Introduction
Dans la Paracha Yitro (Exode 18 à 20) et Michpatim (Exode 21 à 24) apparaît le commandement de ne pas prononcer le Nom de Dieu en vain.
L’occasion de faire « une pierre deux coups » nous est offerte par le Ciel : approcher la sagesse de cette importante loi, dans la pensée hébraïque des auteurs de la Bible, et mettre un terme à quelques graves calomnies colportées sur nos frères juifs.
Comme le disent les textes sacrés et les maîtres de la sagesse : il faut réprimander un homme qu’on voit commettre une faute. Plus encore s’il en entraîne d’autres dans son péché.
Notre réflexion devrait particulièrement mettre en lumière cette sentence des sages d’Israël :
« Si tu examines bien, tu verras que l’orgueil se trouve généralement chez les sots, comme disent nos maîtres : un signe de vanité, c’est bien le peu de connaissance de la Torah » (Ram’hal)
Suivant ce conseil de sagesse, nous examinerons ensemble un discours tenu par une certaine frange du christianisme qui, en dépit des avertissements, persiste dans une attitude insolente, méprisante, voir outrageante envers leurs aînés, prenant pour cible les rabbins et la littérature juive.
Halte à la judéophobie et à la christianophobie
Il est important de clarifier immédiatement un point fondamental : que Dieu nous préserve de tomber dans un autre travers, celui de la haine, de l’amertume et du ressentiment vis-à-vis du monde chrétien en général. À cet égard et pour garder le précieux équilibre, nous vous renvoyons, si besoin, à cette étude : malgré l’Apostasie, n’oublions jamais les immenses bienfaits du christianisme ! Mise au point pour l’unité et la paix
Car fuir la judéophobie pour sombrer ensuite dans la christianophobie: voilà un mal qui nous guettent au tournant : après avoir découvert certaines vérités précieuses, mais révoltantes, plusieurs se laissent envahir par l’amertume et adoptent une attitude et un discours hostile et agressif envers tous les chrétiens en général, oubliant de veiller « à ce qu’aucune racine d’amertume ne pousse et que plusieurs n’en soient infectés; » (Hébreux 12:15)
Il est évident que de nombreux chrétiens sont de véritables enfants de Dieu sauvés par les mérites du Messie juif Yéshoua, dotés d’un authentique amour pour Israël, et respectueux de ses sages et de sa littérature sacrée. Cette étude ne les concerne pas.
Cependant, nous devons savoir que le temps des autodafés n’est pas encore révolu et si on leur donnait l’autorisation et les moyens, beaucoup de croyants des nations ne se priveraient pas de reproduire les actes infâmes de l’ennemi de nos âmes en allumant de nouveau ces « feux de la haine » qui ont dévoré tant d’ouvrages religieux si précieux et si chers au peuple juif, peuple « prunelle de l’œil de l’Éternel ».
Rappelons qu’en parlant du peuple juif premièrement, l’Éternel le déclare : « je maudirai ceux qui te maudiront; »
Ainsi que l’explique Derek Prince (un authentique chrétien) dans ces propos rapportés par un frère abonné à la WebYéshiva LeRetourAuxRacines :
« L’adjonction de cette malédiction est là pour un but très important. Toute personne sur laquelle Dieu prononce Sa bénédiction se trouve par là même automatiquement exposée à la haine et à l’opposition du grand ennemi de Dieu et de Son peuple: Satan.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la bénédiction de Dieu provoque la malédiction de Satan, par le canal des lèvres de ceux que Satan domine.
C’est pourquoi lorsque Dieu bénit Abraham, Il ajouta Sa malédiction sur tous ceux qui maudiraient Abraham. Cela signifie que personne ne maudirait Abraham sans subir en retour la malédiction de Dieu.
Considérés dans leur ensemble, ces passages montrent clairement qu’à la fois la bénédiction et la malédiction prononcées au commencement sur Abraham, s’étendaient à ses descendants Isaac et Jacob, et ensuite aux générations qui leur ont succédé, et qui sont définies collectivement aujourd’hui comme étant le peuple juif.
