Les apparences sont trompeuses – Paracha Bamidbar (Nombres 1 à 4.20)

Nombres 1 à 4.20 – Bamidbar signifie « Dans le désert »

Nous voici dans le quatrième livre de la Torah intitulé « Bamidbar » ce qui signifie en hébreu : « Dans le désert ». Cette paracha se lit habituellement juste avant la fête de Chavouot(Pentecôte) qui est une des fêtes de l’Eternel durant laquelle le don de la Torah sur le mont Sinaï est célébré. Comme chaque paracha, cette paracha regorge  d’infinis trésors. Ici, il est principalement question du recensement des enfants d’Israël dans lequel de beaux messages sont cachés. Faisons ensemble le focus sur une de ces pépites présente dans le grand trésor de Dieu et contemplons ensemble comment, dans des descriptions qui nous paraissent parfois inutiles sinon rébarbatives, Dieu, dépose sa sagesse et son enseignement qui apparaîtront aux yeux et aux coeurs de tous ceux qui le cherchent avec droiture.

Regardons ensemble deux versets apparemment anodins :

« Les hommes de la tribu de Benjamin dont on fit le dénombrement furent trente-cinq mille quatre cents. » (Nombres 1.37)

« Les hommes de la tribu de Dan dont on fit le dénombrement furent soixante-deux mille sept cents. » (Nombres 1.39)

Ces deux recensements n’ont apparemment rien de captivant, et à première vue, ils ne véhiculent pas un message particulièrement enrichissant. Eh bien détrompez-vous !

Un sage d’Israël, appelé Hofetz Haïm, nous dévoile que dans ces deux chiffres, un enseignement de premier ordre est contenu !

Mais afin de comprendre, faisons une petite introduction :

dieu_apparence_coeurBenjamin était le fils de Jacob qu’il eut avec Rachel, qui rappelons-le était sa femme principale pour laquelle il travailla 14 années chez son beau-père Laban.

Benjamin lui-même, après s’être marié, aura 10 fils, aucun des enfants de Jacob n’aura eu autant de fils.

Dan, quant à lui, n’était que le fils de la servante de Rachel : Bilha. Lui, par contre, n’aura qu’un seul fils, sourd et muet : Houchim.

Si nous avions vécu à cette époque, qu’aurions-nous spéculé ?

Benjamin 10 fils ! Extraordinaire, il risque d’avoir une descendance prodigieuse, etc. !

Dan, le pauvre ! Un seul fils et en plus sourd et muet… Espérons seulement qu’il se marie et qu’il puisse s’intégrer dans la société… Il faudrait un miracle !

Seulement nous voilà quelques générations plus tard et que constatons-nous ? L’incroyable : la tribu de Benjaminapparence qu’on aurait imaginé la plus nombreuse de toutes n’atteint pas les 36000, c’est la plus petite !

Tandis que celle de Dan, avec ses 62700 membres fait partie des plus nombreuses !

Qu’est-ce que cela vient nous apprendre ?

On a tendance à croire que celui qui est fort, beau, intelligent et riche réussira assurément dans la vie ! Tandis que celui qui n’a pas tout cela le pauvre, est un « raté » d’avance, réussira-t-il seulement à se marier ? Ah ! Il n’a aucune chance de s’en sortir dans la vie !

Eh bien c’est faux, tout dépend de Dieu et de la Providence qu’Il veut bien accorder à chacun d’entre nous.

Si Dieu le veut, tu réussiras qui que tu sois et quelle que soit ta situation ! Et s’Il ne veut pas, tu échoueras quoi que tu fasses, même si tu possèdes les meilleurs atouts. Tout dépend de la bénédiction qu’Il décide de nous accorder.

Oui, la bénédiction ou l’échec ne dépendent que de Dieu selon qu’il est dit :

« Je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. »(Exode 33.19)

Et Paul de commenter ce passage :

« Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. Car l’Ecriture dit à Pharaon : Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. » (Romains 9.16-18)

Un sage d’Israël, le rabbi Moshé Cordovéro, un des grands maîtres de la Torah profonde, explique dans son ouvrage Tomer Dvora :

« Il y a des hommes qui ne sont pas méritants, mais, Hakadoch Baroukh Hou (le saint béni soit-Il) est miséricordieux avec tous. Il a été commenté dans le Talmud à propos du verset « alors je ferai grâce à qui je devrais faire grâce », Hachem a dit : “ce trésor de miséricorde est réservé à ceux qui ne sont pas méritants”.

Il y a un trésors de miséricorde pour les gratifiés, qu’HaShem leur donne et leur prodigue gratuitement. Car Dieu invoque en leur faveur : “pourtant ! Ils ont le mérite des Pères, j’ai prêté serment aux Pères, et donc, bien qu’ils soient indignes, ils mériteront ce trésor de miséricorde quand même parce qu’ils sont les descendants des Avot (patriarches) à qui J’ai juré; pour cela je les dirigerai et les orienterai jusqu’à ce qu’ils se corrigent.

