La haine contre Yossef : la source de tous les Haman de ce siècle

Parasha Mikets (Au bout de) – Genèse 41 : 1 à 44 : 17

Dernière mise à jour de l’étude : 3 décembre 2021

« Il révèle sa parole à Jacob, Ses lois et ses ordonnances à Israël; Il n’a pas agi de même pour toutes les nations, Et elles ne connaissent point ses ordonnances. Louez l’Éternel ! » (Psaumes 147:19-20)

La Paracha de la semaine se présente à nous comme un nouveau Sinaï de sagesse et de connaissance.

L’insondable richesse des enseignements divins qui ont été déposés par le Ciel dans les mains de Moïse font de cette montagne un lieu sacré dont il faut s’approcher avec crainte et révérence pour espérer en recevoir les bienfaits.

Parmi les joyaux consacrés qui couvrent de majesté le mont sanctifié, il en est un qui brille plus intensément que les autres, sur lequel est écrit “Mikets” et dont la lueur semble nous interpeller pour nous transmettre sa sagesse.

Ce joyau nous ouvrira l’entendement pour comprendre les conséquences et les causes de cette haine religieuse dirigée contre ceux qui représentent le patriarche Yossef (Joseph) de leur génération.

Mais commençons par rendre hommage à la fête de ‘Hanoukha dont les 8 jours bénis sont souvent célébrés lors de l’étude de cette Paracha Mikets.

Le calendrier d’étude établi par les maîtres d’Israël nous permet d’entrevoir combien il est effectivement conçu sagement.

Dans le judaïsme, Yossef possède une dimension incontestablement messianique, et c’est pourquoi le Messie est aussi nommé par les Sages “Messie Ben Yossef”.

Le Rav Menahem Brod explique :

 

 « Le Talmud, le Midrach et le Zohar évoquent un second Machia’h (Messie) : « Machia’h ben Yossef », « le Machia’h qui descend de Joseph ». Dans le Talmud, une opinion interprète le verset de Zacharie :

“Et le pays sera en deuil, chaque famille à part” comme se rapportant “à Machia’h ben Yossef qui sera tué”. […] Machia’h ben Yossef est tué et Machia’h ben David demeure en vie […]

De nombreux aspects de la délivrance messianique n’ont pas été transmis de manière claire et explicite. Le Rambam statue ainsi : “On ne saura pas comment ces événements se dérouleront jusqu’au moment où ils se dérouleront.”

La ‘Hassidout révèle que le Machia’h ben David inclura en lui le Machia’h ben Yossef. À ce sujet il est dit que D.ieu rassemblera le bâton de Joseph et celui de Judah pour en faire “un seul bâton”, lorsque “Mon serviteur David sera un prince pour eux pour toujours” ».

Dans cette description du Messie rapportée dans plusieurs textes bénis de la littérature juive, n’importe quel étudiant impartial des textes de l’Alliance Renouvelée reconnaîtra aisément le Mashia’h tel qu’il est présenté dans les Évangiles, incluant effectivement en lui-même le Messie ben Yossef et le Messie Ben David.

L’Évangile révèle davantage de détails : au début de l’ère messianique se dévoilera la dimension du Messie souffrant Ben Yossef puis, à l’instar de Zerach, fils de Juda et de Tamar (Genèse 38), cette dimension ben Yossef du Messie se voilera de nouveau comme il est écrit en  :

« Et pendant l’accouchement il y en eut un [il s’agit de Zerach] qui présenta la main; la sage-femme la prit, et y attacha un fil cramoisi, en disant : Celui-ci sort le premier. 29Mais il retira la main … » (Genèse 38:29)

Notons que Yéshoua (Jésus) a proclamé être La Lumière du monde. Or, Zerach en hébreu, nous parle de  “lumière jaillissante ou aurore”. 

L’allusion apparaît clairement : cette apparition de la main de Zerach/lumière puis ce voilement de la main de Zerach/lumière évoque la première venue du Messie Yéshoua qui a effectivement dévoilé une grande lumière il y a plus de 2000 ans, proclamant Lui-même être la lumière/Zerach du monde, avant de se voiler à nouveau pour une large partie du peuple juif.

La Main de Dieu (Zerach) s’est effectivement manifestée avec puissance au temps des Evangiles, et beaucoup de juifs ont vu l’action et la main de Dieu comme il est dit :

« Il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. » (Jean 3:2)

Beaucoup été éclairés par cette grande lumière qui a marqué et laissé son emprunte dans l’histoire humaine, puis cette main, cette lumière, s’est de nouveau dissimulée aux yeux de la majeure partie du peuple Juif ainsi que nous le savons.

Puis, à la fin de l’ère messianique, le grand dévoilement du Mashia’h Ben David aura lieu, à l’instar de Peretz, comme il est dit : « et son frère sortit. Alors la sage-femme dit : Quelle brèche tu as faite ! Et elle lui donna le nom de Pérets. » (Genèse 38:29).

Notons que la dernière période de l’histoire humaine est appelée « Yémot Hamachia’h – l’ère messianique » par les sages. Cette période a commencé lors de la destruction du second Temple et dure jusqu’à aujourd’hui.

Que l’ère messianique débute par le Messie Ben Yossef et s’achève par le Messie ben David fait sens et nous permet de comprendre d’un oeil nouveau pourquoi cette période est très justement appelée “ère messianique” : elle ne pouvait être inaugurée puis achevée que par le Messie Lui-même…

Un autre élément digne d’attention : les rabanim enseignent que Yossef est le seul personnage de la Torah qui est appelé “Ha Tsadik” (Le Juste). Beaucoup sont appelés des “justes”, mais seul Yossef est appelé “Le juste”, Ha Tsadik.

