« Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante. » Esaïe 41.10

« la foi chrétienne n’est pas un saut dans le vide. Examinées avec objectivité, toutes les déclarations de la Bible sont des propositions entièrement soutenues par la raison et l’évidence. » (Charles Colson)

« Si Dieu existait, il n’y aurait pas tant de souffrances. Oui, mais si Dieu n’existe pas, pourquoi  y a-t-il tant de bien ? »

Introduction

Il y a ici plus qu’une simple question morale. C’est peut-être même une des questions les plus importantes et difficiles à traiter : Si Dieu est amour et tout puissant, pourquoi tant de souffrances et de mal dans ce monde ? Il est très important pour chacun de ne pas rester ignorant sur cette question.

À étudier ce sujet de près, de formidables barrières intellectuelles se dressent indubitablement en travers du chemin de beaucoup. Le but de cet article est de les briser en apportant une réponse cohérente à la cohabitation temporaire de l’injustice et du mal avec la justice et l’Amour infini de Dieu.

L’évènement de la souffrance nous est familier et, dans nombre d’esprits, elle vient et se met implacablement à plaider contre Dieu. « Si le bon Dieu existait vraiment, il ne la permettrait pas » affirme une part importante de la population pendant que d’autres affirment encore « Qu’est ce que donc que ce Dieu qui a les moyens et ne fait rien? » Autant de questions qui sont jetés à la face du croyant, ou qui lancinent au dedans de lui, pour peu qu’il reste honnête et humain. On a donc tenté de donner une réponse à cet étrange silence. Il fallait expliquer, justifier ce Dieu, car les religions et ses valeurs étaient en cause. Toutes sortes de théories théologiques et philosophiques ont tenté d’expliquer ce mystère du mal en essayant parfois même de l’étouffer  sous des couches de religions humaines qui n’ont fait qu’insensibiliser le coeur de l’homme au lieu de le rendre plus sensible à cette dur réalité.  « Si tu souffres, Dieu t’a punis » ou encore « C’est la volonté de Dieu » arguent inlassablement certaines personnes peut-être devenu trop insensible pour rentrer dans le coeur même du tragique problème de la souffrance et du mal et de son origine.

Jésus explique que c’est la vérité qui nous rendra réellement libre : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » Pour être libre, il faut vivre selon la vérité. Il ne suffit pas d’être sincère. La vérité objective est plus importante qu’on ne le croit, parce que seule la vérité peut nous rendre libre. Elle n’est pas subjective ni dépendante de nos émotions et sentiments. La vérité est objective. Or, la Bible prétend détenir la vérité objective qui nous rendra libre. Au vue des innombrables preuves et témoignages de la véracité de la Bible et des manifestations irréfutables de Dieu pour celui qui place sa pleine confiance dans sa parole, dont un échantillonnage est présenté sur ce site, ne devrions-nous pas considérer avec sérieux cette prétention et étudier la Bible selon ses propres termes ? C’est ce que nous allons faire pour tenter d’apporter un éclairage suffisant sur cette délicate question du mal et de la souffrance.

Comme nous le verrons dans cet article, le libre arbitre explique indiscutablement quantité de douleurs, de peine et de souffrance. Mais il ne répond pas au problème de l’existence du mal en lui même ni au sentiment d’injustice face à des souffrances qui semblent réellement indépendante du libre arbitre. La Bible qualifie le mal comme étant un mystère. Le mal est donc inexplicable. Celui qui tente d’expliquer le mal en lui même, retombe dans un système intelligible qui le justifierait alors qu’il est justement injustifiable. Toutes ces tentatives de rendre acceptable pour Dieu ce qui scandalise et révolte notre conscience, sont des tentatives vaines pour ne pas dire suspectes. Pour quiconque, la réaction saine à la souffrance et au mal est la révolte. Le mal n’a pas de sens mais la véritable question est : peut-il prendre un sens ? Tous les hommes de Dieu sont des révoltés face à la souffrance mais à la grande différence que c’est uniquement avec Dieu, qu’il leur sera possible de dépasser cette révolte pour aller au delà, dans une dimension de victoire et de triomphe sur le mal que seul Dieu peut donner dans le coeur de celui qui place sa foi en lui. La présence même de la protestation contre le mal dans une conscience bien placée, va nous amener à adopter une autre attitude envers le mal qui permettra, seulement avec l’aide de Dieu, de donner un sens à ce qui n’a pas de sens. C’est là un des points de l’enseignement de Jésus que rapporte le professeur Eric Jaffrain dans la Vidéo.

Le mal n’est pas fait pour être compris, il est fait pour être combattu par un changement d’attitude à son égard, jusqu’au terme d’une délivrance complète que Dieu donnera à celui qui se rattache à lui et qui le combat à ses côtés en s’en rendant vainqueur par le bien et l’amour. La Bible l’affirme : « Ne soyez pas vaincus par le mal mais vainqueur du mal par le bien« . Plus qu’une explication, un changement d’attitude face au mal est nécessaire. Seule la parole et l’Esprit de Dieu peut nous y aider. La parole de Dieu donne ce simple mais précieux conseil : « Au jour du bonheur, sois heureux, mais au jour du malheur, réfléchis« . Le mal est une réalité et nul n’est épargné. Cet article va donc tenter d’apporter à chacun, des réponses moralement satisfaisante pour non pas expliquer le mal mais le combattre, le comprendre et lui donner un sens à la lumière de la parole de Dieu, pour enfin se ranger au côté de Dieu qui, lui seul, détient les clés de la délivrance finale du mal pour celui qui place sa foi en lui.

Voici donc maintenant, de nombreux extraits tirés du Livre de Lee Strobel, intitulé « Plaidoyer pour la foi » dans lequel Lee interroge un spécialiste de la question en vue d’apporter non pas une explication à l’inexplicable mais une attitude à adopter face à ce qui semble ne pas avoir de sens mais qui en prend un lorsque l’on commence véritablement à s’approcher de Dieu et de sa véritable nature.

1) Un constat : le mal semble majoritairement injustifiable et absurde !

Si un Dieu d’amour existe, pourquoi ce monde de douleurs gémit-il sous les attaques répétées de la souffrance du mal ? John Stott, théologien, a affirmé : « Sans aucun doute la souffrance représente le plus grand défi de la foi chrétienne. Il en a été ainsi dans toutes les générations. Sa répartition et son intensité semblent dépendre entièrement du hasard, et donc le fruit de l’injustice. Les esprits sensibles se demandent si on peut la concilier avec la justice et l’amour de Dieu. » S’il y avait un Dieu, pourquoi des gens décents et charitables, comme par exemple cette grand-mère avec ses deux petites filles que j’avais rencontré dans le passé, pouvaient-ils souffrir du froid et de la faim dans une des plus grandes villes du monde ? Jour après jour, pendant tout le temps où j’ai fait mes recherches pour mes articles, j’ai retrouvé les mêmes problèmes, parfois pire, et ma réaction à ces situations impossibles me poussait toujours plus profondément vers l’athéisme.

Privation, souffrance, douleur, inhumanité de l’homme à l’égard de l’homme – c’était devenu mon ordinaire de journaliste. Cela n’avait rien à voir avec des photos de pays lointains ; non, c’était le pain quotidien de la souffrance, que je voyais tout près de moi et d’une manière très personnelle.

Il m’est arrivé de plonger le regard dans les yeux d’une mère à qui l’on vient d’annoncer que sa fille unique a été violée, mutilée et assassinée. J’ai assisté à des dépositions dénonçant les horreurs perpétrées sur des victimes innocentes. J’ai visité des prisons bruyantes et remplies de chaos, où pourrit le rebut de la société. J’ai vu des hospices de vieux, véritables mouroirs où languissent des personnes âgées, abandonnées par leur famille. Et que dire encore de ces petits patients atteints de leucémie, luttant vainement contre l’inexorable dénouement de leur maladie, ou encore de la vie dans ces cités de banlieue où les tirs à vue et la drogue sont monnaies courantes et où le crime prospère en toute impunité !

