La foi, l’échelle, l’argent et l’évangile de prospérité – Paracha Vayétsé

Genèse 28 : 10 à 32 : 3

Résumé de l’étude

Après un rapide résumé de la paracha, nous reviendrons et nous nous attarderons sur un petit verset clé afin de faire ressortir une parcelle du fruit exquis que ce verset abrite en lui-même : il s’agit du fameux verset du songe de Yaacov dans lequel il contempla cette énigmatique échelle « dont le sommet touchait au ciel » et sur laquelle montaient et descendaient les anges de Dieu.

Nous verrons quelques bribes sélectionnées parmi les nombreux enseignements des sages en conformité avec l’enseignement du Rabbi Yéshoua : Notion d’argent, de pauvreté, quelques rappels sur l’immense danger de l’Évangile de prospérité qui est malheureusement assez répandu dans une partie du monde chrétien, nous verrons un magnifique parallèle entre l’enseignement des sages et l’identification que fait Yéshoua de lui même à l’échelle de Yaacov et enfin, une anecdote vraie et formidable vécue par le Rav David Pinto et portant sur le thème de l’argent nous enseignant comment utiliser l’argent d’une manière agréable à Dieu et comment l’Éternel peut ouvrir les écluses des cieux comme bon lui semble envers ceux et celles qui avec foi, feront une utilisation Kadosh (Saine) de l’argent. Cette anecdote permettra d’enraciner davantage dans le coeur, par du concret, ce qui est dit dans cette étude.

Résumé de la paracha Vayetsé (Il sortit) – Genèse 28.10 à 32.3

peinture echelle yyacov jacob compressEst-il besoin de rappeler à quel point la paracha de ce Shabbat, foisonne de perles et d’enseignements profonds ? Malheureusement, il est impossible d’en retranscrire le milliardième dans cet article qui n’est que poussière en regard à l’infini que contient notre paracha ! Mais bien heureusement, la seule gouttelette d’eau que nous recueillerons ici, de par sa nature céleste, sera suffisante pour rafraîchir notre être tout entier car ne l’oublions pas : c’est aussi dans cette portion des Écritures que naîtra la presque totalité des enfants d’Israël qui constitueront plus tard les 12 tribus d’Israël, ce petit peuple, « précieux trésor de Dieu » qui traversera l’Histoire humaine comme nul autre, Am(peuple) Israël, de qui sortira le Salut du monde au travers du Messie Yéshoua, « Lumière des nations et gloire d’Israël son Peuple » (Luc 2.32) !

C’est dans cette paracha que nous voyons Yaacov (Jacob) fuir la colère d’Essav (Esaü) son frère et partir pour Charan afin d’y prendre une femme suite aux directives données par sa mère Rivka (Rebecca) dans la paracha précédente (Toldot). Lors de son voyage, Yaacov s’arrêtera à cet endroit glorieux qu’il appellera « La porte des cieux », « la maison de Dieu » et où il fera ce fameux songe magnifique et divin dans lequel il vit une échelle « appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle ». C’est au travers de ce songe rempli de gloire qu’il aura la révélation du Dieu de son père Abraham : L’Éternel lui fera les promesses les plus merveilleuses : « Et voici, l’Éternel se tenait au-dessus d’elle (l’échelle); et il dit : Je suis l’Eternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité. Ta postérité sera comme la poussière de la terre; tu t’étendras à l’occident et à l’orient, au septentrion et au midi; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité. Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays; car je ne t’abandonnerai point, que je n’aie exécuté ce que je te dis. » (Genèse 28.12). 

Par la suite, Yaacov rencontrera un des pires ennemis d’Israël, Laban, qui l’exploitera pendant plus de 14 ans, le retenant avec fourberie et par intérêt jusqu’au moment où, voyant Yaacov décidé à le quitter, son comportement changera brutalement ainsi que le remarquera immédiatement Yaacov : « Je vois, au visage de votre père, qu’il n’est plus envers moi comme auparavant; » (Genèse 31.5). Laban se mettra à accuser injustement Yaacov en dépit de sa droiture et de la bénédiction que Dieu accorda à Laban par le voisinage de l’élu de Dieu, ce que Laban reconnaîtra d’ailleurs : « Je vois bien que l’Éternel m’a béni à cause de toi; » (Genèse 30.27). La dernière partie de la paracha nous décrit le départ tumultueux de Yaacov lors de son retour chez son père, poursuivit par Laban.  Après s’être enfin débarrassé de cet occulte personnage, la paracha se termine : Yaacov continue son voyage, rencontre à nouveau des anges du Dieu suprême et se prépare à la fameuse rencontre avec son frère Essav…

