Les fiançailles et le mariage de Yossef et Myriam, les parents de Yéshoua

par | Jan 19, 2022 | 5 commentaires

 

Question

 

« Est-ce que Marie, mère du Seigneur Jésus, s’était mariée avec Joseph, et si oui, quel est le passage qui en parle ?

 

Axel. « 

 

Réponse

 

Shalom Axel,

Merci pour votre question ! C’est avec grande joie que nous y répondons. Votre question nous permet d’aborder le sujet du mariage dans le contexte juif de l’époque. Nous verrons principalement que l’union entre un homme et une femme était célébrée en deux temps, appelés Kiddouchine et Nissouine.

Qu’impliquait ce mariage en deux mouvements ? Quelles étaient leurs caractéristiques ? Est-ce que Myriam (Marie) et Yossef (Joseph), les parents de Notre Messie Yéshoua (Jésus), sont-ils passés par là ?

 

Pour commencer, regardons les passages de la B’rit ‘Hadasha (Alliance Renouvelée ou « Nouveau Testament ») qui précisent que Myriam (Marie) était fiancée à Yossef (Joseph) :

 

« Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par D.ieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Yossef. Le nom de la vierge était Myriam. » (Luc 1 :26-27)

« Voici de quelle manière arriva la naissance de Yéshoua HaMashia’h. Myriam, sa mère, ayant été fiancée à Yossef, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. » (Matthieu 1 :18)

 

1. Les Kiddouchine

 

Dans ces deux passages, il est dit que Myriam était « fiancée » à Yossef. Que signifie ce terme dans le contexte juif du Second Temple ? Le terme hébreu pour traduire « fiançailles » est « ‘Erousine » / « engagement » ou bien encore « Kiddouchine » / « consécration ».

Le mot « Kiddouchine » provient d’une racine qui signifie « sanctification, séparation ». En effet, durant cette étape, la future épouse se mettait à part pour son fiancé, elle lui était promise, consacrée et devenait interdite au reste du monde. D’ailleurs, s’il y avait un adultère durant cette période de fiançailles, une lettre de divorce (un « guet ») devait être promulguée. 

De son côté, le fiancé offrait à sa dulcinée un objet de valeur (ex. un anneau, une bague, de l’argent) appelé « chave prouta » dans le but de la marier et prononçait la phrase suivante : « Are At Mekoudeshet Li Betabaat Zo Kedat Moshe Veisraël » (Tu m’es sanctifiée par cette bague selon la Loi de Moshé (Moïse) et Israël).

 

Les Kiddouchine constituent donc une promesse de mariage. La fiancée est donc la femme que le fiancé aura sanctifiée, celle qui lui est réservée, consacrée en tant que future épouse.

 

Durant cette étape qui pouvait durer plusieurs mois, voire un an, les fiancés n’habitaient pas sous le même toit et toute relation intime était bien entendu défendue. Pendant cette attente, on procédait aux préparatifs du mariage. 

 

C’est durant cette étape de « Kiddouchine » que Myriam apprit l’heureuse nouvelle de sa grossesse (Luc 1 :26-27). Elle était déjà liée à Yossef, elle lui était promise, mais tous deux n’avaient pas encore célébré l’étape suivante, appelée les Nissouine, qui consiste, comme nous le verrons ci-dessous, à commencer une vie commune de jeunes mariés.

En effet, Matthieu écrit que Myriam se trouva enceinte avant qu’elle eut habité avec Yossef : « Voici de quelle manière arriva la naissance de Yéshoua HaMashia’h. Myriam, sa mère, ayant été fiancée à Yossef, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. » (Matthieu 1 :18)

 

Cette petite précision nous révèle que Myriam et Yossef étaient, au moment de l’annonce de la grossesse, à l’étape des Kiddouchine. Myriam était promise à Yossef, mais ils ne vivaient pas encore ensemble, car leur mariage (Nissouine) n’avait pas encore été célébré.

Notons également qu’à cette étape, l’homme et la femme sont néanmoins considérés comme appartenant l’un à l’autre et sont parfois mêmes appelés « maris et femmes » alors que la célébration du mariage n’a pas encore eu lieu. Nous voyons cette subtilité dans le texte de Matthieu chapitre 1 versets 18 et 19 lorsqu’il dit :

« Voici de quelle manière arriva la naissance de Yéchoua HaMachia’h. Myriam, sa mère, ayant été fiancée à Yossef, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble (Kiddouchine = fiançailles).