Pourtant, rien ne m’a autant choqué que ma visite dans les taudis de Bombay, en Inde. De misérables abris, faits tant bien que mal de vieux cartons et de sacs effilochés, s’étendaient à perte de vue, alignés le long d’une rue d’une saleté repoussante, bruyante et congestionnée par les autobus et les voitures qui crachaient des fumées d’échappement teintées de suie noire. Des enfants nus s’amusaient dans les égouts à ciel ouvert sillonnant le quartier. Des gens au corps déformé par la maladie, des estropiés et des paralysés, restaient assis immobiles des journées entières dans la poussière. Les mouches omniprésentes bourdonnaient en permanence dans les oreilles. C’était un tableau horrible, un de ces endroits où, comme le disait mon chauffeur de taxi, les gens naissent sur le trottoir, vivent sur le trottoir, et meurent sur le trottoir.

Où donc était Dieu dans cet enfer épouvantable ? S’il avait la puissance pour guérir instantanément ce jeune garçon, pourquoi choisissait-t-il de lui tourner le dos ? S’il aimait ses créatures, pourquoi ne le montrait-il pas en venant à leur secours ? Et je me demandais si, en fin de compte, la véritable raison n’était pas la suivante : des souffrances aussi cruelles et insupportables ne réfutaient-elles pas la preuve de l’existence d’un Père plein d’amour et de bonté ?

Nous venons juste de sortir d’un siècle de cruauté et d’inhumanité sans précédent dans l’histoire de l’humanité, où des victimes de tyran comme Hitler, Staline, Pol Pot et Mao Tsé-toung se comptent par dizaines de millions. L’ampleur démesurée de cette cruauté insensibilise notre esprit, sauf lorsque nous tombons sur un récit qui personnifie ces horreurs, et nous frissonnons à nouveau.

Nous pouvons lire encore bien d’autres histoires semblables – horreur indescriptibles comme l’holocauste, fosses communes du Cambodge, génocide du Rwanda, chambres de torture d’Amérique du Sud – et nous ne pouvons nous empêcher de penser : mais où est Dieu dans tout ça ? Quant à la télévision nous voyons ces terribles tremblements de terre ou ces cyclones où des milliers de personnes trouvent la mort, nous nous demandons : pourquoi Dieu n’arrete-t-il pas toutes ces catastrophes ? Ou bien quand nous regardons les statistiques qui nous apprennent qu’un milliard de personnes sont en dessous du seuil de pauvreté, nous disons : Dieu ne s’en soucient-ils donc pas ? Et encore quand nous sommes affligés par un mal récurrent, une perte douloureuse ou des circonstances désespérées, nous nous écrions : pourquoi Dieu ne nous aide-t-il pas ? S’il est un Dieu plein d’amour, s’il est tout-puissant, s’il est bon, alors toute cette souffrance ne devrait pas exister.

Et ce qui est pire, c’est que ce sont souvent des innocents qui en sont les victimes. « Si seulement c’était les méchants qui souffraient d’accidents ou de cancers, si seulement les tricheurs et les menteurs attrapaient la maladie de Parkinson, alors on verrait la justice divine à l’oeuvre », écrivait Sheldon Vanauken, un ex-agnostique devenu chrétien.

Mais, comme on le voit trop souvent, c’est un enfant plein de douceur qui se meurt d’une tumeur au cerveau, où une jeune femme qui voit son mari et son enfant tués devant ses yeux par un conducteur ivre ; et… nous crions silencieusement à la face du ciel : Pourquoi ? Pourquoi ? Et parler de Dieu à ce moment là – de la volonté de Dieu – n’apporte aucune consolation. Comment un Dieu bon, un Dieu aimant, peut-il faire cela ? Et plein d’indifférence, le ciel semble rester sans réponse.

L’auteur chrétien Philip Yancey commence son livre bien connu sur la souffrance avec un chapitre dont le titre est très approprié « un problème qui ne veut pas s’en aller ». Un écrivain parle de ce problème de la souffrance comme : « un point d’interrogation à l’envers, qui perce le coeur humain comme le ferait la pointe d’un hameçon. » Le problème de la souffrance est en faite le plus grand obstacle que rencontre ceux qui cherche Dieu.

2) Elément de Réponse de P.J. Kreeft, professeur et docteur en théologie et philosophie, reconnu par plusieurs grandes universités de renom.

Même David Hume, l’un des sceptiques les plus connus, a dit qu’il était à peine possible que Dieu existe. Voilà au moins une position quelque peu raisonnable : admettre qu’il y ait au moins une petite possibilité. Mais dire qu’il n’y a aucune possibilité d’un Dieu plein d’amour dont la connaissance est infiniment supérieure à la nôtre, y compris celle du futur, qui puisse tolérer de telles catastrophes comme celle citées précédemment, cela me semble tout simplement de l’arrogance intellectuelle.

Comment un simple humain, doué d’un esprit somme toute limité, pourrait-il avoir la certitude qu’une intelligence infinie ne puisse tolérer des mots à court terme en échange de futurs bienfaits dont il n’a aucune idée ?

Un ours, un piège, un chasseur, et Dieu.

Prenons un exemple. Seriez-vous d’accord pour dire que la différence entre nous et Dieu est plus grande qu’entre nous et un ours ?

Alors, imaginez-vous qu’un ours soit pris au piège et qu’un chasseur, par sympathie pour l’animal, veuille le délivrer. Il essaye de gagner sa confiance, mais il n’y arrive pas, et pour avoir raison de lui il doit prendre son fusil. Au lieu de cartouches, il tire avec une seringue remplie de tranquillisant pour l’endormir. Pendant ce temps, l’ours pense qu’il est agressé et que le chasseur essaie de le tuer. Il ne réalise pas que par ce geste, le chasseur lui montre de la compassion.

Ensuite, pour le délivrer, le chasseur doit le pousser un peu plus profondément dans le piège de manière à pouvoir atteindre le ressort qui tient le mécanisme fermé et le relâcher. À ce point, si l’ours était encore un peu conscient, il serait à peu près certain que le chasseur est son pire ennemi et veut à coup sûr lui infliger de grandes souffrances. Mais il se tromperait, et parce qu’il n’est pas un humain et ne pense pas comme un humain, il en arriverait à une conclusion erronée.

Maintenant, comment quelqu’un peut-il avoir la certitude qu’il n’y ait pas la même analogie entre nous et Dieu ? Je crois que Dieu agit quelquefois de la même manière avec nous, mais nous ne pouvons pas le comprendre, pas plus que l’ours ne pouvait comprendre les intentions de l’homme. Pareillement, nous pouvons faire confiance à Dieu, de la même manière que l’ours aurait pu faire confiance aux chasseurs. »

La foi ne peut exister que dans un monde où cela lui est difficile. Les écritures décrivent Dieu comme un Dieu caché. Vous devez exercer votre foi pour le découvrir, mais il y a des indices pour le trouver.

Il m’est difficile de comprendre comment on serait véritablement libre de faire un choix à son égard s’il n’en était pas ainsi, s’il y avait plus ou moins de confirmations. Si on avait des preuves plutôt que des pistes, on ne pourrait pas plus réfuter son existence qu’on ne peut réfuter celle du soleil. Si on n’avait au contraire absolument aucune piste, on ne pourrait jamais y arriver. Mais ceux qui veulent suivre les indices arriveront au but.

Saint-Augustin à très bien affirmé la problématique sous un angle différent : « Si Dieu n’existe pas, pourquoi y a-t-il autant de bien ? Si Dieu existe, pourquoi y a-t-il autant de mal ? »

Il n’y a aucun doute que l’existence du mal est un argument que l’on peut retenir contre Dieu – mais dans un de mes livres je donne une vingtaine de raisons qui pointent toutes d’une manière convaincante dans l’autre direction, c’est-à-dire en faveur de l’existence de Dieu. Les athées doivent répondre à toutes les questions, les théistes à une seulement. Mais cependant, chacun doit voter.