I] L’échelle de la gloire ou de la déchéance : Le véritable service divin face à l’Évangile de prospérité

Cette fameuse échelle dans le songe de Yaacov a fait couler beaucoup d’encre et effectivement il y a de quoi : derrière ce songe, se cache une multitude d’enseignements profonds dans lesquels nous allons tenter d’extraire au moins quelques lumineuses bribes avec l’aide de Dieu.

Saisissons donc une gouttelette puisée dans l’eau bienfaisante de cette portion de la Torah, que nous allons ensemble déguster au travers d’un court enseignement suivi d’une extraordinaire histoire vraie qui fera descendre dans ce monde concret et dans nos cœurs, quelques vérités éternelles de la Torah et des enseignements des sages !

« Il rêva et voici : une échelle était posée sur terre, et son sommet arrivait au echelle de gloire yaacov__compressciel. Et voici, l’Eternel se tenait au-dessus d’elle »

Dans son ouvrage La Paracha, le Rav Eliaou Hassan nous rapporte l’enseignement d’un Maître d’Israël, le Baal HaTourim(* voir note en fin d’article), qui nous fait remarquer que la valeur numérique du mot « échelle », en hébreu « soulam », est la même que le mot « Mamone » (argent, sous). Le Rav Hassan continue :

Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement nous disent les commentateurs, que l’argent, bien qu’étant la chose la plus matérielle « posée sur terre », peut être pour l’homme telle une échelle lui permettant d’atteindre des niveaux très élevés, « son sommet arrivait au ciel », et d’accéder même jusqu’au trône céleste : la valeur numérique de « Zé Kissé Hakavod » (Ceci est le trône céleste) est la même que celle du mot « Soulam » (échelle).

Dans le contexte de la paracha, ce verset et cette explication viennent nous rappeler de grandes et précieuses vérités : comme nous le montre notre verset, L’Éternel trône au dessus de cette échelle, l’échelle faisant référence dans notre enseignement à la Parnassa (Argent) : HaShem (Dieu) promet à Yaacov, et par extension, à tous ceux qui craignent Dieu, une chose d’une valeur infinie : « Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays; car je ne t’abandonnerai point, que je n’aie exécuté ce que je te dis. » (Genèse 28.15)

Rav Issi dit : « Je ne t’abandonnerai pas » fait ici allusion à la parnassa (l’argent, la subsistance) or « abandonner » ne se dit que lorsque Dieu délaisse quelqu’un au sujet de sa subsistance comme il est dit : « Je n’ai jamais vu un tsadik abandonné, ni sa descendance réclamer du pain » (midrash Rabba)

Mais attention, il est très intéressant de remarquer que la Baal HaTourim précise une autre chose capitale :

Le mot « soulam » (échelle) a aussi la même valeur numérique que le mot « O’NI » (pauvreté).

Ainsi, l’échelle nous apprend qu’il y a une utilisation verticale de tout ce que Dieu nous donne : élever tout ce que nous vivons ici bas et tout ce que nous recevons de Dieu, au niveau spirituel et céleste afin d’éclairer ce monde qui a tant besoin de lumière.

Mais celui qui ne connait pas cette dimension verticale ou qui s’imagine la connaitre, fera en réalité une utilisation horizontale de tout ce que Dieu lui donnera et, loin d’éclairer le monde par la lumière divine de la Torah d’Israël, il apportera une fausse lumière qui en vérité, ne fera qu’exciter les passions de la chair et la convoitise de ce monde par la fausse lumière de la matérialité, contrairement aux recommandations saines de l’Evangile qui enseigne de ne pas user de ce monde « car la figure de ce monde passe » (1 Corinthien 7.31).

Effectivement, n’oublions jamais que beaucoup de ceux qui ont laissé leur cœur s’attacher à l’argent ont fini dans la ruine et alors, l’échelle glorieuse de la vision de Yaacov est devenue pour eux une occasion de chute et une échelle de déchéance.