Dieu n’a pas rendu impossible le fait que Ses ennemis maudissent Abraham, Isaac et Jacob ainsi que leurs descendants, mais Il a assuré que personne ne pût le faire impunément.
À partir de ce jour, personne n’a jamais maudit le peuple juif sans appeler sur lui une malédiction bien plus grave encore: celle de Dieu Tout-Puissant. »
L’apôtre qualifiera sans ménagement ces gens de « rebelles auxquels il faut fermer la bouche » (Tite 1.11) car,
venant à peine d’ouvrir les yeux, ils s’imaginent déjà être des savants accomplis. C’est à l’égard de ceux-ci qu’il est dit : « Tout coeur hautain est en horreur à Dieu » (Proverbes 15.5).
Celui qui se qualifia jadis être lui-même « le moindre des apôtres », déclare sans ambages à leur sujet : « reprends-les sévèrement » (Tite 1).
La raison, connue de Paul, est donnée par son peuple :
« Nos sages nous avertissent : quiconque pouvant s’opposer aux fautes des hommes et ne le fait pas, trébuchera sur la faute même (qu’il aurait laissé passer sans intervenir) (Traité shabbat 54b).
Il nous faut donc répondre – dans l’amour et la paix, mais avec fermeté – à ces personnes qui injurient, outragent les autorités et parlent honteusement de ce qu’ils ignorent.
Pierre dira de ces gens-là qu’ils sont « audacieux et arrogants, ils ne craignent pas d’injurier les gloires, tandis que les anges, supérieurs en force et en puissance, ne portent pas contre elles de jugement injurieux devant le Seigneur. » (2 Pierre 2)
Ce double phénomène prophétique qui concerne les croyants de la dernière génération
En cette fin des temps et fidèlement aux antiques prophéties bibliques, nous observons ce double phénomène :
D’une part, un amour profond et croissant envers Israël et sa Torah, s’épanche sur une partie des croyants des nations, et d’autre part, une hostilité et une judéophobie grandissantes envers Israël et Sa Torah, s’épanche également sur un tout autre pan des croyants des nations, accomplissant l’oracle du prophète Malachie :
« Et vous verrez de nouveau la différence Entre le juste et le méchant, Entre celui qui sert Dieu Et celui qui ne le sert pas.
Car voici, le jour vient, Ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les méchants seront comme du chaume; Le jour qui vient les embrasera, Dit l’Éternel des armées, Il ne leur laissera ni racine ni rameau.
Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera Le soleil de la justice, Et la guérison sera sous ses ailes » (Malachie 3)
En ces derniers jours, de plus en plus de chrétiens suivent la nuée de l’Éternel et se laissent diriger vers les origines hébraïques de leur foi, avec une grande joie. Acceptant et bravant par la foi les combats spirituels inhérents à ce chemin resserré, ils se dirigent vers « le pays des délices », se préparent à la rencontre de leur Dieu et attendent, non sans agir, mais dans la crainte et l’amour, à voir enfin se lever « Le soleil de la justice ».
Ceux-là désirent se rapprocher et adopter progressivement, avec circonspection et discernement, mais surtout avec beaucoup d’amour, la culture et les coutumes bibliques du peuple juif sur lequel ils ont été greffés par la foi en Yéshoua. C’est ainsi qu’ils suivent le chemin tracé par Ruth la Moabite, un modèle d’inspiration qui nous enseigne la conduite à tenir lorsqu’on est issu d’une souche païenne, et qu’on désire s’approcher du peuple élu.
Dans ce retour rafraichissant aux racines hébraïques de notre foi, il est normal de voir apparaître, petit à petit, des changements.
Par exemple, les croyants des nations prendront l’habitude d’utiliser de plus en plus régulièrement le Nom « HaShem » en lieu et place de « Dieu », comme le font les juifs.
Devant cet état de fait, une partie du monde chrétien se questionne. Certains, par circonspection, humilité et amour, s’en tiennent aux questions, confiants que Dieu leur répondra en Son temps, s’Il le désire.
Dans leur questionnement légitime, d’autres, par manque de vigilance, sont tout prêts de tomber dans le piège anti-rabbinique et judéophobe tendu par le Satan.