À ce sujet, le rav Jacques Ouaknin explique :

« Ne s’étant pas laissé détourner de sa pureté et de son sens du devoir par la femme de Putiphar, il méritera désormais dans la tradition juive le qualificatif de Tsadik, “le juste” avec une connotation de sainteté. »

On comprend mieux pourquoi Yéshoua, ce  grand « souverain sacrificateur », lui qui « a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » (Hébreux 4:15), est aussi appelé, dans la B’rit Hadasha (Alliance renouvelée) « Le Juste » comme on peut le lire dans 1 Jean 2 :1 par exemple :

« Nous avons un avocat auprès du Père, Yeshoua Ha Mashia’ah, le juste (Ha Tsadik). »

Nous voyons une nouvelle fois les liens évidents qui apparaissent dans la Torah, les sages et la B’rit Hadasha, au sujet de la personne du Messie : il y a une parfaite harmonie qui ne trompe pas, entre Yossef Hatsadik et Yéshoua HaTsadik, qui, en plus d’être Ha Tsadik est également, selon les évangiles, “Ha Derekh” (Le Chemin), “Ha Emeth” (La vérité), Ha Haïm (La vie),  “Ha Masia’h” (Le Messie) et “Ha Orah” (La Lumière), « Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d’Israël, Son peuple. » (Luc 2:32).

C’est donc encore une fois un effet de la providence qui conduisit les Sages à mettre en place un calendrier d’étude nous offrant la possibilité de méditer l’histoire de Yossef le juste, au moment précis de la fête de Hanouka, la fête de La lumière dont le Messie Yéshoua ben Yossef en est l’incarnation vivante.

Cette force intérieure et cette grande sagesse que Dieu a octroyées à Yossef durant son enfance grâce à la Torah qu’il étudiait avec son père Yaacov, lui permirent de vivre une ascension fulgurante en Égypte suite à l’interprétation qu’il sut faire des deux rêves de Pharaon dans lesquels le Roi d’Égypte voyait « Sept vaches laides à voir et maigres de chair » qui « mangèrent les sept vaches belles à voir et grasses de chair » puis « sept épis gras et beaux montèrent sur une même tige et qui engloutirent les sept épis gras et pleins. » (Genèse 41:2-7).

Après avoir correctement interprété les deux songes de Pharaon qui prédisaient 7 années d’abondance suivies de 7 années de famine, Dieu inclina le cœur du roi d’Égypte afin qu’il plaçât Yossef  comme vice-roi de la super puissance mondiale de l’époque.

Pharaon lui-même fit ces surprenantes déclarations à Yossef :

« Le trône seul m’élèvera au-dessus de toi. » (Genèse 40) et encore « Vois, je te donne le commandement de tout le pays d’Égypte […] Et sans toi personne ne lèvera la main ni le pied dans tout le pays d’Égypte. » (Genèse 41:41,44)

Et c’est ainsi que petit à petit s’accomplissaient avec précision les songes de Yossef qui dans sa jeunesse lui avaient valu la haine de ses frères.

On se rappelle comment Yossef parla ouvertement et avec intégrité de ses rêves à sa famille, malheureusement sans songer à la jalousie et à la haine que ses propos allaient engendrer dans le cœur de ses frères :

« Ecoutez donc ce songe que j’ai eu ! Nous étions à lier des gerbes au milieu des champs; et voici, ma gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l’entourèrent et se prosternèrent devant elle.

Ses frères lui dirent : Est-ce que tu règneras sur nous? est-ce que tu nous gouverneras ? Et ils le haïrent encore davantage, à cause de ses songes et à cause de ses paroles. » (Genèse 37:6-8)

Au passage, nous comprenons pourquoi, dans l’Évangile, Yéshoua HaTsadik attirera également sur Lui la haine des religieux : à l’instar de Yossef, ses propos et sa prétention messianique attireront sur lui la haine de Ses frères juifs.

Sans avoir recours à aucun rêve, Ses stupéfiantes déclarations, plus fortes encore que celles de Yossef, ne laisseront pas ses auditeurs sans réaction :

« Le Cohen Hagadol (souverain sacrificateur) l’interrogea de nouveau, et lui dit : Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? Yéshoua répondit : “Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel.” Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements. » (Marc 16:61)

On se rappelle aussi du comportement des frères de Yossef Ha Tsadik peu de temps après l’avoir entendu publier ses songes :

« Voici le faiseur de songes qui arrive. Venez maintenant, tuons-le, et jetons-le dans une des citernes; nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré, et nous verrons ce que deviendront ses songes. » (Genèse 37 :19-20)

N’est-ce pas là encore une attitude et un complot identiques à ce que nous observons dans l’Évangile lorsque les frères juifs de Yéshoua HaTsadik « délibérèrent sur les moyens d’arrêter Yéshoua par ruse, et de le faire mourir.  » (Matthieu 26:4)

Et encore : « Les principaux sacrificateurs aussi, avec les scribes, se moquaient entre eux, et disaient : Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même !  Que le Messie, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ! » (Marc 15:31-32)

Il est stupéfiant de remarquer les similitudes : même haine, même jalousie, même volonté de tuer, même complot, même attitude, même projet, même provocation à l’endroit de Yéshoua HaTsadik et de Yossef Hatsadik.

Ainsi, en dépit de tout, lorsque les 7 années de famine arrivèrent, le rêve de Yossef s’accomplit avec justesse :

« Joseph commandait dans le pays; c’est lui qui vendait du blé à tout le peuple du pays. Les frères de Joseph vinrent, et se prosternèrent devant lui la face contre terre. »

Avant de rentrer plus encore dans le vif du sujet, regardons ce que rapporte le Rav Yaacov Abe’hessera, un sage d’Israël des siècles passés :

« Rachi rapporte que Yaacov (Jacob) avait enseigné à Yossef (Joseph) toute la Torah qu’il avait apprise de ses maîtres, Shem et ‘Ever.

Yaacov a révélé plus de Torah à Yossef qu’à ses frères.

Et cette Torah l’a protégé dans tous ses malheurs – quand ses frères ont voulu le tuer, lorsqu’ils l’ont jeté dans un puits, quand il fut vendu à plusieurs reprises, et quand il fut livré aux mains de Potiphar et de sa femme – car la Torah apprise assure une protection et le salut même au moment où on ne l’étudie pas. (Ma’hsof Halavan) ».

Nous apprenons donc que Yossef, plus que tous ses frères, portait gravé dans son coeur toute la Torah de son Père et ses secrets.

C’est encore un rapprochement qu’il est aisé de faire avec Yéshoua HaTsadik, et qui réjouira les amoureux de la vérité : Le Messie Yéshoua aussi, plus que quiconque, connaissait tous les secrets de Son Père HaShem (Dieu). C’est pourquoi il est dit de Yéshoua qu’il était rempli de toute la plénitude de la Shekhina (présence divine).