Sur “J’ai prêté serment aux Pères”, il est expliqué : “Après la akédat Yits’hak, selon le verset (Béréchit 22:16-18) : “Je jure par moi-même, a dit l’Eternel, que, parce que tu as agi ainsi, parce que tu n’as point épargné ton fils unique, je te comblerai …”

Ce serment qui est un engagement inconditionnel de la part de Dieu est l’expression de son immense miséricorde envers les enfants d’Israël, car il est le moyen de contourner la mesure de rigueur qui se serait opposée d’octroyer toute bonté aux fauteurs. »

Nous touchons ici à un des mystères de cet amour inconditionnel de Dieu envers Son peuple Israël que peu de chrétiens arrivent à saisir, dans la mesure où malgré le refus de la majorité des juifs de reconnaître Yéshoua (Jésus), Dieu leur témoigne malgré tout une grande miséricorde et comme nous le voyons aujourd’hui, accomplit ses promesses à leur égard en les protégeant et en les ramenant dans leur pays après avoir fait renaître la nation d’Israël. Nous comprenons avec plus de relief cette parole de Paul :

« Il est vrai qu’ils sont ennemis par rapport à l’Évangile, à cause de vous; mais à l’égard de l’élection, ils sont aimés à cause de leurs pères, Car les dons et la vocation de Dieu sont irrévocables. Et comme vous avez été autrefois rebelles à Dieu, et que maintenant vous avez obtenu miséricorde par leur rébellion; De même, ils ont été maintenant rebelles, afin que par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde. Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la rébellion, pour faire miséricorde à tous. » (Romains 11:28-32)

De même, les juifs peuvent ici découvrir et comprendre pourquoi, d’une façon également parfois obscure pour eux, Dieu prend soin et bénit avec profusion les chrétiens authentiques qui s’efforcent d’observer les Paroles de leur Rabbi : Yéshoua. Les mérites de ce Rabbi sont infiniment grands dans la mesure où il s’agit bel et bien du Messie d’Israël et que, par la foi en son nom, eux aussi peuvent dire : “nous avons Abraham pour père”, comme il est dit : « Et si vous êtes du Messie, vous êtes donc la postérité d’Abraham, et les héritiers selon la promesse. » (Galates 3:29)

Cependant, nous pourrons à juste titre opposer ici les paroles de Jean-Baptiste, qu’il semble opportun de rapporter, à ceux des enfants d’Israël qui s’appuieraient d’une manière déshonnête et impure sur le mérite des Pères (c’est aussi valable pour les chrétiens qui s’appuieraient sur Yéshoua tout en vivant comme des renégats) :

« Et ne pensez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père; car je vous dis que, de ces pierres, Dieu peut susciter des enfants à Abraham. » (Matthieu 3:9)

Simplement, il n’est pas bon de rapporter ce péricope sans expliquer le verset qui le précède et qui donne tout son sens aux paroles du prophète. Jean-Baptiste ne s’adresse pas aux pécheurs mais à plusieurs pharisiens et saducéens qu’il considérait non pas comme de simple pécheurs mais comme des renégats, nous verrons la différence entre les deux plus bas. Aux renégats d’Israël il dira donc :

« Mais quand il vit venir à son baptême plusieurs des pharisiens et des sadducéens, il leur dit: Race de vipères ! qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc des fruits convenables à la repentance. » (Matthieu 3:7-8)

Sur “Je les dirigerai et les orienterai jusqu’à ce qu’ils se corrigent” il est expliqué :  “et qu’ils arrivent à bénéficier de la bonté de Dieu par leurs propres mérite.”

Ici encore, nous apprécierons faire un parallèle avec les enfants des nations greffés sur Israël et aimés de Dieu par la foi en Yéshoua. Nous pouvons facilement reprendre et paraphraser les paroles de Rabbi Moshé Cordovéro – ils mériteront ce trésor de miséricorde quand même parce qu’ils sont les descendants des Avot (patriarches) à qui J’ai juré; pour cela je les dirigerai et les orienterai jusqu’à ce qu’ils se corrigent.” – par : ils mériteront ce trésor de miséricorde quand même parce qu’ils sont mes enfants d’adoption par la foi en Yéshoua à qui J’ai juré; pour cela je les dirigerai et les orienterai jusqu’à ce qu’ils se corrigent.”

Le Rabbi continue avec, entre crochet, nos propres rajouts :

« L’homme devra se comporter ainsi : même s’il rencontrent des pêcheurs, il ne sera pas impitoyable envers eux ou ne les injuriera pas, etc., au contraire il les prendra en pitié et dira : “malgré tout, ils sont les descendants de Avraham, Isaac et Yaacov; si eux ne sont pas dignes, leurs ancêtres étaient dignes et corrects [Yéshoua était digne, parfait et aimé de Dieu], celui qui humilie les enfants, humilie les parents, je ne veux pas être celui qui humiliera leurs parents”, mais il ignorera leur indignité et les corrigera selon ses forces [Ici il y a un solennel avertissement pour les juifs qui méprisent les chrétiens ainsi que pour les chrétiens qui méprisent les juifs.]

