Les explorateurs : coulisses d’une faute immense – paracha Chela’h Lekha

 Nombres 13 :1 à 15 Fin

« Est-ce la faveur des hommes que je recherche ou celle de Dieu ? Mon désir est-il de plaire aux hommes ? Si je cherchais encore à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur du Messie » (Galates 1 : 10)

Introduction

Notre paracha est un nouveau grand puits que l’Eternel fait apparaître sur notre chemin de foi comme il est dit : « Et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d’eau; elle alla remplir d’eau l’outre, et donna à boire à l’enfant » (Genèse 21:19). Dans Sa largesse, une fois encore, notre Dieu invite ceux qui le craignent et aiment la vérité à venir remplir leur outre de l’eau de Sa pure Doctrine puisée dans ces innombrables puits qu’Il place avec miséricorde, chaque semaine, sur le chemin de vie de Ses enfants bien aimés. Venons remplir notre outre, avec Son aide, sans gâcher aucune de ces gouttes précieuses puisées aux sources de la vie.

Faisons un très bref résumé d’un point important de la paracha qui fera l’objet de notre étude : en chemin vers la terre promise, Dieu accepte la demande du peuple d’envoyer les 12 méraglim (espions, explorateurs) en éclaireur pour explorer le pays d’Israël et en faire un compte rendu avant de se lancer à la conquête de la terre. Ils reviennent de leur périple avec d’immenses fruits et un compte rendu pessimiste et largement démoralisant qui viendra briser et ruiner toute motivation du peuple dans son ensemble. Ce mauvais rapport convaincra le peuple de l’échec certains de la conquête d’Israël, et les pleurs du peuple feront éclater la colère de l’Eternel : le peuple tournera en rond dans le désert durant 40 ans et petit à petit, toute une génération y périra, comme il est dit dans ce terrible verdict de l’Eternel :

« Jusqu’à quand laisserai-je cette méchante assemblée murmurer contre moi? J’ai entendu les murmures des enfants d’Israël qui murmuraient contre moi. 28 Dis-leur: Je suis vivant ! dit l’Eternel, je vous ferai ainsi que vous avez parlé à mes oreilles. 29 Vos cadavres tomberont dans ce désert. Vous tous, dont on a fait le dénombrement, en vous comptant depuis l’âge de vingt ans et au-dessus, et qui avez murmuré contre moi, 30 vous n’entrerez point dans le pays que j’avais juré de vous faire habiter, excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun. 31 Et vos petits enfants, dont vous avez dit : Ils deviendront une proie ! je les y ferai entrer, et ils connaîtront le pays que vous avez dédaigné. 32 Vos cadavres, à vous, tomberont dans le désert; 33 et vos enfants paîtront quarante années dans le désert, et porteront la peine de vos infidélités, jusqu’à ce que vos cadavres soient tous tombés dans le désert. 34 De même que vous avez mis quarante jours à explorer le pays, vous porterez la peine de vos iniquités quarante années, une année pour chaque jour; et vous saurez ce que c’est que d’être privé de ma présence. 35 Moi, l’Eternel, j’ai parlé ! et c’est ainsi que je traiterai cette méchante assemblée qui s’est réunie contre moi; ils seront consumés dans ce désert, ils y mourront. » (Nombres 14:26-35)

Comme nous les lisons dans les commentaires :

« Cette réaction lamentable aura de profondes répercussions sur l’avenir du peuple juif. En entendant les enfants d’Israël se lamenter cette nuit-là, Dieu va déclarer : “Ils gémissent sans raison, j’instituerai à cette date une lamentation pour toutes les générations”.  C’était la nuit de Tich’a BéAv (9 Av), date à laquelle les deux temples ont été détruits et ou d’autres tragédies se sont produites tout au long de l’histoire du peuple juif (Rachi sur Psaume 106:27). »

C’est ici la célèbre et fameuse faute des explorateurs qui ont médit sur la terre d’Israël et entraîné le peuple entier à médire sur le pays promis.

Il existe quantité d’interprétations et d’explications profondes et justes sur cette faute, nous en avons déjà vu certains aspects dans de précédentes paracha sur ce site. Dans notre étude, nous allons revoir et regarder plus en profondeur les racines de cette faute, ce qui nous aidera à comprendre pourquoi plusieurs commentaires des sages d’Israël s’accordent à dire que cette faute est certainement la plus grave de toutes les fautes, devant même celle du veau d’or et que c’est précisément celle-ci qui est responsable de tant de malheurs à la date du 9 Av.

Nous voyons effectivement la mauvaise attitude des explorateurs en plusieurs endroits. En Nombres 13:29, sur ce verset tiré de leur compte rendu :

« Amalec habite la région du midi; le Héthéen, le Jébuséen et l’Amorréen habitent la montagne, et le Cananéen occupe le littoral et la rive du Jourdain. »,

Rachi commente sur “‘Amaleq demeure…” :

« Étant donné qu’ils avaient déjà dû en découdre avec ‘Amaleq, les explorateurs en ont fait mention pour les effrayer (Midrach Tan‘houma) »

Egalement, tandis que Josué et Caleb tentent de motiver le peuple sans se joindre au rapport défaitiste des 10 autres explorateurs, nous voyons, selon les commentaires, une gravissime baisse de foi de la part des explorateurs qui, malgré tous les miracles que HaShem a faits en leur faveur, répondent à Caleb :

« Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous. »

Sur ce passage : « Il est plus fort que nous (mimmènou) », les commentaires expliquent :

littéralement : « que nous » ou « que Lui ». Ils ont dit cela, si l’on peut s’exprimer ainsi, contre le Très-Haut (Sota 35a)

De plus, avant même le départ des explorateurs, nous voyons Moïse appeler Josué et, selon le commentaire de Rachi, prier pour lui afin qu’il soit sauvé du complot des explorateurs qu’il avait pressenti comme on peut le lire :

« Mochè appela Hoché‘a fils de Noun… » (Nombres 13:16) :
Il a prié pour lui : « Veuille Hachem te sauver (qa yochi‘akha) du complot des explorateurs ! » (Sota 34b)