C’est là ce que nous allons maintenant développer
Illustration du piège
Ce commentaire récent illustre le piège dont nous venons de parler et dans lequel son auteur est en train de tomber :
« Le terme Hashem qui signifie “le Nom”, n’est-il pas insultant d’appeler le maître de l’univers “Le Nom” ?
Ces fameux rabbins ont bien masqué le nom de YHWH car Ex 20 7 dit : « Tu ne prendras point le Nom de l’Eternel ton Dieu en vain; car l’Éternel ne tiendra point pour innocent, celui qui aura pris son Nom en vain ».
Si je ne dois pas prendre ce nom en vain, il me semble tout à fait logique que je le connaisse non ? »
Bien que ce commentaire demeure malgré tout sous la forme d’un questionnement, la semence du mal est déjà dedans, et l’odeur spirituelle qui s’en dégage n’est certainement pas celle de l’amour envers le peuple juif.
Il n’est pas difficile d’y déceler la conclusion tacite et implicite qui, sans réponse, ne tardera probablement pas à être reformulée puis propagée sous la forme finale d’un nouvel argument judéophobe et diffamatoire.
D’autres, conduit par un « zèle non éclairé », ont déjà franchi le stade du questionnement depuis longtemps, mais non pas celui de l’ignorance. Ceux-là s’aventurent pour leur perte sur le terrain maudit des médisances envers Israël et ses dirigeants spirituels; ils s’érigent parfois même ouvertement, publiquement et sans honte, contre les bien-aimés de Dieu en adoptant un type de discours, tel que celui-ci, récemment aperçu lors d’un passage furtif sur Facebook, que nous reproduisons ici pour notre étude :
« J’aimerais savoir où il y a écrit « Hashem » dans les écritures.
En utilisant tous les termes utilisés dans la fausse religion rabbinique qui n’est en rien celle de Moïse […] allant même jusqu’à faire la gematria comme eux… » .
Voilà de quoi mettre en lumière cette sentence de Salomon : « un peu de folie l’emporte sur la sagesse et sur la gloire. » (Ecclésiaste 10:1).
Un si petit commentaire, si rapide à lire et de si vastes erreurs qui appelleraient un temps considérable pour les réfuter; ainsi en est-il, pour un temps, de la vérité face au mensonge.
L’homme insensé répand sa folie comme le vent disperse la paille, tandis que le sage, tel un laboureur patient, peine à séparer le bon grain de l’ivraie. Une simple parole d’erreur peut enflammer mille esprits, mais il faut mille vérités pour éteindre une seule de ces flammes trompeuses.
Voyons-nous comme un souffle d’ignorance suffit à jeter le trouble ? Un mensonge se propage avec la légèreté d’un drap au vent, mais la rectitude demande l’effort du forgeron sur l’enclume. Il faut un instant pour que l’inexactitude séduise, et des heures de labeur pour que la vérité reprenne son trône.
L’auteur du commentaire semble faire peu de cas de la richesse de la « guématria » ou « gematria » qui n’est rien d’autre que la science biblique des nombres, que Dieu chérit dans Sa sagesse, puisque Le Souverain l’utilise abondamment dans l’Ecriture en prenant soin d’y déposer des secrets et des enseignements sublimes remplis des délices spirituels les plus fins. Mais « l’ignorant méprise la sagesse ».
Réservons le sujet de « la guématria » pour une future étude si D.ieu, si HaShem le permet.
Restons concentrés sur le thème de notre étude : en quoi l’utilisation du terme « HaSHem » est-elle absolument biblique et s’enracine-t-elle dans la Torah écrite sans l’ombre d’un doute ?
En tout premier lieu, il convient de savoir que « Ha-Shem » en hébreu, signifie « Le Nom » en français. Ce terme apparait dans le texte source en de nombreux endroits et fait bien référence au nom sacré et ineffable de Dieu.
Par exemple, en lévitique 24:11 nous lisons :
« Le fils de la femme israélite blasphéma et maudit le nom de Dieu [HaShem]. On l’amena à Moïse ». Ici le texte est clair : il est question du nom sacré de Dieu. Dit autrement, le verset peut se traduire ainsi : « une personne a maudit HaShem » !