II] L’évangile de prospérité

Prosperite_compressRegardons les dégâts causés par l’évangile de prospérité, un évangile vicieux, qui place les richesses, la recherche des biens matériels, financiers et l’enrichissement personnel, au centre de sa théologie : Beaucoup se sont enfoncés dans la pauvreté, l’égarement et l’esclavage spirituel en adhérant à cet esprit séducteur et trompeur qui, au nom de Dieu, exploite et soutire l’argent aux crédules afin de satisfaire les envies personnelles et charnelles de quelques leaders charismatiques du monde chrétien. Nous savons de sources sûres que des grandes églises chrétiennes connues vont même jusqu’à tordre la prophétie d’Ezéchiel dans la vallée des ossements, pour inciter les nouveaux convertis à prophétiser sur leur porte-monnaie afin d’avoir la richesse… Au final, en les invitant régulièrement à leur donner de leur argent, c’est l’argent de ces pauvres âmes qui terminent dans le porte-monnaie de ces faux docteurs…

Il y a plusieurs années, nous avons assisté à une conférence d’un célèbre prédicateur connu dans le monde chrétien : ce fut une sensation d’angoisse et de terreur de constater l’aveuglement de presque un millier de personnes qui consentait à la mascarade d’un discours axé sur l’argent et les biens de ce monde, un discours de plomb qui se prolongeait durant des heures sous nos yeux et dont l’apothéose fut ceci : une distribution d’enveloppes à toute la salle dans laquelle il demanda avec insistance au public de mettre leur argent, le plus possible, pour soit disant recevoir encore plus par Dieu en retour : il insistait tellement qu’il exigea du public de lever les mains afin de repérer ceux qui n’avaient pas d’enveloppe dans le but de leur en donner…

Cette image humoristique est très représentative :

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Les paroles qui vont suivre sembleront dures mais restent légères face au mal engendré par des hommes et des femmes, qui malgré les avertissements, continuent de faire du trafic avec les disciples comme le rappelle l’apôtre Pierre : « Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point. » (2 Pierre 2.3) :

Tous ces escrocs spirituels qui, en apparence et pour un temps, semblent réellement s’enrichir, tombent dans une pauvreté et un aveuglement spirituels qui fait froid dans le dos : aveuglés par l’argent, pris dans les filets subtils de leur Yetser Hara (mauvais penchant), leur bouche et leur comportement sont aux antipodes du message divin et de la piété biblique qu’ils foulent aux pieds dans leur égarement : si Dieu leur accorde quelques richesses éphémères et mal acquises ici bas, ce n’est qu’une nouvelle démonstration et un nouvel effet de la pure grâce de celui qui « fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes ». Dieu semble certainement accorder à ces prédicateurs de la prospérité de profiter une dernière fois de cette dernière goutte qui n’est rien comparée à cet océan glorieux dont ils seront privés pour l’éternité… Sans repentance rapide, ils partageront le sort angoissant et infernal de ce riche qui « chaque jour menait joyeuse et brillante vie » (Luc 16.24) et qui après son passage dans l’au-delà, implora de son lieu de tourment : « Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme. » (Luc 16.24)

David nous rappelle avec force le constat qu’il fait de tous ces faux apôtres de l’Évangile de prospérité qui séduisent les simples et qui, avec orgueil et une bouche hautaine et arrogante, tordent le sens des Écritures dans le but de s’enrichir : « Rien ne les tourmente jusqu’à leur mort, Et leur corps est chargé d’embonpoint; Ils n’ont aucune part aux souffrances humaines, Ils ne sont point frappés comme le reste des hommes. Aussi l’orgueil leur sert de collier. Les pensées de leur coeur se font jour. Ils profèrent des discours hautains, Ils élèvent leur bouche jusqu’aux cieux, Et leur langue se promène sur la terre. Toujours heureux, ils accroissent leurs richesses. » (Psaumes 73)

Mais David nous livre sa terrible conclusion au sujet du sort final de ces personnes : 

« Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, La difficulté fut grande à mes yeux, Jusqu’à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, abime enfer riche lazare_compressEt que j’eusse pris garde au sort final des méchants. Oui, tu les places sur des voies glissantes, Tu les fais tomber et les mets en ruines. Eh quoi! en un instant les voilà détruits ! Ils sont enlevés, anéantis par une fin soudaine ! Comme un songe au réveil, Seigneur, à ton réveil, tu repousses leur image. » (Psaumes 73).