Regardons maintenant le dialogue entre Yossef et son frère Benjamin lors de leur retrouvaille bénie. Précisons que Yossef et Benjamin sont les deux seuls fils directs de Rachel, la femme aimée de Yaacov. Lorsque Yossef fut laissé pour mort, Benjamin devenait donc le dernier et seul fils de sa mère Rachel.

Le dialogue de ces deux illustres héros de la foi va nous aider à mieux comprendre ce que Yossef ressentait.  Dans l’échange que nous allons voir entre Yossef et Benjamin, n’oublions pas que Yossef n’a pas encore révélé son identité à son petit frère.

Rachi rapporte cette discussion :

« Il lui a demandé : « As-tu un frère issu de la même mère ? » Binyamin lui a répondu : « J’en avais un, mais je ne sais pas ce qu’il est devenu. — As-tu des enfants ? — J’en ai dix. — Comment s’appellent-ils ? — Bèla’, Bèkhèr… (infra 46, 21) — Que signifient ces noms ? — Ils me rappellent tous mon frère et les souffrances qu’il a endurées :

Bèla’, parce qu’il a été “avalé” (nivela’) parmi les peuples. Bèkhèr, parce qu’il était le “premier-né” (bekhor) de ma mère. Achbel, parce que Dieu l’a “conduit en captivité” (chevao). Guéra, parce qu’il est devenu un “étranger” (guér), hébergé dans les auberges. Na’aman, parce qu’il était “aimable” (na‘ïm) à l’extrême. E’hi et Roch, parce qu’il était mon “frère” (a‘h) et qu’il était ma “tête” (roch). Moupim, parce qu’il s’est instruit de la “bouche” (pè) de mon père. ‘Houpim, parce qu’il n’a pas assisté à mon “mariage” (‘houpa) et que je n’ai pas assisté au sien. Ard, parce qu’il est “descendu” (yarad) parmi les peuples » (Sota 36b). »

Le Pniné HaTorah rajoute :

« Plus encore, Benyamin  lui révéla  que depuis le jour où son frère Joseph avait été exilé, son père était descendu de sa couche pour s’asseoir à même le sol.

Enfin, il ajouta que lorsqu’il voyait ses demi-frères assis en compagnie de leurs propres frères, tandis que lui-même était assis seul, ses yeux ruisselaient de larmes…  Et c’est à cet instant que la pitié de Yossef s’émut pour son cadet. »

Gardons en tête une chose : Yossef connaissait les secrets de la Torah. Les divers commentaires des sages nous montrent bien que ce n’était pas seulement l’émotion du moment qui fit pleurer Yossef, mais, en tant que prophète et homme de Torah, il pleura également en raison d’une vision prophétique qu’il reçut sur les exils et la destruction des deux Temples.

En hébreu, vahitapek (il s’est retenu) fait allusion à ophek (horizon), car il a vu de loin ce qui allait se passer. Le texte hébraïque nous le montre aussi en d’autres endroits, mais comme dirait l’auteur de l’épître aux Hébreux, « ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus. »

Comme nous le démontrons depuis le début de cette étude, Yossef est une image du Messie souffrant et les liens que nous pouvons faire avec Yéshoua lors de sa première venue sont aussi nombreux que les étoiles du Ciel.

À la lumière du commentaire des sages vu précédemment, un autre lien sacré avec l’Évangile est ici dévoilé : les sanglots prophétiques de Yossef évoquent en tout point les pleurs prophétiques du Mashia’h Ben Yossef lorsqu’il vit prophétiquement ce qui allait advenir de la ville sainte du grand Roi :

« Comme il approchait de la ville, Yéshoua, en la voyant, pleura sur elle, et dit :

Si toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux.

43 Il viendra sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées, t’enfermeront, et te serreront de toutes parts; 44 ils te détruiront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée. » (Luc 19:41-44)

Mais aussi, lorsque nous voyons ce lien profond entre les deux frères et cette solitude qui caractérisait Benjamin, n’y a-t-il pas un énième rapprochement nouveau à faire lorsque l’on considère le lien profond qui unissait Yeshoua HaTsadik et Shaoul (Paul), ce dernier étant lui aussi, de la tribu de Benjamin ? Relisons une de ses fracassantes déclarations :

« J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Mashia’h pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites » (Romains 9:2).

D’une certaine façon, Paul aussi, de la tribu de Benjamin, dans ce lien profond qu’il avait avec Yéshoua HaTsadik Ben Yossef, était dans cette situation de solitude et de douleur vis-à-vis du reste de ses frères.

Comme le disent les Maîtres d’Israël : « Maassé avot siman lebanim » – « Tout ce qui est arrivé aux pères (les patriarches) est un signe pour les fils »

Assurément, le nombre de parallèles et de liens que nous pouvons faire entre l’histoire de Yossef et de Yéshoua est comme le sable de la mer.

Faisons maintenant un focus sur un moment particulier : Yossef, voyant son frère Benjamin et ne pouvant se retenir davantage, se retira dans une pièce à l’écart pour pleurer et éclater en sanglots au sujet de son frère :

« Ses entrailles étaient émues pour son frère, et il avait besoin de pleurer; il entra précipitamment dans une chambre, et il y pleura. 

Après s’être lavé le visage, il en sortit; et, faisant des efforts pour se contenir, il dit : Servez à manger. » (Genèse 43:30-31)

Yaakov_ben_Asher

Rabbi Yaakov Ben Asher appelé le Baal HaTourim

Sur le mot hébreu traduit ici par « faisant des efforts pour se contenir », le Rav Dynovisz rapporte une perle enseignée par le Baal Hatourim, un sage d’Israël né au début du 14e siècle.