Le Rav Méir Zlotowitz, dans son commentaire sur le « Chéma Israël » explique avec simplicité et éloquence :
Le Tétragramme est connu sous le nom de Chem Hameforach, « le Nom explicite » ou « le Nom distinct ».
De nos jours, par respect pour sa grande sainteté, il n’est jamais prononcé comme il est écrit. Le nom Adonaï [Mon Seigneur] lui est substitué dans la prière, tandis que, dans le langage courant, il est révérencieusement prononcé Hachem [« Le Nom » par excellence].
De la même façon que plusieurs utilisent les noms « Adonaï », « Elohim », « El-Shaddaï », etc., chacun de ces Noms faisant référence à une dimension du divin bien particulière (que peu connaissent en les utilisant), Le Nom HaShem fait lui aussi référence à une dimension du divin bien précise et renvoie au Nom sacré de Dieu.
Il est connu que les divers « Noms » de Dieu représentent les différentes voies par lesquelles Il se révèle. Or, le nom « HaShem », connu en tant que tétragramme (YHWH), est la manifestation de Dieu la plus élevée, nous disent les commentateurs juifs érudits.
Le Rav Gabriel DAYAN :
« Il est interdit de prononcer le Nom du Créateur si ce n’est dans le cadre d’une prière ou d’une bénédiction. Il a été habituel depuis des millénaires d’utiliser ce mot [HaShem] pour y faire allusion, et, ce, sans risquer d’enfreindre la moindre interdiction. »
L’interdiction en question est mentionnée dans :
Exode, chapitre 20, verset 7 : « Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternel ton Dieu à l’appui du mensonge; car l’Éternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge. »
Deutéronome, chapitre 6, verset 13 : « C’est l’Éternel, ton Dieu, que tu dois adorer, c’est lui que tu dois servir, c’est par son nom que tu dois jurer. » sur quoi le commentateur Rachi dira : « Si tu possèdes toutes ces qualités-là : si tu crains Son nom et si tu Le sers, tu pourras alors jurer en Son nom. Car dès lors que tu crains Son nom, tu seras attentif à ton serment. Et sinon, tu ne jureras pas »
Deutéronome, chapitre 28, verset 58 : « Oui, si tu n’as soin d’observer toutes les paroles de cette doctrine, écrites dans ce livre; de révérer ce nom auguste et redoutable: l’ÉTERNEL, ton Dieu, »
Pour toutes ces raisons, et fidèlement à la Torah écrite qui a demandé aux dirigeants spirituels d’Israël de chaque génération d’ériger une barrière autour des lois divines, c’est le Nom « HaShem » qui est utilisé afin que nul ne le prononce Le Nom sacré dans un état d’indignité, c’est-à-dire sans le craindre et le servir. Au vu de la situation spirituelle mondiale, toutes religions confondues, on comprend aisément la sagesse de cette prescription…
Dans le pensée juive hébraïque authentique, prononcer le nom « HaShem » est non seulement agréé du Seigneur de toute la terre, mais également, c’est une marque de crainte, d’honneur et de respect envers le Très-Haut, afin que son Nom glorieux, sacré et redoutable ne soit pas traîné dans la boue par la masse ignorante et les pécheurs.
Un autre point que nous développerons avec détails en son endroit : les clés d’interprétations de la Torah écrite reçues par Moïse sur le mont Sinaï ont été transmises aux générations de sages et de prophètes qui lui ont succédées. Cet héritage fut préservé et gardé jusqu’à nos jours : c’est là un grand avantage des juifs, nous dit Paul (Romains 3).
En Exode 3:15, les Sages d’Israël, gardiens des oracles de Dieu, révèlent ce que seule une lecture du texte source en hébreu avec un œil juif peut révéler :
Avant de lire l’explication qui va suivre, il faut se rappeler que l’hébreu est la langue sainte que le Créateur a choisie pour nous communiquer Sa Torah. La sagesse céleste déposée dans chaque lettre de la langue sainte « n’est pas de ce monde », et révèle d’innombrables messages divins que les Sages antiques, par des méthodes précises, nous ont révélés et nous ont légués.