Car ceux qui font de telles choses sont pris dans « les séductions de l’iniquité » et beaucoup refusent d’en sortir : alors le jugement de Dieu tombe comme nous le voyons dramatiquement dans la vie de beaucoup de croyants dans cette fin des temps :  « Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés. » (2 Thessalonicien 2). Cette race d’homme « ferme aux hommes le royaume des cieux et n’y entre pas eux-même » (Matthieu 23)

II] Le juste milieu : garder son coeur et suivre la Torah

Revenons à notre échelle et à l’enseignement des sages dans lequel nous voyons que le mot hébreu échelle fait allusion aussi bien à l’argent qu’à la pauvreté.

Il y a ici plusieurs perles qu’il convient de se remémorer et de méditer :

premièrement, l’argent, telle une échelle, est un de ces moyens formidables permettant de grimper jusqu’aux cieux afin d’y faire descendre la gloire de Dieu sur terre, à la seule condition de laisser Dieu trôner en Maître, au-dessus de cette “échelle”, à la toute première place dans nos coeurs ! Lorsque l’argent est sanctifié, bien utilisé conformément à la Torah, lorsque nous n’y appliquons pas notre coeur, lorsque nous ne cherchons pas à nous enrichir, alors l’argent devient propre et utile au service divin afin de répandre la Torah et l’Evangile dans ce monde : cet argent devient une échelle qui mène aux cieux comme nous le verrons concrètement dans l’anecdote authentique en fin d’étude.

Evidemment, dès lors que l’argent commence à prendre une place supérieure à Dieu dans nos coeurs, dès lors que nous envisageons l’argent non plus echelle descente chute_compresscomme un moyen de servir Dieu mais comme un moyen de satisfaire notre chair au-delà du raisonnable, alors le piège s’ouvre et c’est le début de la descente qui mènera inévitablement à la chute si rien n’est fait pour y remédier : l’échelle devient une échelle de déchéance et de désolation et se transforme alors en une voie glissante qui mène au fond de l’abîme.

Oui, dès lors que nous désirons acquérir de l’argent, non pas pour l’investir dans les choses de Dieu et recevoir une juste et raisonnable subsistance pour le servir, alors le péché, n’est jamais très loin, il est tapis à la porte de nos cœurs : celui qui commence à avoir ce désir d’être béni financièrement pour profiter, même un peu, de ce monde passager, commence lentement mais sûrement à rentrer dans la peau de cet insensé décrit dans la parabole du Maître : « Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. » La suite de la Parabole doit nous inviter à une profonde introspection : « Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. » (Luc 12.21). Dieu nous fait la grâce de pouvoir nous examiner afin de déraciner le mal à sa racine.

1 Timothée 6.9 : « Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. »

En revanche, lorsque l’argent est envisagé avec un cœur droit, il devient alors une échelle glorieuse capable d’atteindre le trône céleste : nous devenons alors des canaux de bénédiction que Dieu utilise souverainement : nous donnons selon ce que nous recevons de Dieu et nous recevons de Dieu pour de nouveau redonner dans le but de répandre sur terre la lumière et un echelle yaacov jacob benediction_compressparfum de bon odeur émanant d’hommes et de femmes consacrés à l’étude de la Torah et à sa mise en pratique, dans la simplicité et la modestie, loin de toutes les vanités de ce monde…

Il y a ici ce double mouvement de l’échelle : un mouvement d’arrachement à la matière afin de rendre la matière lumière (mouvement vers le haut) puis, lorsque la matière est élevée au niveau de la lumière, un mouvement vers le bas pour faire redescendre la matière ici bas et illuminer ce monde ! S’arracher de la lumière pour être lumière puis redescendre dans la matière pour la spiritualiser, dévoiler Dieu et illuminer le monde ! Tel est le mouvement de l’échelle et que doit suivre chaque chose en ce monde, en particulier l’argent !

III] Yéshoua et l’échelle de Yaacov

Un autre aspect de cette échelle est révélé par les paroles mêmes du Messie : Le Messie Yéshoua, par une claire allusion, rappelle qu’Il est cette échelle glorieuse pour tous ceux qui croient : Yéshoua, Messie céleste, est venu poser ses pieds sur terre : à tous ceux qui croient en Son nom, Il donne les mêmes promesses que l’Éternel son Père fit personnellement à Yaacov :

Quand Yaacov dira de l’endroit où il vit l’échelle,  « c’est ici La porte des cieux » Yéshoua dira : « Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; » (Jean 10.9) et, tout en déclarant avec autorité qu’Il est le chemin (la Halakha) à suivre pour aller au ciel (Jean 14.6), Il s’identifiera à l’échelle de Yaacov : « En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. » (Jean 1.51).