Il y a véritablement une différence entre le bien et le mal. Le fait qu’on utilise le critère du bien pour juger le mal signifie qu’on a le sentiment de ce qui devrait être. Cette manière de penser correspond à quelque chose de réel. Il y a donc une réalité appelée le bien suprême. Et bien, c’est simplement un autre nom pour Dieu. Chacun se positionnant contre Dieu en prenant l’argument de la souffrance, peut, sans que cela soit son intention, témoigner de la réalité de Dieu, justement parce qu’en reconnaissant le mal, il admet que ce dernier repose sur une norme objective.

C.S Lewis déclarait : « Si l’univers est si mauvais, comment les hommes ont-il bien pu faire pour l’attribuer à l’activité d’un créateur intelligent et bon ? » En d’autres mots, le fait que nous puissions penser ça – c’est-à-dire l’idée du mal, et par-là du bien, et de Dieu comme l’origine et le critère du bien – se doit d’être expliqué.

L’athéisme est une réponse facile et, si vous me permettez d’utiliser ce mot, un peu factice. L’athéisme est une duperie parce qu’il annonce avec un air sérieux qu’en fin de compte, dans l’histoire du monde, neuf personnes sur dix se sont généralement trompées sur l’existence de Dieu, et ont eu un mensonge au coeur de leur être. Pensez un peu à ça. Comment est-il possible que 90 % de tous les êtres humains qui aient jamais vécu – dans des circonstances bien plus difficiles que nous, de surcroît – aient pu croire en Dieu ? À en juger par la différence entre la joie et la souffrance dans le monde, on peut penser, si on est objectif, que l’évidence ne semble pas justifier qu’on puisse croire en un Dieu parfaitement bon. Pourtant, cette notion est presque universellement acceptée.

Les chrétiens croient en cinq choses précises. Premièrement que Dieu existe. Deuxièmement qu’il est bon, qu’on ne trouve pas l’ombre du mal en lui. Troisièmement qu’il est tout puissant ou, si vous voulez omnipotent. Quatrièmement, qu’il est omniscient. Et cinquièmement, que le mal existe. Alors comment se fait-il que toutes ces affirmations soient vraies en même temps ?

Dieu est Tout Puissant

Qu’est-ce que cela veut dire pour nous de déclarer que Dieu est tout puissant ? Cela signifie qu’il peut faire tout ce qui a une raison d’être, tout ce qui est possible, tout ce qui peut avoir un sens. Dieu ne peut choisir de cesser d’exister. Il ne peut pas rendre le bien, mal.

Il y a donc des choses qu’il ne peut pas faire, bien qu’il soit tout puissant. Précisément parce qu’il est tout puissant, il y a des choses qu’il ne peut pas faire. Il ne peut se tromper, par exemple. Seulement des créatures faibles et stupides peuvent faire des erreurs. Essayer de créer une contradiction, comme deux et deux égalent cinq, ou alors un cercle qui serait un carré, représenterait une erreur de ce type.

La défense habituelle de Dieu contre le problème du mal, c’est qu’il n’est logiquement pas possible d’exercer notre volonté librement sans avoir aussi la possibilité de connaître le mal. En d’autres termes, dès que Dieu a choisi de créer l’homme avec le libre exercice de sa volonté, c’était à lui, et non à Dieu, que revenait la responsabilité du péché. C’est ce que signifie la libre volonté. Afférente à la décision de Dieu de créer l’être humain, se trouve la possibilité de faire le mal, et par conséquent la souffrance qui en résulte.

Ce que Dieu a créé, c’est uniquement la possibilité du mal ; ce sont les hommes qui ont activé ce potentiel. La source du mal n’est pas du ressort de la puissance de Dieu mais de leur liberté. Même un Dieu omnipotent n’aurait pu créer un monde où l’homme jouirait d’une véritable liberté et où serait exclue la possibilité de pêcher, parce que notre liberté, par définition et dans son essence même, inclue cette possibilité. C’est une contradiction – un néant dénué de sens – que d’avoir un monde avec un choix véritable dont est exclue la possibilité de choisir le mal. Demander pourquoi Dieu n’a pas créé un tel monde revient à demander pourquoi il n’a pas créé des couleurs sans coloration ou des ronds carrés.

Pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde sans liberté ? Parce que ce serait un monde sans êtres humains. Y aurait-il place pour la haine ? Non. Et pour la souffrance ? Non. Mais ce serait également un monde sans amour, ce qui est la chose la plus précieuse de l’univers. Le bien suprême serait inconnu. L’amour véritable – notre amour pour Dieu et notre amour les uns pour les autres comporte la possibilité d’un choix. Mais cette option comprend également de pouvoir choisir la haine et le péché à la place de l’amour.

Quand Dieu eut fini la création, il déclara qu’elle était bonne. Les hommes étaient libres d’aimer Dieu ou de se détourner de lui. On peut cependant voir que dans une telle création, il y a la place pour l’éventualité du péché – et bien sûr, cette possibilité a été activée, non par Dieu, mais par sa créature. La faute, finalement, nous revient. Il a fait lui, ce qu’il fallait, c’est nous qui avons erré.

L’évidence montre que Dieu est tout-puissant. Il est important de se rappeler qu’un monde créé avec le libre choix de la liberté, mais privé du péché, serait une contradiction – ce qui ouvre la porte à la possibilité de choisir le mal, plutôt que Dieu, avec la souffrance qui en découle. L’écrasante majorité des maux dans le monde est causée par notre capacité de tuer, de calomnier, de laisser libre cours à notre égoïsme, de nous laisser aller sexuellement, de briser nos promesses, et de vivre dans l’insouciance ou encore de méditer de mauvaise pensées. Tout comme des poissons ne sont véritablement libre que dans l’eau, l’homme n’est véritablement libre qu’en Dieu. La liberté n’est pas l’absence de restriction, mais la présence de bonnes restrictions selon la vérité de notre nature. Mais l’homme a rompu avec Dieu, rejetant son autorité, choisissant de vivre en autonomie, ce qui est une forme de rébellion. Ce désastre, qui remonte au début de l’existence humaine, continue aujourd’hui dans la vie de chaque être humain qui choisit de vivre en tournant le dos à Dieu. Que nous en soyons conscient ou pas, telle est la condition de l’homme, selon la Bible. Cette rupture mène aux souffrances liées au rejet de Dieu, comme par exemple les violences entre les hommes. Elle mène aussi aux souffrances liées à la rupture de la relation entre Dieu et la création elle-même, qui est maintenant désordonné. Maintenant, par son propre choix, l’homme est sous la puissance du mal et esclave du péché.

Dieu est Omniscient

Regardons la mort du fils de Dieu sur la croix. À ce moment-là, personne n’a pensé que quelque chose de bon sortirait de ce drame, et pourtant Dieu avait prévu à l’avance que les cieux s’ouvrirait à ce moment-là pour tous les êtres humains. On peut dire que la tragédie la plus horrible dans toute l’histoire du monde a permis l’avènement de la plus glorieuse des délivrances. Et si c’est arrivé à l’époque – si le mal suprême a cédé la place au bien suprême – cela peut aussi se passer dans d’autres circonstances, même dans notre propre vie. Dieu a simplement ouvert le rideau pour nous laisser entrevoir. À d’autres endroits, il dit simplement : « fais-moi confiance. » Tout cela pour dire que la vie humaine est un drame incroyable, comme une histoire dont on ne connaît pas la fin, à l’opposé d’une formule scientifique éprouvée. En fait, essayons un peu de suivre les grandes lignes de cette histoire.