Sur “Même s’il rencontre des pêcheurs”, il est expliqué :  il faut distinguer le pécheur du renégat. Le pêcheur est celui qui transgresse les lois de la Torah par faiblesse ou par manque de maîtrise de soi. Par contre, le renégat est celui qui a choisi délibérément de fauter et de dénigrer volontairement les valeurs du judaïsme. Le comportement de tolérance que nous recommande ici notre maître ne s’adresse qu’à la catégorie des pécheurs et non des renégats.

Sur “et les corrigera selon ses forces”, il est expliqué : en les rapprochant de la Torah et les renforcera spirituellement selon ses capacités. En agissant ainsi, alors qu’il aurait pu être intolérable à leur rencontre, ces pêcheurs se corrigeront face à cette grandeur d’âme. Il aura eu ainsi le mérite d’avoir agi comme son Créateur et de parfaire son image. »

Ainsi, nous voyons comment l’Esprit de Dieu, à travers une petite analyse de ce qui peut sembler être un point de détail de notre paracha, nous a conduit et nous a permis d’approfondir non seulement cette notion de miséricorde envers les plus faibles des pécheurs que figurent ici la tribu de Dan, mais aussi, nous avons pu appréhender le mystère de l’élection d’Israël et de ceux des nations qui croient et suivent les paroles du Messie Yéshoua. Quant aux renégats, tant juifs que non juifs, qui délibérément, se dressent contre la Torah, insultent et/ou méprisent la Torah, Le Messie Yéshoua, les rabbins, les chrétiens etc. : après les avoir avertis, si Dieu nous en donne la possibilité, Dieu s’en chargera Lui-même ainsi que Jean-Baptiste nous le rappelle d’une manière frappante :

« Et la cognée est déjà mise à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit point de bon fruit est coupé et jeté au feu. » (Matthieu 3:10) et encore : « ils parlent d’une manière injurieuse de ce qu’ils ignorent, et ils périront par leur propre corruption » (2 pierre 2:12), « l’obscurité des ténèbres est réservée pour l’éternité. » (Jude 1:13)

Oui, chose épouvantable pour la pensée humaine, mais bien réelle : il y a un feu préparé pour le satan, les démons et les renégats de ce monde, surtout ceux qui se parent du vêtement religieux et qui se laissent aller au mépris de la Torah et de leurs frères et soeurs.

À méditer, surtout lorsque l’on sait que la faveur de Dieu et Ses bénédictions sont intimement liées à notre attitude face à Sa Torah : observons-nous Sa Torah et enseignons-nous à l’observer ou abolissons-nous Sa Loi en supprimant le plus petit des commandements tout en usant de mépris envers Israël, la nation, ses rabbins et les juifs sionistes en général ? Car ne l’oublions pas, période prophétique particulière de l’histoire oblige : Une frange non négligeable de la communauté chrétienne qui demeure farouchement antisioniste est ici apostrophée de manière sérieuse et impérieuse.

Que chacun juge pour lui-même selon que le Messie le déclare : « Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez selon la justice. » (Jean 7.24)  !

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6 Commentaires

  1. MILLIMONO JEAN FAGBON

    Merci Thomas,je suis très heureux de recevoir vos enseignements de la torah qui me montrent le meilleur chemin non seulement pour croire en Dieu mais aussi de faire la volonté de Dieu tel qu il désir le servir.

    Réponse
  2. LILLY

    Merci Thomas que Le Seigneur Jésus Christ continue chaque jour d’abonder dans ta vie;et te donne toute la Sagesse pour nous aider sur son Chemin.Demeure béni pour les clefs du Royaume que tu partages avec nous

    Réponse
  3. Zahia

    Magnifique, on retrouve ici la toute puissance de notre seigneur par sa miséricorde et par sa grâce tout est possible et que notre réussite n est accéssible que par notre foi et croyance en lui.
    Le témoignage d ‘Espoir de Ginette en fait acte.

    Merci Thomas pour cette lueur d ‘espoir et cette lumière ” ne pas Juger ” sans connaître , ni savoir , a l avance, ni sur les apparences……… Soit béni et que le Seigneur des mondes nous Guident .

    Réponse
  4. Annie

    Merci, Thomas, pour cette seconde partie de la paracha Bamidbar !
    Que D.ieu te bénisse abondamment !

    Réponse
  5. Ginette

    Merci pour cette intéressante étude qui m’a beaucoup encouragée, venant d’une race méprisée, d’un pays pauvre, d’une famille pauvre. Cependant ayant reconnu et accepté le Messie d’Israël comme mon Sauveur et Seigneur, j’ose croire qu’avec moi commence une nouvelle lignée bénie à la tête de ma postérité. Amen !

    Réponse
  6. Yannis

    Merci pour cette étude Thomas.

    Très instructive et je me retrouve dans cette étude dans ce que Dieu à fait et fait pour moi sa bonté et générosité envers ma personne est sans limite et je suis heureux d’avoir enfin ouvert mon cœur à lui.

    Bonne soirée mon frère.

    Yannis

    Réponse

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