Sur cette expression, le Baal Hatourim fait un commentaire assez extraordinaire (rappelons qu’à l’époque, il n’y avait aucun ordinateur pour faire de tels rapprochements et qu’il fallait nécessairement avoir la Torah gravée dans le cœur pour faire de tel lien entre les versets) :

Au sujet de l’expression qui nous parle des efforts que faisait Yossef pour se contenir, le Baal Hatourim nous explique qu’une telle expression ne se retrouve, dans tout le Tanakh, que dans un seul autre endroit, dans le livre d’Esther, lorsque Haman se contenait pour ne pas s’emporter de colère contre Mordekhaï (Mardochée) comme il est dit là-bas :

« Tous les serviteurs du roi, qui se tenaient à la porte du roi, fléchissaient le genou et se prosternaient devant Haman, car tel était l’ordre du roi à son égard.

Mais Mardochée ne fléchissait point le genou et ne se prosternait Point (…) Et Haman vit que Mardochée ne fléchissait point le genou et ne se prosternait point devant lui.

Il fut rempli de fureur;  mais il dédaigna de porter la main sur Mardochée seul, car on lui avait dit de quel peuple était Mardochée, et il voulut détruire le peuple de Mardochée, tous les Juifs. » (Esther 3:5-6)

Nous savons que la Torah n’est pas un simple livre d’histoire, mais c’est le Livre de La Vérité, Le Livre du Dieu vivant dans lequel L’Éternel a déposé Sa sagesse.

C’est pourquoi le lien que le Baal Hatourim nous dévoile est porteur d’un enseignement divin stupéfiant, excellent et à la fois tragique, mais digne d’une pépite spirituelle en or pur taillée dans le rocher sacré de la vérité :

L’origine profonde de la haine du type Haman/Hitler dirigée contre le peuple de Dieu provient de la relation entre Yossef et ses frères :

les nations ne peuvent haïr le peuple de Dieu que s’il y a de la haine parmi le peuple de Dieu, notamment en direction des personnages types Yossef !

Yossef ayant reçu tous les secrets de la Torah, il connaissait l’enseignement que le Baal Hatourim donnera des siècles plus tard, et selon beaucoup de commentaires, c’est en partie pour cette raison que Yossef a désiré user de stratagèmes incroyables avec ses frères, dans l’objectif de les pousser à prendre conscience que leur malheur n’était que le fruit de leur comportement de haine qu’ils ont eu à son égard, et qu’ainsi ils puissent opérer une profonde et totale téchouva (repentance).

Ce fut un succès :

« Ils se dirent alors l’un à l’autre : Oui, nous avons été coupables envers notre frère, car nous avons vu l’angoisse de son âme, quand il nous demandait grâce, et nous ne l’avons point écouté !

C’est pour cela que cette affliction nous arrive […] Alors leur cœur fut en défaillance; et ils se dirent l’un à l’autre, en tremblant : Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? » (Genèse 42)

Yossef était trop conscient de ce que produit la haine parmi le peuple de Dieu. En agissant ainsi avec ses frères, son but était donc bien d’extirper toute racine de haine de leur cœur afin d’éloigner et d’affaiblir au maximum tous les esprits judéophobes et antisémites de ce monde du type Haman/Hitler, ainsi que les esprits du type d’Antiochus Epiphane, esprit grec anti-Torah qui ne supporte ni le peuple juif, ni la Sainte Torah qu’HaShem leur a donné.

Et si Yossef n’avait pas agi ainsi, la scène humaine aurait certainement accouché de tyrans judéophobes pires encore que ceux que nous avons connus.

La leçon pèse lourd :

Seule la haine des juifs envers les « Yossef » de leur génération est en mesure de réveiller et d’exciter les esprits « hamaniques », « hitlériens » et « Antiochussiens » de ce monde.

Regardons bien le dangereux et ténébreux mécanisme que nous dévoile la Torah :

Parce que les 11 fils de Yaacov ont mis en exil Yossef, alors le peuple de Dieu a été mis en exil par les nations !

Parce que les 11 fils de Yaacov ont voulu exterminer Yossef, alors les nations veulent exterminer le peuple de Dieu !

Parce que les 11 fils de Yaacov ont laissé pour mort Yossef, alors les nations ont laissé pour mort le peuple de Dieu qu’ils ont considéré durant des millénaires comme définitivement abandonné de Dieu avant que la nation ne ressuscite en 1948 !

Nous découvrons qu’il y a à l’intérieur du peuple d’Israël le problème et la solution !

« La haine gratuite contre le phénomène « Yossef » est le vrai problème ! »

Certainement, qu’il y a ici un triste et douloureux lien à faire : après la mort du Messie Yéshoua, qui était un véritable nouveau phénomène Yossef, quelques siècles plus tard et pendant bien trop longtemps, Rome et son bras religieux catholique ont mis en exil le peuple juif et ont voulu les exterminer : selon l’enseignement du Baal Hatourim, le phénomène Yossef se répète ici.

C’est pourquoi sur le verset « Yossef fut donc emmené en Égypte » (Genèse 39:1) Rachi explique :

« Le texte revient au sujet précédent, qu’il avait interrompu pour rapprocher le déclin de Yehouda et la vente de Yossef, t’enseignant ainsi que c’est à cause de Yossef que Yéhouda a été abaissé dans sa dignité. »

Cette étude nous montre combien la Torah des maîtres d’Israël contient et dévoile tous les mécanismes de l’histoire humaine. La Torah est un joyau qu’il nous faut chérir et protéger.

Continuons et essayons de découvrir ensemble la solution torahique à tous ces problèmes.

Procédons à un simple raisonnement à fortiori : si la Torah nous montre la quantité de problèmes qui assaillent le peuple de Dieu à cause de ce qui a été fait à Yossef, à combien de plus forte raison ces problèmes arriveront aussi et augmenteront en intensité si ces choses sont faites au Messie lui-même !

C’est bien ici ce que dira prophétiquement le Messie Yéshoua à ces femmes pieuses qui pleurait sur Lui peu de temps avant son exécution :

« Yéshoua se tourna vers elles, et dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants.

Car voici, des jours viendront où l’on dira : Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité !

Alors ils se mettront à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! Et aux collines : Couvrez-nous ! Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec ? » (Luc 23:28-31)

Et malheureusement, c’est bien ce que l’on a observé au cours de l’histoire : un exil gigantesque de plus de 2000 ans et, comme le Baal Hatourim l’a fait remarquer, si la haine envers le “phénomène Yossef” fut capable d’attirer le “phénomène Haman”, que pouvait donc  bien attirer la haine contre le “phénomène Messie Yéshoua” qui est le véritable Messie d’Israël !?