Enfin, Yéshoua, à l’instar de son Père qui déclara à Yaacov de ne pas s’inquiéter pour sa Rabbi Yeshoua Mashiah tsadik_compresssubsistance puisqu’il ne l’abandonnerait pas, Yéshoua dira à ceux qui croient en Lui et qui craignent Dieu : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. » (Matthieu 6.27) et encore : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28.20)

Qui ne voit ici le reflet merveilleux de la gloire de Dieu et de sa personne resplendir sur la face du Messie ? Le Messie est l’image parfaite du Père, l’empreinte de sa personne nous dit l’Ecriture : ces textes le montrent d’une manière frappante.

D’ailleurs, à ce sujet, le Rav Raphaël Sadin, en rapportant Rachi, montre que le texte hébreu, en Genèse 28.12, ne dit pas  :

« les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle » Mais « les anges de Dieu montaient et descendaient sur lui » et, dit-il, il y a ici une idée fabuleuse : Le grand tsadik (juste) devient lui même l’échelle : il devient le lieu même de la spiritualité, un canal parfait. D’ailleurs, « Ratson » est un mot hébreu utilisé pour décrire quelqu’un qui fait la volonté de Dieu. Ce mot a les mêmes lettres que « Tsinor » qui signifie « Tuyau » ! »

Merveille de l’hébreu, sagesse de Dieu déversée dans la langue sainte ! Gloire soit rendue à Dieu pour sa sagesse et sa subtilité ! Comme nous n’avons de cesse de le voir et de le dire, dans l’hébreu même s’enracine ici encore un enseignement rabbinique que Yéshoua, le Grand Rav des rav, a confirmé et nous a révélé il y a plus de 2000 ans !

Yéshoua est cette échelle de Yaacov et l’Evangile, en un autre endroit, nous montre bien cette présence des anges qui « montaient et descendaient sur Lui » : « Et voici, des anges vinrent auprès de Yéshoua, et le servaient. » (Matthieu 4.11)

Revenons à notre paracha. Yaacov a donc expérimenté les glorieuses promesses de Dieu qui se manifestent au travers d’une foi authentique et fidèle à la Torah :

Droit et intègre devant Dieu (Genèse 25.27), « homme à qui Dieu a donné la vérité » (Michée 7.20), Yaacov partit seul et sans richesse en direction de la maison de Lavan, et plus de 14 ans plus tard, sa foi inébranlable le fit revenir “milliardaire” de chez Lavan, accompagné de ses quatre femmes et 11 enfants ! Tels sont les résultats d’une foi saine et authentique ! L’échelle de sa vision fut effectivement pour lui une échelle de gloire !

Maintenant, afin d’illustrer ces choses, concluons avec une anecdote authentique vécue par le Rav David Pinto. Cette histoire vraie est l’exemple vivant de la bénédiction que Dieu accorde à ses enfants lorsqu’ils n’ont que ce seul désir d’utiliser l’argent non pour eux-mêmes, mais comme étant une échelle pour atteindre le trône de Dieu et répandre Sa Torah et Sa Gloire sur terre : C’est alors que du Haut des cieux, l’Eternel manifeste sa Gloire en montrant à quel point effectivement, « l’or et l’argent lui appartienne » (Aggée).

Bonne lecture, de cette anecdote véridique :

IV] Anecdote du Rav David Pinto : Un double sauvetage !

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Oeuvre de Michael Edery

Dans ma jeunesse, j’étudiais à la Yéchiva du Gaon Rav Guerchon Liebman zatsal. Au fil des ans, cette institution fut en proie à des difficultés financières, et les dettes accumulées devenaient trop lourdes à assumer, si bien qu’elle était menacée de fermeture. Ses dirigeants, parmi lesquels le Rav Elyahou Senior chelita, vinrent me trouver pour solliciter mon aide. Ils désiraient même que je prenne la Yéchiva sous ma tutelle. Cette demande me mit mal à l’aise : d’un côté, par reconnaissance pour cette Yéchiva dans laquelle j’avais grandi et été éduqué, j’aurais aimé pouvoir régler ses dettes. Mais d’un autre côté, j’assume moi-même la responsabilité de multiples institutions de Torah. Comment, dans ce cas, en aider également une autre par un apport extrêmement important, au risque de mettre en danger mes propres institutions ?