Voilà, supposons que vous êtes le diable, le mal personnifié. Vous êtes l’ennemi de Dieu et vous cherchez à le tuer, mais vous n’y arrivez pas. Cependant vous savez qu’il a cette faiblesse insensée de créer et d’aimer les êtres humains, que vous vous pouvez affecter. Ah, ah ! Maintenant, vous avez des otages ! Alors vous venez tout simplement dans le monde, vous vous arrangez pour les corrompre et vous en emmenez quelques-uns en enfer. Quand Dieu envoie des prophètes pour les avertir, vous les tuez. Puis Dieu fait la chose la plus folle de toutes – il envoie son propre Fils, mais il joue le jeu selon les règles du monde. Et vous vous dites : comment peut-il être aussi stupide ! L’amour lui a fait perdre la tête ! Je vais donner l’idée à mes fidèles agents – Hérode, Pilate, Caïphe et les soldats romains – de le faire crucifier ! Et c’est ce que vous faites. Ensuite on le voit pendu sur la croix, abandonné des hommes et apparemment par Dieu lui-même, perdant son sang et s’écriant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? À quoi pensez-vous maintenant, si vous êtes le diable ? Vous exultez de triomphe, et vous vous sentez justifié. Mais bien sûr, on ne peut pas se leurrer plus ! En vérité c’est son triomphe suprême contre votre suprême défaite, vous Satan. Il a placé son talon dans votre bouche, vous avez mordu, et sont sang vous a détruit. Cependant, même si cela paraît une idée bizarre, c’est tout de même un exemple de la situation de l’homme, et quand notre sang coule ou que nous souffrons, comme Christ l’a fait, peut-être que la même chose est en train de se passer. Peut-être est-ce la manière dont Dieu se rend vainqueur du diable. Car la souffrance lorsqu’elle est affrontée avec amour nous libère toujours un peu plus du mal en nous dépouillant toujours un peu plus de nous même, de notre égo, principale source de souffrance, et permet de nous rendre vainqueur du mal par le bien. Il y a là de profondes vérités à méditer.

Au moment de la crucifixion, les disciples étaient loin d’imaginer que quelque chose de bon puisse en résulter ; semblablement, quand nous faisons face à des luttes ou des souffrances ou encore des épreuves, nous ne pouvons pas toujours voir le bien qui en résultera.

Si nous nous rappelons ce qui est arrivé dans le cas de Jésus, nous pouvons avoir confiance qu’il en sera de même pour nous. Par exemple, les plus grands chrétiens de l’histoire semblent dire que leur souffrance les ont finalement amenés tout prêt de Dieu – c’est de beaucoup la meilleure chose qui puisse nous arriver, et non la pire. Bien sur cela n’est pas une justification. Le mal ayant été activé au sein de l’humanité, seul Dieu peut nous donner les clés pour le surmonter et lui donner un sens. Il faut donc encore et toujours changer d’attitude face à toute forme de souffrance.

A l’instant de la création, il est évident qu’un Dieu omniscient avait vu le mal arriver sur l’humanité avant même qu’il fut présent. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que si Dieu avait décidé de ne rien créer à cause de ce mal qu’il voyait venir par nos choix, il se serait donc soumis au mal. Or, c’est précisément ici que l’omnipotence de Dieu interviendra une fois de plus : Il n’y a que Dieu qui est assez puissant pour transformer tout ce mal en un bien encore plus grand qu’il ne l’aurait été si ce mal n’avait pas existé. Au lieu de se soumettre au mal, Dieu, par sa toute puissance, l’utilisera pour répandre un bien encore plus grand car « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » affirme la Bible. Une victoire préparée depuis le commencement, parachevée et rendu possible dans la venue du Fils de Dieu sur la Terre et de sa mort sur la croix. L’oeuvre de Jésus sur la croix contient un enseignement profond et une puissance inimaginable. Le sacrifice du Fils de Dieu a tout bonnement ouvert un accès définitif à la miséricorde et à la bonté infini de Dieu pour quiconque croit en lui. Le ciel restera fermé seulement pour les incrédules. Jésus existait avant le commencement nous montre la Bible. Il est venu sur Terre parmi les hommes, dans un corps semblable au notre, également soumis à la souffrance et tout cela par amour pour nous afin de nous sauver et de nous libérer de la puissance du mal et de Satan. En se livrant à la croix, Jésus a accepté de prendre sur lui la colère de Dieu pour le péché et le mal. Par son sacrifice sur la croix et sa résurrection, Jésus a non seulement satisfait la justice de Dieu en payant le prix des fautes de celui qui croira en lui, mais il a littéralement triomphé sur le mal et la mort en rendant également vainqueur sur le mal celui qui croit en lui. « C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité; nous en sommes tous témoins. Que tout le monde sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. » (Actes 2). Il n’y a décidément que Dieu qui soit capable de transformer le mal en un bien encore plus grand que celui prévu initialement. C’est ce que Jésus est venu inaugurer pour quiconque croit en lui. Il n’y a pas d’autre chemins.

Dieu est le bien suprême.

De nouveau, la différence entre nous et Dieu est certainement plus grande que la différence entre nous et les animaux, et comme la notion du bien varie considérablement entre nous et eux, cette différence doit être encore plus grande entre nous est Dieu. (voir plus haut, la parabole « un ours, un chasseur, un piège et Dieu »).

Lee objecte : « Mais si je reste assis dans mon fauteuil sans rien faire pendant que mon enfant se fait écrasé par un camion, je ne pourrais pas être appelé bon dans le sens général du terme. Je serai un mauvais père. Et Dieu fait exactement la même chose. Il reste sur son trône et refuse de faire des miracles en nous arrachant à des dangers encore plus grands que d’être happé par un camion. Alors pourquoi ne peut-on dire qu’il est mauvais ? »

Je vais faire une analogie avec les relations humaines. Si je dis à mon frère, à peu près du même âge que moi : « je peux te sortir de ton problème, mais je ne le ferai pas », je serais probablement irresponsable, et même méchant. Mais nous faisons cela à nos enfants en permanence. Nous ne faisons pas leur devoir pour eux, et nous ne les mettons pas dans une bulle non plus pour les protéger du monde extérieur. Je me souviens qu’une de mes filles, âgée à l’époque de quatre ou cinq ans, essayait vaillamment d’enfiler une aiguille pour les travaux pratiques qu’on lui avait donné à faire pour un club d’enfants. C’était très difficile pour elle. Chaque fois, elle se piquait le doigt, et une ou deux fois, le sang a coulé. Je la regardais mais elle ne me voyait pas. Elle ne se lassait pas d’essayer.

Ma première pensée fut d’aller la voir et de le faire pour elle, surtout quand j’ai vu la goutte de sang. Malgré cela, je suis resté sagement en arrière en me disant : « elle est capable de le faire toute seule. » Cinq minutes passèrent et finalement elle y arriva. Je sortis de ma cachette et elle m’a dit : « papa, papa, regarde ce que je suis arrivé à faire ! Regarde ce que j’ai fait ! » Elle était si fier d’avoir enfilé son aiguille, qu’elle avait oublié qu’elle s’était fait mal.

Cette fois-ci le mal avait été une bonne chose pour elle. J’avais été assez sage pour prévoir ce qui était bon pour elle. Maintenant, je pense que Dieu est encore bien plus sage que je ne l’ai été avec ma fille. Il est donc possible que Dieu puisse prévoir que nous avons besoin de souffrir pour des raisons que nous ne pouvons pas comprendre, mais qu’il connaît à l’avance et qui sont nécessaires pour la réalisation d’un bien futur. On peut donc convenir qu’il n’est pas mauvais en nous permettant ce mal temporaire.

Les dentistes, les entraîneurs d’athlétisme, les enseignants, les parents, savent tous que pour notre bien, faut pas être trop bon. Certainement, il y a des fois où Dieu nous permet de souffrir et nous prive de plaisir moindre pour nous aider à chercher un bien supérieur et nous éduquer spirituellement. Même les anciens Grecs pensaient que les dieux enseignaient la sagesse par la souffrance. Le poète grec Eschyle écrivait : « jour après jour, heure par heure, la souffrance coule, goutte-à-goutte, sur le coeur, et contre notre volonté, et même en dépit d’elle, vient la sagesse, dispensée par la grâce terrible de Dieu ».