Concernant Le Nom de Dieu ineffable « HaShem », il est dit en Exode 3:15 : « Tel est Mon Nom pour toujours ».
Les Maîtres d’Israël, que leurs noms et leurs mémoires soient bénis, expliquent qu’en hébreu, le mot traduit par « pour toujours » peut se lire « à cacher ».
Dieu, dans le texte source, fait savoir allusivement son désir de cacher Son Nom afin qu’il ne soit pas profané, c’est-à-dire utilisé par n’importe qui et n’importe comment. Ce Nom majestueux et glorieux nécessite un état de crainte divine et de sainteté avancé pour être prononcé, sous peine de tomber sous le coup du jugement.
Nous comprenons pourquoi les Sages ont pris les mesures nécessaires pour protéger le peuple et préserver la sainteté de ce Nom glorieux et redoutable.
Il faut aussi intégrer qu’à la différence des autres noms qui nous parlent des différents attributs de Dieu, Le tétragramme, ou « HaShem », est bien plus qu’un attribut :
Nos sages disent que c’est un Nom propre, le Nom réel de Dieu, désigné aussi sous le vocable « Shem HaMéforach », le « Nom ineffable ». En raison de son éminente sainteté, il est interdit de le prononcer comme il s’écrit. On le prononce « Adonaï » pour la prière ou la lecture à la Torah, mais, pour parler, on lui substitue l’expression « HaShem », comme on l’a vu précédemment.
Le Rambam écrit dans ses lois portant sur les interdictions de serments : « C’est une Mitsva de craindre et de respecter le nom Divin, et cela consiste à ne pas le prononcer en vain; ainsi, si par mégarde on en vient à le prononcer sans nécessité aucune, on s’empressera immédiatement de le louer, le respecter, etc., afin d’apprendre à ne pas le dire sans raison ».
Ainsi, les sages d’Israël, au travers de la Halakha (loi juive), ont mis en place des règles secondaires qui entourent les lois principales pour réduire les chances de violer celles-ci et c’est ainsi que dans les conversations courantes qui ne sont ni de l’ordre de la prière ou de la lecture de la Torah, beaucoup de Juifs appellent Dieu, « HaShem ».
Au sujet des règles secondaires, ou des « lois barrières », Rabbi Yonah de Gérone, dans son ouvrage magistral « Les portes du repentir » explique la chose d’une manière simple et pertinente :
« C’est grâce à la crainte que les hommes sont agréés par Le Créateur comme il est écrit : « Dieu désire ceux qui le craignent » (psaumes 147. 11). Or les décrets et les mesures de précaution imposées par nos sages sont essentiels pour parvenir à la crainte de Dieu.
En effet, nos sages ont pris des mesures pour réduire le risque de transgression de certaines interdictions de la Torah, comme un fermier entourerait son précieux champ d’une haie de peur qu’on y pénètre et que l’on y fasse entrer son bétail.
Le verset dit en effet : « vous garderez ma garde » (Lévitique 18. 30), ce qui signifie : « faites une protection (michméreth) pour Ma garde » (Yevamot 21a)
Par exemple, l’homme qui s’abstient de s’isoler avec une femme de crainte de fauter – ainsi que l’ont décrété nos maîtres – est indubitablement mû en son âme par l’éclat de la crainte de Dieu.
Admirons le génie de la langue hébraïque qui nous enseigne le danger lié à une prononciation légère et frivole du Nom sacré :
Shemot signifie “les noms” et si l’on change quelque peu l’orthographe : “shamot”, nous obtenons le mot “destructions.”
Le message est clair : les mots et les noms, lorsque leur valeur et leur sens sont pervertis et falsifiés, mènent à la destruction comme le dit Salomon le sage : « La vie et la mort sont au pouvoir de la langue. » À plus forte raison quand il s’agit du Nom sacré de Dieu par excellence !
Ces considérations faites, il devrait être désormais beaucoup facile pour le lecteur de comprendre l’idée de l’enseignement donné, que nous reformulons en ces termes :
Si le nom divin ineffable renferme une grande puissance, à tel point que le prononcer en vain est sévèrement sanctionné (d’où les haies de protection pour nous éviter de prononcer son Nom en vain), alors il est effectivement très important d’en préserver la sainteté ainsi que l’on fait les Sages.
