerveau].

Il lui faut pour ainsi dire écraser avec les meules de son cerveau la matière présentée, la morceler et la rendre si fine jusqu’à faire des durs grains une douce farine.

Par des questions qu’il soulève, des contradictions qu’il croit découvrir, il lui faut travailler la matière absorbée.

En même temps, il faut aussi qu’il sache distinguer l’essentiel de ce qui n’est pas important. […] Comme du blé on tire la farine en l’écrasant et en le purifiant, il faut triturer la matière donnée grâce au travail de notre esprit. […]

Quand il n’y a pas de matière enseignée, on ne peut pas non plus l’écraser et la trier. Quand on n’a pas de blé, on ne peut pas faire de farine ! » (Pirké Avot, michna 17, chapitre 3)

Ainsi, sans enseignements solides de Torah (Blé) il n’y a aucune possibilité pour l’homme de travailler son coeur (farine obtenue en utilisant les meules de son cerveau). Et sans ce travail essentiel pour obtenir de la farine, la Torah ne nous sert de rien, elle est inutile (pas de blé).

Et c’est là le vrai problème de Balaam : il utilisait les meules de son cerveau non pour écraser le bon grain de la Torah et améliorer son cœur, mais pour écraser un autre type de grain, le grain de ses pensées perverses et orgueilleuses et ainsi, il préparait un autre type de farine : celle de l’impiété.

Certes, toute sa connaissance en Torah lui donnait accès à des compréhensions et des perceptions spirituelles profondes, mais toute cette connaissance ne lui était d’aucune utilité pour faire fondre son orgueil et améliorer ses traits de caractère : il n’a fait qu’accumuler de la connaissance, sans la transformer en farine et cela a contribué à augmenter son orgueil au lieu de le diminuer.

La fin tragique de Bil’am, tué par l’épée, et la perte de son monde futur, sont les fruits amers du chemin qu’il a choisi de prendre malgré les avertissements lancés par Dieu à diverses reprises;

C’est ici ce que Paul enseigne : « La connaissance enfle » (1 Corinthien 8 :1).

C’est pourquoi il ne faut malheureusement pas s’étonner de voir de grands ou des petits érudits pétris de connaissance en Torah, s’éloigner malgré tout des voies droites de l’Éternel, devenir amers, insolents et orgueilleux, tordre de nombreux textes, se servir de la Torah comme d’un outil pour appuyer leurs thèses perverses, jusqu’à parfois tomber dans le reniement de l’oeuvre de rédemption du Messie Yéshoua (Jésus) et des principes fondamentaux de la foi tels que La Providence Divine.

En conclusion, laissons la parole au Rav Kaufman qui dit des choses simples et merveilleuses en rapportant quelques paroles du Rav Haim de Volozhin :

« Depuis la faute, il n’y a pas un endroit ou un point de la création dans lequel il n’y a pas le bien et le mal mélangé.

Notre travail est de faire le tri grâce à la Torah ! »

Si pour les impies, le monde matériel est un moyen pour se vautrer dans la cupidité, les honneurs, les vanités de ce monde, les théories de ce monde, l’orgueil de la vie et la volupté, pour l’enfant de Dieu, le monde matériel n’est qu’un moyen de s’élever !

Et le Rav Kaufman conclut :

« Que cette connaissance de la Torah [que nous amassons régulièrement tel du blé] ait un support, un écrin qui soit le comportement et la sacralisation de la vie et on arrivera à la plénitude [grâce au travail de la matière absorbée, afin d’en faire de la farine, propre pour tout type de bon plat cuisiné et de mets délicieux pour nos âmes]. » Amen !

Que l’Éternel Dieu, le Fort d’Israël, par les mérites infinis du Messie Yéshoua, nous aide à éliminer tout ce qu’il y a de Balaam en nous et dans notre entourage et aussi, qu’il nous donne la force et le courage pour transformer tout ce qu’il nous donne d’apprendre dans Sa grâce, en une farine pure et spirituelle, utile pour rassasier le cœur et établir cette connexion entre le ciel et la terre, la tête et le cœur !

Amen vé amen !

Une étude et un partage réalisés par la seule grâce infinie d’HaShem (Dieu) et avec la précieuse aide des rabbanim d’aujourd’hui et des sages d’Israël d’autrefois.

Note importante relative aux articles et vidéos faisant intervenir à la fois des juifs, des rabbins, des chrétiens et des pasteurs :

Plusieurs sont étonnés et parfois même choqués de voir côte à côte, dans une même vidéo des rabbins et des pasteurs n'ayant pas toujours les mêmes convictions religieuses.

Il convient alors de préciser qu'en dehors des citations ou autres extraits de sources externes repris dans les études, nous ne cautionnons pas forcément tous les propos et les enseignements des personnes ou des références et autres sites web cités : chaque homme est faillible, nul ne possède toute la vérité, chacun doit donc être attentif et ne retenir que ce qui lui semble bon et en accord avec les voies de Dieu et la bonne nouvelle du Messie Yéshoua : « examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (1 Thessalonicien 5:21).