Nous savons aussi que les épreuves forment le caractère, rien de tels que les obstacles qui nous barrent la route pour nous donner la persévérance de continuer malgré les difficultés. Le courage, par exemple, serait impossible dans un monde sans souffrance. Paul, dans la Bible, témoigne de ce processus de purification par l’épreuve quand il écrit : « les souffrances produisent la persévérance ; la persévérance, le caractère ; et le caractère, l’espérance ».

C’est incontournable, nous apprenons par nos erreurs, et les souffrances qu’elles nous occasionnent. L’univers est une machine à forger les âmes, et apprendre, mûrir, grandir à travers les expériences difficiles, douloureuses qui nous mettent au défi de réussir, font parti de cet apprentissage. Le but de notre vie ici-bas n’est pas le confort, mais une formation et une préparation pour la vie éternelle. L’écriture nous dit de Jésus qu’il « a appris, bien qu’il soit Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes », et si c’était vrai pour lui, pourquoi ne serait-ce pas davantage pour nous ?

Le mégaphone de la souffrance

Lee rajoute une objection :  « On dirait que les méchants ne reçoivent jamais le châtiment de leurs mauvaises actions ; Dieu ne peut certainement pas penser que ce soit juste, alors comment fait-il pour le voir et rester sans rien faire ? Pourquoi n’intervient-il pas pour régler tous les problèmes que le mal crée sur la terre ? »

Justice retardée ne veut pas dire justice manquée. Le jour des comptes viendra et Dieu tiendra pour responsables ceux qui ont commis le mal, ainsi que les souffrances qu’ils ont engendrées. Critiquer Dieu ici ressemble à quelqu’un qui aurait lu un roman policier à moitié et reprocherait ensuite à l’auteur de ne pas lui avoir donné la solution de l’énigme. Dieu fera les comptes au moment voulu – en fait, la Bible dit que la raison pour laquelle il attend encore est pour se laisser trouver par ceux qui sont toujours en train de chercher les signes qui conduisent à lui. Actuellement, il ne fait que retarder la venue de la fin à cause de son grand amour pour les hommes.

Malheureusement, beaucoup de personnes transposent encore sur Dieu leur propre nature et vision humaine, ce qui s’appelle l’anthropomorphisme. Cela donne des raisonnements erronés du genre : « Si j’étais Dieu, je ne permettrais pas autant de souffrance, et Dieu ne peut qu’être d’accord avec moi sur ce sujet ; donc si Dieu la permet, c’est qu’il n’y a pas de Dieu. ».

On peut voir dans l’histoire qu’un des objectifs de la souffrance est qu’elle mène à la repentance. C’est seulement après de grandes souffrances, des calamités exceptionnelles que l’Israël de l’Ancien Testament, ainsi que les nations et les individus, se tournent à nouveau vers Dieu. Il n’y a pas à dire : nous sommes durs à comprendre. Lewis dit : « Dieu murmure à notre oreille dans nos joies, et il parle à notre conscience, mais dans nos souffrances, il crie. C’est son mégaphone pour réveiller un monde dur d’oreille ». Et bien sûr la repentance conduit à une chose merveilleuse : la bénédiction de Dieu, qui est la source de toute joie dans la vie. L’issue en est excellente, en fait bien meilleur que simplement bonne. De plus, je crois que la souffrance est compatible avec l’amour de Dieu, c’est son remède, son médicament. Elle est salutaire : c’est-à-dire seulement si nous sommes très malades et que nous avons désespérément besoin de guérison. Et c’est notre état, à chaque individu sur terre.

Lee continue d’objecter : « Mais les bons souffrent autant, sinon parfois plus, que les méchants. Pourquoi le malheur atteint parfois les gens bons. Est-ce juste ? »

Tout simplement, les bons n’existent pas. Peut-être sommes-nous ontologiquement bon – mais moralement nous ne le sommes pas. Bien que nous portions toujours la marque de l’image de Dieu, elle s’est ternie en nous. Le prophète Jérémie disait que : « depuis le plus petit jusqu’aux plus grands, tous sont avides de gain » et le prophète Esaïe déclarait : « nous sommes tous comme des impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé ». La recherche de notre propre intérêt porte atteinte à nos bonnes oeuvres, et notre quête de justice est teintée de notre soif de vengeance. Il est ironique de constater que c’est habituellement les meilleurs qui reconnaissent le plus facilement leurs défauts et leurs péchés. Même le plus pur d’entre nous, face à la véritable pureté de Dieu et à son standard, est un être profondément impur.

Nous sommes quelque chose qui a mal tourné, un chef-d’oeuvre brisé, un enfant rebelle. Lewis faisait remarquer que nous n’étions pas seulement des hommes imparfaits qui devaient grandir, mais des rebelles qui devaient rendre les armes. La souffrance et l’épreuve sont souvent le moyen par lequel nous choisissons finalement de capituler devant Dieu et de chercher la guérison que nous offre Jésus. C’est ce dont nous avons tous désespérément besoin. C’est ce qui nous amènera à la suprême joie de connaître Jésus et Dieu. Toutes les grandes figures de l’histoire chrétienne vous diront que cela en vaut la peine.

Supporter la souffrance

Presque tous les êtres humains peuvent se pencher sur leur passé et dire : « cette difficulté m’a appris quelque chose. Je ne le pensais pas à ce moment-là, mais j’en suis sorti grandi et mûri d’avoir supporté et persévéré dans cette épreuve. » Même les gens sans religions réalisent cette dimension de la souffrance. Et si nous pouvons en retirer du bien, sans même y mêler Dieu, combien pourrons-nous, à plus forte raison et avec son aide, changer le mal en bien. »

Prenons une des terribles photos montrant une femme souffrant de la famine en Afrique. Tout ce dont elle avait besoin était la pluie. Où était Dieu ? Il partageait son agonie, non pas seulement son aspect physique, mais aussi son aspect moral. Où était Dieu ? Pourquoi n’envoyait-il pas la pluie ? La réponse de Dieu se trouve dans l’incarnation. C’est lui. C’est lui-même qui est entré dans cette agonie. Il portait sur lui les souffrances de ce monde et ça, vous voyez, c’est difficile à imaginer. C’est une dimension bien plus bouleversante et impressionnante que ne l’était sa puissance divine à l’oeuvre au moment de la création. Imaginez Dieu absorber, goûter jusqu’à la dernière goutte, digérer éternellement la somme, mais aussi chacune des souffrances de toute l’histoire du monde, d’une seule bouchée. Dans un sens, Dieu est intimement lié dans la création d’un monde de souffrance. Ce n’est pas lui qui les a faites – c’est nous – et pourtant c’est lui qui a dit : « que le monde soit ! ». Bien des personnes aussi souffrantes que cette femme affamée d’Afrique ont expérimenté l’incroyable Amour de Dieu en ouvrant leur coeur à ce Jésus, Fils de Dieu, sacrifié dans le but de les sauver et de les racheter car comme le souligne la Bible, « par ses meurtrissures, nous sommes guerris« .