Pour enrichir notre réflexion, il y a un autre point à prendre en considération :
De même qu’une personne peut être nommée de diverses façons : « papa », « capitaine », « monsieur », « chéri », etc., selon le rôle qu’il est en train de jouer et selon la personne qui lui parle, de même, dans la Torah écrite, nous voyons les différentes dimensions ou manifestations du divin nous apparaitre sous différents noms, selon le rôle que Dieu est en train de prendre, selon le contexte dans lequel Dieu est cité, s’exprime et selon toutes sortes d’autres critères.
Appeler un homme par « papa » ou « Monsieur », etc., selon la fonction qu’il remplit, n’est pas une falsification ni une perversion de son vrai nom. Par contre, utiliser son véritable nom en vain devient très problématique ! À plus forte raison est-ce vrai pour le Créateur Tout-Puissant !
Pour préserver l’éminente sainteté du nom réel de Dieu et protéger Ses enfants, Le Maître du monde a ainsi accepté que Son peuple l’appelle « HaShem ». Cette mesure de protection vis-à-vis de Ses enfants est du même ordre que celle que l’Éternel à enjoint à Moïse lors du don de la Torah sur le mont Sinaï :
« Tu fixeras au peuple des limites tout à l’entour, et tu diras : Gardez-vous de monter sur la montagne, ou d’en toucher le bord. Quiconque touchera la montagne sera puni de mort. » (Exode 19:12)
Dans l’esprit de notre partage, si le mont Sinaï est apparenté au « Nom ineffable » de Dieu qu’il nous est interdit de prononcer en vain, alors une des limites que fixeront les dirigeants spirituels se nommera « HaShem » : une protection pour le peuple selon qu’il est dit : « car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » (Exode 20:7)
Illustration de la puissance de « HaShem »
Dans la lignée de tout ce qui vient d’être dit, d’après la tradition, le prophète Elisée aurait justement utilisé le Nom ineffable de Dieu :
« Il monta de là à Béthel; et comme il cheminait à la montée, des petits garçons sortirent de la ville, et se moquèrent de lui. Ils lui disaient : Monte, chauve ! monte, chauve ! Il se retourna pour les regarder, et il les maudit au nom de l’Éternel. Alors deux ours sortirent de la forêt, et déchirèrent quarante-deux de ces enfants. » (2 Rois 2.23)
À ce sujet, le Rav Azriel Cohen-Arazi rapporte un commentaire du Rav Chmouel Olivier :
« En ce qui concerne le passage des ours, ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’Elicha (Elisée) réagit face à une perception prophétique.
Les Sages expliquent que si Elicha s’est permis de réaliser un miracle en provoquant la venue des ours de la forêt (ou la création même des ours à cet endroit, s’ils n’étaient pas naturellement dans la forêt, les avis divergent), c’est qu’il avait bien vu qu’aucun, mais absolument aucun élément positif n’allait sortir de ces enfants ni de leur descendance, et ce à jamais (voir également commentaire du Ramad Wali, élève de Luzatto, qui voit dans ces jeunes la concentration du mal). Il faisait donc un grand bien pour l’humanité.
Ceci dit, les Sages nous apprennent que cet acte lui fut reproché et qu’il en fut grandement puni. »
De là, nous voyons effectivement que Le Nom ineffable de Dieu est chargé de la puissance de la Création de l’Univers lui-même. Il est dit que si cette puissance est mal comprise ou mal dirigée, elle peut être destructrice comme nous le voyons clairement dans cet exemple avec Elisée.
Osons donc méditer sur le Nom ineffable de l’Éternel, mais dans le respect et la crainte du pouvoir qui est en Lui. Si certains “croyants bien pensants” s’offusquent de voir de telles règles établies par des hommes concernant le nom divin, il faut les aider à se débarrasser de ce zèle mal placé, en leur rappelant cette vérité biblique :
Dieu accorde une grande importance à la parole des chefs et des sages d’Israël lorsqu’il y a « un différend » au sujet de la loi comme nous en avons déjà parlé en de multiples endroits sur ce site et sur LeRetourAuxRacines.com (Voir Deut. 17 par exemple).