Cependant, les Rabbanim qui se présentèrent à moi n’étaient pas prêts à baisser les bras, et m’implorèrent de leur faire tout au moins un don ponctuel. C’est ce que je fis, n’étant pas en mesure de tirer la Yéchiva de ses dettes. La collecte que j’organisai par ailleurs à Lyon en sa faveur ne permit pas même de ramasser 1 % de la somme nécessaire pour qu’elle se sorte de l’impasse. Finalement, je décidai de m’engager coûte que coûte à la tirer de ses dettes, décision dont je fis part à ses dirigeants. Ceux-ci se réjouirent grandement. Le soulagement pouvait se lire sur leur visage, et je me réjouis également à l’idée que mon Maître le Gaon Rav Guerchon Liebman zatsal partageait cette joie depuis le Monde de Vérité.

Lorsque je me pris à penser d’où j’aurais cette somme, je compris que le Saint béni soit-Il me plaçait face à une épreuve de taille dans le domaine de la émouna (foi). Je m’efforçai donc de renforcer ma foi dans le fait que le Saint béni soit-Il est tout-puissant et que je n’étais qu’un instrument entre Ses mains, tel un canal pour apporter la berakha (bénédiction) à l’institution sainte qui en avait besoin.

J’appris par la suite que l’immeuble de la Yéchiva avait pris feu, de sorte qu’en plus de ses immenses dettes s’ajoutait le besoin de se soucier au plus vite de la réfection des locaux : les élèves de la Yéchiva, soudainement privés de toit, avaient été contraints de se disperser momentanément dans d’autres Yéchivot en attendant que la leur soit restaurée. Je décidai évidemment de m’occuper également de ce problème, plaçant ma confiance en D.ieu, Qui ne manquerait sûrement pas de m’envoyer les fonds nécessaires.

Quelque temps après, le téléphone sonna chez moi. A l’autre bout du fil, mon interlocuteur me fit part de la situation extrêmement dangereuse dans laquelle il se trouvait, et c’est pourquoi il était intéressé par une berakha (bénédiction du Rav). Je lui souhaitai alors la réussite, et il ajouta : « Si, dans quelques heures, je parviens à me tirer d’embarras, je vous ferai un don très conséquent pour la tsédaka. ». Je me retins de demander de quelle somme il était question, ce qu’il précisa de lui-même : il s’agissait, au centime près, de la somme dont la Yéchiva avait besoin pour se remettre sur pied.

Grâce à D.ieu, après quelques heures, ce Juif me rappela pour me dire qu’il était à présent hors de danger. Tout s’était arrangé pour le mieux et il allait m’envoyer la somme à laquelle il s’était engagé. Dès que je la reçus, je m’empressai de la transmettre intégralement aux Rabbanim de la Yéchiva, heureux de pouvoir être l’émissaire du sauvetage de la Yéchiva de ma jeunesse.

Cela m’apprit en outre une grande leçon : au moment où je m’en remettais complètement à D.ieu en promettant que j’aiderais coûte que coûte la Yéchiva à se tirer de cette mauvaise passe, Il influa sur le cours des évènements de telle sorte que je reçoive l’appel d’un Juif en détresse, par lequel allait me parvenir l’argent dont la Yéchiva avait besoin.

Nous sommes ici à l’opposée de l’Evangile de prospérité qui prône aux oreilles de brebis innocentes qui vont à la boucherie : « donnez-nous votre argent et Dieu vous donnera des richesses et vous jouirez des biens de ce monde ».