S’il avait dit pour se reposer : « c’est de votre faute après tout » – ce qu’il aurait très bien pu dire après tout – je ne vois pas comment nous pourrions l’aimer. Le fait qu’il soit allé bien au-delà de la justice et qu’il ait pris sur lui toute la souffrance du monde, le couvre de charme et de beauté, parce que sa réponse à la souffrance est… Comment ne pas aimer celui qui est allé jusqu’au bout, qui a servi au-delà de ce qu’il a enseigné, qui s’est identifié à notre condition humaine, qui a partagé nos détresses, qui s’est offert lui-même en portant nos souffrances pour nous amener à Dieu en payant à notre place le prix de nos fautes ? Que pouvait-il faire de plus ? »

Je suis certain que pas mal de chrétiens murs peuvent regarder en arrière et reconnaître les instants où la souffrance les a rapprochés de Dieu bien plus qu’ils ne l’auraient cru possible. Avant que cela ne leur arrive, ils se seraient sans doute écriés : « Je ne vois pas comment cette épreuve peut m’apporter quelque chose de bon ! » Mais une fois sortie de l’épreuve, ils déclarent : « C’est étonnant. J’ai appris quelque chose que je n’ai jamais pensé pouvoir apprendre auparavant. Jamais je n’aurais imaginé que ma volonté, changeante et rebelle comme elle est, puissent être aussi ferme et Dieu dans sa grâce, m’a donné le courage de traverser l’épreuve. » Si cela n’avait été la souffrance, rien ne se serait passé.

Sainte Thérèse a dit : « A la lumière de ce qui nous attend au ciel, les plus terribles épreuves sur la terre ou une vie remplie des plus atroces souffrances ici-bas ne paraîtront pas plus désagréables qu’une nuit passée dans un hôtel de second ordre ». Quel défi ! Quelle affirmation choquante ! Et pourtant on peut dire qu’elle parlait par expérience. Elle ne vivait pas dans une bulle comme beaucoup d’entre nous, car sa vie était émaillée d’épreuves.

Quand il compare les joies du monde avec celle que donne la connaissance intime de Christ, l’apôtre Paul utilise également un terme tout aussi scandaleux pour nous, dans le même contexte. Quand il parle de son privilège d’être un citoyen romain, un pharisien parmi les pharisiens, d’avoir reçu une grande éducation, et d’être sans reproche aux yeux de la loi juive, il ajoute qu’il considère tout ça comme du fumier comparé à l’excellence de la connaissance de Christ. C’est un mot puissant !

D’un côté cette torture, avec toutes les tortures du monde ; de l’autre côté, le visage de Dieu, celui qui est présent pour tous ceux qui le cherchent au milieu de leur souffrance. La bonté de Dieu, la joie de Dieu pèseront bien plus que toutes les souffrances – et même les joies – d’ici-bas.

Puissance de la présence de Dieu

Une de mes enfants est partiellement handicapée, cependant elle m’a beaucoup plus appris que les trois autres. Avec elle j’ai compris que je suis handicapé et que nous sommes tous handicapé. L’écouter m’aide à me comprendre moi-même.

C’est pour cela que la première chose à faire avec toute personne dans la souffrance et de l’écouter parler. Sentir sa présence. Sentir sa douleur. Nous vivons dans une bulle confortable, et nous regardons la souffrance comme nous regarderions un étranger, comme un puzzle philosophique ou un problème relevant de la théologie. C’est complètement faux. Au contraire, il faut entrer dans cette souffrance, faire un avec elle, et alors seulement pourrons-nous en apprendre quelque chose.

C’est un phénomène que beaucoup d’écrivains ont remarqué. Philippe Yancey, après avoir passé considérablement de temps à étudier le sujet de la souffrance, écrit : « quand je visitais des gens dont la souffrance excédait de beaucoup la mienne… J’étais surpris par l’effet qu’elle provoquait. Souffrir semblait pousser certains à l’agnosticisme et d’autres dans une dimension de la foi encore plus grande. » Le théologien écossais James S. Stewart disait : « les sceptiques viennent des rangs de ceux qui regardent la tragédie de l’extérieur, comme des spectateurs. Ce n’est pas eux qui sont au milieu de l’arène et qui connaissent la souffrance de l’intérieur. En fait, ce sont ceux qui ont le plus grandement souffert qui deviennent des exemples de foi conquérante les plus remarquables. »

Mais pourquoi cela ? Le libre choix. On raconte l’histoire de rabbins dans un camp de concentration. L’un d’eux avait perdu la foi et disait qu’il n’y avait pas de Dieu ; l’autre avait gardé sa foi et répondait : « Dieu nous sauvera ». Tous deux étaient dans la file d’attente devant la chambre à gaz. Celui qui croyait regarda autour de lui et s’exclama : « Dieu nous sauvera », mais quand ce fut son tour d’entrée, ses dernières paroles furent : « Dieu n’existe pas ». Mais celui qui était incroyant, et qui ne s’était pas gêné pour se moquer de la foi de son compagnon, entra dans la chambre à gaz en prononçant ces paroles : « écoute Israël », prière de foi de ses pères depuis des générations et des générations. Il était devenu croyant. Libre choix, pour les deux. Pourquoi certaines personnes menacées de mort, que ce soit par la famine en Afrique, ou dans les camps de concentration deviennent-elles croyantes ou agnostiques ? C’est là tout le mystère des réactions imprévisibles de l’homme.

Sur ma porte il y a un dessin humoristique représentant deux  tortues. La première s’écrit : « Quelquefois je voudrais lui demander pourquoi est-ce qu’il permet la pauvreté, la famine et la justice alors qu’il pourrait faire quelque chose pour changer la situation ». La deuxième dit plus sobrement : « Et moi j’ai peur que ce sois à moi qu’il le demande ! » Ceux qui ont le coeur de Jésus pour les gens dans la souffrance devraient vivre selon leur foi en apportant le soulagement quand c’est possible, en faisant une différence, en incarnant son amour de façon concrète.

Quand on examine les relations humaines, on réalise que ce ne sont pas des explications, que cherchent les amants, mais une présence. Et voilà bien ce qu’est Dieu : essentiellement une présence.

Comme je l’ai dit, il en est de même pour les humains. Supposons que Roméo et Juliette éprouve un amour plus profond et plus mature que dans la pièce de Shakespeare. Supposons encore que Juliette représente tout ce que Roméo désir au monde, et supposons encore une fois qu’il a perdu tous ses amis et tout ce qu’il possédait, qu’il est en train de saigner à mort et que de surcroît, il pense qu’elle est morte. Tout à coup, il voit Juliette se lever et s’écrier : « Roméo, où es-tu ? Je ne suis pas morte, et toi ? » Roméo est-il heureux ? Oui. Complètement heureux ? Oui. Qu’est-ce que cela peut bien lui faire que son sang coule et que toute sa fortune ait disparue ! Il préférerait encore vivre en amoureux dans une banlieue de grande ville que divorcé et seul dans une île paradisiaque en plein milieu du Pacifique. »

Chacune de nos larmes deviennent sienne

Alors la réponse à la souffrance n’est pas une réponse du tout.

Dieu est la réponse. Jésus lui-même est la réponse. Ce n’est pas une foule de paroles, c’est la Parole. Ce n’est pas un argument philosophique bien tourné, c’est une Personne. La personne. Une idée abstraite ne peut pas être la réponse à la souffrance, parce que nous ne sommes pas en face d’un problème abstrait ; c’est un problème personnel, et qui demande une réponse personnelle. La réponse doit être une personne, pas une chose, parce qu’elle concerne une personne : Dieu, où es-tu ? »

Nous accompagne-il dans tous nos enfers ? Oui, il est là. Corie Ten Boom, prisonnière pendant la dernière guerre a pu écrire des profondeurs d’un camp de concentration nazi : « aussi profonde que soit notre nuit, plus profondément encore peut-il s’approcher. » Non seulement il est ressuscité, il a changé le sens de la mort, et par là le sens de toutes les petites morts : les souffrances qui entourent, anticipent et constitue la mort. Jésus est dans les chambres à gaz d’Auschwitz. Il est méprisé à Soweto. Il est raillé en Irlande du Nord. Il est esclave au Soudan. Il est celui sur qui nous déversons notre haine, et pourtant c’est sur nous qu’il a choisi de répandre son amour. Chacune de nos larmes deviennent sienne, et s’il ne peut pas encore l’essuyer, il le fera un jour. »