Ce que confirme le commentaire du verset 26, après le retour des explorateurs pour faire le débriefing :

« Ils allèrent trouver Moïse, Aaron et toute la communauté des enfants d’Israël, dans le désert de Pharan, à Kadêch. Ils rendirent compte à eux et à toute la communauté, leur montrèrent les fruits de la contrée »,

Rachi explique sur “ils allèrent” :

« Que veut dire : « ils allèrent » ? Ils sont partis comme ils sont revenus. De même que leurs intentions étaient mauvaises à leur retour, de même l’étaient-elles à leur départ (Sota 35a) »

C’est effectivement dans le même sens que va le premier commentaire de notre paracha :

« Pourquoi le chapitre relatif aux explorateurs fait-il immédiatement suite à celui de Miriam ? Parce qu’elle a été punie pour avoir calomnié son frère, et ces dépravés, qui ont pourtant assisté à cet événement, n’en ont pas tiré la leçon. (Midrach Tan‘houma) »

Effectivement, ils auraient du faire ce raisonnement : si Miryam, qui a pourtant dit une vérité au sujet de Moshé et de sa femme, a été frappée de lèpre pour avoir prononcé des mauvaises paroles, même justes, sincères et prononcées en présence de son frère, alors à combien de plus forte raison seront frappés ceux qui médiront sur la terre d’Israël, pays et promesse de Dieu et décourageront le peuple entier par leurs mauvaises paroles !

Pourtant, chose absolument troublante après tant de commentaires négatifs sur les explorateurs, c’est bien Moïse qui envoie les explorateurs avec l’accord et le consentement d’HaShem :

« Envoie toi-même des hommes pour explorer le pays de Canaan. » (Nombres 13:2)

sur « Envoie-toi », Rachi explique :

« À ton gré. Quant à moi, je ne te l’ordonne pas. Si tu veux, envoie-les ! (Sota 34b). »

puis :

« Et Moïse les envoya du désert de Pharan, selon la parole de l’Éternel; » (Nombres 13:3) : Avec le consentement de HaShem, car Il n’y a pas mis obstacle.

Et enfin, pour rajouter au mystère, les explorateurs étaient, selon la Torah, des personnages éminents, considérés par tout le peuple comme il est dit en Nombres 13:3 :

« C’étaient tous des personnages [anachim] considérables entre les enfants d’Israël. » Sur quoi le commentaire explique : « Toutes les fois que le texte emploie le mot anachim (« hommes »), c’est pour souligner la considération dont ils sont l’objet. Et à ce moment-là, ils étaient irréprochables. »

Effectivement, comme l’explique le Rav Haïm Chmoulevitch dans le Si’hot Moussar, au départ, les explorateurs sont partis explorer le pays avec un motif lechem chamaïm (pour l’amour du ciel) : en effet, Hashem nous avait promis dans la paracha Vaet’hanan, d’entrer dans le pays en y trouvant une abondance de biens :

« L’Eternel, ton Dieu, te fera entrer dans le pays qu’il a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob, de te donner. Tu posséderas de grandes et bonnes villes que tu n’as point bâties, 11 des maisons qui sont pleines de toutes sortes de biens » (Deutéronome 6:10)

Et voici, le raisonnement, apparemment bon, des explorateurs :

“Les Cananéens ont entendu que nous allons conquérir le pays et ils vont cacher leur argent et leurs biens et nous ne trouverons rien. La Parole de Dieu serait alors annulée.” (Yalquout Chim’oni, bamidbar 742)

C’est pour cela qu’ils ont désiré explorer le pays, soucieux de l’éventuelle profanation du nom divin après ces promesses (Si’hot Moussar).

Comment comprendre et concilier toutes ces précieuses indications données par les commentaires et le texte de la Torah qui d’un côté nous parlent d’hommes irréprochables, considérés du peuple, envoyés avec le consentement et l’accord de Moshé et d’HaShem, des hommes motivés par l’amour du ciel, et d’un autre côté, nous voyons les commentaires et la Torah parler de ces hommes en tant que dépravés et pervertis, médisant sur la terre d’Israël, démotivant tout le peuple et bafouant les promesses de Dieu qui leur avait pourtant clairement déclaré :

« Je leur ai affirmé quant à moi que le pays est bon, comme il est écrit : “J’ai dit : Je vous ferai monter de la pauvreté de l’Égypte…” (Chemoth 3 : 17).

Voilà de bien belles questions que nous allons traiter ensemble dans cette étude d’une manière originale, ce qui nous permettra de nous sonder afin de ne pas tomber dans les mêmes terribles travers. Après avoir trouvé réponses à ces questions, nous serons bien mieux à même de comprendre ces terribles paroles du Seigneur Yéshoua :

« Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité » (Matthieu 7:22-23), c’est à dire vous, les « Fauteurs de non-Torah » ainsi que l’exprime la Bible Chouraqui.

Effectivement, Yéshoua, ici nous dit, que Dieu, au jour du jugement, ne considèrera pas le titre, la dignité des personnes, leur rang, leur statut social ou religieux, ni même s’ils affirment croire en Lui avec leur bouche : seules seront regardées la vertu morale, la foi dans le Dieu Un et la pratique des commandements divins découlant de cette foi, sans quoi, Yéshoua dira : “Retirez-vous de moi, fauteurs de non-Torah.”

La recherche des honneurs : une horreur spirituelle

Les commentaires de la Torah nous livrent l’explication profonde qui sera une clé majeure pour résoudre toutes les questions soulevées dans l’introduction de notre étude. Au sujet des meraglim (explorateurs), il est dit :

« Ils étaient tous des chefs d’Israël éminents et intègres. Mais pourquoi ont-ils fait un tel rapport ? Ils se sont dit : Si Israël entre en Terre Sainte, Moché nous remplacera car nous ne pouvons diriger que dans le désert, mais en Terre Sainte, nous ne dirigerons pas » (Zohar Chela’h 158a).