Ici, avec le témoignage du Rav Pinto, la Torah nous enseigne le contraire : ne pas appliquer notre coeur à l’argent mais au contraire, être riche pour Dieu, étudier sa Torah, la mettre en pratique, la soutenir et ne surtout jamais chercher à s’enrichir, se contenter de ce que l’on a, puis, que cela soit dans la pauvreté ou la richesse, donner ce que l’on peut pour soutenir la transmission de la Torah ainsi que les nécessiteux. Si réellement il en est ainsi, Dieu selon son choix souverain, n’hésitera pas à ouvrir les écluses des cieux et, que cela soit dans la richesse ou dans la pauvreté, Dieu ne nous abandonnera pas et notre coeur sera calme, paisible, confiant et rempli de contentement sachant bien que notre seule vraie richesse est d’avoir le privilège infinie de connaitre Dieu, de lui obéir et de s’amasser, par la pratique des mitsvots (commandements de Dieu) un trésor indestructible et éternel qui nous est réservé et nous sera remis dans le monde futur pour les siècles et les siècles, amen !

Que Dieu nous aide, nous éloigne de toutes séductions et nous donne de ne surtout pas attacher nos coeurs à l’argent, mais qu’Il nous donne au contraire d’utiliser l’argent dans sa seule volonté et pour sa seule gloire, d’une manière conforme à la Torah ! En ces derniers temps, Qu’HaShem, notre souverain Maître, garde et fortifie dans Ses voies son peuple  Am Israël et tous ceux qui le craignent ! Amen.

Thomas.

Laisse un commentaire pour nous partager ton ressenti et ton expérience !

Une étude et un partage réalisée par la seule grâce infinie d’HaShem(Dieu) et avec la précieuse aide des rabbanim d’aujourd’hui et des sages d’Israël d’autrefois.

Note importante relative au contenu des articles du site web : Veuillez citer la source lors de toute copie partielle ou complète de l’article, ainsi que le rappellent justement les maximes des pères (Pirqé Avot) : « Quiconque cite l’auteur d’une parole amène la délivrance dans le monde ». Pour le reste, c’est entre vous et Dieu qui sonde les cœurs et qui rendra à chacun selon ses œuvres.

En dehors des citations et autres extraits de sources externes repris dans les études, nous ne cautionnons pas forcément tous les propos et les enseignements des personnes et/ou des références et autres sites web cités : chaque homme est faillible, nul ne possède toute la vérité, chacun doit donc être attentif et ne retenir que ce qui lui semble bon et en accord avec les voies de Dieu et la bonne nouvelle du Messie Yéshoua : « examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (1 Thessaloniciens 5:21).

Sur ce site web, nous usons donc de notre liberté en Yéshoua pour citer et utiliser, lorsque cela s’avère nécessaire et utile pour nous faire grandir dans la compréhension du plan divin et de la volonté de Dieu, le travail d’hommes ou de femmes parfois rattachés à d’autres confessions, mais que nous publions tout de même en raison de la qualité de leur contribution dans des domaines particuliers, bien que nous ne les rejoignons pas forcément dans toute leur doctrine. En outre, cela nous invite à nous exercer à vivre cette maxime des sages : « Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme.[…] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot). Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

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10 Commentaires

  1. Dolande

    Merci Thomas ! Que D.ieu te bénisse ! Shabbat Shalom !

    Réponse
  2. FRANCOISE

    Bonjour et shalom a tous,

    Dans le nouveau Testament, dans 2 Corinthiens chapitre 9, verste 7, (2COR 9:7) nous lisons :

    ” Que chacun donne comme il l’a résolu en son coeur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie.”

    Voila, pour moi comment donner ou plutôt rendre à Dieu !

    Soyez bénis, en Jésus seul est notre espérance et notre salut.

    Françoise

    Réponse
  3. Amina

    Shalom Florence,
    je viens de suivre une tres belle reflexion sur le site Sochana Yeshoua Ministries du frère Dan Dassin ou tu trouveras une étude profonde et authentique basé sur les racines Juives. Rare dabs le monde francophone.
    p.S. ns sommes sortis de toutes dénominations évangéliques ma famille et moi ainsi les églises de prospérités.RETOURNONS A NOS RACINES JUIVES TANT QU IL EST ENCORE TEMPS SHALOM EN YESHOUA
    BO

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    • Florence

      Shalom Amina,

      Merci pour le conseil, je n’avais pas pensé à chercher sur Youtube car il est vrai que je préfère la lecture des enseignements que l’écoute en audio.

      Je vais écouter cet audio de notre frère en Yéshoua dès que possible.

      Pour ma part, je compare désormais la conformité des enseignements qui sont donnés avec ce qui est écrit dans la Torah.