Conclusion

Quelques années auparavant, mon ami Marc (ayant assisté à cette conversation avec Kreeft), dégageait la neige qui s’était entassée dans l’allée devant sa maison quand sa femme, qui voulait changer la voiture de place, lui demanda de surveiller quelques instants leur petite fille qui l’accompagnait. Mais brusquement, ils furent projetés dans le plus terrible cauchemar que des parents puissent imaginer : quand la voiture recula, l’enfant fut écrasée par une roue. Marc, savait ce que c’était que de voir son enfant mourir dans ses bras. Je le laissais me raconter sa douleur. Le désespoir initial de Marc fut si profond qu’il dut demander à Dieu de l’aider à respirer, à manger, à fonctionner au niveau le plus élémentaire, parce qu’il était complètement paralysé par la douleur. Puis il commença à sentir sa présence, sa grâce, sa chaleur, son réconfort, et peu à peu, très lentement et avec le temps, sa blessure se cicatrisa. Marc ressortie de cette épreuve du feu complètement transformé, ayant expérimenté la présence de Dieu dans ce moment de suprêmes besoins. Il abandonna sa carrière commerciale et entra à l’école biblique. En passant par cette épreuve – bien qu’il ne l’aurait jamais choisi pour lui-même, bien qu’elle fût horriblement douloureuse, et bien qu’à l’époque elle lui ait presque ôté la vie – Marc s’est transformé. Il était devenu une personne qui consacrait toute sa vie à apporter la compassion de Dieu à ceux qui se retrouvent seul dans leur désespoir. La première fois qu’il dut prêcher, Marc fut capable de tirer de sa propre expérience ce qu’il avait appris avec Dieu dans les profondeurs de sa douleur. Tout de suite, les gens furent frappés par la manière spéciale qu’il avait de les comprendre, sa sympathie, et sa crédibilité. À la fin, des douzaines de personnes s’approchèrent pour connaître Jésus, le Dieu qui pleure avec eux. À présent, d’autres coeurs seraient guéris parce que celui de Marc avait été brisé. Du désespoir d’un seul couple renaissait l’espoir pour beaucoup.

Loin d’appeler à la confiance béate qui supporte la souffrance, la Bible témoigne tout au long de son récit du grand cri des prophètes qui justement n’ont jamais voulu accepter toute cette souffrance. Les prophètes ne se sont pas contentés de prêcher et d’encourager le peuple à une vie plus droite. Ils ont aussi tonné contre Dieu et ont sangloté à ses pieds, révoltés et tourmentés de la douleur qu’ils voyaient et annonçaient. Et du coeur de la Bible, du fond des psaumes qui ont traversés toute l’histoire, résonne à plusieurs reprises ces cris à jamais suspendu : « jusqu’à quand ?« , « pourquoi ?« . A lire de près, on ne peut au contraire qu’aiguiser sa propre sensibilité. La raison en est bien simple. Plus l’on s’approche de ce Dieu Saint et parfait, plus l’on sent l’anormal et l’absurde de la souffrance. Car en réalité, le Dieu de la Bible est « en dehors » de tout cela. Face à la souffrance, à la violence et au rejet, Jésus n’a t-il pas dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde » ? Dieu a donner le monde à l’homme et dans sa liberté, l’homme l’a donné à Satan. D’une manière temporaire bien sur. « Le monde entier est donc sous la puissance du malin » (1 jean 5.19). Le diable et les démons existent et fermer les yeux sur cette réalité parce que vous n’y avez jamais été confronté directement, ne rajoutera qu’une couche supplémentaire au problème de la souffrance. Quand à ceux qui accuseraient Dieu d’être parti prenante dans l’affaire de la souffrance et du mal, dans la bonne intention de le défendre (voir les amis de Job dans la Bible), ils sont repoussés par Dieu lui-même… Et clairement dénoncés : « vous avez mal parlé de MOI« . Car Dieu est innocent, jusqu’à ce qu’on croit être ses punitions. Les textes sont clairs à ce propos. « Dieu est lumière; en lui il n’y a pas de ténèbres » dit l’Évangile de Jean. Plus se renforce la conviction de l’innocence de Dieu, plus s’impose l’absurde de la souffrance. Le psaume 5.4 dit :  « Car tu n’es point un Dieu qui prenne plaisir au mal ». Effectivement, la Bible affirme que « l’Eternel, Dieu est miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération! ». La véritable compréhension du mot punition dans ce passage est seulement une loi spirituelle inébranlable qui montre le danger de commettre le mal, car lorsqu’il est commis, Dieu se retire, et le mal porte tout simplement en lui même le fruit de son propre châtiment qui est alors vu comme une punition se transmettant de génération en génération. Dans Le livre des nombres au chapitre 14, Dieu le souligne très bien face à des personnes qui ont commis le mal :  « vous porterez la peine de vos iniquités, et vous saurez ce que c’est que d’être privé de ma présence. » Plus loin, dans les psaumes nous voyons encore que la punition ou les maux que Dieu envoie sont véritablement le seul fruit du péché et du mal que l’on commet : « Il fera retomber sur eux leur iniquité, Il les anéantira par leur méchanceté;« .

L’Amour de Dieu est sans commune mesure mais également sa haine et sa colère pour le péché et le mal, intimement liée à sa Sainteté et à sa Justice. Avant la venue de Jésus, les seuls maux que Dieu envoyait de manière direct sur des peuples, concernaient des jugements contre des nations remplient de méchanceté et d’abomination. Cependant, Malgré cela, comme ce fut le cas pour Sodome et Gomorrhe, si Dieu trouvait ne serait-ce qu’un seul juste au sein de tels peuples abominables, il se montrait alors patient et épargnait tout le monde tout en donnant à la nation entière, l’occasion de se repentir et de revenir à lui.

Depuis la révélation de Dieu dans son Fils Jésus qui s’est donné en sacrifice ultime sur la croix pour sauver de l’emprise du mal celui qui place sa confiance en lui, il en est ainsi : Dieu patiente jusqu’à ce que le monde entier ai put faire son choix de venir à lui ou de rester dans le mal et le péché, tout en développant une véritable relation de Père à enfant avec celui qui a reçu Jésus dans sa vie par la foi. Une fois ce temps écoulé, lorsque chacun aura fait son choix, alors viendra la fin et le véritable jugement final du monde où la patience du seul Dieu vivant arrivera à son terme et ou sa colère s’enflammera contre toute forme de mal et de péché. Car la Colère de Dieu n’est pas une colère déplacée, mauvaise ou injustifiée comme notre colère peut l’être pour la plus part d’entre nous. Sa colère est une Sainte colère qui séparera définitivement toute forme de mal et de péché de sa présence, et cela, pour l’éternité. Bien malheureusement, tous ceux qui auront donc pleinement décidé de rejeter Dieu et son fils Jésus pour rester dans le péché et pratiquer le mal, seront pour toujours séparé de sa présence dans des tourments indescriptibles et cela, malgré les avertissements multiples d’un Dieu d’amour qui ne souhaite « qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » 2 Pierre 3.9

Nous vivons dans un monde déchu ; Jésus a été assez honnête pour nous dire que nous aurions des épreuves et des tribulations mais il nous a aussi dit : « Mais prenez courage, j’ai vaincu le monde« . Car oui, c’est la Vérité : ce monde est temporairement sous l’emprise de mauvaises puissances car l’homme l’a permis mais Dieu assure une vérité inébranlable : « La victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi« . Naturellement, j’aimerais bien en connaître plus. Mais Kreeft à raison, la réponse suprême est la présence de Jésus. Cela ressemble à de l’eau de rose, je sais. Mais vous voyez, quand votre monde est réduit en miettes, ce n’est pas de la philosophie ou de la théologie dont vous avez besoin, c’est la présence de Christ. Il était la réponse pour moi. Pour nous, il a été la seule réponse.