Ce que vient nous révéler ici le Zohar est une révolution qui permet de comprendre ce que le texte ne nous permet pas de voir de prime abord :

Les replis du cœur des explorateurs ont été sondés par le Très-Haut et voici le verdict : ils ont laissé la recherche de l’honneur et de la gloire personnelle dévorer leur intégrité et pervertir leur droiture.

Oui, chose terrible : selon le Rabbi Haïm Moutzato, ils ont littérairement trébuché sur le désir des honneurs et ils ont perdu ce monde ci et le monde futur.

« C’est la recherche des honneurs qui est la cause, d’après le Zohar, de la médisance du pays par les explorateurs, ce qui a entraîné leur mort et celle de toute la génération du désert. En effet, ils craignaient qu’en entrant dans le pays d’Israël, leur honorabilité diminuerait en perdant leur titre de prince des tribus d’Israël et que d’autres prendre à leur place (Messilat Yécharim 11). »

Tellement préoccupés par leur Kavod (honneur) personnel et leur titre de chef, le cœur des explorateurs est devenu ingénieux au mal en vue de conserver ce titre : c’est ainsi qu’ils se sont livrés, plus ou moins consciemment, à médire sur le pays d’Israël afin que le peuple n’y rentre pas et qu’ils puissent ainsi conserver leur rang et leur honneur dans le désert. Ils ont appliqué pour eux ce bien mauvais dicton : “Mieux vaut régner en enfer qu’être esclave au paradis.”

De là, nous apprenons que la recherche des honneurs conduit l’homme au reniement des promesses de Dieu, à la diminution de la foi et à l’hérésie : non seulement, ils croyaient les géants plus forts que HaShem, mais de plus, ils étaient prêts à rester dans le désert avec tout le peuple juste pour conserver leur rang de chef.

Notre Maître et Messie Yéshoua aurait très bien pu leur adresser cette puissante parole de réprimande :

« Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ? » (Jean 5:44)

Comme nous l’avons dit dans une précédente étude, insistons sur les désastres et les comportements parfois inconscients qui peuvent surgir à cause d’un cœur devenu avide de son titre, de sa place, de sa position spirituelle, un comportement qui vient tirer sa force dans les racines non nettoyées d’un cœur parfois inconscient d’agir non pour Dieu mais pour son propre honneur, allant jusqu’à faire passer ses faits, gestes et paroles, comme étant de Dieu tandis qu’il s’agit en réalité d’un cœur cherchant à protéger son propre honneur et non celui du Roi des rois :

« À cause de l’orgueil et d’une haute estime de leur personne, ils ont quitté les sentiers de l’amour et par leurs fautes, c’est tout le peuple qui a été entraîné à la désobéissance. De là, nous voyons une fois encore l’immense responsabilité de ceux que Dieu élève et à qui Il confère une certaine autorité spirituelle. Plus nous grandissons avec Dieu, plus nous nous affinons, plus Dieu nous bénit et plus nous devons veiller ardemment sur notre cœur afin de ne surtout pas tomber dans le piège infernal et si dangereux de l’orgueil spirituel, dans lequel, comme le montre notre paracha, plus des 3/4 tombent systématiquement (10/12eme des chefs religieux tombent dans ce piège selon la Torah) ! 

L’orgueil, racine de tous les maux, mène l’homme à la folie, à la destruction, à l’hérésie et à la mort, non seulement de lui-même mais aussi de tous ceux et celles qui se lieront à lui. L’orgueilleux est capable de mettre de côté son olam haba (monde futur) et les promesses de Dieu, de préférer le désert de l’exil, le désert d’une situation bloquée qui ne change pas, plutôt que de voir son honneur affecté, telle est une des douloureuses leçons de la faute des explorateurs afin que l’on se mette en garde contre un fléau bien plus présent et subtil qu’on ne saurait l’imaginer, fort répandu dans nos assemblées modernes. »

La Rab Haïm Chmoulevitch rajoute un détail de poids :

Les explorateurs n’étaient pas des chefs de tribu de mille, mais de simples chefs de cinquante, comme le relève le Ba’al Hatourim dans une traduction littérale du verset :

« Ils étaient chefs des enfant d’Israël, eux ». Le mot (eux) a une valeur numérique de 5 + 40 +5 = 50 pour t’apprendre qu’ils n’étaient que des chefs de cinquante (Ba’al Hatourim, bamidbar 13,3). »

« Combien de chefs de cinquante existait-il dans le peuple d’Israël composé de 600.000 hommes adultes ? 12.000 ! Malgré leur position sociale peu importante, puisqu’ils étaient si nombreux à être chefs de 50, ils ont pourtant jugé que tout le peuple devrait demeurer dans le désert sans rentrer en Terre Sainte de peur que leur “petit kavod” de chef de 50 dont ils jouissaient dans le désert soit diminué. Chacun des explorateurs a perdu la tête et a été prêt à tout, à cause de la crainte d’être destitué de son titre de “chef de 50” ! » (Si’hot Moussar)

Ce commentaire, simple mais extraordinaire, pourrait s’avérer très gênant mais bénéfique et salutaire pour de nombreux dirigeants spirituels et religieux de notre génération. N’oublions pas que la Torah nous transmet des messages valables pour chaque génération afin de mettre en lumière les mécanismes tortueux du cœur de l’homme pour mieux s’en défaire et avancer dans la sainteté, l’humilité et la sanctification. Parfois, nous le savons, lorsque la Torah jette la lumière sur certains travers de nos cœurs, cela peut faire mal, mais ces quelques maux passagers, pour qui les reçoit avec bienveillance et humilité, sont salutaires et sont les témoins de la miséricorde de Dieu qui, au lieu de nous laisser dans les ténèbres de l’ignorance, désire nous voir prendre en stature spirituelle. C’est là ce que nous dit l’auteur de l’épitre aux Hébreux :

« Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice. » (Hébreux 12:11)

Aujourd’hui encore, combien de chef de 50, de 100, de 200 ou de 500 existent-ils ? Si on rassemblait toutes les assemblées du monde juif, chrétien et messianique, là encore, on pourrait dire : des milliers ! Et nous le savons, beaucoup, pour ne pas perdre leur honneur, leur “petit kavod” et leur titre de “chef de 50”, sont prêts à médire et à regarder d’un mauvais œil tout ce qui viendra leur faire de l’ombre et parfois, ils le font sans même s’en apercevoir dans le mesure où leur discernement n’a pas été exercé sur leur propre compte, faute d’examen personnel. Il est frappant de constater qu’effectivement, nous retrouvons beaucoup plus présent ce comportement chez des petits chefs que chez de réels grands dirigeants religieux comme l’histoire nous en a donné, tant juifs que chrétiens, des dirigeants d’une haute stature spirituelle, jamais préoccupé par leur petit honneur personnel et ayant influencé des millions de personnes dans leur génération.