Note personnelle : A ce stade, il convient de faire une remarque importante à destination de plusieurs non-juifs croyants en Yéshoua qui liraient ces lignes et qui seraient peut-être tentés de trouver ici une justification à leur mépris d’Israël afin de conforter une certaine judéophobie plus on moins refoulée.

Beaucoup, particulièrement en cette période de ‘Hanouka, semblent manifester leur gêne face à cette place et cet honneur que de plus en plus de croyants des nations accordent au peuple juif.

Par réaction, plusieurs s’autorisent à citer de nombreux versets connus et dépréciatifs envers les juifs, des versets mentionnés dans la Bible et les textes de l’Alliance renouvelée qu’ils utilisent et tordent dans l’objectif de jeter le mauvais oeil sur les juifs et de rappeler à quel point les juifs “ont la nuque raide”.

Mais cette attitude trahit une impiété qui rend tendre la plus dure des nuques.

Et lorsque quelques versets négatifs sont cités à propos des juifs, ceux qui se chargent de cette mauvaise besogne oublient les versets plus nombreux encore, qui viennent donner le message inverse.

A titre d’exemple, il suffit de lire Sophonie 3 où il est question du peuple juif à la fin des temps :

« En ce jour-là, on dira à Jérusalem : Ne crains rien ! Sion, que tes mains ne s’affaiblissent pas! L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie;

Voici, en ce temps-là, j’agirai contre tous tes oppresseurs; je recueillerai ceux qui ont été chassés, Je ferai d’eux un sujet de louange et de gloire Dans tous les pays où ils sont en opprobre.

En ce temps-là, je vous ramènerai; en ce temps-là, je vous rassemblerai; Car je ferai de vous un sujet de gloire et de louange Parmi tous les peuples de la terre, Quand je ramènerai vos captifs sous vos yeux, Dit l’Éternel. » (Sophonie 3)

Le temps est donc à la consolation et non au mépris ou à la critique envers le peuple juif.

Les prophéties s’accomplissent inéluctablement : nous pouvons faire partie de ceux qui se réjouissent ou de ceux qui gardent leur haine et s’entêtent dans leurs erreurs. A nous de choisir.

Mais réjouissons-nous avec Sion, pleurons sur ses péchés et sur les nôtres, prions pour la téchouva (repentance) totale d’Israël et du monde entier, car le Messie arrive pour délivrer son peuple et l’humanité tout entière.

Comprenons bien que Yéshoua, Paul et les prophètes pouvaient se permettre de parler parfois durement des péchés d’Israël, car leur cœur était dans un amour débordant envers le peuple de Dieu, et les larmes qu’ils laissaient couler sur leur sainte joue pour leurs frères juifs étaient pures. C’est pourquoi leur réprimande étaient légitimes et elles aussi empreintes de pureté.

A titre d’exemple, Paul lui-même, après avoir répété à nombreuses reprises que les bonnes promesses de Dieu sont « pour le juif premièrement » ira jusqu’à vouloir être « anathème et séparé du Messie pour ses frères, ses parents selon la chair » (Romains 9).

Tous ceux qui, sincèrement ne peuvent pas en dire autant ou ne versent pas de larmes sincères sur Israël et qui se permettent pourtant de relever les péchés du peuple juif, de critiquer Israël et sa capitale en pointant du doigt leur manquement ou en citant les propos négatifs des textes saints à leur égard, tout en oubliant régulièrement de mentionner les versets plus nombreux encore en leur faveur, ceux-là témoignent qu’ils sont mus et influencés par des esprits d’orgueil, de jalousie, de haine, de judéophobie et d’antisémitisme.

Ces personnes ne sont peut-être pas antisémites et judéophobes, mais l’esprit qui les influence l’est certainement. »

L’Origine de la haine contre Yossef et son remède

Essayons de comprendre plus en profondeur d’où peut venir cette haine contre Yossef. En racontant ses songes à sa famille, nous savons que Yossef a attiré sur lui la haine de ses frères. Chacun avait bien compris la signification des songes :

Les gerbes de blé qui se prosternaient devant lui signifiaient que la subsistance matérielle passerait par lui et le fait que la lune le soleil et 11 étoiles se prosternaient devant lui signifiait aussi que tout ce qui est d’ordre spirituel passerait par lui !

De quoi rendre jaloux et haineux ceux, nombreux, qui n’ont malheureusement pas compris l’importance de connaître sa place et son rôle.

La tête serait idiote si elle se glorifiait aux dépens du pied tout comme le pied serait insensé de jalouser la tête !

Les deux sont essentiels pour faire avancer un homme. Lorsque chacun connaît sa place et son rôle, les conflits et les querelles disparaissent.

Mais le malheur finit par atteindre ceux qui ne veulent pas reconnaître la place et le rôle de leur frère, qui les jalousent, qui désirent prendre leur place ou les empêcher d’exercer là où Dieu les a appelés à exercer.

Lorsque l’individu n’accepte pas que sa réussite matérielle et spirituelle passe par un autre que lui, une haine peut alors naître en son coeur.

À titre d’exemples, nous comprenons facilement pourquoi les nations (chrétiens et musulmans inclus) sont généralement enclines à détester Israël, dans la mesure où elles savent très bien, au fond d’eux, que le choix de Dieu sur Israël signifie que le salut de milliards d’individus dépendrait d’un peuple avec une population d’une poignée de quelques millions d’hommes et qui en plus, leur paraissent si fautifs par moment !

Pourtant Yéshoua, malgré les réprimandes d’amour qu’Il faisait à Son peuple, n’a pas hésité à rappeler que les juifs adorent ce qu’ils connaissent, contrairement à beaucoup d’autres croyants qui adorent ce qu’ils ne connaissent pas.

Et, comme pour entériner définitivement la prééminence du peuple Juif au niveau du choix divin et de son rôle salutaire pour l’humanité, Yéshoua ira jusqu’à rajouter :

« Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. » (Jean 4:22)

De la même manière, le mécanisme spirituel que nous révèle la Torah nous aide à comprendre pourquoi il existe une haine d’Israël envers Yossef !