La croix est la clé du ciel et contient en elle même la délivrance du mal.

Le Christ offre sa souffrance pour nous sauver, et toutes les nôtres avec la sienne, ouvrant par là un chemin de vie. Et il nous invite à nous mettre à son école. A son école, la souffrance inévitable que chacun rencontre dans la vie, prend un sens unique et nous dépouille par la même occasion de ce qui polluent notre être tout entier : l’orgueil et l’égoïsme principaux fruits du péché. Porter sa croix et suivre Jésus reviens à affronter la souffrance avec Amour et dans l’Amour pour s’en rendre vainqueur au quotidien jusqu’au terme de la délivrance finale. C’est ce que fait cette jeune fille de 18 ans diabétique : « Jésus nous aime et ne permet pas que nous soyons chargé d’une souffrance trop lourde. Il a confiance en nous et nous fait partager sa mission qui est de ramener tout le monde vers le Père. C’est une joie de participer à une mission dont le directeur est Dieu ! »

La noix est une image de la croix : son enveloppe extérieure est très amère, mais, intérieurement, elle est rempli d’une amande savoureuse et fortifiante. La croix n’a ni beauté ni douceur apparente, mais celui qui la porte fidèlement en découvre le caractère véritable. Il y trouve un fruit de paix d’une saveur délicieuse.

Pour terminer, voici un commentaire de l’éminent pasteur anglais John T. Stott qui, reconnaissant que la souffrance représente « le plus grand défi de la foi chrétienne », est arrivé à cette conclusion :

« Si ce n’était la croix, je ne pourrais jamais de moi-même croire en Dieu… Dans le monde très réel de la souffrance, comment adorer un Dieu qui en serait exempt ? Je suis entré dans beaucoup de temples bouddhistes en Asie, me tenant respectueusement devant la statue de bouddha, les jambes repliées sous lui, les bras croisés, les yeux mi-clos, un vague sourire flottant sur les lèvres, un regard lointain sur son visage, témoin de son détachement des agonies de ce monde. Chaque fois, j’ai dû me détourner après quelques instants, et en imagination je me suis tourné vers cette silhouette solitaire, tordue et torturée sur la croix, des clous perçants les mains et les pieds, le dos lacéré de coups de fouet, le front ensanglanté par les épines de sa couronne, la bouche intolérablement desséchée, plongé dans les ténèbres, abandonné même de Dieu. C’est le Dieu que je veux ! Il a laissé son immunité. Il est entré dans notre monde de chair et de sang, de larmes et de mort. Il a souffert pour nous. Et nos souffrances ont été plus supportables à cause des siennes. Il y a toujours une marque en forme de point d’interrogation sur la souffrance humaine, mais nous pouvons y apposer une autre avec assurance, celle de la croix, symbole de la souffrance divine donne la certitude d’être définitivement arraché de ce monde de souffrance pour celui qui place sa foi en lui et qui suit ses enseignements. La croix de Christ… Et la seule justification de Dieu dans un monde tel que le nôtre ».

En fait, il n’y a pas d’autre réponse à la question de la souffrance que celle de l’espérance et de la foi en Jésus. Facile à dire, mais en attendant ? En attendant, la seule issue est la résistance et le bon combat de la foi et de l’amour : résister en vue du lendemain, résister pour tenir et durer, résister pour survivre. Apprendre de Dieu, apprendre à le connaître, se laisser transformer par sa vie divine dont les clés sont dans la foi en sa parole et dans sa mise en pratique. Il ne faut pas se laisser courber par la souffrance et perdre son âme d’homme. Il faut rester debout et voir au-delà. Paradoxalement, l’expérience de la souffrance, parce qu’elle met l’homme aux prises avec la mort et l’absurde, éveille en lui à travers sa révolte la nostalgie de la vie, du bonheur, de l’autre royaume. Au lieu de plaider contre Dieu, la souffrance au contraire rapproche de Dieu ; parce qu’il est le seul vrai innocent à avoir souffert, le seul à pouvoir souffrir avec nous, le seul enfin à détenir la clé qui délivre de la souffrance pour l’éliminer complètement. L’action de Dieu ne se limite pas à la consolation du présent ou à l’acte d’amour du passé ; Dieu prépare le futur et apporte la seule vraie solution au problème de la souffrance : tout recommencer, tout reprendre à zéro. Un autre monde. « Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre… On ne se rappellera plus les choses passées, on n’y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris »(Esaïe 65.17-19). « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre… Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » Apocalypse 21:1-4

Et ainsi, en Dieu et en Jésus, la souffrance prend un sens qu’aucune religion ni philosophie ne saurait apporter car seul la Vérité est capable de libérer complètement du mal et de la souffrance. Jésus est cette Vérité, il est le passage à la vraie vie divine de Dieu. Jésus est le seul qualifié à opérer pour l’homme le passage de l’esclavage du péché à la véritable Liberté en Dieu. Jésus dira : « Vous connaitrez la Vérité et la Vérité vous rendra réellement libre« , puis il ajoutera : « Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. », et il développe ses affirmations en proclamant : « Je suis le chemin, la Vérité et la Vie, nul ne vient au Père que par moi » puis « Je suis venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. » Jésus affirme que celui qui « croit en lui a la vie éternelle », « qu’il ne vient pas en jugement » et « qu’une telle personne vivra même si elle meure » car il « la ressuscitera au dernier jour« . Mais quelle est ce jugement auquel échappe celui qui place toute sa confiance en Jésus ? Jésus le dit dans l’Evangile de Jean : « Ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière« .

Jésus a été jugé à notre place, pour toutes nos mauvaises paroles, actes et pensées, innombrables pour chacun d’entre nous, causant tellement de souffrance et de mal dans le monde. Il libère de la colère de Dieu à venir quiconque reçoit ce don gratuit de Dieu. Celui qui place sa foi en lui et qui décide de se détourner de tout ce qu’il sait de mal en suivant sa parole, expérimentera certainement la puissance et l’amour de Dieu déversée au travers de son pardon offert gratuitement en Jésus-Christ. Il suffit de le vouloir, de le recevoir et de persévérer. Dieu est fidèle et il répondra en apportant sa paix et sa joie malgré les difficultés temporaires de cette vie.

Un Dieu Saint et parfait ne peut pas être en contact avec le mal, mais aujourd’hui encore, celui qui place sa foi en Jésus est vu par Dieu au travers de Jésus et peut donc rentrer dans une relation vivante avec Dieu pour une vie nouvelle qui le transformera vers le meilleur, petit à petit, malgré les erreurs et les faiblesses de notre nature humaine encore bien imparfaite. Jésus donne maintenant cette victoire à quiconque place sa foi en lui et décide de le suivre. Une victoire de chaque jour sur le mal mais dont la délivrance finale est proche : « parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts. » Mais avant, nous dit Jésus, « il faut premièrement que cette bonne nouvelle du royaume soit prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. »

Le Sadhou Sundar Singh, grand chrétien de l’Inde a dit à ceux qui marchent par la foi en Jésus : « Lorsque la douleur, la souffrance et la peine s’élèvent comme un brouillard dont les nuages cachent à vos yeux, pour un temps, les rayons du soleil de justice, n’en soyez pas épouvantés. Ces nuées de souffrance finiront par répandre sur vous une abondante pluie de joie infinie et de bénédiction. Alors le soleil de justice brillera sur vous à jamais. »

Regardez les innombrables témoignages de ce site, analysez les faits et les énormes indices que vous donne ce site, écoutez le message de la bonne nouvelle, découvrez qui est Jésus et ce qu’il a fait sur Terre puis recevez-le dans votre vie par la foi, il est le seul chemin menant à Dieu et à la délivrance de cette souffrance qui sera engloutie définitivement par la victoire de l’amour et de votre foi ! Cette victoire peut commencer tout de suite, si vous le décidez, à vous de choisir ! Et surtout : propagez cette bonne nouvelle !