Pour preuve, nous voyons ce même phénomène dans un domaine bien connu de la masse : le monde du travail. Il est fréquent de se rendre compte que bien souvent, ce sont les petits chefs d’un petit service, d’un petit département, qui peuvent parfois se montrer orgueilleux, hautins, arrogants afin de conserver leur petite place, prêts à marcher sur leurs collègues et à écraser tout celui qui pourrait leur faire de l’ombre. Mais nous remarquerons facilement que celui qui est grand devant Dieu, malgré sa large influence, ne cherchera pas sa gloire et son honneur et ne craindra donc rien pour lui, car il sait que tout vient de Dieu, que seul l’Eternel donne la dignité et la grandeur et la retire à qui Il veut, bien conscient que la seule gloire, le seul honneur qui vaut la peine d’être cherché est celui de son prochain et par dessus tout, celui de Dieu.

Ce sont ici les paroles somptueuses du Messie :

« Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. 18 Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui. » (Jean 7:17-18)

De plus, comme nous l’avons vu, sous couvert de mitsvot (commandements) et d’une bonne action (explorer le pays), les explorateurs, ne voulant en vérité pas perdre leur titre, les desseins de leur cœur se sont manifestés à la lumière du jour, ils ont préféré médire sur ce qui leur causait de l’ombre : la terre d’Israël.

La leçon de notre paracha doit nous tenir attentifs et en éveil : aujourd’hui, bien de “petits chefs religieux et spirituels” n’hésitent pas à médire sur tout ce qui peut leur faire de l’ombre : que cela soit une personne, un peuple, une terre, une idée, ou une quelconque entreprise spirituelle innovante, à cela vous reconnaîtrez une personne qui est mue par son honneur personnel et le désir de voir sa position et son prestige maintenu au détriment des autres. Lorsqu’il se mêle la volonté de ne pas amoindrir son kavod personnel, alors cela conduit la personne à la médisance et à l’hérésie !

La Torah nous montre sans ménagement et sans détour, que les plus graves fautes ne viennent pas du erev rav (peuple étranger qui vient se joindre à Israël), les plus graves fautes ne viennent pas non plus du peuple mais du haut peuple : l’élite spirituelle, tous ceux et celles qui ont une responsabilité spirituelle et qui sont des “chefs de personnes”. C’est là ce qui fait la force et la véracité de la Torah : elle n’a pas peur de mettre en lumière la vérité sur le peuple bien aimé de Dieu.

Notre paracha est claire : L’élite spirituelle sentait bien qu’en Israël, elle perdrait son pouvoir, car en Israël, plus rien n’aurait été pareil, son poste, sa position et sa dignité auraient très bien pu être impactés, car le peuple rentrerait sur la Terre du Roi des rois, comme il est dit :

« Mais le pays que vous allez conquérir est un pays de montagnes et de vallées, abreuvé par les pluies du ciel; un pays sur lequel veille l’Éternel, ton Dieu, et qui est constamment sous l’œil du Seigneur, depuis le commencement de l’année jusqu’à la fin. » (Deutéronome 11:11-12)

Sur cette terre, le seul chef est l’Eternel, c’est Lui qui dirige et qui prend soin du pays et c’est lui qui élève et qui abaisse qui Il veut, quand Il veut, plus qu’en aucun autre endroit sur cette terre. Tout celui qui est à la recherche de son honneur personnel, tout celui qui s’attache à son petit kavod de chef religieux se fera facilement balayer et vomir de la terre par le Roi des roi, seul Maître en Israël. Les chefs l’ont ressenti et leur cœur n’étant pas droit, car déjà infecté par le venin de la recherche des honneurs et une farouche volonté à conserver leur titre et leur prestige, leur poste et leur position, ils ont alors choisi la voie du mal en médisant sur ce qui venait leur faire de l’ombre : ici, la terre d’Israël.

Il est certain que, d’une certaine façon, nous avons ici une des raisons profondes et cachées d’un certain antisionisme et d’une volonté de plusieurs de rester dans l’exil et le confort de l’Occident plutôt que de revenir en terre d’Israël, bien que cette seule explication ne soit évidemment pas la seule, loin de là.

Ce faisant, ces “petits chefs” ont entraîné tout le peuple avec eux qui s’est laissé emporté, séduit par les arguments, la rhétorique et la force persuasive de ces discours qui permettent aux petits chefs, d’être des petits chefs durant un temps. Les explorateurs sont venus ajouter leur intérêt personnel au projet de Dieu pour ne pas avoir à aller en Israël et cela s’est soldé par une phénoménale catastrophe comme pour bien nous montrer combien ce type de comportement est en horreur à l’Eternel. Que l’Eternel aide ses enfants à discerner le bien du mal afin de fuir et de ne jamais participer à toute exploration que ce type de dirigeant lancerait : il convient, une fois encore, de prendre modèle sur la tribu de Lévi, qui se démarqua et s’éloigna une nouvelle fois du péché, en ne participant pas à cette méchante assemblée d’explorateurs, représentatifs d’une majorité des petits chefs spirituels de chaque génération.