Dans notre Paracha, nous voyons qu’il était insupportable pour les 11 frères d’accepter que le salut spirituel et matériel doive passer uniquement par Yossef !

D’autant plus qu’à leurs yeux, et selon d’autres commentaires, Yossef se trompait et ne pouvait pas avoir une telle prétention de régner sur eux, car la royauté devait revenir à la tribu de Juda ! Yossef était donc un faux prophète et il fallait absolument s’en débarrasser.

Et de même, lorsque Yéshoua dira dans l’Évangile : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » ou lorsqu’il déclarait sans ombrage qu’Il était le Fils unique de Dieu, le Messie et Sauveur Du Monde, on comprend pourquoi Il a attiré la haine des dirigeants spirituels de Son époque !

En plus de la jalousie et de la haine que ses déclarations suscitaient chez eux, les prétentions de Yéshoua ne collaient pas avec leurs conceptions.

Rien de nouveau sous le soleil : le phénomène Yossef est une réalité, qui apparaît sous différentes formes à chaque génération et dont le plus haut degré fut atteint à l’époque du Messie Yéshoua.

Cette Paracha nous apprend que les conflits entre les nations et Israël ne pourront cesser que lorsqu’Israël réglera son problème avec Yossef.

Mais aussi, cette Paracha nous apprend que, lorsque les nations s’humilieront pour apprendre et recevoir d’Israël et de Son Messie, lorsqu’ils accepteront que le peuple Juif et Son Messie sont à l’image de cette allumette sacrée et choisie de Dieu destinée à allumer leur  propre chandelier, alors la paix viendra et c’est alors que le Messie rentrera en possession de Son règne.

Mais que nul ne s’abuse, car l’Écriture est formelle : que cela soit par la force ou par la douceur, ces choses arriveront, il ne tient qu’à nous de choisir de quelle façon, douce ou difficile, nous voulons arriver à ce résultat.

Également, tant que le monde croyant en Yéshoua ne jettera pas aux poubelles du mensonge les interprétations fallacieuses des textes bénis de l’Alliance Renouvelée, interprétations faisant du Messie juif Yéshoua un Messie romain antisémite et anti-loi de Moïse ; tant que les nations croyantes refuseront de rendre à Yéshoua sa judéité afin de présenter aux juifs leur Messie tel qu’Il est réellement, et non tel que Rome le présente ; tant que les nations refuseront de reconnaître la primauté de Yéhouda et de ses sages à qui les oracles de Dieu ont été confiés (grand avantage des juifs dit Paul), alors le conflit et le mur de la séparation perdureront, et c’est ainsi que juifs et non-juifs continueront de fournir le carburant de la haine à tous les « Haman » de ce siècle.

Notre Paracha est très claire : lorsque les croyants des nations méprisent et vendent leur frère juif, leurs rabbins et leurs Sages, ils sont semblables aux 11 frères de Yossef qui ne voulaient pas le voir régner sur eux.

De même, lorsque les juifs méprisent ou refusent de considérer cette foule de croyants des nations parvenues à la foi dans le Dieu d’Israël grâce au Messie Yéshoua et lorsqu’ils refusent d’examiner les textes de l’Alliance Renouvelée pour y découvrir leur Messie Juif, le phénomène Yossef demeure alors.

Un terrain d’entente doit absolument être trouvé. Ce n’est pas vainement que la B’rit Hadacha (Alliance renouvelée) parle des croyants des nations en tant que cohéritiers des promesses de Dieu avec les juifs : ils ont un héritage commun.

À une échelle plus large, nous devons bien comprendre une chose : tant qu’il subsistera la moindre haine, jalousie et ressentiment entre croyants juifs et non juifs, alors nous sommes responsables de tous les Haman, de tous les Hitler et de tous les Antiochus spirituels et réels qui se lèveront contre les croyants du monde entier.

« Jetant les regards sur eux, Yéshoua dit : Que signifie donc ce qui est écrit : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle ? 

Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchèrent à mettre la main sur lui à l’heure même, mais ils craignirent le peuple. Ils avaient compris que c’était pour eux que Yéshoua avait dit cette parabole. » (Luc 20:17-19)

Il y a malheureusement encore beaucoup de haine spirituelle dans le monde croyant, dirigée vers tous les Yossef de ce siècle, et ainsi, c’est une quantité de Haman spirituel et bien réel que nous attirons et qui apparaissent sur la scène de l’Histoire sous différents vêtements.

De là, nous apprenons une chose évidente que cette étude permet d’enraciner plus profondément dans notre esprit : l’immense importance de surveiller notre coeur et de ne laisser aucune racine de haine, de rancoeur ou de ressentiment envers qui que ce soit.

Si tel était le cas, nous devons impérativement régler la chose avec la ou les personnes concernées.

Dans une nouvelle parfaite cohésion, c’est là ce que nous enseigne la Torah et l’Alliance Renouvelée :

« Qu’il n’y ait point parmi vous de racine qui produise du poison et de l’absinthe; » dira Moshé en Deutéronome 29:18, comme il est dit par ailleurs :

« Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés; » (Hébreux 12:15)

Pour y parvenir, le Dieu qui ne change pas le répète : une étude régulière de la Torah qui mène à la pratique, avec beaucoup de prières, sont les armes de lumière que Dieu nous donne et que, à force d’entrainement et de persévérance, nous devons apprendre à manier pour le bien de tous.

Ces mécanismes apparaissent très nettement lorsque l’on observe l’histoire du Roi Josaphat et du Roi Joram.

Lorsque le Roi Joram entraina le peuple dans la désobéissance à la Torah des sages d’Israël, alors

« l’Éternel excita contre Joram l’esprit des Philistins et des Arabes qui sont dans le voisinage des Éthiopiens. »

Mais dès qu’un roi tel que Josaphat entraina le peuple de Dieu à marcher dans les voies de la Torah, des commandements de Moïse et du respect envers les rabbins et les sages d’Israël à qui les oracles ont été confiés, alors voici le résultat :

« Ils étaient accompagnés des lévites Chemaeyahou, Netanyahou, Zebadyahou, Asaël, Chemiramoth, Jonathan, Adonyahou, Tobyahou et Tob-Adoniya ainsi que des prêtres Elichama et Yoram. 9 Ils enseignèrent donc en Juda, ayant avec eux le livre de la Loi de l’Éternel. Ils parcoururent toutes les villes de Juda pour enseigner le peuple.