Enfin, il reste important de rappeler ceci :
« Quoique Dieu ne se révèle pas encore universellement conformément à Son essence, dans les temps à venir, l’Unité de Dieu se révélera à toutes les créatures tel qu’il est écrit : « En ce jour, Dieu sera Un, et Son Nom sera unique » (Zach. 14:9).
Les enfants d’Israël ont reçu la Torah, et connaissent cette vérité dont ils témoignent jusqu’à nos jours, comme le déclare l’Ecriture : « vous êtes mes témoins, dit l’Éternel » (Es 43:12). Combien grand est ce privilège dont nous sommes investis ! » (Ram’hal).
Nous espérons que cette étude et cette mise au point seront utiles pour plusieurs.
Malgré les calomnies et les difficultés rencontrées dans ce retour aux racines hébraïques de la foi, ne nous lassons point dans l’œuvre de la vérité. Car si le mal court avec l’aisance d’un coureur sans fardeau, la justice marche avec la lenteur du porteur de lumière, pesant chaque pas pour ne point s’égarer.
Si l’erreur s’élève comme l’écume, elle retombe bientôt dans le néant ; tandis que la vérité, bien qu’elle soit enfouie sous mille impostures, ressurgira toujours, éclatante comme l’aurore.
Que l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël, par les mérites de notre Messie Yéshoua, nous accorde d’arriver à ce glorieux jour dépeint par le prophète Zacharie, lorsque Son Nom sera unique.
Que l’Éternel notre Dieu nous donne toujours ce privilège et cette grâce d’être aux pieds du Maître pour recevoir de Sa bouche la Torah, faisant ainsi le choix de la bonne part, celle qui ne nous sera jamais ôtée.
Que l’Éternel nous aide à combattre le bon combat de la foi, dans la crainte, l’amour et l’humilité, et qu’Il veuille bien accorder à ceux qui ont été pris dans les filets du Satan et de la médisance sur son peuple, de s’en dégager et de parvenir, s’il est encore possible, à une salutaire téchouva (repentance).
Que Dieu nous donne force et persévérance, car si l’effort de la vérité est grand, sa récompense l’est bien plus encore !
Extrait d’un partage de la plateforme d’étude LeRetourAuxRacines, cliquez ici pour plus d’informations.
Une étude et un partage réalisés par la seule grâce infinie d’HaShem (Dieu) et avec la précieuse aide des rabbanim d’aujourd’hui et des sages d’Israël d’autrefois.








Encore un principe vital compris et appliqué , merci Thomas , j’avais si peur de me tromper que je me cantonais à
l’Eternel, comme je le trouvais si souvent dans les psaumes , j’ espérais me mettre à l’abri d’un blasphème . Ginette
C’est une bonne chose de mettre un peu de bon sens concernant le Nom HaShem, bien souvent les hommes entrent eux n’ose pas appeler par exemple leur patron « Gibert ou Pierre,Paul en leur disant « salut tu vas bien!
Celui qui est trois fois Saint n’est-il pas le plus grand le plus parfait,n’est-il pas Celui qui est Maître de toute chose! Au temple le Cohen Gadol rentrait une fois pas an avec une grande crainte, s’il ne s’était pas bien préparé c’était la mort! Le Tout-Puissant est amour, miséricorde et plein de bonté, mais il est aussi redoutable quand il juge!
HaShem n’a pas changé, il est le même,hier,aujourd’hui et le sera aussi demain.
Dans bien des milieux de croyants on a prit l’habitude de parler sans discernement du Nom divin, j’ai dû aussi me remettre en question et demander pardon pour toutes les fois où sans me rendre compte je parlais comme un insensé de Celui qui siège dans les cieux. Que toute la gloire Lui soit rendu dans le nom merveilleux de Yeschoua
Merci encore Thomas pour cette mise en garde.
amen.merveilleux enseignement.soyez benie
Excellent, importantes précisions bibliques à l’heure ou nous sommes et pour moi c’est une Bénédiction MERCI HaShem !!Soyez bénis!!