Nous avons donc ici un premier modèle que nous montre la Torah et qui vient expliquer pourquoi tant de petits chefs religieux peuvent parfois avoir bien des difficultés avec tout projet, toute personne, toute nouveauté qui pourrait leur faire de l’ombre : pour s’en débarrasser, avec la force du langage, de la persuasion perverse, ils sont capables d’entraîner, par le moyen d’une langue chargée d’honneur personnel, le peuple de Dieu dans la mauvaise direction en parlant mal de ce qui pourrait atteindre leur prestige, leur poste et leur position.

« Le Maharal explique que le grand mouvement de rédemption qui a débuté par l’arrachement à la matière, avec la libération d’Egypte, qui s’est poursuivi par un statut de liberté absolue, avec le don de la Torah sur le Har Sinaï et qui devait se terminer par l’entrée en Erets Israël, pour que la Torah soit imprimée dans le monde, a été coupé. Le Lachon Hara des explorateurs a détruit la sainteté du temps. Il est à l’origine d’un chaos historique, d’un séisme temporel. Il a perturbé le projet divin, il a créé une distorsion évènementielle dans l’histoire du monde.

Le ‘Hafets ‘Haïm dit que la faute du Lachon Hara est pire que la faute physique. En effet, il est légitime que le physique soit enclin à fauter, car il vit dans le monde matériel. En revanche, tout comme la pensée, la parole appartient au domaine du divin. Elle est la rencontre entre le fini et l’infini. Utiliser ce don à mauvais escient, c’est profaner le Tsélem Elokim qui est en l’homme.

L’individu possède, avec la parole, une liberté absolue. Il ressemble à D… Il possède le pouvoir d’engendrer une réalité, des évènements, …. Nous pouvons comprendre qu’en médisant, il profane la part divine qui est en lui, il se coupe, alors, de son avenir de « Ich », d’être important, pour redevenir un animal, dans le sens de primate, cette fois.

Enfin, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut, le Lachon Hara a le pouvoir de briser la courbe du temps, d’inverser le projet divin. Cette notion de bouleversement, de chaos est exprimée dans le Livre de Jérémie, « E’ha », qui décrit la complainte du prophète, après la destruction du premier Temple par Nabuchodonosor. Cet évènement a été décrété par D…, à la suite de la faute des explorateurs et des gémissements inconsidérés du peuple et il est à l’origine de l’exil de Babylonie.

Source : Yossef ben David Dagé sur Cela’h lekha.

Le rapport faussé à l’argent mène à la division

Nous avons vu les dégâts de la recherche des honneurs, faute profonde et grave des explorateurs qui aujourd’hui, ne soyons pas naïfs, est encore présente dans bien des assemblées, atteignant de nombreux dirigeants et avec, toute leur communauté.

Regardons maintenant un autre point problématique très étroitement lié à la faute des explorateurs : la conception erronée et un rapport faussé à l’argent. C’est ce que nous révèle avec puissance et beauté, la Torah dans notre paracha.

Regardons les versets décrivant les princes des tribus qui participeront à la mission d’exploration et faisons attention à ce qui apparaît en rouge :

« Et voici leurs noms: pour la tribu de Ruben, Chammoûa, fils de Zakkour;

pour la tribu de Siméon, Chafat, fils de Hori;

pour la tribu de Juda, Caleb, fils de Yefounné;

pour la tribu d’Issachar, Yigal, fils de Joseph;

pour la tribu d’Ephraïm, Hochéa, fils de Noun;

pour la tribu de Benjamin, Palti, fils de Rafou;

pour la tribu de Zabulon, Gaddïel, fils de Sodi;

pour la tribu de Joseph formant celle de Manassé, Gaddi, fils de Çouci;

pour la tribu de Dan, Ammïel, fils de Ghemalli;

pour la tribu d’Asher, Sethour, fils de Mikhaêl;

pour la tribu de Nephtali, Nahbi, fils de Vofsi;

pour la tribu de Gad, Gheouêl, fils de Makhi. » (Nombres 13:4 à 13:15)

Nous avons déjà évoqué dans une étude précédente en quoi l’ordre dans lequel apparait les 2 tribus d’Issachar et de Zabulon transmet un message très important :

« Habituellement, dans toute la Torah, lorsque les 12 tribus d’Israël sont énumérées, elles sont énumérées dans un ordre précis. Selon cet ordre, La tribu d’Issacar est toujours suivie de la tribu de Zabulon. Les sages d’Israël enseignent et montrent que la tribu d’Issacar est celle qui était attachée à l’étude de la Torah et à la transmission fidèle et profonde de la Saine Doctrine.

D’ailleurs, il est très intéressant de noter ce que dit même Wikipédia à ce sujet, confirmant ici les sources juives :

« La tribu d’Issacar était celle à laquelle appartenait l’apôtre Thomas. D’après la tradition juive, les tribus de Zabulon et Issacar semblent avoir développé une relation de symbiose, dans le sens où les descendants d’Issacar dédiaient leur temps à l’étude et à l’enseignement de la Torah, tandis que les membres de la tribu de Zabulon travaillaient pour les deux tribus. Ainsi, les uns partageaient le mérite de l’étude tandis que les autres partageaient les fruits de leur travail. Cette image de Issacar et Zabulon continue d’être utilisée dans les temps modernes […] »

Zabulon était attaché à travailler afin de subvenir aux besoins de la tribu d’Issacar pour que ces derniers puissent continuer à étudier la Torah et transmettre le savoir. Ces deux tribus avaient parfaitement compris leur rôle et le remplissait avec joie et profonde conviction, ce qui était parfaitement agréable à Dieu : Issacar, par leur étude de la Torah et la transmission du breuvage spirituel, fournissait une nourriture solide de haute qualité et, Zabulon, comprenant parfaitement que leur propre réussite financière et matérielle n’était possible que grâce à Issacar, était dans la joie de travailler, de les aider et de subvenir à leurs besoins afin que la spiritualité et l’abondance matérielles se répandent pour le bien de tous.

Ainsi, une parfaite union entre le spirituel et le matériel avait lieu, union entre le ciel et la terre ainsi qu’il est dit :

« Sur Zabulon il dit : Réjouis-toi, Zabulon, dans tes courses, Et toi, Issacar, dans tes tentes ! » (Deutéronome 33:18).