Sur ce site web, nous usons donc de notre « liberté en Yéshoua » (Galates 2:4) pour citer et utiliser, lorsque cela s’avère nécessaire et utile pour nous faire grandir dans la compréhension du plan divin et de la volonté de Dieu, le travail d’hommes ou de femmes parfois rattachés à d’autres confessions, mais que nous publions tout de même en raison de la qualité de leur contribution dans des domaines particuliers, bien que nous ne les rejoignons pas forcément dans toute leur doctrine.

En outre, cela nous invite à nous exercer à vivre cette maxime des sages :

« Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme […] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot).

Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

Pour de plus amples informations, voir la déclaration de foi

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Écoutes-tu la Torah ou idolâtres-tu un homme ? – Paracha Haazinou – Deutéronome 32

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10 Commentaires

  1. Christine

    Merci à notre Bon Père Céleste qui nous aime de son Amour infini et ne veut pas que nous nous perdions dans nos voies d’orgueil et nous ramène sans cesse à la vie en Yeshua le Mashiah! Je commence à comprendre pourquoi de mon coeur coulent “l’eau douce et l’eau amère “me désespérant d’être libre un jour..Merci pour ce partage qui fait jaillir la vie!

    Réponse
  2. Gérard Christian

    Merci Thomas, pour ce conseil
    Je vais surveiller attentivement cette relation cerveau-coeur dans mes activités quotidienne.
    Ce ne sera certainement pas facile de la réaliser de façon instinctive

    Réponse
  3. Marie

    Merci cher frère !Quelle pépite ! Mon Seigneur sonde moi, sonde mon coeur, sépare le vil du précieux, achève ton oeuve en nous.

    Réponse
  4. Annie

    Une très bonne nourriture à méditer … merci Thomas !
    Shabbat Shalom …. Que D.ieu te garde et te bénisse !

    Réponse
  5. Pierre

    Merci pour l’étude, Dieu vous bénisse abondamment.

    Réponse
  6. MIREILLE

    merci Thomas pour cet enseignement, tellement important pour les temps que nous vivons. Restons ancrés dans la Thora pour discerner les Balaams modernes. UN seul connait les coeurs et les sonde.
    Super pour You tube Thomas !
    Shabbat Shalom les deux frères

    Réponse
  7. Elie Samuel

    Shabbat Shalom frère Thomas pour cette merveilleuse et précieuse richesse que tu donne à mon coeur. Ses saintes paroles entendus donneront une santé à mon esprit et mon âme.

    Réponse
  8. Bernardini Marie-Rose

    Bonjour Thomas. Je suis veuve et je vis seule. Cette semaine j’ai fait une expérience extraordinaire avec lepain. Je bénissai Dieu pour mon repas pour le pain, j’énumerrai tout le processus,le grain qui tombe en terre qui germe, qui meurt qui donne une plante puis un épis( je suis fille d’agriculteurs) des grains de blés qui sont moulus, la farine etc… et je machais ce pain dans ma bouche et au lieu de l’avaler goulument comme d’habitude je le savourais de plus en plus et il devenait de plus en plus gouteux et agréable à manger. Le Saint Esprit m’a fait penser à Jésus qui dit je suis le pain de vie, celui qui ma mange aura la vie éternelle. j’ai compris à ce moment là que je devais lire sa parole doucement, y réfléchir dessus , la méditer la faire mienne et la vie du ressuscité va grandir en moi. Merci Ha Shem. Merci Thomas, ton étude conforte et élargit ce que j’avais compris. Dieu soit loué. bonne semaine . Je te bénis au nom dr l’Eternel qi a fait la terre et les cieux. Marie-Rose.

    Réponse
    • Marie

      Merci pour ce partage, cela me parle beaucoup.

      Réponse
  9. Francoise

    Shabbat shalom
    Merci Thomas pour cet enseignement enrichissant. Ma prière et mon désir est: que Hashem nous aide à nous débarrassé de ce balaam, car avec ça on ne voit pas loin, ni visé devant. Il y a plu de 3ans Hashem m’a révélé le passage d apocalypse 2 dans le rêve, comme pour la première fois j’avais eu peur et j’appelais une dame pour lui dire que j’ai offensé Hashem et il m’a révélé un passage biblique. J’ai donné le passage à la dame et elle a lu et m’a appelée au tel avec des rires, et m’as dit qu’il n’a rien de grave que c’est que Hashem m’aime et veut me protéger de quelque chose. Étant déjà prise par la peur, malgré la lecture répété de ce passage, je n’arrivais pas a crypter le message, et chaque je relis des mois sur des mois après, quand je me suis rendu compte que le mari avec qui je vis avait une chambre de fétiches qu’il adorait et fesait des sacrifices pour ça et dont je suis la seule à ne pas être au courant. Même mes enfants étaient au courant et leur a interdit de m’en parler en leur mentant que c’est son papa défunt et maman défunte qu’il a mis dans la chambre pour sa sécurité parce-que les sorciers veulent le tuer. Et c’est après que lui même c’est vendu ne sachant pas que je suis déjà de retour du boulot, il avait déjà ces choses bizares. Heureusement que par le passage biblique que j’ai reçu en songe, il est interdit de manger des objets sacrifiés, et j’ai mis mes enfants en gardent contre ça, mais ils les forçait à manger sauf moi seule dans la maison. Aujourd’hui par cet enseignement, je vois que Hashem m’a sauvee et mas avertie par ce passage, et je l’implore aussi pour mes enfants avec tout ce qu’on leur a déjà donner.

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