      Shalom 🙂

      Réponse
      • RencontrerDieu.com

        Shalom Florence et Amina,

        Au sujet de la dîme, nous pensons et partageons l’avis des rabbanim et des décisionnaires sur la question à savoir que le Maaser (Dîme) est toujours d’actualité et consiste, en l’absence du temple, à sanctifier le premier dixième de ses revenues pour honorer l’Eternel en soutenant la Torah et les nécessiteux comme il est écrit dans la parole de Dieu qui ne change pas : « Honore l’Eternel avec tes biens, Et avec les prémices de tout ton revenu » (Proverbes 3:9).

        Mais évidemment, nous sommes contre l’utilisation mauvaise et perverse qui est faite de ce verset par beaucoup de responsables religieux qui pioche à la carte ce qui leur convient dans la Torah.

        A l’avenir et au temps de Dieu s’il le permet, une étude sortira à ce sujet.
        Meilleur Shalom à chacun.

        Réponse
        • Florence

          Merci Rencontrer Dieu pour la réponse. Je souhaitais en effet connaître l’avis des rabbins à ce sujet.
          Shalom , Qu’Elohim bénisse votre équipe.

  4. Ezrah

    Shalom Thomas !

    Je tiens particulièrement à te remercier pour tout le travail accompli depuis ces quelques années (qui se retrouve une nouvelle fois au sein de cette Parasha). Qu’Adonaï te bénisse et t’encourage à persévérer dans cette voie, que tu puisses continuer d’être une source d’encouragements pour plusieurs.. Car c’est par l’une de tes vidéos, que j’ai reconnu ma nature pécheresse et que s’est suivi la techouva qui m’a conduit au D.ieu vivant et vrai à l’âge de 17 ans !

    En effet, il y a peu que je commence la lecture de la Torah après de (trop) nombreuses semaines d’hésitation à franchir le pas.. Et quelle fut ma surprise de constater que cela apporte et améliore grandement notre relation avec le D.ieu tout puissant et celle de Yeshoua HaMashiah !

    Cependant, venant d’un mouvement évangélique, je souhaite connaître ta position sur la “Sainte Cène” et du Kiddouch. Sachant et connaissant que la doctrine de la “Sainte Cène” qui est instaurée par l’Église n’est pas “biblique” (puisque c’est seulement à Pessah que nous sommes censés prendre ce repas), est-ce quelque chose de mauvais en soi de prendre ce “repas” chaque dimanche ? Dois-je finalement la prendre sachant cela ? Cela peut-il me condamner ?
    Car nombreux sont les dimanches où je me sens coupable à la vue de mes frères et sœurs qui y participent.. Ne souhaitant pas non plus être une pierre d’achoppement pour eux. Merci de m’éclaircir sur ces choses !

    Que Dieu te bénisse, Be Shem Yeshoua !

    Réponse
  5. virginie jacob

    Merci Thomas pour cette approche très intéressante de l’échelle de Jacob ! En ce moment je médite sur la notion De Sainteté de Dieu dans les évangiles as tu écrit quelque chose qui pourrais m’apporter une très bonne nourriture? merci vivi

    Réponse
  6. Florence

    Amen!!!
    J’ai moi même été “victime” de l’Evangile de prospérité par manque de connaissance. Je mets victime entre guillemets car il faut dire que j’écoutais beaucoup certains prédicateurs sans pour autant vérifier si ce qui était enseigné était conforme aux Saintes Ecritures.

    Pensez-vous faire une étude sur la dîme ou plutôt les dîmes telles qu’enseignées dans la Torah?
    Malheureusement le monde chrétien a repris ce commandement ( d’ailleurs c’assez contradictoire de piocher dans la première alliance et de déclarer la loi abolie tout en conservant certains commandements) et l’a détourné de son véritable sens.
    A ce jour je n’ai pas retrouvé ( j’ai peut être mal cherché) de véritable enseignement conforme aux Saintes Ecritures et aux enseignements des sages d’Israël à ce sujet.
    Shalom

    Réponse
  7. Ben

    Shabbat Shalom!
    Super étude encore une fois !
    Je relèverai juste une seule chose, quand tu cite le psaume 73, il n’est pas de David mais d’Asaph.. mais bon c’est rien, c’est juste un tout petit détail..!
    Merci encore pour ton travail! Que HaKadosh Baroukh Hou te bénisse !
    Bon Shabbat 😉

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