Les Sages d’Israël commentent ce dernier verset :

Zabulon sortait joyeusement travailler à l’extérieur car il savait que grâce à Lui, Issacar pouvait joyeusement continuer à travailler dans la tente d’étude. C’est ici une parfaite union et compréhension du spirituel et du matériel en accord avec la parfaite volonté de Dieu : chacun avait compris son rôle. Zabulon savait que toute sa richesse et sa réussite matérielle et financière provenait uniquement du soutien qu’il apportait à Issacar, ce dernier permettant de fournir cette merveilleuse nourriture spirituelle au peuple qui a pour effet de bénir abondamment Zabulon et tout le reste d’Israël !

Les Sages d’Israël enseignent que Zabulon est en vérité plus grand qu’Issacar car c’est une force et une foi merveilleuse d’être dans le monde, de travailler dans le monde, tout en comprenant et en intégrant que sa propre réussite est uniquement due à cette approvisionnement spirituel de la part d’Issacar.

Ainsi, l’argent de Zabulon est véritablement sanctifié, il devient sacré et porteur de forces spirituelles inimaginables permettant à Issacar d’étudier et de transmettre la Torah comme jamais. Lorsque Issacar est conscient qu’au sein de l’argent de Zabulon se trouvent les forces spirituelles pour dispenser des enseignements de qualité et lorsque Zabulon est bien conscient que son revenu est béni de Dieu s’il est utilisé pour soutenir Issacar dans son étude pour l’ensemble du peuple, alors l’osmose parfaite s’installe et le cœur du Père des lumières, ravi d’une telle entreprise chargée de répandre la pure doctrine du Dieu unique parmi son peuple, bénit alors ses enfants avec profusion.

Dans le monde chrétien, on comprend la catastrophe spirituelle de cet Evangile de prospérité, qui, en plus d’avoir aboli et perverti les voies droites du Seigneur en de nombreux endroits, enseigne une chose terrible émanant du cœur même de Mamon : « Donnez donc de l’argent aux pasteurs et ainsi vous recevrez encore plus d’argent car Dieu multipliera vos richesses ! »

Beaucoup donnent donc de l’argent aux dirigeants spirituels en espérant recevoir d’autant plus d’argent en retour : ce sont des dons souillés et impurs qui mènent à la ruine et à l’apostasie.

Issacar savait que tout son confort et sa possibilité d’étudier les profondeurs de la Torah pour les transmettre au peuple, était dû à cet amour et ce soutien sincère et joyeux de la part de Zabulon qui comprenait et intégrait l’importance de la vie spirituelle, de la Torah, des Lois de Dieu et des bénédictions qui en découlent lorsque le peuple tout entier est bien enseigné et observe donc la Torah avec joie, amour et obéissance ! Dieu aime cela !

Cependant, dans notre Paracha, juste avant le départ des explorateurs, le texte fait volontairement apparaître une anomalie : Issacar et Zabulon ne sont plus côte à côte dans l’énumération mais séparés !

C’est ici en vérité un message des plus forts : une des autres raisons de la chute du peuple de Dieu et de l’apostasie, est due à cette coupure, à ce brisement entre ceux qui étudient et apportent la connaissance de la Torah et ceux qui sont censés les soutenir. »

Il y a une façon propre, saine et conforme à la Saine Doctrine d’utiliser son argent. Dans un chiour (enseignement) du Rav Wattenberg, on peut lire :

« Le Choul’han ‘Aroukh  écrit (Chapitre 246 Paragraphe 1) : « Celui qui ne peut étudier la Torah; du fait qu’il n’a pas du tout la connaissance nécessaire ou à cause des perturbations engendrées par le biais du travail; doit financer ceux qui étudient. Le Rama rajoute : « Cela lui sera compté comme s’il avait lui-même étudier, et un homme peut faire un contrat avec son ami ; que lui étudiera la Torah alors qu’il ira chercher une subsistance qu’il partagera avec lui.»

Le Rav Malinovski, explique que si l’on reçoit de l’argent au moyen d’une association type Issakhar-Zvouloun, c’est totalement autorisé !

On trouve dans la Guémara des Tanaïm qui ont fait [l’association] Issakhar-Zvouloun. La Guémara dans Sota 21a nous parle de l’association entre le Tana Chimone et son frère Azaria, entre Rabbi Yo’hanan et le Nassi.

À part ça bien sûr, il y a Issakhar et Zévouloun eux mêmes, et même les douze tribus entre eux (comme ça comprennent les A’haronim). On voit ça dans le Midrach Raba Parachat Nasso Paracha 13 Siman 17. Et tout le monde fait l’éloge de cette association.

Le Tour, ramené dans le Choulkhan Arou’h Yorei Déa début du Siman 246 écrit que tout juif est obligé d’étudier la Torah, mais celui qui est idiot, ignorant ou bien est trop occupé dans sa vie (il doit s’occuper de personnes malades par exemple) peut se suffire de payer ceux qui étudient afin de s’associer avec eux. Source : http://rwattenberg.free.fr/Issakhar.html »

Le Rav Dynovisz, dans un chiour (enseignement) sur le sujet rapporte un enseignement de Rabbi Simon bar Yochai dans un zohar sur la paracha Vaychlah :

« L’ange de Essav (Esaü) a frappé la hanche de Yaacov, c’est-à-dire le soutien de la Torah » :

Tout comme des hanches en bon état soutiennent l’homme dans sa marche et l’empêchent de boiter, le soutien financier de Zabulon, lorsqu’il est donné de la bonne façon et avec la bonne intention du cœur, permet la bonne marche d’Issacar et de tout le peuple de Dieu. Finalement, tous ceux qui ne donnent pas de leur subsistance pour soutenir l’étude de la Torah ou qui donnent de la mauvaise façon, ne font que renforcer la royauté de Essav dans le monde et se joignent spirituellement aux coups de l’ange donnés sur la hanche de Yaacov.