19 Yossef, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. (Ici, Yossef est déjà appelé « époux », car comme nous le venons de le dire, les étapes de Kiddouchine (fiançailles) faisaient déjà de l’homme et la femme des époux. Mais il manquait encore une étape cruciale pour compléter cette union, celle des nissouines (que nous allons voir à présent).

 

2. Les Nissouine 

 

Les Nissouine (le mariage) constitue la deuxième étape, marquée notamment par une cérémonie durant laquelle les jeunes mariés passent sous la ‘Houppa (dais nuptial), reçoivent les sept bénédictions (Chéva Bra’hot) et signent la Kétouba (contrat de mariage). Les festivités duraient en général une semaine. C’est alors que la mariée rejoignait la maison de son époux. Au moment des Nissouine, le mariage pouvait être consommé. 

De nos jours, afin d’éliminer la possibilité d’avoir des relations intimes avant le mariage et aussi à cause de l’exil qui a porté atteinte à la stabilité de la vie juive, ce temps d’attente entre les Kiddouchine et Nissouine a été supprimé et les deux étapes sont réunies en une seule et même cérémonie. 

 

Pour revenir à l’Évangile de Matthieu, ce dernier nous révèle que Yossef, à l’annonce de la grossesse de Myriam, hésita à célébrer l’étape solennelle des Nissouine : 

« Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Yossef, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Myriam, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit; » (Matthieu 1 :20)

 

Grâce à cette intervention, Yossef comprit que cela était la volonté divine et décida d’épouser sa fiancée. Ainsi, les parents de Notre Messie sont allés jusqu’au bout des étapes qui concluent le mariage juif (les Nissouine).

 

Nous espérons que ces quelques explications auront su répondre à votre question initiale et qu’elles nous encouragent toujours plus à considérer le contexte juif de l’époque à laquelle vivaient Notre Messie Yéshoua et toutes les personnes qui l’entouraient. 

 

À très bientôt pour de nouveaux partages ! 

 

Sim’ha

 

Sources utilisées pour cette étude :

 

  1. Rivon Krygier, « Les étapes d’un mariage juif », site Massorti. com

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5 Commentaires

  1. GINETTE

    Les conditions de naissance de Jésus, étaient forcément « suspectes » aux yeux de sa génération, ce qui n’a pas manqué d’ alimenter les soupçons et les accusations et l’incrédulité envers ses origines divines malgré les miracles qu’Il accomplissait au milieu d’eux . ginette

    Réponse
  2. Deogratias

    Shalom Sim’ha,

    Merci pour cette réponse bien bien étayée!
    Les parents de notre Messie Yéshoua ont donc non seulement « accompli tout ce que ordonnait la Torah de YHWH (l’Eternel)» (Luc 2.39) mais aussi ils se sont mariés dans le contexte juif de l’époque!

    Les Nissouine (le mariage) me font penser à une méditation jointe aux points de prière pour Israël du 21 mai `21 sur le Forum Le Retour aux Racines.
    Dans cette méditation, le paragraphe “Le don de la Torah comparé au mariage entre L’Eternel (Epoux) et le peuple d’Israël (épouse) est basé sur l’enseignement de Thomas “Diamant de Be’houkotaï : L’antidote au mal” et celui du site todahm.com “Le don de la Torah = le jour de notre mariage avec Hachem” et porte justement sur les Nissouine!

    Il est dit qu’iIl y a un mariage, une alliance entre Dieu et l’homme. Les Sages comparent Israël et Hachem à des époux. L’idée est utilisée allégoriquement pour évoquer l’amour profond que Dieu éprouve envers Israël.

    Lors du don de la Torah, les nuages représentaient la ‘houpa, les Tables de la loi : la kétouba et le ciel et la terre constituaient les 2 témoins!