10 À cause de l’Éternel, une terreur s’empara de tous les royaumes environnant Juda, de sorte que personne n’osa faire la guerre à Josaphat. 11 Des Philistins lui apportaient des présents et un tribut en argent. Les nomades arabes lui apportaient aussi du petit bétail : 7 700 béliers et 7 700 boucs. 12 Josaphat devint de plus en plus puissant » (2 Chroniques 17).

Au final, cette Paracha nous apporte quantité de messages qu’il convient de méditer et de mettre en pratique, chacun à notre échelle et selon notre mesure de foi.

La moisson est grande, l’heure tourne, la délivrance est à la porte.

La part des croyants des nations n’est certainement pas d’alimenter le carburant de la désinformation médiatique sur Israël ni de critiquer naïvement et orgueilleusement une si petite nation, certes encore remplie de défauts, mais qui ne l’oublions jamais, est semblable à une petite brebis faible et malade de plus de 2000 années d’exil et de persécutions au milieu de loups qui ne désiraient que sa mort.

Aujourd’hui encore, à peine rentré dans son pays, des loups cruels  et avides de la dévorer l’entourent.

Mais cette fragile brebis possède un berger qui la protège et qui aujourd’hui est en train de la soigner de toutes ses plaies, et nous ferions bien de participer à cette noble tâche de peur d’être la cible de son céleste propriétaire.

Rendons le vrai Yéshoua à Israël, le Yéshoua qui garde la Torah de Son Père, consolons et soutenons Israël, ses rabbins, ses sages malgré toutes les difficultés et les imperfections de chacun, prions pour qu’Israël et les nations fassent téchouva (repentance) et que le peuple de Dieu dans le monde entier soit prêt à la rencontre de son Messie.

Mais, peu importe le discours, le vêtement et les prétentions religieuses des uns et des autres, respectons-nous et fuyons comme la peste ceux qui s’opposent à cette vocation des derniers temps que l’Éternel donne aux croyants des nations du monde.

Ne l’oublions pas, en plus d’avoir fait une alliance éternelle avec la descendance physique d’Avraham d’Isaac et de Yaacov, Dieu déclare au sujet de la terre d’Israël :

« J’aurai toujours là mes yeux et mon cœur. » (1 Roi 9:3) et aussi, au sujet d’Israël et de Jérusalem : « Tu te lèveras, tu auras pitié de Sion; Car le temps d’avoir pitié d’elle, Le temps fixé est à son terme; 15, Car tes serviteurs en aiment les pierres, Ils en chérissent la poussière. » (Psaume 102:15)

Au nom de Yéshoua, Que l’Éternel Dieu protège son peuple et bénisse abondamment tous ceux et celles qui veulent son bien.

Que le Dieu de Vie et de Vérité, le Seigneur de toute la terre, nous aide et nous donne Sa force, Sa joie, Son assurance et Sa tranquillité, dans cette grande mission d’amour, d’unité et de vérité à laquelle Il nous convie et nous donne de participer dans Son amour insondable, qui que nous soyons. Amen et amen !

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Note importante relative aux articles et vidéos faisant intervenir à la fois des juifs, des rabbins, des chrétiens et des pasteurs :

Plusieurs sont étonnés et parfois même choqués de voir côte à côte, dans une même vidéo des rabbins et des pasteurs n'ayant pas toujours les mêmes convictions religieuses.

Il convient alors de préciser qu'en dehors des citations ou autres extraits de sources externes repris dans les études, nous ne cautionnons pas forcément tous les propos et les enseignements des personnes ou des références et autres sites web cités : chaque homme est faillible, nul ne possède toute la vérité, chacun doit donc être attentif et ne retenir que ce qui lui semble bon et en accord avec les voies de Dieu et la bonne nouvelle du Messie Yéshoua : « examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (1 Thessalonicien 5:21).

Sur ce site web, nous usons donc de notre « liberté en Yéshoua » (Galates 2:4) pour citer et utiliser, lorsque cela s’avère nécessaire et utile pour nous faire grandir dans la compréhension du plan divin et de la volonté de Dieu, le travail d’hommes ou de femmes parfois rattachés à d’autres confessions, mais que nous publions tout de même en raison de la qualité de leur contribution dans des domaines particuliers, bien que nous ne les rejoignons pas forcément dans toute leur doctrine.

En outre, cela nous invite à nous exercer à vivre cette maxime des sages :

« Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme […] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot).

Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

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10 Commentaires

  1. Tiffanie

    Bonjour Thomas, merci pour ta réponse dans l’autre article sur la malédiction. J’aurai une autre question. Sur quoi ce sont basés les grands rav pour faire les “commentaires” de la Torah? Est-ce une interprétation, une idée, une révélation, qqch lié à des écrits historiques? Merci pour la réponse.

    Réponse
    • RencontrerDieu.com

      Shalom Tiffanie, il y aurait beaucoup à dire mais pour faire très simple Les Ravs d’aujourd’hui, la plupart du temps, retransmettent eux-même les enseignements des sages, qui eux même les tenaient de leur maitre etc, etc. C’est ce que l’on appelle la transmission de maître à disciple depuis l’époque de Moshé (Moïse) lui-même, jusqu’à aujourd’hui, comme on peut le lire : « Quel est donc l’avantage des Juifs, ou quelle est l’utilité de la circoncision ? Il est grand de toute manière, et tout d’abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés. » (Romains 3:1-2)

      Réponse
      • Tiffanie

        Merci pour la réponse. 🙂
        Donc il n’y aurait pas de fautes possibles dès le départ, donc du temps de Moïse? Pas d’erreurs de retransmission aussi? Je demande cela car parfois quand je lis les commentaires, je me demande où ont-ils pu aller chercher/savoir cela vu qu’ils n’y étaient pas et ne sont encore moins dans la tête des gens pour connaître leurs pensées. (par ex, les commentaires sur Yossef et Benyamin).