Il faut bien saisir l’énorme différence qu’il y a entre un mauvais donateur et le don effectué par ceux de la tribu de Zabulon : le mauvais donateur donne mais avec le sentiment qu’on lui enlève de son argent, il a comme un sentiment d’obligation avec presque un regret lorsqu’il donne, une sorte de pincement au cœur qui fait de son don un soutien incomplet donné avec un cœur non entier. C’est au point que s’il avait eu l’opportunité de ne pas donner, il aurait été secrètement ravi de conserver son argent. Le mauvais donateur ne donne pas totalement avec le cœur, il le fait comme s’il donnait “la charité” en ressentant un manque, sans comprendre qu’il ne s’agit nullement de charité mais de sa propre vie spirituelle et matérielle dont il s’agit.

Et il y a Zabulon, qui lui donne avec tout son cœur et plein de joie, conscient que cet argent qu’il donne n’est pas de la charité, mais une force spirituelle qu’il donne à Issacar afin que le peuple de Dieu, dans son ensemble, marche dans la Saine Doctrine sans boiter grâce à ce précieux soutien à la Torah qu’il procure en aidant ceux qui s’y adonnent pleinement. De même Issacar doit comprendre que cet argent n’est pas de la charité mais une force spirituelle donnée par Dieu afin qu’il dispense droitement de belles études sans compromis pour le peuple de Dieu. Lorsque Issacar et Zabulon comprennent bien ce principe et agissent en harmonie avec l’intention du cœur requise, lorsque l’ensemble argent/étude ne trouve son sens que lorsqu’il est dirigé vers la Torah du Maître de l’univers, alors leur association est parfaite devant Dieu, saine et propre, et la faveur et la bénédiction de Dieu reposeront sur eux : ils deviennent un couple sacré béni de l’Eternel.

Mais, afin de rester attentifs, comprenons bien que l’ange de Essav, en frappant la hanche, s’attaque directement à cette dimension du bonheur qu’il y a dans le fait de donner la vie. L’ange, le malin, en frappant la hanche, veut enlever à Zabulon le bonheur de donner pour soutenir l’étude de la Torah et sa transmission dans le monde. Aujourd’hui encore, par toutes sortes de perversion et de doctrines erronées, beaucoup tentent de frapper la hanche du peuple de Dieu en faisant croire et en enseignant que tout soutient financier et toute contribution libre ou fixe est une chose mauvaise qui ne devrait pas être mêlé à la foi : “Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement” disent-ils, et se faisant, ils arrachent violemment une fois encore ce verset de son contexte, lui font violence et oublient volontiers tous les autres versets et enseignements approuvant au contraire l’utilisation saine de l’argent dans le domaine spirituel : « Puisque nous avons semé parmi vous les biens spirituels, serait-ce de notre part une prétention exorbitante si nous attendions de vous quelque avantage matériel ? » (1 Corinthiens 9:11)

Lorsque cette dimension de l’argent est malmenée, faussée et pervertie par les coups de l’ange portés sur la hanche de Yaacov, alors il y a séparation entre Issacar et Zabulon, le couple sacré est brisé et la marche du peuple de Dieu devient boiteuse. Zabulon commence à ressentir de plus en plus de plaisir à garder son argent pour lui-même plutôt que d’en donner une partie pour soutenir la Torah, il préfère de loin s’acheter une belle voiture et toutes sortes de biens personnels plutôt que de soutenir Issacar : c’est ici la séparation qui apparait dans l’énumération des tribus dans notre paracha. Cette séparation fait basculer l’ensemble du peuple de Dieu dans la fosse : c’est la chute des explorateurs. En partant dans un état spirituel divisé et désuni, la chute et l’hérésie ont suivi.

Le lien, bien que subtil, est très présent et très fort, et s’accompagne d’une grande question : Pourquoi les explorateurs n’ont pas ressenti l’importance spirituelle de la terre d’Israël, pourquoi n’ont-ils pas ressenti l’importance du sable de cette terre capable de faire d’un homme et de son étude une personne mille fois plus grande qu’en Galout (exil) puisque, étant sur la terre du Roi des rois, sa dimension spirituelle s’en retrouvera considérablement renforcé ?

Pourquoi ont-ils perdu cette sensibilité ? Ils l’ont perdue tout simplement à cause d’un rapport à l’argent qui a été faussé et perverti comme nous venons de l’exprimer en quelques mots : Issacar et Zabulon sont séparés spirituellement ainsi que cela apparaît dans notre paracha où la séparation, juste avant l’exploration, est déjà consommée. Lorsque Issacar, à cause de son étude et de ses connaissances spirituelles commence à regarder avec hauteur Zabulon et lorsque Zabulon, par son travail et ses rentrées financières, commence à regarder avec pitié et mépris celui qu’il soutient : le rapport à l’argent est alors faussé et participe, en bout de course, à la plus grande de toutes les fautes d’Israël, celle des explorateurs ! C’est encore ce que nous pouvons observer dans une partie du monde croyant, où le rapport à l’argent est complètement faussé et dénaturé : il y a séparation entre ceux qui travaillent à la diffusion de la Torah (Issacar) et ceux qui travaillent dans le monde (Zabulon).

Mais grâce à Dieu, dans les cas où cette association fonctionne, où le peuple de Dieu a reçu l’entendement pour comprendre et entendre ce qui est dit dans cette étude, alors l’association Issacar/Zabulon apporte la guérison de la hanche, et les associés marcheront droitement dans les voies de Dieu en recevant certainement toute l’aide du ciel dans toute leur entreprise.