    A la sortie d’Egypte, l’assemblée d’Israël n’avait pas un niveau spirituel élevé. Cependant, l’amour qu’Hachem a dispensé à Ses enfants leur a communiqué réciproquement, un élan d’amour envers Hachem jusqu’à déclarer : « Naassé véNichma » ( nous ferons et nous comprendrons) et avoir mérité de recevoir la Torah.
    « Et il (Moché) prit le livre de l’Alliance, dont il fit entendre la lecture au peuple et ils dirent : « Tout ce qu’a prononcé l’Éternel, (Naassé Vénichma) nous l’exécuterons, et nous comprendrons.» (Exode 24: 7)
    =Fin de citation=

    Savoir que Myriam s’était mariée avec Yossef dans le contexte juif de l’époque suscite une question sous-jacente de savoir si Yéshoua est héritier de David selon la Torah et dans le contexte juif de l’époque.
    Etant donné que Yéshoua a été conçu de l’Esprit Saint, je pense que la pertinence de cette question prend toute son importance.
    Dans l’échange sur “La naissance virginale de Yéshua”, un membre du Forum Le Retour aux Racines a cité David H. Stern qui explique que selon la Mishna Baba Batra 8:6, si quelqu’un dit que celui-ci est mon fils on doit lui faire confiance.

    C’est sans doute ce qu’a fait Yossef parce que les interlocuteurs de Yéshoua disaient: « Celui-là n’est-il pas Yéshoua, le fils de Yossef, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? » (Jean 6:42)

    La double filiation de Yéshoua est une vérité profonde. Déjà âgé de 12 ans Yéshoua étant resté «dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant» a tenu à rappeller à ses parents son autre filiation, divine: « 48Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. 49Il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père? 50Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. » (Luc 2:47-50).

    Que l’Eternel vous bénisse tous,
    Deogratias

    Réponse
    • Sim'ha

      Shalom Deogratias,

      Merci beaucoup pour votre commentaire et les rajouts très intéressants que vous apportez à cet article!

      C’est drôle, car lorsque j’ai rédigé l’article, j’avais justement prévu un paragraphe qui concerne notre mariage spirituel avec HaShem (D.ieu).

      Les Sages d’Israël enseignent en effet (Midrach Rabbah Chemot 15 :30) que dans ce monde-ci, D.ieu nous a fiancés à Lui (= les Kiddouchine), comme il est écrit en Osée 2 :21: « Je te fiancerai à moi pour toujours ». Comme vous le mentionnez, c’est au Mont Sinaï que D.ieu (le Fiancé) Se révéla à Israël (la Fiancée) et qu’Il lui donna la Torah (= contrat de mariage/Kétouba). Nous nous consacrâmes alors à Lui en tant que fiancée.

      Mais aux temps de Machia’h (Messie), il y aura le mariage (= les Nissouine), comme il est dit : « Car ton créateur est ton époux » (Ésaïe 54 : 5), et alors D.ieu nous donnera tout, comme il est écrit : « Et le sage brillera comme l’éclat des cieux et celui qui a dirigé la multitude dans le droit chemin, comme les étoiles, à tout jamais » (Daniel 12 :3) .

      Notre union avec Lui ne sera complète qu’à la fin de l’Ère messianique, où D.ieu s’unira avec Son Épouse au travers des Nissouine.

      Il y a tant à dire encore, c’est pourquoi j’ai préféré garder ce sujet « du mariage céleste » pour un prochain article, si D.ieu permet. 😉

      Dans tous les cas, merci pour vos précisions qui viennent enrichir le sujet!

      Concernant le thème de la filiation de Yéshoua, là aussi, il y aurait tant à dire, cela mériterait carrément la rédaction d’un ouvrage tellement le sujet est épineux et complexe. Comme vous le savez sans doute, le sujet divise, les explications divergent. Pour le moment, vu la complexité du sujet et n’ayant pas toutes les clés en main, je préfère ne pas me prononcer. Il faudrait prendre toutes les sources juives anciennes qui donnent les caractéristiques que doit posséder le Messie et les comparer aux écrits de la B’rit ‘Hadasha (Nouveau Testament), et si D.ieu permet un jour de retrouver les textes originaux des Evangiles, cela nous faciliterait la tâche.

      Pour cela, qu’HaShem puisse diriger toujours plus notre entendement, notre compréhension, nos études afin de mieux saisir ces profondes vérités!

      Merci encore pour votre commentaire, que la Bonne Main de l’Éternel repose sur vous ainsi que sur vos proches!

      Bien à vous,

      Sim’ha

      Réponse
      • Deogratias

        Je me rends compte maintenant que le don de la Torah au Mont Sinaï correspond plutôt à la consécration, aux fiançailles (= les Kiddouchine). C’est subtil. Cette précision est importante.
        Merci!

        Réponse
  3. Marc Larue

    Merci pour ces eclaircissements très intéressants

    Réponse

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