        Réponse
        • RencontrerDieu.com

          Je pense, pour mieux comprendre la chose, qu’il faudrait faire un raisonnement semblable : Tout le monde est d’accord pour dire que Moïse a écrit la Torah. Moïse était-il dans la tête des personnes qui figurent dans la Torah pour connaitre tout ce que l’on peut y lire (sans même parler des commentaires, la Torah est remplie de détail sur les pensées des personnes) ? Evidemment, nous répondrons : Ok, mais Moïse a écrit inspiré de l’Esprit, c’est Dieu lui-même qui lui a transmis la Torah ! Oui et c’est ce même Dieu qui lui a expliqué énormément d’autre chose qu’il a retransmis à Israël : « Moïse retourna au camp, convoqua les responsables du peuple et leur transmit toutes les paroles de l’Eternel. » (Exode 19:7). La fiabilité de ce que transmet un tel homme est grande…

          Après, pour les commentaires, s’ils sont précieux et si beaucoup sont certainement fiables, évidemment qu’au cours des millénaires, la transmission n’est pas exempte d’erreur, de perte, de désaccord, etc, et n’est donc pas à mettre sur le même plan que la Torah elle-même qui quand à elle est parfaite : c’est là aussi que nous avons besoin de prier HaShem et d’être conduit par son Esprit afin de vivre ce verset : « examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (1 Thess 5:21).

          Je rajouterai que la pensée juive hébraïque n’est pas dogmatique, monolithique, figée ou légaliste, au contraire : la pluralité de commentaires qui parfois même sont en désaccord les uns avec les autres et qui n’ont aucun gêne à l’affichée (souvent, les contradictions ne sont qu’en apparence) est une chose bonne et saine qui permet de nous apprendre l’humilité, qui nous apprend à écouter une personne d’un autre avis, à accepter la différence et qui affine notre esprit en nous poussant à la réflexion : nul a toute la vérité ainsi que l’on peut lire dans la littérature juive : « Qui est le sage ? Celui qui apprend de chaque homme » (Pirqé Avot)

          La Transmission orale que l’on retrouve aujourd’hui dans les commentaires est précieuse pour pénétrer les profondeur de l’Ecriture, c’est un héritage en or massif qu’Israël a su conserver et que les nations du monde ont aujourd’hui la chance de venir apprécier, avec respect et humilité, ce qui serait la seule façon convenable d’approcher un tel héritage.

          A bientôt !

        • RencontrerDieu.com

          Petit complément et précision sur les commentaires des sages : Paul lui-même reprenait ces commentaires, par exemple :

          D’ou Paul sort-il qu’il y avait un rocher spirituel qui suivait les enfants d’Israël dans le désert lorsqu’il dit : « ILs buvaient à un rocher spirituel qui les suivait » (1 COr 10) ?

          Ceci se retrouve dans les commentaires :

          Rav Fohrman explique : « le Rocher était en fait le puits de Myriam qui suivait les enfants d’Israêl dans le désert. »
          Le Rav Rosenblum explique : « Il est dit que tout autour du puits de Myriam, la terre devenait extrêmement fertile et donc le puits se déplaçait au milieu de vignes »
          Rachi sur nombres 20:1-2 : « Cela nous apprend que durant 40 ans, un puits les accompagnait par le mérite de Myriam. »

          Comme rapporte le Rav David A. PITOUN, Rachi explique au sujet du puits :
          « “Il s’agit d’un rocher duquel coulait de l’eau. Ce rocher roulait et accompagnait Israël.” En réalité, ce puits n’est autre que le rocher indiqué par Hashem à Moshé Rabbenou. »

          De là on apprend qu’un homme tel que Paul utilisait les commentaires des sages. N’oublions pas aussi que Paul déclare : « soyez mes imitateurs. » (1 Cor 4). Il est donc bon de faire de même.

          En conclusion : Merci Tiffanie pour ta question, cela fera l’objet d’un petit article et/ou audio/vidéo d’ici peu ! 😉

  2. Durrieu Martine

    Merci Thomas pour cette étude si riche et si importante! je me permets de transférer à des frères et soeurs qui ont soif comme moi…

    Réponse
  3. Brigitte DESENCLOS

    Merci infiniment Thomas,
    Je parcours une fois de plus la Bible toujours avec la même ferveur et je puis dire qu’avec tout ce que j’apprends sur votre site, à travers les lectures et les vidéos, je suis éclairée bien plus qu’avant sur les liens existant entre l’Ancien Testament et la Nouvelle Alliance et cela me met dans une telle joie. Oui, beaucoup d’informations se révèlent progressivement et c’est comme une redécouverte de ces merveilleuses Ecritures et surtout, je comprends et j’intègre cette richesse d’enseignements car j’ai la fierté d’avancer et de mieux intégrer le sens profond des Ecritures. Gloire à Dieu et merci encore!

    Réponse
  4. Pierre

    Israël est victime de tout les complots du monde. Les nations ses sont élevés, les nations sont agités pour en finir avec Israël. Mais HaShem qui le porté ce est plus grand que tout.
    Yeshua est juif, le salut vient donc des juifs.

    Réponse
  5. accamah

    Merçi mon frère pour cette étude riche en connaissance sois béni à bientôt

    Réponse
  6. PLANCKEEL

    Amen ve Amen, il est temps d’ouvrir les yeux car les prophéties s’accomplissent aujourd’hui, le Machia’h est à la porte!
    Quelle belle étude que celle de Miquets ,( à la fin) ,il y a beaucoup de promesse pour YsraEl dans le Tana’h .
    Le rôle de tout croyants en Yeschoua et bien de prier comme nous demande le psalmiste: Demandez la paix de Jérusalem ;ceux qui t’aiment prospéreront. Que la paix soit dans tes murs, la prospérité dans tes palais!
    A cause des mes frères et de mes compagnons, je dirai : Que la paix soit en toi !
    A cause de la maison de l’Eternel, notre Dieu, je rechercherai ton bien. PS. 122 (version Darby)
    L’ennemi de toujours, veut détruire le Germe de David et empêcher sa venue en Roi des rois, ne soyons de ceux là. Cette étude est à relire et à étudier encore, car il y a encore de grandes choses à y découvrir.
    Sois bénis Thomas pour ce merveilleux partage.

    Réponse

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