Nous voyons une autre anomalie dans les versets qui va venir appuyer et étayer tout ce qui vient d’être dit. La même anomalie apparaît, non plus entre Issacar et Zabulon mais entre Menassé et Ephraim qui sont normalement toujours cités l’un à côté de l’autre, ce qui n’est le cas dans notre paracha :

« Et voici leurs noms: pour la tribu de Ruben, Chammoûa, fils de Zakkour;

pour la tribu de Siméon, Chafat, fils de Hori;

pour la tribu de Juda, Caleb, fils de Yefounné;

pour la tribu d’Issachar, Yigal, fils de Joseph;

pour la tribu d’Ephraïm, Hochéa, fils de Noun;

pour la tribu de Benjamin, Palti, fils de Rafou;

pour la tribu de Zabulon, Gaddïel, fils de Sodi;

pour la tribu de Joseph formant celle de Manassé, Gaddi, fils de Çouci;

pour la tribu de Dan, Ammïel, fils de Ghemalli;

pour la tribu d’Asher, Sethour, fils de Mikhaêl;

pour la tribu de Nephtali, Nahbi, fils de Vofsi;

pour la tribu de Gad, Gheouêl, fils de Makhi. » (Nombres 13:4 à 13:15)

Les sages d’Israël nous apprennent, conformément à la Torah, que Yossef a en lui deux dimensions : la dimension ciel (pieux, fidèle en toute chose à la Torah durant tout son séjour en Egypte) et la dimension terre (gouverneur en Egypte capable de gérer et de s’impliquer dans la politique du gouvernement égyptien et d’en assurer la gestion). Les deux dimensions de Yossef se retrouvent et sont représentées par Ephraïm (ciel) et Manassé (terre) et là encore, lorsque les explorateurs sont partis, il est frappant de constater, dans l’énumération faite par la Torah, qu’ils étaient séparés !

L’aspect caché et profond de la Torah nous enseigne sur le fait que les explorateurs sont en réalité partis dans un total manque d’unité et d’harmonie : le matériel et le spirituel était séparé avec de surcroît, un rapport faussé à l’argent symbolisé par la séparation entre Issacar et Zabulon : ce sont ici une des causes profondes de la catastrophe spirituelle décrite dans notre paracha dont les conséquences sont la mort d’une génération entière dans le désert.

Dernière remarque : nous constatons, dans le verset, que Yossef est cité avec Manassé (dimension matérielle). Pourquoi n’est-il pas cité avec Ephraïm (dimension spirituelle) ? Cela vient nous apprendre une chose importante : lorsqu’il y a séparation entre la dimension spirituelle et matérielle, alors c’est la dimension matérielle et charnelle qui se renforce. De la même manière, lorsqu’il y a séparation entre Issacar et Zabulon, c’est la dimension spirituelle (Issacar) qui s’effondre en premier et tôt ou tard, Zabulon n’étant pas tout de suite atteint mais, tôt ou tard, c’est l’ensemble du peuple qui, dénué de sensibilité, tombe dans le péché d’orgueil, de médisance et entraîne le chaos et l’hérésie, le manque de foi et la désunion au sein du peuple de Dieu.

Puissions-nous avec le Messie Yéshoua notre Maître et Sauveur, dire et vivre les mêmes paroles : « J’honore mon Père […] Je ne cherche point ma gloire; il en est un qui la cherche et qui juge. » (Jean 8 :49) et qu’avec Paul, nous puissions dire également : « Nous n’avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres » (1 Thessaloniciens 2 :6)

Que le peuple de Dieu soit béni, que l’Eternel apporte la paix à Son peuple, qu’Il lui donne de marcher dans l’harmonie et de créer autant d’association Issacar/Zabulon qu’il est possible de faire sous le soleil parmi les enfants de Dieu sincères, droits, intègres, ayant réellement été appelés à servir le Dieu puissant et à faire connaître à la multitude ses voies droites et sa doctrine sans tâche, sept fois épurée ! Que l’Eternel des armées aide tous Ses enfants à se rapprocher de Sa Torah parfaite, ainsi que l’a enseigné le Messie Yéshoua, que le Tout Puissant extirpe du cœur de Ses enfants, toute racine d’orgueil et d’honneur personnel et de recherche de propre gloire mais qu’au contraire, chacun soit attaché à chercher l’honneur de son prochain et la gloire du Maître du Monde. Amen vé amen.

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Une étude inspiré d’un enseignement du Rav Haïm Dynovisz, du Si’hot Moussar et divers commentaires des sages dans le cadre d’un partage réalisée par la seule grâce infinie d’HaShem (Dieu), avec la précieuse aide des rabbanim d’aujourd’hui et des sages d’Israël d’autrefois.

Note importante relative au contenu des articles du site web : Veuillez citer la source lors de toute copie partielle ou complète de l’article, ainsi que le rappellent justement les maximes des pères (Pirqé Avot) : « Quiconque cite l’auteur d’une parole amène la délivrance dans le monde ». Pour le reste, c’est entre vous et Dieu qui sonde les cœurs et qui rendra à chacun selon ses œuvres.

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Sur ce site web, nous usons donc de notre liberté en Yéshoua pour citer et utiliser, lorsque cela s’avère nécessaire et utile pour nous faire grandir dans la compréhension du plan divin et de la volonté de Dieu, le travail d’hommes ou de femmes parfois rattachés à d’autres confessions, mais que nous publions tout de même en raison de la qualité de leur contribution dans des domaines particuliers, bien que nous ne les rejoignons pas forcément dans toute leur doctrine. En outre, cela nous invite à nous exercer à vivre cette maxime des sages : « Qui est sage ? Celui qui apprend de chaque homme.[…] Le sage n’est pas celui qui a acquis des connaissances étendues dans tous les domaines, mais celui qui est capable d’apprendre de chacun » (Pirqé Avot). Si nous ne suivons pas cette maxime, nous nous éloignons alors de la sagesse pour rejoindre les rangs de ceux dont l’esprit est encombré par l’intolérance et le légalisme qui est l’étroitesse d’esprit, qu’à Dieu ne plaise !

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1 Commentaire

  1. PLANCKEEL

    Chaque paracha nous éclaire toujours plus pour parvenir à la sainteté dans notre marche avec notre Maître.
    Je n’avais jamais fait attention sur l’ordre des tributs, c’est extraordinaire comment le moindre verset, mot, ou phrase a son importance.
    Concernant le soutien à ceux qui enseignent la Thora et la Parole de D.ieu, il faut être aussi fidèle quand on s’engage, je crois que c’est important devant HaShem.
    Merci pour ces perles Thomas
    Que notre Seigneur Yeschoua te comble de bénédictions
    Joël

    Réponse

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